dimanche 23 mai 2021

Valérie Tesnière : Au bureau de la revue. Une histoire de la publication scientifique (XIXe-XXe siècle)

EHESS éditions - Avril 2021


Entre histoire des sciences et histoire de l'édition, Valérie Tesnière retrace une histoire de la publication scientifique et des ressorts du travail intellectuel, de la fin du XVIIIe siècle aux mutations numériques d'aujourd'hui. « Au bureau de la revue » est une adresse figurant sur les revues savantes au XIXe siècle, qui désigne aussi bien la rédaction scientifique que le lieu de diffusion. Le livre interroge le collectif qui se trouve derrière cette expression, ses aspirations et les tensions qui le traversent.
La revue suscite un large engouement au lendemain de la Révolution française : la vie scientifique se structure désormais autour de la publication. Élément central de la science en construction, la revue traduit le mouvement de la recherche comme sa dimension collective. Auteurs et éditeurs s'allient pour renforcer la diffusion de ce qui devient le support privilégié des échanges du monde académique, donnant naissance à une nouvelle économie de la connaissance. Centré sur l'exemple de la production française éclairé par le contexte international, Au bureau de la revue approfondit les rôles des différents acteurs de la chaîne de publication ainsi que les fonctions et les formes éditoriales des publications, actuellement bousculées par le numérique.

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Études Germaniques 2020/3 (n° 299) : Tolérance / Intolérance. Dynamiques historiques et philosophiques dans les pays de langue allemande

Klincksieck - Mars 2021


Page 419 à 424 : Olivier Agard, Françoise Lartillot et Uwe Puschner - Tolérance / Intolérance. Lecture critique d’une dynamique interculturelle historique et philosophique | Page 425 à 440 : Maiwenn Roudaut - Tolérance, sécularisation et pensée postmétaphysique. Habermas et les Lumières | Page 441 à 460 : Gérard Raulet - Comment enchaîner ? Réflexions sur le déchaînement de la pensée tolérante | Page 461 à 474 : Daniel Meyer - Philosophische Grabenkämpfe. Zur Frage der Toleranz bei Heidegger und Jaspers während der Anfangsjahre der Weimarer Republik | Page 475 à 491 : Olivier Agard - L’État face au pluralisme des valeurs. Réflexions sociologiques des années 1920 en France et en Allemagne | Page 493 à 508 : Catherine Julliard - Charles de Villers, avocat de Fichte dans le Spectateur du Nord (1799). Un plaidoyer pour la liberté de pensée ? | Page 509 à 519 : Claire Placial - La notion de tolérance dans les milieux juifs de Metz, d’Isaïe Berr-Bing (1787) au Sermon sur la tolérance de Lazare Wogue (1840) | Page 521 à 532 : Ulrich Wyrwa - Vom Lessing-Verein zur Antisemiten-Liga. Zur Umdeutung des Toleranzbegriffs durch den Ingenieur und Schriftsteller Hector de Grousilliers (1842-1899) | Page 533 à 560 : Ralf Zschachlitz - „Es kann die Spur von meinen Erdetagen nicht in Äonen untergehn“? Der Mythos von Philemon und Baucis im letzten Akt von Goethes Faust II als Topos der Ökokritik avant la lettre | Page 561 à 562 : Jean-Marie Valentin - In memoriam Giuseppe Bevilacqua (1926-2019) | Page 563 à 567 : Jean-Marie Valentin - Actualité de la Dramaturgie de Hambourg | Page 569 à 572 : Clemens Peck - Der europäische Geist im Exil. Ein neuer Blick auf Stefan Zweigs (un)politische Praxis nach 1933 | Page 573 à 577 : Michel Espagne - Les germanistes français et l’Allemagne (1925-1949) | Page 579 à 589 : Bibliographie critique.

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Tchilabalo Adjoussi : De la critique de la durabilité pour une justice environnementale participative

 GRIN - Mai 2021


Ce livre vise à faire ressortir la nécessité de la justice environnementale participative fondée sur la responsabilité, au sens jonasien du terme, dans le processus de l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD) en partant de la critique du développement durable systématisé par le rapport Brundtland. Ce travail défend l’idée que la responsabilité, au sens philosophique du terme, est efficace dans le processus d’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD) car tandis que la durabilité est plus une idée pieuse à l’endroit des générations à venir vu les dégradations environnementales actuelles, la responsabilité quant à elle est à la fois un appel inconditionnel à la prise conscience des dégradations non seulement actuelles mais aussi à venir et un appel inconditionnel à l’action afin de prévenir les générations futures contre les dégradations environnementales souvent irréversibles en vue de la justice environnementale. De ce fait, la justice environnement n’étant plus isolée de l’action devient participative.

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Anaclet Bambala Mazina : La résistance responsable dans le dépassement de la désobéissance civile. Repartir d'Etienne de la Boétie et de John Locke

 L'Harmattan - Mai 2021


La théorie de la désobéissance civile semble avoir clos le débat sur la forme de la résistance à adopter en démocratie. Cet ouvrage relance le débat et se demande si la théorie de la désobéissance civile est philosophiquement efficace et universalisable, contre la servitude de la loi ou du prince, dans un rapport qui prend en compte la rationalité du pouvoir politique, l'obligation de ceux qui gouvernent, la notion de l'acceptabilité et la responsabilité des sujets de la loi. Il interroge, à la fois, l'histoire des sociétés, la conception de la résistance dans la tradition philosophique et la rationalité de la résistance elle-même. Comme théorie politique, cet essai propose une résistance efficace, applicable à toutes les sociétés possibles et apte à résoudre le Problème des lois iniques et de la tyrannie du prince. Tout en évitant l'extrémisme, il insinue la conjugaison de la résistance avec la responsabilité dans la recherche des solutions qui vaillent à la fois pour le présent comme le futur de l'humanité.

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samedi 22 mai 2021

Antonio Damasio : Sentir et savoir. Une nouvelle théorie de la conscience

 Odile Jacob - Mai 2021


Ce livre, écrit par l’un des plus grands neuroscientifiques, propose une analyse tout à fait nouvelle et passionnante du phénomène de la conscience et de son rôle dans le vivant. Jusqu’à tout récemment, beaucoup de philosophes et de neuroscientifiques s’accordaient pour penser que la question de la conscience était insoluble. Antonio Damasio, au contraire, est convaincu qu’avec la neurobiologie, la psychologie et l’intelligence artificielle nous disposons des outils nécessaires pour résoudre le mystère de la conscience.
Dans ce livre, il éclaire toutes les facettes de la conscience. Les perspectives nouvelles qu’il explore en dévoilent les mécanismes, restant proches de l’expérience intime que nous en avons. Il explique les relations entre conscience et esprit, la différence entre être conwscient, être éveillé et sentir, le rôle clé des sentiments et la manière dont le cerveau détermine le développement de la conscience.
Dans cette synthèse magistrale, Antonio Damasio réconcilie les découvertes scientifiques récentes et les éléments d’une philosophie de la conscience. Surtout, il présente de façon lumineuse l’essentiel de ses propres recherches qui ont transformé notre compréhension du cerveau et du comportement humain.

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Communications, n° 108 : La circulation des rêves

 Le seuil - Mai 2021


Comment les rêves s’échangent-ils et se partagent-ils ? À partir d’études de cas et d’enquêtes, les anthropologues, les sociologues, les psychanalystes, les historien(ne)s, les philosophes, les spécialistes de littérature qui ont contribué à ce recueil décrivent et analysent des circulations de récits, d’interprétations, d’images, de collections, de croyances, de discours savants, caractéristiques de certains mondes oniriques d’ici, d’autrefois ou d’ailleurs.

Sommaire

Motion commune du Parlement des revues

Introduction

Jacqueline Carroy

Les portes de corne et d’ivoire de l’Odyssée, enjeu originel et relectures

Danièle Auger

Récit de rêve et calcul mental chez Wittgenstein

Christiane Chauviré

Rêver à l’âge des extrêmes. Pour une lecture historique des transcriptions de rêves

Willibald Steinmetz

Collecter, commenter, transmettre des rêves. Le Magazine de la science de l’âme issue de l’expérience intérieure (1783‑1793)

Claire Gantet

L’intériorité polyphonique des rêves. La collection au long cours d’un philosophe français (1872‑1908)

Jacqueline Carroy

Carambolage onirique. Des automobiles qui chutent / rêves en cascade

Lancelot Hamelin

Le rêve 2.0. Communiquer et interpréter des expériences oniriques en ligne

Damien de Blic

Rêves de femmes de Tchernobyl

Alfredo Pena-Vega et Michel Grappe

Croire aux songes ou en jouir ? Les débats du Mercure galant (1678‑1714)

Juliette Lancel

Fellini ou le créateur en rêveur

Giordana Charuty

« C’est très rare que je rêve pour moi. En général, je rêve pour les autres. »

Circulation des rêves dans les quartiers nord de Marseille

Arianna Cecconi

Espace du rêve et espaces rêvés. Une topologie onirique à 'Uvea (Wallis, Polynésie occidentale)

Alice Fromonteil

Une iconographie de la nuit en Mésoamérique. Visions et rêves chez les enfants otomi de la Sierra Madre orientale

Jacques Galinier

Cauchemars épidémiques

Juan Rigoli

Rêve partagé, rêve réécrit : circulation du désir dans un conte de la Chine classique

Aude Lucas

Partager des choses oniriques : auto‑analyses et traductions après Freud

Andreas Mayer

Rêves de confins. Esquisses sur la vie onirique au temps du Covid‑19 et du confinement

(entretien avec Jacqueline Carroy)

Hervé Mazurel et Élizabeth Serin

Entretien sur la polyphonie du rêve

Jacqueline Carroy et René Kaës


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Écologie & politique 2021/1 (N° 62) : Vers de nouvelles écologies populaires ?

 Le bord de l'eau - Mai 2021


L’écologie populaire, au sens d’une écologie portée et soutenue par les masses, n’est-elle pas le Saint Graal de l’écologie politique ? En effet, comment sortir de l’entre-soi des convaincus ? Comment toucher le plus grand nombre ? Sans le « grand public », comment faire basculer les modes de vie ? À cet égard, l’épisode des Gilets jaunes n’est-il pas instructif ? C’est le pari de ce dossier. D’abord perçue comme une réaction anti-écologiste de « beaufs roulant au diesel », la révolte des Gilets jaunes s’avère plus complexe. Une analyse approfondie révèle l’écart entre écologistes et classes populaires, au sens large, mais aussi l’existence de convergences possibles. Ne faut-il pas miser sur une alliance avec la petite-bourgeoisie éclairée ? Le dossier pointe également les limites d’un parti pris théorique trop tranché – exclusivement « de classe », « de genre » ou « postmatérialiste » : chacun de ces points de vue tire surtout sa force des faiblesses de l’autre, sans qu’aucun ne l’emporte.

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Yves Lemoine : La source muette. Réflexions sur l'origine du droit et sur des événements remarquables qui accompagnent ses métamorphoses

 Michel de Maule - Mai 2021

Ce qui vient en premier, ce n'est ni le droit ni l'éthique, c'est l'Histoire. Il n'est pas très difficile de décrire une société, de dire comment s'y organisent le pouvoir, la répartition des richesses, les structures de parenté... Mais comment tout cela se transforme-t-il ? Et pourquoi ? Voilà une question autrement mystérieuse. Mystérieuse comme l'Histoire, inexorable et indifférente, intelligible et incompréhensible.
Ce livre est issu d'une interrogation : comment naît le droit, comment évolue-t-il ? Pour y répondre, avec toute l'érudition d'Yves Lemoine et "avec l'inspiration poétique comme mère", il faut s'immerger dans le passé, celui de la Grèce antique et de Rome, celui du christianisme médiéval. Il faut s'immerger dans la pensée mythologique, dans la parole puissante, le verbe créateur qui met le monde en ordre. Il faut en mesurer l'efficience mais aussi les limites et prendre garde à l'émergence d'un autre type de discours qui n'est plus celui des dieux mais celui des hommes. C'est celui du droit, de la politique, de la persuasion. Il rend compte de tout, même de l'impensable comme une épidémie qui élimine la moitié de la population européenne au XIVe siècle !
Ce livre est nôtre, même s'il évoque un passé qui nous surprend toujours. Ce n'est pas un livre d'histoire, il interroge sa source. Cette source muette, à l'origine de ce que nous sommes.

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Amélie Bonnet Balazut : Voyage imaginaire dans le dernier royaume de Pascal Quignard. In illo tempore

 L'Harmattan - Mai 2021


Cet essai se propose de faire dialoguer les oeuvres écrites et les performances de ténèbres de Pascal Quignard avec les images saisissantes que les artistes paléolithiques réalisèrent sous la protection ténébreuse des grottes. Le cheminement de ce dialogue intemporel se dessine autour de la question du secret de l'origine, de ce rêve animal préhumain dont l'image manque à nos jours et autour duquel Pascal Quignard et ces artistes se retrouvent. Il s'agit de faire entrer en résonance leur attrait respectif pour la nuit matricielle du premier royaume du jadis pur, qui existait in illo tempore quand une même source de vie animale abreuvait tous les êtres, et que leurs oeuvres cherchent à reconstituer : dans le trou imaginaire et préhumain de la grotte ou dans le noir de la scène initiale et recomposée des performances de ténèbres. L'art est cet étrange forage qui consiste à rejoindre l'altérité lointaine, au-delà du temps et pourtant si familière et intime, de l'antériorité sauvage de notre propre histoire.

Amélie Bonnet Balazut est Docteure en Arts plastiques Sciences de l'art et Membre associé de l'UMR Histoire naturelle de l'homme préhistorique du Muséum National d'Histoire Naturelle.

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vendredi 21 mai 2021

Emmanuel Grimaud : Dieu point zéro. Une anthropologie expérimentale

 PUF - Juin 2021 - MétaphysiqueS


Un dieu peut-il s'incarner dans une machine ? Une machine fait-elle un bon piège à dieux ? Comment se préparer ici et maintenant à l'émergence de formes de divinités inconnues, à travers quel genre d'expérience-limite ? La métaphysique occidentale a progressivement soustrait le concept du divin au domaine de l'expérience, au point de le réserver à la pure spéculation. Les sciences humaines l'ont reconduit sur terre, mais au prix de n'étudier que les mécanismes de la croyance ou de la pratique religieuses. C'est par un tout autre biais que ce livre aborde ce problème, en plaidant pour un véritable tournant expérimental en anthropologie. Dans la tumultueuse ville de Mumbai, on suit les aventures métaphysiques d'une machine télé-opérée à l'apparence du dieu Ganesh, qui permet à n'importe qui d'incarner Dieu et d'avoir un dialogue avec un interlocuteur. Très vite, les incarnants affluent ainsi que les interlocuteurs prêts à tester la capacité de ce dispositif à faire un bon support de divinité. C'est alors que l'anthropologie rejoint la métaphysique, car quiconque se prête à ce jeu d'incarnation, soit comme incarnant soit comme interlocuteur, prend le risque au cours du dialogue de voir ses certitudes s'effondrer et de devoir tout reprendre à zéro : Dieu, l'humain, la technologie, la politique, la religion ou encore l'écologie.

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Charles Bobant : L'art et le monde. Une esthétique phénoménologique

 Mimesis - Mai 2021


Il y va dans l’art d’une manifestation du monde. Si la phénoménologie de l’art s’inaugure par cette proposition incontestable, elle en vient à développer l’af­firmation cette fois plus problématique selon laquelle le monde est l’artiste véritable. Si l’art fait paraître le monde, c’est parce que c’est le monde qui de lui-même se dévoile dans les œuvres d’art. Ce livre vise précisément à mettre en évidence le caractère ruineux de cette af­firmation et plus généralement à mettre au jour ce qu’il convient de nommer une « cosmo-théologie », en particulier chez Merleau-Ponty, Dufrenne et Maldiney, cela a­fin de délimiter l’espace d’une phénoménologie de l’art non théologique et de proposer ainsi une nouvelle et stricte esthétique phénoménologique.

Charles Bobant est agrégé et docteur de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur de programme au Collège international de philosophie. Ses recherches portent sur l’esthétique et la philosophie contemporaine.

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Collectif : Les Hindous, les Autres et l’Ailleurs. Frontières et relations

 Éditions de l'EHESS - Mai 2021


Le XXIe siècle naissant voit la consécration d'une idéologie qui assimile l'indianité à une hindouïté pure et unifiée (hindutva), illustrée par la victoire politique des nationalistes hindous. À rebours d'une telle vision, cet ouvrage étudie l'hindouisme en tant que point de contacts avec l'Autre, comme un espace socioreligieux de relations à l'altérité. De même que toute religion, tout groupe ou tout fait social, l'hindouisme et les hindous ne peuvent être compris ni en tant qu'isolats, ni en tant qu'éléments totalement homogènes.
Comment, dans l'hindouisme, se formulent et se contestent les différences communautaires tant vis-à-vis des non-hindous qu'entre les hindous eux-mêmes, en Inde (Maharashtra, Tamil Nadu, Bengale Occidental, Odisha, Jharkhand), mais aussi dans plusieurs terres d'immigration hindoue (île Maurice, La Réunion, Canada, Fidji) ? Le volume interroge les manières dont cette religion se vit et se construit dans une multitude de rapports à l'Autre qui l'influencent et le transforment en permanence. Par-delà les terrains indiens, les études de cas menées hors de l'Inde offrent un accès original et nécessaire aux déclinaisons des frontières et des relations avec l'Autre qui se négocient également loin du territoire hindou originel.
En questionnant ainsi les relations complexes que les hindous entretiennent avec l'altérité, le volume traque les dynamiques d'adaptation, d'incorporation ou de rejet de traditions autres qui sont au coeur de l'hindouisme.

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Violaine Giacomotto-Charra et Myriam Marrache-Gouraud (dir.) : La Science prise aux mots. Enquête sur le lexique scientifique de la Renaissance

 Classiques Garnier - Mai 2021


Il n'est pas d'histoire des sciences sans une histoire des mots qui ont fait la science. Or le lexique scientifique du XVIe siècle, tendu entre héritage latin et entrée progressive dans les langues vernaculaires, soulève de nombreuses questions. Certains mots dont usent couramment les savants pour informer leur pratique et leur pensée, comme expérience, observation ou curiosité, étudiés dans leur contexte, dévoilent, par leur complexité, la réalité de la science et de ses conditions de production. Avec des études de cas abordant des domaines variés (médecine, zoologie, géographie...), ce livre ouvre une réflexion de fond sur la conception des savoirs à la Renaissance, en prenant littéralement aux mots la science telle qu'elle s'écrit.

Violaine Giacomotto-Charra est professeur de littérature et langue de la Renaissance à l'université Bordeaux Montaigne, où elle dirige le Centre Montaigne. Elle est spécialiste de l'écriture des savoirs scientifiques (poésie savante, médecine, philosophie). Elle vient de publier La Philosophie naturelle en langue française. Des premiers textes à l'oeuvre de Scipion Dupleix.
Myriam Marrache-Gouraud est professeur de littérature du XVIe siècle à l'université de Poitiers. Outre Rabelais, elle s'intéresse à l'écriture des savoirs et à la manière dont les catalogues de cabinets de curiosités rendent compte des singularités. Elle est webmestre du site curiositas.org et a publié La Légende des objets. Le cabinet de curiosités réfléchi par son catalogue.

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Christophe Litwin : Politiques de l'amour de soi. La Boétie, Montaigne et Pascal au démêlé

 Classiques Garnier  - Mai 2021


Peu d'écritures sont plus étroitement entremêlées que celles de Montaigne et de La Boétie, et de Pascal et de Montaigne. Une rupture philosophique nette, et l'invention d'une nouvelle manière d'écrire, caractérisent cependant ces deux rapports. Ce livre éclaire le mouvement d'intrication et de désintrication de ces écritures à l'aune des manières contraires dont chacun de ces auteurs interprète, à partir de la philosophie et de la manière d'écrire du précédent, le dérèglement de l'amour de soi humain. Il montre comment ce démêlé philosophique détermine des différences fondamentales et mal connues entre les théories de l'établissement politique qu'on trouve dans le Discours de la servitude volontaire, les Essais et les Pensées.

Christophe Litwin est docteur en philosophie et en lettres et maître de conférences en études françaises et européennes à l'université de Californie à Irvine. Ancien sociétaire de la Society of Fellows de Princeton, il a publié de nombreux articles d'histoire de la philosophie moderne. Il a notamment dirigé la publication de l'édition commentée des Affaires de Corses de Jean-Jacques Rousseau.

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jeudi 20 mai 2021

Sacha Varin et Jean-Louis Chancerel (dir.) : Variations critiques à propos du néolibéralisme. Aspects philosophiques, politiques, économiques et éducatifs

 Academia - Février 2021


Cet ouvrage complète un premier livre paru en 2015 Néolibéralisme et éducation qui présentait des textes provenant des deux premiers colloques de recherche. Ici nous exposons le problème du néolibéralisme et son impact sur le monde de l'éducation, des formations et de la pédagogie.

Sacha Varin est docteur en Sciences de l'éducation. Après des études d'économie (HEC Lausanne), il réalise un DAS en statistiques (Stanford, USA). Jean-Louis Chancerel est docteur ès Lettres, psychologue, statisticien, professeur retraité de la Haute École Pédagogique du Canton de Vaud.

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Vincent Israel-Jost : Objectivité(s)

 Academia - Mai 2021


Dans un climat marqué par un scepticisme grandissant devant les discordes scientifiques et par une montée des populismes qui s'appuient sur des fake news ou « vérités alternatives », il est important de pouvoir encore s'appuyer sur la notion d'objectivité. Mais qu'est-ce qu'être objectif aujourd'hui ? Au-delà d'un état de l'art théorique sur la question, Objectivité(s) mobilise des chercheuses et chercheurs d'horizons divers pour remettre cette notion au goût du jour.

Vincent Israel-Jost est chercheur, spécialiste de philosophie des sciences et d'éthique de la recherche. Double docteur en sciences et en philosophie, il s'attache à développer une philosophie qui dialogue de manière intime avec les pratiques scientifiques.

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mercredi 19 mai 2021

Lazare Benaroyo : Soin et bioéthique. Réinventer la clinique

 PUF - Mai 2021


Cet ouvrage cherche à retisser les liens unissant éthique et médecine, distendus par l'avènement de la bioéthique. Si cette nouvelle figure de la responsabilité éthique, à l'allure d'une déontologie défensive, assure une protection de la dignité des patients des risques de dérives, elle tend cependant à compromettre le primat de l'engagement moral du médecin face à l'appel à l'aide mobilisant un soin relationnel, nourri par un dialogue interhumain de confiance, sans lequel le fondement éthique de l'activité clinique serait dénué de tout point d'appui authentique. Comment dès lors repenser une clinique portée par une éthique qui articule ces deux figures du soin irréductibles l'une à l'autre et pourtant indissociables dans la pratique de la médecine ? Pour relever ce défi, cet ouvrage, puisant aux sources des pensées de Paul Ricoeur et d'Emmanuel Lévinas, propose une philosophie du soin animée par une éthique de l'hospitalité et de la disponibilité, qui intègre ces deux figures paradoxales du soin en les articulant dans le cadre de l'exercice d'une sagesse pratique.

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Vincent Carraud : L'invention du moi

 PUF - Mai 2021 - Quadrige


Préalable à toute histoire du sujet que l'on prétendrait mener sur la longue durée, la présente enquête part d'un fait textuel : l'invention de la substantivation « le moi » par Pascal, qui lui-même prend acte de l'expression cartésienne inédite d'ego ille. Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême ― c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Âge l'ont ignoré. Aussi la présente enquête ne s'inscrit-elle pas dans la continuité des études sur les commentaires du De Anima. Elle ne se confond pas davantage avec celles des origines de la subjectivité puisque, avant même d'être déterminé comme sujet, c'est-à-dire comme fondement, le moi est obtenu par le travail de ce que Husserl appelle réduction phénoménologique. Le moi n'est donc identifiable ni à l'âme, ni à l'entendement, ni à la conscience, ni à l'individu, ni à la personne, ni même au soi. Et ce n'est qu'en le distinguant de tous ces avatars que l'on pourra répondre à l'interrogation de Husserl : « Que peut-on entreprendre, dans une perspective philosophique, avec l'ego ? » Ce livre analyse ce qui permet l'invention du moi, aussitôt occultée par l'individu de Leibniz ou le soi de Locke, et met en lumière ce qu'elle inaugure : car la première question posée au moi, par Pascal comme par Descartes, n'est pas celle de savoir ce qu'il est mais celle, existentielle, de savoir qui il est.

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