dimanche 26 février 2023

Fatié Ouattara : De la crise de l'éducation. La rationalité comme principe de l'éducation à la liberté et à la paix chez Kant et Hegel

 L'Harmattan - Janvier 2023


Comment éduquer à la liberté et à la paix dans la contrainte ? L'éducation a-t-elle toujours été la pomme de la discorde sociale ? Que signifie la crise de la transmission, de la parentalité, de l'autorité éducative ? La crise de l'éducation est-elle un problème philosophique majeur? Si oui, quelles sont la nature et la valeur de la contribution de la philosophie à sa compréhension, à son explication et à sa résolution ? Ces questions sont au cœur de cet ouvrage, dont la quête de réponse suggère de réaffirmer que, à la différence de l'animal qui naît achevé, l'homme n'est rien sans l'éducation. Aussi, toute société humaine se construit, se transforme et progresse grâce à des hommes libres, éduqués, instruits et formés en famille, à l'école, dans la société et par l'État qui a le monopole de l'éducation. Cependant, la qualité et les conditions de l'éducation, qui font l'objet de critiques, alimentent l'idée d'une crise de l'éducation aux conséquences désastreuses pour la paix et le développement économique et sociopolitique d'une nation.

Fatié Ouattara est maître de conférences de philosophie de l'éducation à l'Université Joseph Ki-Zerbo, au Burkina Faso. Il est l'actuel Secrétaire général de la Commission nationale burkinabè pour l'UNESCO.

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Gisèle Berkman : La question juive de Maurice Blanchot

 Le Bord de l'eau - Février 2023


L’œuvre de Maurice Blanchot est entrée dans l’ère du soupçon. Sa trajectoire – de l’engagement nationaliste et des articles antisémites d’avant-guerre à la fascination pour le judaïsme et à la solidarité jamais démentie pour Israël – continue de provoquer l’incompréhension. Blanchot aurait, selon certains critiques, effectué un retournement analogue à celui qui l’a mené de l’extrême droite à l’extrême gauche et au « communisme de pensée » des années d’après-guerre. L’antisémitisme des années trente se serait inversé en philosémitisme – terme aux connotations tendancieuses. Des essais récents ont réactivé le soupçon, allant jusqu’à faire de Blanchot un Heidegger français.

Le présent essai s’inscrit en faux contre de telles interprétations. Dès 1938, Blanchot cesse toute intervention politique dans la presse. Pendant la guerre, alors que se déchaînent les pamphlétaires antisémites, il écrit, certes, de 1941 à 1944, dans le maréchaliste Journal des débats, mais pour y parler exclusivement de littérature, en évoquant Freud, Kafka et Thomas Mann, tous auteurs qui figuraient sur la liste Otto. Entre les lignes, se tisse une critique de l’époque qu’il faut apprendre à déchiffrer, tandis que dans un roman tel que Thomas l’obscur (1941), taxé de « littérature juive » par la presse collaborationniste, s’invente un nouveau rapport à la langue.

La thèse de cet essai est que Blanchot vient à la littérature par la reconnaissance de l’étranger, et que la littérature devient progressivement, pour lui, synonyme de cette altérité fondatrice dont la judaïté constitue le site.

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Porphyre : Lettre à Marcella précédé de Vie de Pythagore

 Flammarion - Février 2023 - GF


Édition et traduction : Luc Brisson, Jean-François Pradeau

Porphyre de Tyr, philosophe né au IIIᵉ siècle de notre ère, éditeur et commentateur de Plotin, écrit la Lettre à Marcella alors qu’il quitte sa femme pour un long voyage après seulement quelques mois de vie commune. Son texte est autant une consolation qu’une suite de conseils philosophiques et moraux, destinés à tous ceux qui, comme Marcella, veulent défendre la philosophie comme source de bonheur et d’élévation.

La Vie de Pythagore, une biographie qui relève de la rhétorique de l’éloge, se veut quant à elle un manuel de vie dont les leçons portent sur le rapport à la cité humaine, aux autres êtres vivants, au monde et au divin en général.

Chacun à leur manière, ces deux textes dessinent un idéal de vie heureuse tel que pouvait l’entendre la philosophie néoplatonicienne. Devenir vertueux, c’est se détacher du monde et cheminer vers sa véritable demeure, l’intellect divin.

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samedi 25 février 2023

Dany-Robert Dufour : Le phénomène trans. Le regard d'un philosophe

 Cherche midi - Mars 2023


Notre société libérale prétend que l'individu a désormais le pouvoir de prendre, pour lui-même, toutes les décisions. Les " choix de vie ", tant loués par la publicité ou la presse psychologique, font figure de libertés fondamentales arrachées héroïquement au conservatisme. C'est ainsi, par exemple, que nous pouvons changer de sexe comme on change d'apparence ou de fond d'écran. N'y aurait-il pas là une confusion, voire un mensonge ?

Si le sexe relève de l'anatomie et du réel biologique, le genre obéit quant à lui à la culture et à la sexualité – deux réalités très différentes. Or le concept postmoderne de genre, si cher à l'individualisme ambiant, introduit une grande nouveauté : une " simple " opération chirurgicale permettrait d'effacer la différence sexuelle. Dans le même ordre d'idée, on tient à présenter le transsexualisme comme une nouveauté. C'est oublier que depuis toujours, sous toutes les latitudes et pour mille raisons, des hommes se sont fait passer pour des femmes, des femmes pour des hommes. Le droit de fabuler sur son sexe et d'adopter des pratiques sexuelles sur-mesure s'avère aussi ancien que le droit de se tenir debout.

Dany-Robert Dufour décrypte ici avec précision les véritables enjeux du phénomène " trans ". Où l'on se rappelle que le fonctionnement de l'économie de marché dépend de désirs toujours renouvelés. Et où l'on comprend assez vite que le changement de sexe n'est qu'une option de plus dans le catalogue libéral. Peu importe son coût : sociétal, médical et anthropologique.

Dany-Robert Dufour est philosophe. Professeur honoraire à l'université Paris VIII, il est l'auteur d'ouvrages essentiels comme Le Divin Marché (Denoël, 2007) ou Baise ton prochain, une histoire souterraine du capitalisme (Actes Sud, 2019).

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Loig Le Bihan et Vincent Deville (dir.) : Penser les formes filmiques contemporaines

 UGA Editions - Février 2023


Comment penser les formes filmiques contemporaines dans un monde éminemment complexifié, à l'ère d'une mondialisation débridée, où la circulation des images n'a jamais été aussi massive et rapide ? C'est un véritable défi pour l'analyste des images, qui peut lui-même se dire contemporain à la seule condition d'être "celui qui perçoit l'obscurité de son temps comme une affaire qui le regarde et n'a de cesse de l'interpeller", selon le philosophe Giorgio Agamben. Articulée autour de quatre hypothèses de travail - Temporalités contrariées ; Mémoires stratifiées ; Espaces reconfigurés ; Mondes partagés - la réflexion collective menée ici interroge à la fois la manière dont les formes filmiques contemporaines pensent et analysent le monde, et comment elles suscitent en retour l'invention de nouveaux gestes, méthodes, postures, techniques, stratégies et outils analytiques afin de continuer à penser avec exigence les images et les oeuvres d'aujourd'hui.

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Seddik Benlaksira et Tyler Reigeluth (dir.) : Intelligence artificielle. Que faire de la transparence technique ?

 Vrin - Février 2023 - Revue Pistes


A l'heure où les systèmes techniques " intelligents " se généralisent et transforment nos activités sociales, l'opacité grandissante de ces systèmes est pointée comme source de tous les dangers et d'aucuns réclament leur mise en transparence pour mieux gouverner leurs effets. En miroir, les ingénieurs et plateformes qui développent et déploient ces systèmes sont quant à eux soucieux d'une autre forme de transparence grâce à laquelle ils n'apparaîtraient même plus pour l'utilisateur. Malgré l'omniprésence du terme et sa mobilisation tous azimuts, reste cependant à savoir de quoi exactement cette transparence est faite, pourquoi on devrait tant la réclamer, et enfin pourquoi elle serait une qualité nécessaire et intrinsèque de tout dispositif technique. Une question s'impose dès lors : que faire de la transparence technique ? Les contributions réunies dans ce volume cherchent, depuis des ancrages disciplinaires variés, à questionner la relation entre transparence et technique, en particulier mais pas seulement dans le domaine de l'algorithmique intelligente.

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Marc Guillaume : Puissance de l'ellipse. Dé-coïncider d'avec le Cercle

 Galilée - Février 2023


Le cercle est une figure idéale, symbole de rayonnement et de coïncidence parfaite. Pour la pensée, cette coïncidence est une source d'inspiration, mais elle incite à tourner en rond autour d'une idée reçue ou d'une idéologie. Pour éviter les routines de la pensée, il faut passer du cercle à l' ellipse.
L'ellipse est une figure géométrique familière, celle d'un cercle vu en perspective. Et c'est aussi une figure de rhétorique d'un usage courant et souvent discret. La puissance de l'ellipse se déploie sur ces deux registres, géométrique et rhétorique, car elle impose un décentrement. Sa puissance vient de l'écart entre ses foyers invisibles, un écart qui éclaire la pensée.
De la même façon que les planètes décrivent non des cercles mais des ellipses autour de leurs astres, la pensée philosophique doit décoïncider pour se libérer et ouvrir de l'impensé.
Je tourne autour de toi, tu tournes autour de moi : si ce lien devient intense, qu'il soit durable ou non, c'est parce que cette gravitation montre que l'identité n'est qu'une apparence. Une apparence qui masque l'intime qui lui-même implique l'altérité.
L'ellipse n'est pas seulement le modèle de la réalité humaine. C'est aussi une voie de compréhension de cette réalité : les ressources de la littérature quand celle-ci va à l'essentiel en laissant apercevoir ce que la langue ordinaire ne peut pas dire, ne peuvent se déployer qu'en utilisant un langage elliptique. Parfois obscur mais plus riche de cette obscurité. Car ce n'est qu'en respectant le jeu entre les deux foyers de ce langage, qu'il est possible de saisir les rapports subtils qui se tissent dans l'amitié et dans l'amour.

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François Guéry : La loi du plus faible. La nature n'est pas darwinienne

 Cerf - Février 2023


Quel message la nature nous livre-t-elle ? La force s'impose-t-elle automatiquement ? La théorie de l'évolution, trahie par le darwinisme social, répond-elle suffisamment aux problèmes éthiques de notre temps ? Finalement, la raison du plus fort est-elle toujours la meilleure ?
Le préjugé est tenace : les plus forts feraient la loi. La nature le dément pourtant : les plus faibles, à l'exemple de l'enfant à naître, sont l'objet d'une protection remarquable dès leur conception et bénéficient génétiquement de pouvoirs de survie considérables.
Dans cet ouvrage, François Guery rétablit une vérité : la loi du plus faible. Il entreprend de réécrire l'histoire de la vie évoluée, en nuançant les apports du darwinisme à l'éthique. Il expose en profondeur l'erreur de ces idéologies qui tournent le dos à la notion de transmission intergénérationnelle.
Un grand livre d'éthique qui renouvelle les débats de notre époque sur l'identité, la transmission et le droit du vivant à vivre et à s'imposer par une force qui lui est propre.

Doyen de la Faculté de philosophie de l'université Jean-Moulin Lyon 3, professeur émérite, ancien producteur des " Vendredis de la philosophie " sur France Culture, François Guery est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le corps productif , La société industrielle et ses ennemis et Archéologie du nihilisme.

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Cahiers d'études lévinassiennes n°19 : La mémoire

 Verdier - Février 2023


Présentation 

Carine Brenner et Romain Buin
La Mémoire

Luc Brisson, « Les visages de la mémoire chez Platon »

Pierre Caye, « Mémoire, amnésie et transmission »

Gilles Hanus, « Théorie des trous de mémoire »

René Lévy, « Du passé faisons table rase »

Danny Trom, « ‘Comme il t’a surpris’ La mémoire comme signal »
Textes

Franz Rosenzweig, « Introduction aux Écrits juifs de Hermann Cohen » (7 et fin)

Gilles Hanus, « Retour accompli »
Recensions
Bibliographie
Citations

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vendredi 24 février 2023

Elodie Cassan : Le langage de la raison. De Descartes à La linguistique cartésienne

 Vrin - Février 2023


Descartes aborde la question du langage quand il réfléchit sur la différence anthropologique et il l’articule à des recherches sur le statut des idées. La pensée, qu’ignorent les animaux, est la raison du langage et l’inventivité dont la parole est le lieu doit être analysée sur le plan discursif, voire dans une logique. Ces éléments, dispersés dans le corpus cartésien, ont une importance telle que Chomsky reconstitue une véritable linguistique cartésienne. Sur cette base, on peut aborder l’homme cartésien comme un vivant qui pense le monde et dit ce qu’il pense, face aux autres et avec eux. L’expression de la pensée ne se ramène donc pas à une opération mentale de la subjectivité.

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Ruedi Imbach : Portrait du poète en tant que philosophe. Sur la philosophie de Dante Alighieri

 Vrin - Février 2023


Dans un portrait, on peut identifier deux moment : d’une part l’intention du peintre de montrer une personne et d’autre part le fait que cette dernière se dévoile au spectateur.
Dans cet opuscule, il ne s’agit non seulement d’aborder une œuvre poétique en l’envisageant sous un jour philosophique, mais aussi de présenter la pensée d’un homme qui s’est lui-même reconnu et compris comme philosophe. Il en résulte une exposition des multiples aspects de la philosophie de Dante qui, selon ses propres termes, témoigne de la « gracieuse lumière de la raison ».
Le visage qui se dégage alors de cette approche n’est plus uniquement celui d’un poète empreint de savoir philosophique, mais celui d’un auteur qui se donne à voir en tant que philosophe.

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Azélie Fayolle : Ernest Renan. Savoirs de la nature et pensée de l'histoire

 Honoré Champion - Février 2023


Les sciences naturelles constituent un point aveugle et pourtant central de l’œuvre d’Ernest Renan. Alors qu’il affirme, dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse, qu’il serait « arrivé à plusieurs des résultats de Darwin » s’il s’était consacré à ces sciences, rien n’en transparaît dans ses vastes sommes historiennes : il faut remonter à sa formation. Figure fondatrice de la classification des sciences entre « sciences de l’humanité » et « sciences de la nature », Renan est un savant attentif au dialogue entre les disciplines, dont la différenciation est en cours au XIXe siècle. Les sciences naturelles sont pour lui un réservoir méthodologique, qui le conduit à se faire, sur le modèle de l’anatomie et de l’embryogénie comparées, un historien des origines, auxquelles il remonte par analogie et induction. Le modèle de pensée affleure dans des images naturalistes, et questionne le statut du texte écrit par l’historien, nourri de conjectures et d’hypothèses. Renan développe une épistémologie historienne et scientifique qui interroge le statut de la fiction, placée dans ses Dialogues philosophiques entre les « certitudes », les « probabilités » et les « rêves».

Azélie Fayolle, agrégée de lettres modernes et titulaire d’un doctorat en littérature française, est actuellement chargée de recherche (FNRS). Ses recherches s’inscrivent dans le champ de l’épistémocritique et se consacrent à l’étude des sciences naturelles et de l’idée de nature, au croisement des sciences naturelles et des sciences humaines au XIXe siècle. La thèse dont est tiré cet ouvrage a reçu le prix Paris-Est pour l’École doctorale Cultures et Sociétés.

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Gianni Paganini : De Bayle à Hume. Tolérance, hypothèses, systèmes

 Honoré Champion - Février 2023


Ce livre naît de la conviction qu’il est impossible de saisir le sens de la philosophie de Pierre Bayle sans la mettre en contexte dans les grands débats du siècle. Dans cette perspective, le scepticisme n’était pas pour lui incompatible avec le rationalisme, si l’on entend le premier comme raison critique exigeante et le second comme recherche qui fait éclater tout dogmatisme. C’est la notion et la méthode d’hypothèse qui gagnent du terrain, en fondant la tolérance et annonçant la polémique contre l’esprit de système. David Hume est l’un des lecteurs majeurs de Bayle : de la phase pyrrhonienne du Treatise à celle, académique, de la First Enquiry, du refus des hypothèses aux conjectures de plus en plus audacieuses dans l’étude des rapports body-mind et dans la critique du théisme expérimental avancée dans les Dialogues. On découvre ainsi des côtés radicaux dans la pensée tant de Bayle que de Hume, sans les ramener simplement l'un au scepticisme, l'autre à l’empirisme.

Gianni Paganini, professeur émérite à l’Université du Piémont (Vercelli) est l’auteur de Analisi della fede e critica della ragione nella filosofia di Pierre Bayle (Florence 1980), Skepsis. Le débat des modernes sur le scepticisme (Paris, Vrin, 2008, couronné par l’Académie Française), Les philosophies clandestines à l’âge classique (Paris, PUF, 2005) et de nombreuses autres études sur la philosophie et les sciences des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a reçu le prix pour la philosophie de l’Accademia dei Lincei (2011), dont il est membre.

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Voltaire : Lettres inédites à Marie-Louise Denis. Voltaire et sa chère nièce

 Classiques Garnier - Février 2023


De l'immense épistolier qu'est Voltaire, nous ne connaissions pas, pour leur majeure partie, les 145 lettres présentées dans ce volume. Il s'agit pour l'essentiel d'un lot de lettres adressées par Voltaire à sa nièce Marie-Louise Denis, née Mignot. Les lettres s'échelonnent de 1737, l'année où elle perd son père, à 1744, l'année de la mort de son mari, après laquelle elle devient la compagne du philosophe jusqu'à la fin de ses jours. Ces lettres de famille doivent leur prix à leur caractère privé, voire intime, mais aussi à l'éclairage qu'elles offrent sur la vie littéraire du temps, par exemple sur la création de Mahomet à Lille. L'ensemble est complété par une annexe présentant cinq nouvelles lettres, écrites entre 1754 et 1758.

Éditeurs scientifiques: Cronk (Nicholas), Deloffre (Frédéric), Fréry (Nicolas), Hellegouarc'h (Jacqueline)

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Emmanuel Salanskis : Pourquoi une Généalogie de la morale ? Le projet de Nietzsche, ses sources et son horizon

 Editions de la Sorbonne - Mars 2023





Redécouvrir le projet de recherche collectif, interdisciplinaire et fondamentalement ouvert que Nietzsche a présenté dans la Généalogie de la morale en 1887 constitue la visée de ce livre. Paradoxalement, la généalogie nietzschéenne a en effet été méconnue par les premiers interprètes qui en ont fait un philosophème à part entière : en particulier par Gilles Deleuze, dont le Nietzsche et la philosophie, paru en 1962, a présenté à tort la généalogie de la morale comme un concept propre à Nietzsche. Ce n'est pas ce que nous dit Nietzsche et il est essentiel de l’entendre. Car non seulement Nietzsche se reconnaît des prédécesseurs en matière de généalogie, comme l’Allemand Paul Rée et l’Anglais Herbert Spencer, mais son intervention personnelle dans ce champ consiste bien souvent à corriger des hypothèses antérieures trop « azurées ». Il faut donc lire les auteurs que Nietzsche a lus pour mesurer ses dettes, discerner ses originalités et saisir les enjeux de son travail. On mesure ainsi le sérieux philologique de son entreprise, qui en accroît à vrai dire la portée philosophique, y compris dans une perspective contemporaine.

Sommaire 

Avant-propos

Introduction : le choix du mot « généalogie »

Sortir de l'évidence de la généalogie

Les « généalogistes de la morale jusqu'ici »

L'émergence de la métaphore généalogique en 1886-1887

Le contexte : une relecture de L'origine des sentiments moraux de Paul Rée

Généalogie versus géologie

Une image évolutionniste

Considérations préliminaires sur la structure d'ensemble de la Généalogie

chapitre I. La méthode axiologique de Nietzsche

Provenance et valeur selon la préface de la Généalogie

La « note » : pour un perspectivisme axiologique utilisant les sciences

Le problème philosophique de la valeur, sous celui de la connaissance

Perspectivisme et hiérarchie

Le recours perspectiviste aux sciences

Une application : la « valeur biologique » des affects actifs et réactifs

chapitre II. Le fil conducteur langagier du premier traité

Identifier les locuteurs dominants : première approche du cas Théognis

Repérer les basculements des rapports de puissance : la matrice théognidéenne

La matrice théognidéenne appliquée à l’émergence du christianisme

Julius Lippert, ou la centralité de la figure de Paul

L’interprétation de Nietzsche-Lippert : Paul en tant que judéo-chrétien

Volonté de puissance et messianisme apocalyptique

Une resignification victorieuse, plusieurs questions en suspens

chapitre III. L’hypothèse de Nietzsche sur l’origine de la « mauvaise conscience »

Le problème de la structure du deuxième traité dans la littérature secondaire et les éditions de la Généalogie de la morale

La distinction fondamentale entre faute et responsabilité, à la lumière de l’anthropologie des religions et de l’ethnologie comparée du droit

La notion de « dette expiatoire » chez Julius Lippert

Les limites du nulla poena sine culpa selon Albert Hermann Post

La transcription de la distinction entre faute et responsabilité dans la structure du deuxième traité

L’incipit sur la conscience de responsabilité et le zigzag du § 4

Contre le préjugé que le châtiment donne mauvaise conscience

Pour une généalogie spécifique et non linéaire de la « faute »

L’hypothèse pulsionnelle de Nietzsche

Bilan et ouverture

chapitre IV. La distinction du troisième traité entre sens et signification

Un arrière-plan philosophique du troisième traité : le nihilisme comme « vide de sens »

Idéal ascétique et donation de sens selon le § 28 du troisième traité

« Un sens quel qu’il soit vaut mieux que pas de sens du tout »

À la place d’une conclusion

Bibliographie

Index des noms

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mercredi 22 février 2023

Serge Margel : La philosophie dans le miroir. Littérature, religion, cinéma

 Hermann - Février 2023


Sont ici rassemblés dix-sept textes qui reflètent un travail délibérément orienté sur plusieurs champs du savoir. Celui de la philosophie, ses œuvres et ses auteurs, antiques et modernes, comme Augustin, Leibniz, Spinoza, Kant ou Derrida. Celui de la littérature, et sa critique, comme Blanchot, Duras ou Deguy. Celui du religieux, comme l’exorcisme avec le Malleus maleficarum, la cruentation avec Ranchin, le miracle avec Augustin, ou la Bible et langue hébraïque avec Spinoza. Enfin celui du cinéma, avec les voix fantômes de Duras, les spectres de Farocki, la question des genres d’Akerman, les utopies de Kluge, et la fin du monde de Bela Tarr. Tous ces textes sont philosophiques, dans leur effort de pensée, dans le but de faire l’expérience d’une écriture de la pensée, d’une invention d’un langage de la pensée ou du regard. Ils cherchent à penser le travail de la lettre, dans un livre, une croyance religieuse, un événement surnaturel, une pratique déviante, une voix narrative, la description d’un personnage, un plan-séquence, etc. Chacun d’eux se concentre sur un détail qui aurait pu passer inaperçu. En somme, ces textes proposent des argumentations précises, analysent des récrits et décryptent des séquences, dans le désir d’en poursuivre l’écriture par le seul jeu de la pensée.

Serge Margel est philosophe et philologue. Il enseigne à l'université de Neuchâtel et est chercheur au Fonds national suisse de la recherche scientifique. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Hermann, dont Altérités de la littérature (2018).

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István Fazakas et Paul Slama (dir.) : La phénoménologie transcendantale aujourd'hui. Autour du "Clignotement de l être" d'Alexander Schnell

 Hermann - Février 2023


Cet ouvrage collectif présente le dialogue entre de jeunes chercheurs en phénoménologie et Alexander Schnell, phénoménologue contemporain, à partir de son ouvrage Le Clignotement de l'être (2020). Il défend la vivacité de la phénoménologie transcendantale aujourd'hui, en tant que méthode philosophique qui interroge les secrets de la subjectivité et son rapport à la réalité, au fil conducteur des concepts d'intentionnalité, de réduction, de générativité, d'absolu, et d'histoire. La question directrice qui rassemble les contributions réunies ici est la suivante : quand le phénoménologue effectue la réduction phénoménologique et fait l'expérience du transcendantal comme tel, à quelle réalité fait-il face ?

István Fazakas, docteur en philosophie de la Bergische Universität Wuppertal et de l’Université Charles de Prague, est actuellement chercheur postdoctoral à l’Université libre de Bruxelles.
Paul Slama, docteur en philosophie de l'Université Paris-Sorbonne, est actuellement boursier de la fondation Alexander von Humboldt.

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Michel Bourdeau : La fin de l'utopie libérale

 Hermann - Février 2023


Aujourd’hui où les politiques libérales sont de plus en plus remises en question, le moment semble venu de relire l’œuvre de leur principal inspirateur, qui nous propose de considérer le libéralisme comme une utopie. Le lecteur est ainsi invité à se familiariser avec la pensée de l’économiste qui nous donne la clé du monde globalisé dans lequel nous vivons. Loin d’être le fruit du hasard, c’est le résultat d’un long travail dont on ne peut contester que le président de la Société du Mont Pèlerin a été le maître d’œuvre. Pour qui veut comprendre le monde actuel, il y a peu de lectures plus utiles que celle des ouvrages de Hayek.
Le propre des grandes œuvres est de se prêter à de multiples interprétations. Tout en adoptant un point de vue critique, celle qui est ici proposée vise à rendre fidèlement sa pensée. Elle demande à être prise avant tout comme une invitation à chercher, dans l’œuvre de Hayek, l’intelligence du monde actuel, et à faciliter la lecture de celui-ci comme de celle-là.

Michel Bourdeau est directeur de recherche émérite au CNRS. Spécialiste d'Auguste Comte et du positivisme, il a notamment coédité, avec Laurent Clauzade et Frédéric Dupin, les Cours de philosophie positive, leçons 46-51 d'Auguste Comte (2012).

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