vendredi 19 décembre 2025

Thomas Mann : La loi. Suivi de : Vous ne tuerez pas l'esprit

 Payot - Janvier 2026

Écrite en 1943 alors que Thomas Mann s’est exilé aux États-Unis et qu’il vient d’achever l’immense "poème de l’humanité" qu’est "Joseph et ses frères", "La Loi" est une oeuvre de combat. Entre politique et littérature, cette charge contre l’avilissement de la langue par des nazis qui avaient rapté, monopolisé, perverti, instrumentalisé des mots comme "esprit", "peuple" ou "guide", offre également, à travers la figure de Moïse, une réflexion sur l’exil, la morale humaine et l’art politique (qu’est-ce que façonner un peuple ?). Quelques années plus tard, en 1950, Thomas Mann résumera ce qui l’aura tenu toute sa vie : "Défendre les valeurs humaines. Je ne ferai jamais rien d’autre."

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Hervé Castanet : S. K. Beau 2. Pourquoi le psychanalyste, face à l’art, donne-t-il sa langue au chat ?

 Editions Compagnon - Janvier 2026


Ce livre – qui fait suite à celui, paru en 2024, S.K.beau – Pourquoi l’art embarrasse-t-il le psychanalyste ? – s’oriente de Jacques Lacan. La liste est sans fin où la psychanalyse est couplée avec les créateurs : le discours universitaire s’en est fait une rente. Lacan a des mots durs pour en rendre compte : goujaterie, pédantisme, sottise, frotti-frotta, délire, etc. Sa trouvaille du mot S.K.beau (à lire : escabeau), en 1975, change la donne. Au cœur du Beau, toujours ce S.K. énigmatique, hors sens, dénude un réel : l’eaubscène de toute œuvre. Ainsi vont les bricolages sur mesure des artistes. De vieux escabeaux sont détruits, d’autres, inouïs, apparaissent.
Une méthode se fait jour : en refusant d’interpréter l’art, le psychanalyste évite une impasse : l’appel au sens qui est forçage vain pour résoudre l’opacité du S.K. Consentant à « donner sa langue au chat » (Lacan – 1974), il ne mise plus sur le Père et l’inconscient de papa.
Ce livre inclut une Conversation au long cours avec Macha Makeïeff dont les inventions de mises en scène marquent le théâtre. On y lira le scénario inédit de son spectacle Lewis versus Alice joué au Festival in d’Avignon en 2019.

Hervé Castanet, membre de l’École de la Cause freudienne, est psychanalyste à Marseille. Professeur des Universités, il a publié une vingtaine de livres et en a coordonné une quinzaine d’autres collectifs.

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Haud Guéguen : Herbert Marcuse Face au néofascisme

 Amsterdam - Novembre 2027


« Le véritable problème de la révolution est donc là : opérer ce que Marcuse appelait une “révolution dans la subjectivité” en vue de rompre avec la logique pulsionnelle et normative qui rend le fascisme possible. »
Pour Marcuse, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il est clair que le fascisme n’est pas une réalité du passé. Il est une virtualité constante d’un capitalisme prédateur et autoritaire. Il n’y a donc pas lieu de séparer son travail de redéfinition du sens de la révolution à partir d’Éros et Civilisation de ses analyses du fascisme allemand. Car c’est à partir de son expérience du fascisme, et face à la possibilité de sa résurgence au sein des sociétés de consommation libérales, qu’il a entrepris d’en reprendre à nouveaux frais l’examen en plaçant le curseur sur le terrain même de l’adversaire : celui de la subjectivité et de son économie libidinale.
C’est cette réélaboration des notions de révolution et de sujet révolutionnaire que cet ouvrage explore en montrant comment, de l’irruption des luttes des sixties à la contre-révolution néolibérale des années 1970, c’est chaque fois en rapport aux tendances néofascistes que Marcuse considérait qu’il convenait d’appréhender les possibles révolutionnaires. Face à la montée en puissance d’un néofascisme qui fait de la tronçonneuse son emblème politique, il est plus qu’urgent de redécouvrir les leçons stratégiques de Marcuse.

Haud Guéguen est maîtresse de conférences en philosophie au Conservatoire national des arts et métiers. Ses travaux portent sur les sciences humaines et sociales du possible et sur l’histoire du néolibéralisme. Elle a notamment publié, avec Pierre Dardot, Christian Laval et Pierre Sauvêtre, Le Choix de la guerre civile. Une autre histoire du néolibéralisme (Lux, 2021) et, avec Laurent Jeanpierre, La Perspective du possible. Comment penser ce qui peut nous arriver, et ce que nous pouvons faire (La Découverte, 2022).

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jeudi 18 décembre 2025

Michel D’Amboise : Quatre Satyres de Juvenal. Le Ris de Democrite et le Pleur de Heraclite

 Honoré Champion - Janvier 2026


En 1544, le poète et traducteur Michel d’Amboise (c. 1505- 1547) publie la première traduction française de quatre satires de Juvénal, dont il amplifie et modernise le texte. Son travail sur la satire X l’amène à s’intéresser à un binôme de philosophes promis à une grande fortune littéraire : il donne en 1547 une traduction, amplifiée de nombreux ajouts personnels, du Riso di Democrito, et pianto di Heraclito, diptyque poétique que Fileremo Fregoso avait consacré en 1507 au rire incessant de Démocrite et aux pleurs inextinguibles d’Héraclite, analysés par Juvénal comme deux langages de la satire. Le volume propose l’édition critique de ces deux oeuvres philosophiques et morales auxquelles Michel d’Amboise a consacré la fin de sa carrière.

Sylvie Laigneau-Fontaine (éd.), professeure à l’université de Bourgogne, travaille à l’édition d’auteurs néo-latins (Nicolas Bourbon, Ulrich von Hutten, Érasme, Thomas More) et dirige le projet Burgundia Humanistica sur l’humanisme bourguignon.
Alice Vintenon (éd.), maîtresse de conférence en langue et littérature du XVIe siècle à l’Université Bordeaux Montaigne, travaille sur la fiction philosophique et la mise en forme des savoirs à la Renaissance.

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Thomas d'Aquin : Aurora Consurgens. Le lever de l'aurore

Mimesis - Novembre 2025


Aurora consurgens est un chef d’œuvre de l’alchimie médiévale. Texte puissant et visionnaire, son attribution au grand théologien de la chrétienneté Saint Thomas d’Aquin fait encore débat aujourd’hui.

Préface de Roberto Revello


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Alain Boureau : Les Seuils du monde. Quelques aventures en sciences dans la pensée scolastique (1200-1360). La raison scolastique V.

 Les Belles Lettres - Février 2026


La scolastique occidentale a largement oeuvré à l’essor de la science moderne. Le Moyen Âge central fut sans doute le point de départ d’une ère nouvelle, conquérante et efficace, celle de l’anthropocène ou âge de la domination par l’être humain, dont les huit siècles d’existence s’achèvent dans les catastrophes actuelles.
Ce volume sur la science dans la pensée médiévale vient clore la série « La raison scolastique » où l’on a abordé successivement la politique, l’institution universitaire, l’anthropologie, et le droit. On prend ici un angle particulier, celui des interactions entre la théologie et les sciences, mutuellement incitatives. On observe la concomitance entre deux tendances : l’émergence, en théologie, d’une métaphysique séculière et le passage, en science, vers l’abstraction des données naturelles. Une autre convergence procède d’un intérêt soutenu pour le quantitatif.
On a choisi comme héros principaux de cette intrigue (ou intrication) deux auteurs, le franciscain Richard de Mediavilla (vers 1248-vers1300) et le séculier Nicole Oresme (1320-1382), en analysant, plus ponctuellement, des textes de Siger de Brabant, Pierre d’Irlande, Thomas d’Aquin, Gilles de Rome, Godefroid de Fontaines, Pierre de Jean Olivi, Duns Scot, Henri de Gand, Jean de Sacrobosco, Pierre Bersuire, Jean Buridan, Richard Swineshead.

Alain Boureau, ancien directeur d’études à l’E.H.E.S.S., est médiéviste. Parmi ses derniers ouvrages aux Belles Lettres, en sus de ses éditions critiques (« Bibliothèque scolastique ») : les quatre premiers volumes de La Raison scolastique (2006-2016), Le Désir dicté. Histoire du voeu religieux dans l’Occident médiéval (2014) et Le Feu des manuscrits. Lecteurs et scribes des textes médiévaux (2018).

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Pierre-Anne Forcadet, Corinne Leveleux-Teixeira (dir.) : La Nature et le Droit médiéval. Entre savoirs et normes

 Classiques Garnier - Décembre 2025


Dans un article publié en 1967, le médiéviste américain Lynn White voyait dans le christianisme occidental et la théologie médiévale les fondements d'une conception prédatrice du monde. Le débat ainsi ouvert, amplifié par la crise écologique, a nourri de nombreux travaux historiques, anthropologiques, philosophiques. Il n'a cependant guère rencontré d'échos chez les juristes jusqu'à une date récente. Le présent ouvrage entend combler pour partie cette lacune. Au travers de trois axes (les relectures actuelles de la naturalité médiévale, le contrôle du surnaturel, l'ordonnancement et la domination du monde), il s'attache à caractériser la relation nouée au Moyen Âge entre la norme juridique et une nature qui englobe encore le surnaturel.

Corinne Leveleux-Teixeira est professeure d'histoire du droit à l'université d'Orléans et directrice d'études à l'EPHE. Elle est l'autrice de La Parole interdite. Le blasphème dans la France médiévale (Paris, 2002) et a coédité Le Gouvernement des communautés politiques à la fin du Moyen Âge (Paris, 2010) et Les Espaces de la puissance. Stratégies et marqueurs de l'impérialité (Potenza, 2023).
Pierre-Anne Forcadet est maître de conférences à l'université d'Orléans. Ses travaux portent sur la justice médiévale, en particulier sous un angle anthropologique. Il a publié Conquestus fuit domino regi. Le recours au roi d'après les arrêts du Parlement de Paris (1223-1285) (Paris, 2018) et avec M. Dejoux, V. Martin et L. Tuttle, La Justice de Saint Louis. Dans l'ombre du chêne (Paris, 2024).

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Mathieu Flonneau, Frédéric Montlouis-Félicité (dir.) : Comprendre la route. Imaginaires, Sens, Innovations

 Loubatières - Janvier 2026

Venu à Cerisy par la route, un groupe réunissant des experts, des spécialistes du monde académique, des professionnels et des artistes a abordé la route comme vecteur commun et universel de mobilité et d’échanges. Ses imaginaires, ses sens, ses innovations et ses appropriations ont été analysés, discutés.
Avec empathie et réflexion, dans un contexte de contestation, à l’heure de la transition écologique et dans un temps d’urgence au cours duquel la route doit se réinventer, ses perceptions et ses réalités ont été explorées. Représentée au cinéma, en photographie ou en littérature, la route a été également posée comme un lieu de conflits politiques et sociaux. Sous les regards de deux grands témoins éclairés, l’historienne-médiologue Catherine Lavenir et l’écrivain Aurélien Bellanger, les travaux restitués dans cet ouvrage permettent d’éclairer un enjeu peu exploré mais essentiel.
Ce colloque entendait prendre date dans l’actualité : la reconnaissance de l’intelligence et de la permanence des routes (et des rues), d’hier à aujourd’hui et demain, est un point de départ de la réflexion contemporaine sur les mobilités.

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Thibault Tranchant : Créer l'universel. Castoriadis et la critique décoloniale

 CNRS Editions - Janvier 2026


Les critiques postcoloniales et décoloniales ont ouvert un espace polémique autour de la notion d'universel. Qui énonce contenu et pour quelles raisons ? N'a t elle pour fonction que de justifier la domination ? Est il possible de la recréer au delà de ses instrumentalisations ?
Un débat aujourd'hui vif opposerait ainsi l'universalisme moderne, accusé d'édifier une conception abstraite et biaisée du citoyen, aux pensées postcoloniales et décoloniales, suspectées de valoriser les différences pour elles mêmes. Afin d'éclairer ces critiques respectives et de tendre vers un universel aux sources plurielles, ce livre propose de les mettre en perspective avec la philosophie de Cornelius Castoriadis, qui a dégagé les conditions ontologiques, anthropologiques et politiques d'un universel ouvert, ancré dans l'histoire et les pratiques.
La notion castoriadienne d'autonomie radicale y sert, dès lors, de référence pour discuter deux axes du projet de décolonisation : la désoccidentalisation des savoirs et la libération du sujet. Un regard neuf, qui interroge aussi bien les impensés de l'option décoloniale que l'ethnocentrisme de l'universalisme occidental.

Thibault Tranchant est docteur en philosophie, codirecteur des Nouveaux Cahiers Castoriadis et membre du comité de rédaction de la revue Philosophiques. Il a notamment codirigé Les Carrefours du temps : temporalités et histoire dans l'œuvre de Cornelius Castoriadis (2021) et En marge du récit : enjeux critiques de la narration (2025). Il enseigne la philosophie au cégep Édouard Montpetit (Canada, QC).

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Rachel Rajalu : La Gaieté

 PU de Rennes - Janvier 2026

Audacieuse et impertinente, la gaieté est une attitude existentielle qui dispose à vivre avec légèreté, dans un sentiment de confiance face aux épreuves que nous traversons. La gaieté teinte nos croyances, nos pratiques, nos pensées positivement. Elle a aussi le pouvoir de transformer notre expérience du monde, de l’autre et de nous-mêmes pour augmenter notre puissance d’agir. Elle ne cesse d’activer et de réactiver notre désir d’être et notre plaisir d’exister, et cela peut-être plus encore dans l’adversité et la mort. En somme, elle incarne une prodigieuse force de vie, susceptible de nous conduire sur le chemin de la joie et de la vie bonne. C’est à partir de scènes issues de la littérature théâtrale que cet essai se propose d’explorer les manifestations de la gaieté dans différentes expériences fondamentales de la vie quotidienne afin d’en déceler les vertus. De l’amitié au politique, en passant par les relations amoureuses et nos liens aux êtres naturels, les pratiques de gaieté relèvent d’un véritable art de vivre par quoi une sagesse vient à s’inventer.

Rachel Rajalu enseigne la philosophie et l'esthétique à l'École supérieure d'art et de design TALM - Le Mans. Ses axes de recherche abordent la poétique et l'éthique d'une stylistique de l'existence par l'art ainsi que les liens entre art, care et politique.

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Jean-Baptiste Fournier : Du son à l'espace. Les limites du sens externe

 Vrin - Novembre 2025


Contre une certaine tendance de la philosophie, on soutient dans ce livre que le son n’est pas d’abord ou fondamentalement un objet de temps, mais porte en lui, de manière inextricable, un rapport essentiel à l’espace. Partant du problème que Strawson pose à la philosophie transcendantale en évoquant la possibilité d’une expérience purement sonore du monde qui serait non spatiale, la description du phénomène sonore dans ses différentes strates constitutionnelles nous conduit à y déceler, à tous les niveaux, des formes ne serait-ce que primitives de spatialité. Mais penser l’espace auditif implique de réélaborer le cadre conceptuel et méthodologique, massivement issu du paradigme de la perception visuelle, à partir duquel l’espace est généralement pensé, notamment du point de vue transcendantal. C’est pourquoi on trouvera dans ces pages l’esquisse d’une conception affaiblie du transcendantal qui, adossée à une phénoménologie pragmatique, s’avère seule capable de rendre compte du type d’espace très particulier dans lequel, aux limites du sens externe, se déploie le son.

Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure et du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, Jean-Baptiste Fournier est maitre de conférences en histoire de la philosophie allemande contemporaine à l'UFR de philosophie de Sorbonne Université.

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Francis Dupuis-Déri : Carnets de guerre culturelle

 M Editeur - Décembre 2025


Dans ce recueil percutant, Francis Dupuis-Déri revisite trois décennies de polémiques et de luttes idéologiques. A travers ses interventions médiatiques, il documente la montée en puissance des forces réactionnaires, l'instrumentalisation de la « rectitude politique » et les dérives ultradroitières de la guerre culturelle contemporaine. Des campus universitaires aux médias de masse, des débats sur le « néo-féminisme » aux attaques contre les minorités de genre et sexuelles, l'auteur démonte les discours conservateurs et appelle à ne pas baisser les bras. Ces carnets tracent la cartographie d'un combat où le camp progressiste reste en état de siège, — mais pas sans riposte.

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mercredi 17 décembre 2025

Anna Arzoumanov, Nathalie Droin (dir.) : Le blasphème en procès

 IFJD - Décembre 2025


Longtemps reléguée aux marges de l'histoire et du droit, la question du blasphème opère aujourd'hui un retour remarqué dans l'espace public. Affaires judiciaires, polémiques artistiques, controverses numériques, en France comme ailleurs, les accusations de blasphème ravivent des tensions fondamentales entre liberté d'expression, respect des convictions religieuses et affirmation des identités collectives.
Prenant appui sur des événements contemporains emblématiques, mais aussi sur des exemples du passé, cet ouvrage interroge la résurgence du blasphème comme catégorie sociale et politique. Au-delà de la seule offense religieuse, il met en lumière les recompositions du sacré, les conflits de valeurs et les usages différenciés de l'indignation dans des sociétés traversées par des logiques de sécularisation, de pluralisme et de polarisation.
À la croisée du droit, de l'histoire, de la linguistique, de la sociologie et de la science politique, les contributions réunies ici proposent une lecture interdisciplinaire d'un objet en apparence dépassé mais toujours opérant. Écarté du droit français, le blasphème subsiste comme vecteur de conflictualité symbolique et trouve aujourd'hui d'autres voies pour réinvestir l'espace judiciaire.
Projet ANR LIBEX « Liberté de conscience, liberté d'expression et liberté de création : recherches interdisciplinaires en diachronie et synchronie » (ANR-21-CE27-0016-21)

Nathalie Droin est MCF HDR en droit public, membre du CID, responsable du pôle « droit de la presse » du projet ANR LIBEX.
Anna Arzoumanov est MCF HDR en littérature et linguistique françaises, membre du CELLF, responsable du pôle « analyse de discours » du projet ANR LIBEX.

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lundi 15 décembre 2025

Arnaud Miranda : Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire

 Gallimard - Janvier 2025


Au cours des années 2010 et 2020, aux États-Unis, une nouvelle contre-culture de droite radicale s'est développée sur internet. Ses figures centrales, comme Curtis Yarvin ou Nick Land, écrivent le plus souvent sous pseudonymes, sur des blogs et sur les réseaux sociaux. Ils ont donné à ce mouvement son nom, la "néoréaction", ou encore les "Lumières sombres". Les idées qu'ils défendent sont à la fois anciennes et hypermodernes : détruire la démocratie, établir une monarchie, diriger l'État comme une entreprise, rétablir les inégalités entre hommes et femmes, affirmer les différences entre patrimoines génétiques... D'abord marginaux, ils ont peu à peu obtenu le soutien de certains milliardaires de la Silicon Valley, et leur audience n'a cessé de s'élargir depuis. Avec la victoire de Donald Trump en novembre 2024, ils estiment avoir désormais les mains libres pour faire de l'Amérique le laboratoire de leurs voeux les plus fous. Cette première analyse met en lumière l'originalité des néoréactionnaires tout en les inscrivant dans l'histoire longue des idées. Elle donne à lire leurs textes et permet de prendre la mesure de ce qui pourrait bien, si nous n'y prenons garde, devenir notre futur.

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Mikaël Cozic : Choisir rationnellement. Une introduction philosophique à la théorie de la décision

 Matériologiques - Décembre 2025


Qu’est-ce que choisir rationnellement ? La théorie de la décision est née des efforts conjoints de philosophes, d’économistes et de mathématiciens pour fournir des réponses rigoureuses et cohérentes à cette question. Elle le fait en proposant des modèles qui s’intéressent à la rationalité des choix dans différents contextes de décision. L’objectif de cet ouvrage est d’explorer ces modèles et de mener une analyse philosophique de leurs principes fondamentaux, centrée sur leur validité normative. Le premier volume est consacré à la décision individuelle. Il met en place les concepts-clés de préférences, d’utilité et de probabilité. Il examine en détail la théorie de l’espérance d’utilité, dans ses différentes variantes. Il discute également les rapports entre la rationalité et le temps. Le second volume sera consacré à la rationalité des choix dans un contexte social.
Par l’étendue du domaine qu’il couvre, et par la perspective, philosophique, qu’il adopte, un tel ouvrage est inédit. Il s’adresse prioritairement aux étudiants (à partir de la L3) et aux enseignants-chercheurs philosophes intéressés par la rationalité pratique et désireux de découvrir ou d’approfondir la théorie de la décision ; et aux étudiants (à partir de la L3 également) et enseignants-chercheurs économistes qui souhaitent avoir un point de vue réflexif sur des modèles qui leur sont déjà familiers.

Mikaël Cozic est professeur de philosophie contemporaine à l’Université Jean Moulin Lyon 3, membre honoraire de l’Institut universitaire de France, chercheur à l’IRPHIL (Lyon 3) et chercheur associé à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (UMR 8590). Ses domaines de recherche sont la théorie de la décision, la philosophie de l’économie et la philosophie formelle.

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Pierre Wolfcarius : Thomas Bernhard, omni-objecteur d'esprit. Essai, transformation, défiguration peut-être

 Le Lys bleu - Décembre 2025


Le grand projet de Bernhard a toujours été d'écrire une « condamnation définitive de l'intelligence », et cette condamnation, naturellement intelligente, entraînera dans sa foulée celle de la raison, de la logique et des concepts. Attila littéraire et « comico-philosophique », où il a chevauché, rien de sensé ne pourra repousser - d'autant plus que tout ce que Bernhard a pensé sera dé-pensé, tout ce qu'il a dit contredit ; c'est un peu la politique de Pénélope : un point à l'endroit, l'autre à l'envers, immédiatement sinon plus tard. Bernhard objecte à tout ; sa phrase est un mécanisme à détruire les concepts qu'elle a utilisés ; de TOUT, RIEN ne doit rester ; lui-même est naturellement compris dans sa tabula rasa : « tout ce qu'on dit est absurde, mais nous disons tout de même ces absurdités de manière persuasive ». Oui, la manière, c'est ça qui compte : l'esprit, la forme, le style et l'art, évidemment - mais surtout la musique, exsudée par l'écriture à ces moments, toujours exceptionnels, où elle décolle ; eux seuls survivent à la dévastation ; l'art qui dit l'absurdité peut lui-même être absurde, il se trouve que Bernhard s'y sent bien ; car il écrit primo pour se soulager, secundo pour son plaisir, et ça, ce n'est pas absurde.

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Juste Lipse : La Constance

 Classiques Garnier - Décembre 2025


La Constance est le seul traité proprement philosophique de Juste Lipse, dernier grand humaniste de la Renaissance et restaurateur du néostoïcisme. Dans la lignée de Sénèque, il y défend la vertu de constance entendue comme endurance et force d'âme face aux malheurs publics. Il fonde cette vertu sur une théorie métaphysique : celle de la nécessité de l'ordre du monde et des événements, voulue par un dieu bon et provident. Il reprend donc la théorie stoïcienne du destin soutenue par Sénèque et Cicéron mais en l'adaptant aux exigences du christianisme. Ce traité qui eut une énorme influence, notamment sur Guillaume du Vair, n'avait pas été traduit en français depuis 1870. Cette traduction annotée permet de redécouvrir une oeuvre majeure du courant néostoïcien.

Jacqueline Lagrée (traduction et édition) est professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes 1. Elle a publié Juste Lipse et la restauration du stoïcisme (Paris, 1994), « Constancy and coherence » dans Stoicism. Traditions and Transformations (dir. Steven Strange et Jack Zupko), p.148-176 (Cambridge, 2004) et Le Néostoïcisme (Paris, 2010).

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Christian Graff, Luc Gwiazdzinski (dir.) : Le rythme à l'épreuve des corps et du vivant

Rhuthmos - Décembre 2025


En traversant les disciplines, la notion de « rythme », comme grille de lecture et d’écriture de ce qui anime les corps et le vivant, s’étoffe et s’étend largement au-delà de l’évidence des régularités et des périodicités. Elle permet d’appréhender, par la théorie et par le vécu, les structures et les fonctionnements du flux d’événements et d’états foisonnant dans la grande musique du monde contemporain – comment, vivant dans la matière, nos êtres agissent les uns sur les autres, en harmonie ou en rupture dans un contexte en accélération, fait de mutations, d’incertitudes et d’impermanence. En recherche de modèles généralisables ou de mots à mettre sur un vécu artistique individuel, cet ouvrage invite à changer d’imaginaire pour mieux saisir les dynamiques de création et définir des modes d’habiter en polyrythmie avec le réel.

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