Hypatia Logoi - Janvier 2026
Jenny d’Héricourt poursuit ici le combat des philosophes du XVIIIe siècle réclamant l’égalité de principe entre citoyens. Elle désire l’étendre aux femmes, grandes oubliées de 1789. Après l’échec de la révolution de 1848 et des revendications pour les droits des femmes, Jenny d’Héricourt continue la lutte, par la plume.
Son haut fait d’arme aura été de clouer le bec à la misogynie de Proudhon dans une revue philosophique proche des courants socialistes. La controverse aboutira en effet à ce que le penseur français renonce même à répondre.
Avec La Femme Affranchie, Jenny d’Héricourt délivre une œuvre de synthèse qui fera date dans l’histoire du féminisme. Publié en Belgique, le livre est immédiatement interdit en France. C’est qu’il s’agit d’une œuvre non seulement engagée, mais qui ouvre également des perspectives philosophiques et sociologiques radicalement novatrices. Formée en médecine, l’auteure n’hésite pas à opposer les faits bruts aux discours abstraits de philosophes peu soucieux de vérifier ce qu’ils avancent. Ces critiques virulentes contre les intellectuels de son temps (Comte, Proudhon, Michelet) mais aussi contre les socialistes qui restent attachés à une forme de mysticisme, resteront parmi les plus percutantes. Jenny d’Héricourt aura également su éviter le piège de l’argument différentialiste, pour proposer une lutte féministe adaptée à son temps.
Préface de Jérôme Correia
Jenny d’Héricourt [1809-1875] est l’un des grands noms du féminisme, voilé par les brumes de l’histoire. Cette intellectuelle a dédié sa vie à la cause en animant avec éloquence des débats parmi les ouvrières et ouvriers de Paris durant la révolution de 1848, en écrivant pour des revues engagées, ou encore en créant la Société pour l’émancipation des femmes. Au soir de sa vie, elle proposera la création d’une Ligue internationale des Femmes.
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