lundi 11 septembre 2023

Pierre-Yves Quiviger : Une philosophie du vin

 Albin Michel - Septembre 2023


Qu’est-ce que boire ? Y a-t-il une esthétique du vin ? Une philosophie de l’ivresse ?

Brassant des thèmes originaux en la matière, comme la connaissance, l’expérience sociale ou la morale, ce livre, à savourer sans modération, sillonne la route allant de notre palais à notre cerveau.

Pierre-Yves Quiviger, qui se définit comme un «amoureux passionné du vin», y propose une réflexion inédite, érudite et vivante à la fois. De Platon à Clément Rosset en passant par Rousseau, de la Bourgogne au bordelais, du Jura à l’Auvergne il explore les liens entre le plaisir sensoriel que procure la Dive bouteille et la connaissance intellectuelle que l’on en a (ou que l’on aura après l’avoir lu), tout en nous faisant partager, d’une plume allègre et précise, sa joyeuse obsession viticole.

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dimanche 10 septembre 2023

Thierry-Dominique Humbrecht : Introduction à la métaphysique de Thomas d'Aquin

 Vrin - Septembre 2023


Se mêler de métaphysique n'est pas de tout repos, même au XIIIe siècle, à l'Université de Paris, et même lorsque l'on s'appelle Thomas d'Aquin. Il faut imposer sa légitimité, tenter une synthèse entre des autorités qui ne vont pas ensemble, se battre ou renoncer. Pourtant, ce ne sont pas les circonstances qui frappent le plus, mais une pensée qui semble (à tort) couler longue et tranquille comme la Seine. Si la métaphysique de Thomas traverse les siècles, c'est pour une conception de l'être et du langage qui se distribuent jusqu'à Dieu sans l'y soumettre; pour l'analogie, la participation, la fusion du platonisme et d'Aristote; pour l'harmonie entre foi et raison, au point que l'une parle parfois avec la voix de l'autre; pour des déclarations de méthode, qui soulèvent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent; et pour une nouveauté de vision qui ne dit pas son nom - mais que son époque avait su percevoir, sans toujours la recevoir, autant que la nôtre.

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Julien Tricard : Qu'est-ce qu'une loi de la nature ?

 Vrin - Septembre 2023


On peut s’étonner qu’un concept aussi central en philosophie des sciences et aussi courant dans le langage scientifique puisse faire encore l’objet d’une question de définition. Pourtant, la signification du concept de « loi de la nature » reste encore obscure, car traversée par une ambiguïté fondamentale. Si l’existence de « lois » ratifie le fait que la nature est régulière, cela signifie-t-il dire que les lois sont de simples régularités, c’est-à-dire des rapports constants entre faits? Ne seraient-elles pas plutôt des « règles » qui gouvernent nécessairement le cours des phénomènes? Mais alors, quel est le fondement de cette nécessité que ces règlent imposent aux faits : dérivent-elles de la nature et des dispositions des choses, ou bien sont-elles octroyées de l’extérieur par une instance (divine ou transcendantale) qui légifère sur la nature « comme un roi en son royaume »?

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Bulletin de la Société Française de Philosophie, septembre 2023 : Retour sur l’universalisme : autour du travail de Francis Wolff

Société Française de Philosophie - Septembre 2023


Par l’intitulé « Retour sur l’universalisme : autour du travail de Francis Wolff », la Société française de philosophie inscrit ce moment de réflexion au sein de recherches et de travaux qu’elle a menés ou accueillis récemment; elle entend aussi faire signe vers l’œuvre de Francis Wolff.
« Dire le monde et plaider pour l’universel » : la formule par laquelle Francis Wolff résume son programme philosophique peut se lire en équivalence : dire le monde, c’est-à-dire plaider pour l’universel. Selon l’auteur, constituer un monde hors de moi et constituer un monde commun procèdent d’un même noyau : la forme prédicative initiale donne sa forme au monde et d’un même geste engage le rapport entre des consciences réflexives. À partir de « la raison dialogique comme différence anthropologique », les grands champs de l’universel – réflexion sur les procédures de la connaissance, quête d’une éthique, construction d’une esthétique – se déploient en un mouvement d’« aspiration à l’achèvement de l’interlocution » nourri par l’histoire de la philosophie, et constituent un humanisme.
La demi-journée d’étude, en présence de Francis Wolff, propose une discussion de quelques-uns de ces thèmes centraux dans son travail. André Comte-Sponville et Alain Policar, auteurs d’ouvrages récents consacrés à l’oeuvre de Francis Wolff, y sont invités d’honneur.

Auteurs: Anne Baudart, Étienne Bimbenet, Nassim El Kabli, Élise Marrou, Alain Policar

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Pierre Guenancia : L’homme sans moi. Essai sur l’identité

 PUF - Octobre 2023


Luttant à la fois contre le culte moderne du moi et le communautarisme qui divise les hommes, ce livre révèle la fonction civilisatrice du Je. Notre époque semble être obsédée par la quête de l'iden­tité, celle du moi comme celle des communautés qui fragmentent et démantèlent le monde commun. Qu'il s'agisse du moi de chacun ou du nous qui n'en est que la forme agrandie, nous devrions rechercher et revendiquer la sacro-sainte « différence » entre moi et les autres, entre nous et les autres. L'ambition de L'Homme sans moi est de démontrer le caractère factice de ce moi largement imaginaire en le distinguant nettement du Je de l'homme conçu comme un être portant en lui-même une dimension cosmo­politique, capable par la pensée de changer de place, de se comprendre lui-même comme l'un des référentiels possibles du monde commun. Cet essai sur l'identité qui mobilise les ressources des grandes pensées philosophiques, notamment celles de Descartes, Pascal, Husserl et Levinas, défend l'idée plus actuelle et plus nécessaire que jamais que c'est en tant qu'êtres singuliers et universels que les hommes forment la communauté indéfiniment ouverte des citoyens égaux d'un même monde.

Pierre Guenancia est professeur émérite d'histoire de la philo­sophie moderne à l'université de Bourgogne. Il a écrit de nombreux livres sur Descartes et Pascal. Aux Puf, dans la série Une histoire personnelle de la philosophie, il est l'auteur de deux volumes : La Voie des idées de Descartes à Hume (2015) et La Voie de la conscience. Husserl, Sartre, Merleau-Ponty, Ricoeur

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Revue de métaphysique et de morale 2023/3 (N° 119) : Comprendre autrui

 PUF - Septembre 2023


Page 303 à 310 : Michel Le Du et David Romand - Présentation | Page 311 à 333 : Angélique Thébert - Peut-on comprendre le sceptique ? | Page 335 à 352 : Rémi Clot-Goudard - Compréhension d’autrui, savoir-faire conceptuel et monde social | Page 353 à 369 : Benoit Gaultier - Comment comprendre un être dépourvu de langage ? | Page 371 à 390 : Olivier Ouzilou - Rationalité et compréhension des croyances passées. Staline face à Barbarossa | Page 391 à 407 : Jin Qian - Pour une herméneutique relationnelle : l’exemple des écrits chinois sur les missionnaires jésuites du XVIIe siècle | Page 409 à 425 : Stéphane Chauvier - IA : le test de la déférence | Page 427 à 430 : Charles Ehret - Olivier Boulnois, Généalogie de la liberté, Paris, Éditions du Seuil, « L’Ordre philosophique », 2021, 496 p. | Page 430 à 433 : Sophie Serra - Joël Biard, Hypothèse matérialiste et pensée radicale. La philosophie de la nature chez Blaise de Parme, Paris, Vrin, 2022, 194 p. | Page 433 à 434 : Emiliano Ferrari - Raymond Sebond, Théologie naturelle (1569, 1581), traduction de Michel de Montaigne, édition d’Alberto Frigo, Paris, Classiques Garnier, 2022, 935 p. | Page 435 à 438 : Claudio Majolino - Hélène Leblanc, Théories sémiotiques à l’Âge classique. Translatio signorum, Paris, Vrin, « Histoire de la Philosophie », 2021, avec une préface de Laurent Cesalli, 314 p. | Page 438 à 440 : Justin E. H. Smith - Delphine Antoine-Mahut, L’Autorité d’un canon philosophique. Le cas Descartes, Paris, Vrin, 2021, 352 p. | Page 440 à 442 : Pierre Guenancia - Camille Riquier, Métamorphose de Descartes. Le secret de Sartre, Paris, Gallimard, « NRF Essais », 2022, 336 p. | Page 443 à 445 : Philippe Hamou - Stewart Duncan, Materialism from Hobbes to Locke, Oxford, Oxford University Press, 2022, 233 p. | Page 445 à 449 : Arnaud Pelletier - Antoine Grandjean, Métaphysiques de l’expérience. Empirisme et philosophie transcendantale selon Kant, Paris, Vrin, 2022, 446 p. | Page 449 à 451 : Clémence Couturier-Heinrich - Johann Gottfried Herder, Une métacritique de la Critique de la raison pure, traduction, introduction et notes par Michel Espagne, Paris, Puf, « Épiméthée », 384 p. | Page 451 à 453 : Antoine Auvé - Karen NG, Hegel’s concept of life. Self-consciousness, freedom, logic, New York, Oxford University Press, 2020, 319 p. | Page 453 à 456 : Mildred Galland-Szymkowiak - Laurent Guyot, Philosophies de la création artistique, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2022, 306 p..

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samedi 9 septembre 2023

Cécile Mahiou : Poétiques du quotidien. Le parti pris du non-art

Editions de la Sorbonne - Août 2023 - Ressorts esthétiques



La tendance à réduire le quotidien au banal a longtemps conduit à occulter sa puissance critique. Il est pourtant au centre des pratiques artistiques des années 1960 à 1980, qui questionnent les frontières entre l'art et la vie et entre l’art et le non-art. Ce livre propose une généalogie de la notion de quotidien et un parcours des écrits théoriques des penseurs qui ont contribué à le réévaluer (notamment Henri Lefebvre et Michel de Certeau), en articulant la critique de la vie quotidienne à la question de la créativité. À travers les expérimentations des artistes du groupe Fluxus et les textes des artistes-écrivains Robert Filliou, Daniel Spoerri, Allan Kaprow et Georges Perec, Cécile Mahiou explore les enjeux esthétiques des écritures du quotidien et de pratiques souvent collectives qui ne s’exposent pas au musée. Celles-ci peuvent être de l’art comme n’en être pas, et se confondent avec la vie quotidienne pour mieux l’interroger.

Sommaire 

Préface, par Gilles A. Tiberghien

L'art, la pensée et la vie confondus

Introduction

Le quotidien réévalué

Le parti pris du non-art et l’épistémologie du quotidien

Chapitre 1 - Le quotidien et les contradictions de la modernité

La pré-histoire du concept de quotidien

Baudelaire : le présent contre la banalité quotidienne

Réalisme et vitalisme : inscrire l’art dans la vie quotidienne

Révéler la vie quotidienne par l’art

La « réinvention critique du concept de quotidien » par Henri Lefebvre

Le « romantisme révolutionnaire »

Le paradigme vie quotidienne, quotidienneté, quotidien

La connaissance critique du quotidien

Chapitre 2 - Quotidien et créativité, un paradoxe ?

Henri Lefebvre et les situationnistes : « une histoire des années soixante »

Michel de Certeau : l’invention au quotidien

Les tactiques quotidiennes, pratiques créatrices de résistance aux stratégies de domination

Le quotidien et les arts de faire

« L’empoétisation de la vie ordinaire » : infléchissement de la pensée du quotidien

Le quotidien et l’utopie

Henri Lefebvre : le quotidien et les possibles

Le quotidien, métaphore de l’agir créatif ?

Chapitre 3 - Le « paradoxe délibéré » du non-art

Le non-art comme revendication artistique

Le non-art et le paradigme de la « théâtralité »

Le non-art : reconduction du projet avant-gardiste ?

L’art et son hétéronomie

Arts de la perturbation ?

À propos de quelques chaises : l’objet commun et l’ontologie de l’art

Ceci n’est pas de l’art conceptuel

Chapitre 4 - Écritures du quotidien (1) Robert Filliou : la vie des non-artistes

Les « principes d’économie poétique » de Robert Filliou

Le principe d’équivalence, outil pour l’avènement de la création permanente

La création permanente ou la continuité de l’artiste et de l’œuvre

Le multilivre, élément d’un dispositif stratégique

« Lire aussi est un art vivant »

Manuel de poïétique

Chapitre 5 - Écritures du quotidien (2) Georges Perec : le projet des « choses communes »

La revue Cause commune : l’épistémologie critique comme projet

Quelle méthode pour la connaissance du quotidien ?

Pour un nouveau réalisme ?

L’écriture perecquienne et « l’interrogation sociologique »

Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

L’écriture comme espace critique

L’« utopie expérimentale » à l’œuvre dans Espèces d’espaces

Chapitre 6 - Écritures du quotidien (3) Georges Perec et Daniel Spoerri : le quotidien et son inventaire

La Topographie, décrire un quotidien partagé

Je me souviens, énumérer des souvenirs non personnels

Œuvres, modes d’emploi : ceci n’est pas une liste

Des dispositifs pour représenter le quotidien

L’écriture de la mémoire collective

Chapitre 7 - Écritures du quotidien (4) Allan Kaprow : la mise en récit des pratiques non-art

Le texte des happenings

Le non-art, un art de l’anecdote ?

La fonction heuristique de l’art

Le sens de l’expérience esthétique ordinaire

Conclusion

Annexes

Annexe 1 - Traduction de l’article d’Allan Kaprow, « Just Doing »

Annexe 2 - Relevé des « Je me souviens » listés par Georges Perec sous la rubrique « Vie quotidienne »


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Pierre Poligone et Éléonore Mermet (dir.) : La Crise de la transcendance au xxe siècle. Voix reçue, parole transmise

 Classiques Garnier - Septembre 2023


La littérature du XXe siècle est trop souvent réduite à quelques mouvements littéraires, généralement contestataires. Nous avons voulu rendre hommage à ces chercheurs de l'absolu qui ont profondément marqué leur époque et dont nous voulons montrer leur actualité. Ce recueil d'articles a pour ambition de sonder les nouvelles modalités d'expression d'une parole enthousiaste au moment où l'immanence semble s'imposer. Il s'agit de rendre compte des stratégies employées par les écrivains pour effectuer la transcription langagière d'une forme de transcendance. Au-delà de la thématique générale, nous avons voulu également mettre en lumière des écrivains méconnus qui permettent de porter un regard nouveau sur l'écriture poétique du XXe siècle.

Éléonore Mermet est agrégée de lettres classiques. Elle effectue actuellement une thèse sur la voix dans les fictions et les écrits de combat de Georges Bernanos en cotutelle à l'université de Lille et l'université de Gand. Elle est aussi chargée de cours en lettres modernes à l'université de Bourgogne.
Pierre Poligone effectue actuellement un doctorat à Sorbonne Université sur les rapports entre écriture, souffrance et mystique dans l'oeuvre de Simone Weil, Joë Bousquet, Béatrice Douvre et Vincent La Soudière, sous la direction de Jean-Yves Masson. Il est chargé de cours à l'université Sorbonne Nouvelle en littérature comparée et codirige la revue littéraire Zone Critique.

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vendredi 8 septembre 2023

Clara Vasseur : Marcel Jousse, lecteur de Bergson

 Beauchesne - Septembre 2023


« Jousse – il a trouvé un filon, comme on dit », confie Bergson dans un entretien avec Lydie Adolphe.
La relation que Marcel Jousse, chercheur, professeur, homme d’Église, entretient tout au long de ses quelque quarante ans d’enseignement avec le philosophe Henri Bergson est pour le moins paradoxale. Entre admiration et rejet, Jousse revendique « sa » lecture de Bergson. Libre et inspirante, souvent critique, voire frôlant la caricature, cette lecture tonique agit en retour sur le lecteur, qu’il soit connaisseur de l’oeuvre de Bergson ou pas. Selon Jousse, le geste corporel-manuel, le geste global, est au coeur de la pensée du philosophe. Bergson joue sa pensée avec ses mains, avec tout son corps avant de la jeter dans ses livres. La connaissance des lois anthropologiques du Style oral formulées par Jousse permet de mieux saisir la particularité du style de Bergson, proche de celui de Péguy, et qui s’apparente au style oral des rythmo-mimeurs. Jousse, Bergson : deux noms qui ont marqué leur époque. Le lien fort qui unit les deux penseurs est au coeur de cette enquête – que l’on pourrait aussi écrire « en quête » – à la fois philosophique et historique. Ce livre s’inscrit dans la longue liste des « lecteurs de Bergson » qu’ils soient ou non bergsoniens.

Élisabeth Vasseur, docteur en philosophie, vit en Allemagne. Elle a contribué à faire connaître l’oeuvre de Marcel Jousse par ses travaux, en particulier outre-Rhin.

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Yohann Douet : Découvrir Machiavel

Les Editions sociales - Septembre 2023

Contre les lectures courantes de Machiavel, vu comme pur technicien de la politique voire comme apôtre du mal, sa pensée doit être abordée à partir du sentiment patriotique et des sympathies populaires qui l'innervent. En étudiant douze textes issus de ses différentes oeuvres (et non uniquement du Prince), cet ouvrage montre que le conflit est au coeur de sa pensée : le conflit entre États bien sûr, mais aussi les luttes sociales. S'éclaire alors toute la complexité et l'ambivalence du rapport entre le pouvoir - celui d'un prince ou d'une république - et le peuple, ce qui permet de comprendre que la pensée de Machiavel conserve, cinq siècles plus tard, une profonde actualité, notamment pour penser la démocratie en un sens plus radical.

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Karl Marx : Sur le parti révolutionnaire. Précédé de L'Adieu aux sectes - Marx théoricien du parti, par Jean Quétier

 Les éditions sociales - Septembre 2023


Si la question partisane réapparaît dans les débats politiques et intellectuels, les élaborations de Marx sur le parti révolutionnaire, pourtant nombreuses, font l'objet d'un effacement tenace. Ce volume présente en un même volume un large choix de textes de Marx (extraits de livres, correspondance, procès-verbaux, brouillons, etc.), dont certains étaient difficiles d'accès, inédits ou dont la traduction devait être renouvelée. Il a vocation à devenir l'ouvrage de référence. Le choix de textes donne à lire comment Marx pose le problème du parti de 1840 à 1880. Il est accompagné d'un essai introductif de Jean Quétier, «L'adieu aux sectes. Marx, théoricien du parti» qui resitue leurs enjeux pour reconstruire la théorie du parti que Marx n'a jamais exposée de façon systématique.

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Arnaud Villani : Vers une pensée mouvement. Voyage entre les choses et les mots

 Encre marine - Septembre 2023


Penser selon une « pensée-mouvement », c’est se concentrer, non sur les êtres et les choses existant dans leurs limites assignées, mais porter son regard sur l’intervalle, la passerelle entre ces êtres et ces choses. On évite ainsi ce cancer de la pensée occidentale et désormais mondiale : la dichotomie sous sa forme manichéenne qui oppose les choses deux à deux, en chiens de faïence (pensée de guerre). On considère que les choses et les êtres, non seulement ne peuvent exister sans leurs innombrables « relatifs » – l’arbre avec l’eau et la terre, l’animal avec son « milieu », l’homme, avec ses poumons et l’air qui les fait vivre, avec ses milliards de ses congénères –, mais encore sont continuellement modifiés dans et par cette relation. On oppose aisément la « relation » et le « rapport » : dans la relation, les éléments se transforment mutuellement ; dans le rapport, les éléments demeurent « tels qu’en eux-mêmes ». On repère soudain une lutte féroce de la culture humaine pour éliminer toute importance de la nature et prendre définitivement les commandes de l’univers. On peut relire critiquement toute l’évolution de la pensée et modifier son regard sur ce qui nous entoure, à l’aide d’une intelligence du coeur, d’une foncière bienveillance.

Arnaud Villani est philosophe et poète. Il a enseigné la philosophie en Classes Préparatoires Littéraires du Lycée Masséna de Nice, de 1969 à 2010. Thèse de doctorat d’État : Critique de la Communication (1990). S’est retiré en 2010 dans le Gard pour se consacrer à l’écriture. Très nombreux articles, et nombreux ouvrages. Ouvrage à paraître : Philosophie de l’immanence : 1) Choses vécues ; 2) Que signifie : « écrire (un livre) ? » ; 3) La phrase dans la tête, ou comment s’approcher du monde ?

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Vincent Bontems : Au nom de l'innovation. Finalités et modalités de la recherche au XXIe siècle

 Les Belles lettres - Septembre 2023 - L'âne d'or


Le nom est une promesse. À la lumière des analyses du progrès scientifique par Gaston Bachelard, Vincent Bontems examine les origines politiques, sociologiques, économiques et managériales de l’innovation. Éclipsant l’idée de progrès, l’innovation est devenue le nom d’une promesse : accélérer l’évolution technique, en contrôler les fins et en augmenter la profitabilité.

S’appuyant sur l’analyse du progrès technique par Gilbert Simondon, il évalue la pertinence de la gestion de la recherche au regard de ces objectifs. Peut-on accélérer arbitrairement la concrétisation des lignées techniques ? Peut on finaliser tous les processus de conception ? Comment sont valorisés les produits de la recherche ? Au-delà de ces modalités, l’enquête aboutit à questionner la valeur éthique des finalités assignées à la recherche au nom de l’innovation. Comment évolue l’ethos des chercheurs soumis à ce régime de gestion ? Quelles valeurs sont ainsi promues au sein de la société ? Quels en sont les mythes qui se déploient dans notre culture ?

Cette analyse philosophique, qui progresse à travers des études de cas, vise à dissiper la confusion, entretenue par le nom d’innovation, entre les recherches du progrès, du profit et de la puissance. Elle aboutit à redéfinir comme « technologies d’avenir » les innovations offrant des futurs moins éphémères. Suit une réflexion sur ce que serait un monde où un nom tiendrait toutes ses promesses, à travers une analyse du cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin, où l’auteur rend hommage à l’intention réparatrice qui guidait cette écrivaine.

Vincent Bontems, ancien élève de l'ENS Ulm est philosophe, il travaille dans un laboratoire de recherche du CEA. On lui doit les entretiens avec Bernard Stiegler, parus en 2008 (Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir).

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jeudi 7 septembre 2023

Paulo Freire : La pédagogie des opprimés

 Agone - Septembre 2023


Si l’éducateur est celui qui sait, si les élèves sont ceux qui ignorent, il incombe au premier de donner, de remettre, d’apporter, de transmettre comme en dépôt son savoir aux seconds. Il n’est donc pas étonnant que, dans cette vision “bancaire” de l’éducation, les élèves soient vus comme des êtres d’adaptation, d’ajustement. Et plus ils s’emploient à archiver les dépôts qui leur sont versés, moins ils développent en eux la conscience critique qui leur permettrait de s’insérer dans le monde, en transformateurs de celui-ci. En sujets. Dans la mesure où cette vision bancaire de l’éducation annule ou minimise le pouvoir créateur des élèves, qu’elle stimule leur naïveté et non leur esprit critique, elle satisfait les intérêts des oppresseurs : pour eux, il n’est pas fondamental de mettre à nu le monde, ni de le transformer. Ouvrage majeur de Paulo Freire, ce livre présente quelques aspects d’une pédagogie élaborée non seulement pour les opprimés, mais avec eux, et dans le cadre même de leur lutte perpétuelle pour affirmer leur humanité. À l’image d’autres grands pédagogues, en premier lieu Célestin Freinet, Freire rappelle que projet éducatif et projet social sont indissociables. Selon lui, le but de l’éducateur est de donner aux opprimés les moyens de construire une conscience claire de leur position, et de rechercher avec eux les moyens de transformer le monde. Écrit en 1968 au Chili, ce texte irrigue aujourd’hui encore la pensée de la pédagogie critique partout dans le monde.

Pédagogue brésilien, Paulo Freire (1921-1997) est mondialement connu pour ses travaux sur l'alphabétisation des adultes des classes populaires et son engagement dans la lutte contre l'oppression par l'éducation. Ses ouvrages sont traduits dans plus de vingt langues.

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Jean-Paul Fourmentraux : Sousveillance – L'œil du contre-pouvoir

 Les Presses du Réel - Septembre 2023


A l'heure où s'instaure une banalisation de la surveillance, les technologies numériques semblent parfois mises au service d'une politique « antisociale ». La recrudescence des dispositifs de contrôle post-attentats du 11 septembre 2001, l'instauration controversée des lois dites de « sécurité globale », mais aussi l'injonction au confinement ou au couvre-feu suite à l'irruption de la pandémie de covid-19, ont constitué autant de mesures liberticides qui mettent à mal les droits fondamentaux et la vie privée. Sous couvert d'une vigilance partagée, présentée comme un facteur d'amélioration de la vie sociale, les états ont adopté des technologies de plus en plus intrusives : vidéosurveillance, dataveillance, drones, biométrie, géolocalisation, puces RFID, etc. Dans ce contexte, des artistes et des associations citoyennes s'associent pour développer des contre-feu, reprendre le contrôle ou renverser les rôles de surveillants/surveillés. Est-il possible de restituer et garantir une démocratie de la surveillance ? Les citoyens peuvent- ils exercer en ce sens un droit de sousveillance ? L'art peut-il avoir ici un rôle à jouer ?
Angles morts, camouflage, obfuscation, contre-visualités : cet ouvrage propose l'examen de tactiques ou ruses avec l'œil du pouvoir, doublement esthétiques et politiques, au croisement de l'art et de l'activisme citoyen. A la frontière des « surveillance studies », en prenant appui sur les œuvres de différents artistes internationaux – Hito Steyerl (Allemagne), Forensic Architecture (Royaume-Uni, Israël), Paolo Cirio (Italie), Thierry Fournier, Samuel Bianchini, Antoine d'Agata, Eléonore Weber (France) – il s'agit d'interroger le rôle technopolitique des « images opératoires » et les pratiques de sousveillance ou de contre-visualité inventées par l'art comme alternative et contre-pouvoir aux machines de vision.

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Revue de philosophie économique 2023/1 (Vol. 24) : La philosophie économique en Chine

 Vrin - Septembre 2023


À un moment où les puissances mondiales se repositionnent, le recul que donne une perspective historique longue doit servir le débat public. Cet esprit guide la parution du deuxième volume consacré à une aire civilisationnelle majeure dans la série des numéros spéciaux de la Revue de philosophie économique : ici, la Chine après le Japon (juin 2019, n° 20/1). Des contributeurs de premier plan, chinois, russe et occidentaux, y fournissent les éléments d’une réflexion s’appuyant tant sur les plus anciennes notions confucéennes que sur les aspects philosophiques et pratiques contemporains, en passant par les époques de l’emprise occidentale au XIXe siècle, de la Chine républicaine des années 1920 et des péripéties dirigistes communistes depuis 1949. La philosophie économique ouvre un spectre plus large que les études strictement disciplinaires et la Revue introduit cette fois son lectorat au continent de pensée de l’« Empire du Milieu ».

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Simone Weil : Œuvres

Payot & Rivages - Juin 2023 - Petite Bibliothèque Payot


Albert Camus pensait qu’elle était « le plus grand esprit de notre temps ». Voici rassemblés pour la première fois en un seul volume de poche une quinzaine de textes célèbres ou moins connus de Simone Weil (1909-1943) qui couvrent les trois grands espaces où elle déploya sa réflexion : l’oppression et la liberté, le monde du travail, la beauté de la religion, et qui, tous, aident à vivre malgré « la crainte des grandes catastrophes collectives ».

Désarroi de notre temps.¬- Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.- Étude pour une déclaration des obligations envers l’être humain.- Les besoins de l’âme.- Méditation sur l’obéissance et la liberté.- Note sur la suppression générale des partis politiques.- La vie et la grève des ouvrières métallos.- La rationalisation.- La condition ouvrière.- Expérience de la vie d’usine.- « Le sentiment que je ne possède aucun droit ».- À propos du syndicalisme « unique, apolitique, obligatoire ».- Condition première d’un travail non servile.- « Je t’enseignerai des choses dont tu ne te doutes pas ».- L’amour de dieu et le malheur.- Théorie des sacrements.- Pensées sans ordre concernant l’amour de dieu.

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Hartmut Rosa : Pourquoi la démocratie a besoin de la religion

 La découverte - Septembre 2023


Partout en Europe, et indépendamment des scandales qui les traversent, les Églises chrétiennes font face à des difficultés majeures et voient de plus en plus de fidèles déserter leurs rangs. On pourrait sans doute s'en réjouir. Après tout, la religion peut être perçue comme une force obscurantiste et réactionnaire, voire archaïque, un obstacle dressé face aux choix rationnels et aux élans émancipateurs de la modernité.
Le célèbre sociologue Hartmut Rosa, lui, suggère une tout autre analyse et s'inquiète des effets de cette crise : que se passe-t-il quand la religion dans son ensemble n'a plus d'écho dans les sociétés démocratiques ? Que perd la société quand la religion n'y joue plus aucun rôle ? Quel est l'avenir d'une démocratie sans religion ? Est-il vraiment sage de renoncer au riche trésor du religieux ?
Avec son acuité habituelle, Hartmut Rosa nous montre que cette situation de crise aiguë coïncide avec le triomphe d'un rapport instrumental au monde né à l'aube de la modernité capitaliste. Ainsi, ce que nous perdrions avec l'effacement de la religion, ce ne sont pas seulement une série d'histoires, de croyances ou de rituels, mais avant tout une capacité à entrer en résonance avec le monde, à le laisser venir à nous et à lui permettre de guérir des traumas que nous lui avons infligés.

Né en 1965, Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, est professeur à l'université Friedrich Schiller de Iéna et directeur du Max-Weber-Kolleg à Erfurt. Il est notamment l'auteur à La Découverte d'Accélération (2013), de Résonance (2018) et de Rendre le monde indisponible (2020, 2023).

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