vendredi 29 juin 2018

Guy Lardreau : Faces de l'Ange déchu

Le Centurion - Juin 2018


« Ange est le nom dont nous désignions le sujet dont l'existence affirmée autorise la Grande Politique : politique qui casse en deux l'histoire du monde, telle qu'elle transforme l'homme en ce qu'il a de plus profond. L'entreprise visant à procurer aux hommes, par la grâce de formes inouïes, la vie bienheureuse, se renversa en machine d'enfer. Si j'ai décidé d'assembler ces avortons en une commune baraque, faire tronc à ces têtes mortes, c'est que je crois fini le temps des livres... » 

Guy Lardreau (1947-2008), professeur de philosophie en khâgne, fut au début des années soixante-dix avec Christian Jambet théoricien du « maoïsme à la française », qu'ils dépassèrent dans L'Ange (1976) et Le Monde (1978), premiers volets d'une « ontologie de la Révolution ». Lorsque la Politique, en tant que vie où la raison avait son espérance, lui fut morte, il se tourna vers l'érudition et l'étude de la patristique (Discours philosophique et discours spirituel, 1985), puis développa une métaphysique des petits objets (Fictions philosophiques et science-fiction, 1988) articulée à ce qu'il appelait une « philosophie négative » (La Véracité, 1993). Faces de l'Ange déchu, texte crépusculaire où il entre en dialogue avec les grands de la Contre-Révolution (Maistre, Bonald, Cortés) et s'interroge sur le pouvoir paradoxal des saints, constitue son testament philosophique et politique. Il y revient, pour lui donner sa formulation dernière, sur le logion qui charma sa jeunesse : on a (toujours) raison de se révolter.

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1 commentaire:

acrostyche a dit…

Guy Lardreau fut mon "Maître" il y a vingt-cinq ans, en Khâgne à Dijon. C'était un très grand professeur, à qui je dois l'essentiel de ce que je sais en philosophie. Pour autant, la lecture de ses livres est assez malaisée. Guy Lardreau employait une syntaxe courante à l'oral, avec quelques vocables un peu marqués de psychanalyse, mais, pour des raisons sans doute plus révérencielles que philosophiques, il affectait d'écrire ses livres dans un charabia lacanien passablement indigeste. Ce dernier titre ne fait pas exception. Sur le fond, quand on fait l'effort immense d'y entrer, on y sent la déception d'un homme qui, lui non plus, n'a pas réussi à résoudre le problème du mal.