mardi 3 février 2026

Quarto n° 141 : Les amours douloureuses

 Quarto - Décembre 2025


Il y a d’abord la rencontre contingente, insensée, voire miraculeuse, puisqu’elle réunit deux disparates, une femme et un homme, que rien ne destinait à se trouver. Il y avait même là une impossibilité, précise-t-il, sous les espèces d’un ne cesse pas de ne pas s’écrire. La rencontre surmonte cette impossibilité pendant un temps en donnant aux amants l’illusion que le rapport sexuel cesse de ne pas s’écrire. C’est un temps de suspension, de mirage pendant lequel le soleil brille si haut dans le ciel qu’il leur donne une impression d’éternité – justifiant au passage ce dont Balzac fit une espèce d’adage : « Toute passion qui ne se croit pas éternelle est hideuse. »
C’est ensuite que commence le temps des problèmes et de la douleur, parce qu’avec l’éternité, on tourne le dos au réel de l’amour en oubliant qu’il est enfant de bohème, soit fruit du hasard. Les amants entrent alors dans le registre de la nécessité où ils font de leur rencontre non plus un heureux accident, mais une affaire hautement justifiée par les moires de leurs symptômes. La rencontre qui aurait pu ne pas avoir lieu devient alors une nécessité écrite dans les astres – nous étions faits l’un pour l’autre. Cette nécessité se révèle chaque jour qui passe de plus en plus illusoire, les amants ne pouvant faire autrement que de suivre leur pente propre – il fait volontiers le fils tandis qu’elle rêve que son homme soit tellement le sien qu’elle le châtre joyeusement. Cette substitution de la nécessité à la contingence où la négation se déplace, le cesse de ne pas s’écrire devenant ne cesse pas de s’écrire, fait la destinée et le drame de l’amour, remarque Lacan.

Éditorial
Philippe Hellebois

L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller, La jouissance, nouveau concept

Les amours douloureuses

François Ansermet, L’amour est une forme de suicide
Jorge Assef, « Je vous aimais autrefois »
Patricia Bosquin-Caroz, Au-delà de la douleur
Marie-Hélène Brousse, La religieuse portugaise
Philippe Hellebois, L’extrême de l’érotisme féminin
France Jaigu, Une lecture de L’Ennemie d’Irène Némirovsky
Jérôme Lecaux, Werther ou l’amour de l’idéal
Nassia Linardou, Médée
Anne Lysy, Hadewijch
Lilia Mahjoub, Destinée et drame de l’amour
Franck Rollier, L’Histoire de l’œil de Bataille

Clinique

Pamela King, L’amour étouffe
Jacques-Alain Miller, Commentaires
Panagiotis Kosmopoulos, Douleurs d’amour en exil
Jacques-Alain Miller, Commentaires
Haris Raptis, Se dérober
Dominique Rudaz, Une poupée et ses petits maris
Catherine Starfa, Amour-peluche
Yuri Volnykh, Premier amour

Autisme

Katty Langelez-Stevens, Le cri et le silence
Éric Laurent, Retour sur la forclusion du S1
Lydie Lemercier-Gemptel, Du corps à la lettre
Discussion : Éric Laurent, Damien Guyonnet
Elsa Le Rohellec, L’Affinity Therapy de Dennis
Discussion : Éric Laurent, Damien Guyonnet

Thèse

Élise Etchamendy, Du langage au corps : un nouage sinthomatique dans l’autisme

Études

Boas Erez, Écritures mathématiques
Philippe Lacadée, L’acte ironique de Montaigne
Catherine Lacaze-Paule, Passions du produit
Virginie Leblanc-Roïc, Tout le monde est bipolaire !
Alfredo Zenoni, L’acte et le réel


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