Eliott - Mars 2026 - L'éclectique
Un essai original sur Walter Benjamin
Et si le langage n'était pas d'abord social ? S'il n'était pas, contrairement aux apparences aveuglantes, un simple moyen d'exprimer quelque chose ? S'il était plutôt le milieu rendant possible l'expression ? Ce sont ces hypothèses qui fondent l'étonnante conception du langage de Walter Benjamin, exposée dans un texte difficile et inspirant écrit à l'âge de vingt-quatre ans et resté inédit du vivant de son auteur. Le langage ne serait pas d'abord communication mais nomination, c'est-à-dire aptitude à saisir le langage muet des choses pour lui conférer une forme plus parfaite – ce que fit, à en croire Benjamin, Adam nommant les animaux que Dieu lui présentait. Qu'en est-il dès lors de la traduction ? se demande Benjamin. Elle ne saurait se réduire au passage d'une langue à une autre frayant aux lecteurs étrangers un accès à l'original, mais vise à rendre patente la parenté des langues, à réactiver le souvenir de la langue adamique, sous une forme neuve, annoncé par certains textes prophétiques.
Docteur en histoire et sémiologie du texte et de l’image, Gilles Hanus enseigne la philosophie dans le secondaire et dirige les Cahiers d’études lévinassiennes. Il est l’auteur de Échapper à la philosophie ? Lecture de Lévinas (Verdier, 2012) ; Benny Lévy, l'éclat de la pensée (Verdier, 2013) ; Penser à deux ? Sartre et Benny Lévy face à face (L’Âge d'homme, 2013) ; Sans images ni paroles : Spinoza face à la révélation (Verdier, 2018) ; Relief de la mémoire. Théorie des trous de mémoire (Liber, 2022) ; Éloge du tact (Liber, 2023) et Une langue unique. Rousseau, Babel et la civilisation (Éliott, 2024) et La parenté des langues. Langage et traduction selon Walter Benjamin (Éliott, 2026). Préface du liver : "Le noyau et l'écorce"
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