mardi 3 décembre 2019

Léon Dumont : De l'habitude et du plaisir

Classiques Garnier - Novembre 2019 - Textes de philosophie


Dans la perspective physiologiste d’une réification du sentiment, Léon Dumont propose une théorie scientifique de la sensibilité, qu’il conjugue au darwinisme pour expliquer la pluralité des habitudes en lutte ou en alliance dans les corps et les pensées, poursuivant le but du corps : le plaisir.


acheter ce livre


lundi 2 décembre 2019

Xavier Lambert : Emotion, cognition, et création artistique

L'Harmattan - Décembre 2019


Cet ouvrage propose de s'interroger sur l'articulation qui peut exister entre l'émotion que provoque la création artistique, tant du point de vue des processus de création que de celui de la réception, et les dispositifs de cognition. Il part du constat que la création artistique, dans son articulation avec l'émotion esthétique, est un processus complexe, sur lequel il n'existe pas de consensus, et dont les approches scientifiques semblent insuffisamment pertinentes. L'enjeu est d'analyser la façon dont les pratiques artistiques, aussi bien dans leur processus de création que dans leur dispositif de réception, reposent sur des constructions cognitives singulières et en quoi ces constructions, dans leur singularité, contribuent aux constructions du monde.

Xavier Lambert est professeur des universités en arts plastiques à l'université Jean Jaurès de Toulouse. Il est responsable de l'axe de recherche « Poïétiques plastiques et technologies de l'émergence » au sein du LARA-SEPPIA. Ont collaboré à l'ouvrage : Frédéric Darbellay, Xavier Lambert, Marion Laval-Jeantet, Gregory Chatonsky, Camille Prunet, Christian Xerri, Heidi Charvin, Olivier Auber, Khaled Abida, Jean-Pierre Balpe, Hervé Fischer.

acheter ce livre

dimanche 1 décembre 2019

Martin Heidegger : Méditation

Gallimard - Novembre 2019 - Bibliothèque de philosophie



Rédigé à la suite des Apports à la philosophie à la fin des années 1930, le texte publié sous le titre Méditation est une pièce maîtresse du chemin sur lequel Heidegger s’est engagé après ce qu’il est convenu d’appeler le «tournant». La question de l’Être reste la question centrale, mais elle est abordée ici dans une perspective originale, celle de l’histoire de l’Être. Méditation met au jour les présupposés philosophiques de la modernité, qui sont aussi et plus généralement ceux de la pensée occidentale depuis son commencement grec, et au premier rang desquels figure la Machenschaft, la fabrication. On voit en même temps se mettre en place les thèmes qui prendront une importance de plus en plus grande dans l’œuvre heideggerienne, comme la question de la technique ou de la structure quadripartite du monde où se croisent le ciel et la terre, les divins et les mortels. À travers toutes ces analyses, Heidegger entend œuvrer au dépassement de la métaphysique et préparer l’avènement de l’autre commencement, un commencement promis à la pensée depuis son premier matin mais qu’elle a manqué sans le savoir ni le vouloir. Cette préparation est en même temps celle de la décision de se mettre à l’écoute de l’Être. Cette décision cependant ne peut pas être entièrement la nôtre, elle est d’abord et avant tout celle de l’Être lui-même qui peut seul nous permettre d’entrer en possession de notre propre Être.

acheter ce livre


Sophie-Jan Arrien, Jean-Sébastien Hardy, Jean-François Perrier (dir.) : Aux marges de la phénoménologie. Lectures de Marc Richir

Hermann - Novembre 2019 - Rue de la Sorbonne


L’œuvre de Marc Richir, riche et polyphonique, nous lègue un ensemble complexe d’analyses, de propositions et de concepts qui puisent tant dans la tradition philosophique que dans les sciences exactes, l’anthropologie, l’esthétique et la pensée politique, créant entre ces discours autant d’intersections inédites opérées en régime phénoménologique. En chacun de ces croisements, l’œuvre de Richir appelle à être examinée, déchiffrée et éclairée à partir de perspectives inédites que lui-même a rendu possible. L’immensité du corpus richirien invite à travailler autant aux marges de la phénoménologie husserlienne qu’aux marges de sa phénoménologie, à travers ses dialogues, ses obsessions et ses ambitions, afin de mieux ressaisir en elles la vivacité et l’originalité des phénomènes.

acheter ce livre

Alberto Romele : Digital Hermeneutics. Philosophical Investigations in New Media and Technologies

Routledge - Octobre 2019 - Routledge Studies in Contemporary Philosophy


This is the first monograph to develop a hermeneutic approach to the digital—as both a technological milieu and a cultural phenomenon. While philosophical in its orientation, the book covers a wide body of literature across science and technology studies, media studies, digital humanities, digital sociology, cognitive science, and the study of artificial intelligence.

In the first part of the book, the author formulates an epistemological thesis according to which the “virtual never ended.” Although the frontiers between the real and the virtual are certainly more porous today, they still exist and endure. In the book’s second part, the author offers an ontological reflection on emerging digital technologies as “imaginative machines.” He introduces the concept of emagination, arguing that human schematizations are always externalized into technologies, and that human imagination has its analog in the digital dynamics of articulation between databases and algorithms. The author takes an ethical and political stance in the concluding chapter. He resorts to the notion of "digital habitus" for claiming that within the digital we are repeatedly being reconducted to an oversimplified image and understanding of ourselves.

Digital Hermeneutics will be of interest to scholars across a wide range of disciplines, including those working on philosophy of technology, hermeneutics, science and technology studies, media studies, and the digital humanities.

acheter ce livre

samedi 30 novembre 2019

Mathilde Lequin : Bipédie et origines de l'humanité. Philosophie et histoire de la paléoanthropologie

Hermann - Novembre 2019


« Nous étions préparés à tout admettre sauf d’avoir débuté par les pieds », écrivait en 1964 le préhistorien André Leroi-Gourhan. De nombreuses découvertes fossiles ont depuis permis de dépeindre nos lointains ancêtres comme des bipèdes à petit cerveau, et même d’envisager une bipédie vieille de plusieurs millions d’années, qui aurait évolué sous diverses formes dans la lignée humaine. Si la paléoanthropologie a été encore peu explorée par la philosophie, les questions sont nombreuses. L’humain n’est-il qu’un singe dressé sur ses deux pieds ? La bipédie est-elle au contraire un ultime « propre de l’homme » ? Comment notre ancestralité est-elle reconstruite à partir de traces fragmentaires ? Quel sens donner à la quête de nos origines ? Telles sont les questions creusées dans ce parcours philosophique qui conduit de Platon aux plus récentes découvertes fossiles de la paléoanthropologie.

Ancienne élève de l’École normale supérieure et docteure en philosophie des sciences, Mathilde Lequin a enseigné la philosophie à l’université Paris Nanterre et à l’université Toulouse II Jean Jaurès.

acheter ce livre

vendredi 29 novembre 2019

Luca Salza et Orgest Azizag (dir.) : Orient, orientation, désorientation, réorientation

Mimesis - Décembre 2019


S'il apparaît qu'apprendre à s'orienter dans la pensée (dans le monde, dans le présent, dans l'histoire, dans la vie...) est une question philosophique de première importance - de quel Orient cette activité conserve-t-elle la mémoire ? Car, cela est attesté par Kant, c'est à partir de l'Orient que nous nous orientons. Une évidence solidement enracinée dans l'étymologie : Orient, du latin oriens : là où le soleil se lève. Ce qui va donner orientalis, oriental puis orienter, orientation, désorientation et, enfin, orientaliste, orientalisme... C'est cette riche et contradictoire descendance que cet ouvrage collectif va soumettre au regard des ses auteurs, provenant des horizons les plus divers ... car l'Orient s'est progressivement établi comme un topos associé à la perte des repères, voire à la perdition, à des formes d'altérité dont le propre est, précisément, de désorienter.

acheter ce livre

Pauline Pujo (dir.) : L'Innovation pédagogique des Lumières

PU de Bordeaux - Décembre 2019 - Lumières


Par l'ouverture à un nouvel horizon d'attente tourné vers l'avenir, l'affirmation des droits naturels face aux dominations héritées du passé, de la primauté de l'acquis sur l'inné, les Lumières apparaissent aujourd'hui comme le moment fondateur d'une nouvelle pédagogie émancipatrice : nouvelle par ses finalités, ses acteurs et ses méthodes, nouvelle également parce qu'elle prépare l'avènement d'un monde nouveau. C'est pourquoi ce numéro interroge la notion d'innovation en pédagogie à la fois comme créativité théorique et comme démarche concrète s'inscrivant dans des contextes pédagogiques, politiques, nationaux ou encore sociaux bien précis. Se pencher sur l'héritage des Lumières dans sa diversité, du XIXe au XXIe siècle, invite ainsi à une réflexion sur les usages de cette notion pour l'histoire de la pédagogie. L'originalité du dossier thématique tient à 2 traits : - C'est un dossier sur l'innovation en matière pédagogique (idées, méthodes, expérimentations) et non un énième volume sur l'éducation à l'époque des Lumières. - C'est un dossier qui montre l'héritage des idées des Lumières jusqu'à nos jours et a donc un enjeu important dans nos débats contemporains sur les modèles éducatifs

Pauline Pujo est enseignante en classes préparatoires au lycée Saint-Sernin à Toulouse et docteure des universités Sorbonne Université et Potsdam. Son ouvrage Transmettre l'histoire pour former les citoyens : écriture et réécriture des livres d'histoire pour la jeunesse dans l'espace germanophone et en France (1760-1800) va paraître en 2019 aux Presses universitaires de Bordeaux.

acheter ce livre

Antoine Daratos et Paul Walter (dir.) : Penser l’évolution. Nietzsche, Bergson, Dewey

Vrin - Décembre - Annales de l’institut de philosophie de l’université de Bruxelles


Ont collaboré à ce volume : A. Daratos, D. Debaise, Ch. J. Emden, L. Lawlor, P.-A. Miquel, T. Pearce, T. Posteraro, W. Stegmaier, B. Stiegler

Par-delà leurs différences, Nietzsche, Bergson et Dewey accordent une importance stratégique majeure à l’évolution du vivant. Très tôt, ils cherchent à exploiter l’ensemble des potentialités qui pourraient découler de la révolution darwinienne. Sans hésiter à intervenir et à prendre parti dans les débats biologiques de leur temps, ils s’appuient sur ceux-ci pour nourrir leurs propres entreprises philosophiques. L’évolution des espèces devient chez eux le moyen de repenser celle de la réalité dans son ensemble, d’initier de nouvelles relations aux sciences, de restaurer la force de proposition de la philosophie et de mettre celle-ci au service de l’action et de l’expérimentation. C’est cette double relation – dialogue avec le darwinisme et les sciences du vivant, usages philosophiques de l’évolution biologique – que les contributions qui forment cet ouvrage se proposent d’explorer.

acheter ce livre

mardi 26 novembre 2019

Simone Weil : Écrits de New York et de Londres (1942-1943). Œuvres complètes (Tome 5 Volume 1)

Gallimard - Novembre 2019


Ce volume reproduit les textes composés par Simone Weil dans la dernière année de sa vie, parallèlement à L’Enracinement, entre juillet 1942 et sa mort le 24 août 1943. Le 14 mai 1942, Simone Weil et ses parents embarquent à Marseille pour Casablanca, puis New York, où ils arrivent le 6 juillet. À côté d’articles destinés à informer le public américain sur les problèmes français, qu’elle ne parviendra pas à publier, Simone Weil poursuit sa réflexion sur les sujets philosophiques ou spirituels qui la préoccupaient à Marseille. Elle donne lieu à deux textes importants, Israël et les «Gentils» et la Lettre au père Couturier. Le premier développe son projet de «purger» le christianisme de ses références hébraïques, en promouvant au contraire sa composante hellénique. Le second expose les pensées que Simone Weil déclare porter en elle depuis des années et qui font obstacle à son adhésion à l’Église. Ayant installé ses parents aux États-Unis, Simone Weil quitte New York pour Londres, qu’elle rejoint le 14 décembre 1942. Elle devient «rédactrice» dans les services de la France Libre. En dépit de leur caractère conjoncturel, lié aux circonstances de la guerre, les écrits de cette période esquissent «les grandes lignes d’une doctrine», comme l’avait justement souligné Simone Pétrement. Qu’il s’agisse de sa fameuse Note sur la suppression générale des partis politiques, de ses réflexions sur la nature de la guerre, sur la question coloniale, sur le statut de la minorité juive ou sur la constitution à envisager pour l’après-guerre, ils témoignent de son souci constant de redonner une inspiration spirituelle à la politique. En quoi ils rejoignent les thèmes de L’Enracinement.

acheter ce livre

Cahiers Philosophiques, 158 (3/2019) : Les limites du langage

Vrin - Novembre 2019


Quel sens y a-t-il à parler des « limites du langage » dès lors qu’on reconnaît qu’il est impossible de circonscrire a priori ce qui peut être dit par un locuteur dans une langue donnée? L’expérience d’une impossibilité de parler ou de dire certaines choses est pourtant ordinaire. Mais c’est plus encore la possibilité de produire des énoncés dénués de sens, de croire dire quelque chose et de n’en rien faire, qui manifeste les contraintes grammaticales inhérentes à nos différents usages du langage.
Les articles de ce numéro s’inscrivent dans le sillage des analyses de Wittgenstein et explorent sous divers angles le vaste domaine de « ce qui ne peut être dit ».
À cet ensemble s’ajoute la traduction inédite d’un texte d’Elizabeth Anscombe intitulé « La question de l’idéalisme linguistique ».

Anaïs Jomat, Jeanne-Marie Roux, Ghislain Casas et David Lemler (coord.)

acheter ce livre

Laurent Jaffro : La couleur du goût. Psychologie et esthétique au siècle de Hume

Vrin - Novembre 2019 - Essais d’art et de philosophie


Comment une préférence esthétique peut-elle être plus juste qu’une autre? Les philosophes anglophones du XVIIIe siècle ont débattu de la « règle du goût », qui fait le titre d’un essai décisif de Hume. Deux traditions, empiriste et platonicienne, s’affrontent. En combinant vision d’ensemble et analyse des argumentations, ce livre retrace l’histoire de ce débat et le poursuit.
Les valeurs sont-elles analogues à des couleurs? Sont-elles des fantasmes ou des réalités? Une psychologie suffit-elle à éclairer le goût? Est-il semblable à un organe sensoriel ou est-il une émotion? Est-il plaisir ou jugement?
Une hypothèse : La diffusion des représentations de l’univers qu’induit la révolution scientifique modifie le regard sur les beautés de la nature et sur le sens de l’activité artiste.
Un parti-pris : Une bonne théorie se place sur un terrain commun au subjectivisme raisonnable de Hume et au cognitivisme modéré de Reid; elle met d’accord l’inspiration platonicienne, trop minorée, de l’esthétique anglophone, et la méthode psychologique.

Laurent Jaffro est professeur de philosophie morale à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre senior de l’Institut universitaire de France.

acheter ce livre

dimanche 24 novembre 2019

Vladimir Jankélévitch : Fauré et l'inexprimable

Plon - Novembre 2019


Vladimir Jankélévitch approfondit dans cet ouvrage ses réflexions sur le mystère d'ambiguïté qui rend si déroutante aux yeux de certains la musique de Fauré et qui empêche de définir cet art autrement que par des couples de contradictions. Il retrouve ces paradoxes aussi bien dans l'œuvre de piano que dans les mélodies, aussi bien dans la musique de chambre que dans le Requiem.
Évasif et précis, négligent et rigoureux, mystérieux et limpide comme un regard d'enfant, absent et présent comme une nuit d'été, lointain et proche comme une amie, distant et passionné comme un cœur secret, patent et latent comme une âme, tel est le langage de Fauré.

Philosophe et musicologue, Vladimir Jankélévitch a été professeur à la Sorbonne durant plusieurs décennies. Il est l'auteur d'une œuvre de philosophie morale considérable, ainsi que d'ouvrages essentiels sur la musique des XIXe et XXe siècles.

acheter ce livre

Laurent Fedi : La culpabilité. Essai de démystification

Kimé - Novembre 2019


Notre conception de la culpabilité est marquée par vingt siècles de culture chrétienne. Pourtant, comme on essaie ici de le démontrer, le péché n'est pas l'unique matrice pour penser la culpabilité. Si l'on se réfère à l'expérience, la culpabilité est d'abord une conduite d'auto-accusation. Elle concerne un individu qui s'est engagé envers autrui ou envers toute la société, mais qui a en plus passé cet engagement avec lui-même par une sorte de "contrat personnel". Cette expérience que le sujet fait de lui-même échappe en partie au christianisme, qui est une doctrine de l'intériorité mais non de la subjectivité. Elle permet en revanche de comprendre la valorisation des images du péché en termes de souillure et de contamination. Cette nouvelle proposition sur la culpabilité permet de repenser tout le scénario de l'innocence au pardon sans présupposition religieuse ni métaphysique et sans passer par les hypothèses coûteuses de la psychanalyse. Elle permet aussi de résoudre les grands problèmes relatifs la culpabilité collective des sociétés postcoloniales sans tomber dans les stériles oppositions idéologiques. Ce travail fournit de nombreux éclaircissements sur les notions de responsabilité subjective et objective, sur le remords, la tentation, la mauvaise conscience, les pathologies de la culpabilité, en même temps qu'il fournit des propositions concrètes pour traiter de questions touchant à notre existence collective.

Laurent Fedi : né en 1969, ancien élève de l’Ecole normale supérieure (Ulm), agrégé de philosophie, docteur de la Sorbonne, maître de conférences à la Faculté de philosophie de l’Université de Strasbourg.

acheter ce livre

Élie Halévy : Métaphysique et morale, 1891-1937. Œuvres complètes, tome IV

Les Belles Lettres - Novembre 2019


Philosophe de formation, auteur d'une thèse sur Platon et d’une somme sur La formation du radicalisme philosophique et animateur dès 1893 de la nouvelle Revue de métaphysique et de morale, Élie Halévy (1870-1937) peut également être rangé parmi les grands historiens du XXe siècle français.
Il est notamment l’auteur d’une Histoire du peuple anglais au XIXe siècle (Hachette, 1912-1932 et rééd. 1973-1975), vaste fresque commencée en 1906 et restée inachevée malgré la conclusion d’un Épilogue fondamental en deux volumes, Les Impérialistes au pouvoir (1895-1905) et Vers la démocratie sociale et la guerre (1905-1914), et la publication posthume, en 1946, du Milieu du siècle (1841-1852).
« Historien philosophe », telle avait été la définition/fonction qu’il s’était du reste attribuée lors de la fameuse séance de la Société française de philosophie du 28 novembre 1936 consacrée à la discussion sur « l’ère des tyrannies » et publiée dans l’ouvrage du même nom en 1938 (à titre posthume). Cette position revendiquée l’avait conduit, à partir de « l’interprétation de la crise mondiale de 1914-1918 », à concevoir l’apparition d’un nouveau régime, produit d’un processus d’étatisation du point de vue économique et du point de vue intellectuel, représenté dans le fascisme mais aussi dans le « soviétisme ». « Le soviétisme, sous cette forme, est, à la lettre, un "fascisme" », développa-t-il pendant cette séance à laquelle participèrent Raymond Aron, Léon Brunschvicg, ou Célestin Bouglé. La modernité des thèses d’Élie Halévy résidait dans le rapprochement rarement tenté à cette époque entre les deux phénomènes, en apparence opposés, du fascisme et du stalinisme, identifiant l’un des mécanismes du national-socialisme allemand et esquissant une théorie du totalitarisme avant la lettre. Elle tenait aussi à la lecture qu’il faisait de la Grande Guerre et du « régime de guerre » qui fit entrer l’Europe dans « l’ère des tyrannies ». Cette expression forte donna son titre au livre posthume de 1938, recueil d’articles et de conférences qui démontraient autant la cohérence d’une pensée personnelle que le pouvoir d’un philosophe à comprendre les transformations majeures de la politique contemporaine.

acheter ce livre

samedi 23 novembre 2019

Anne-Françoise Schmid et Muriel Mambrini-Doudet (dir.) : Epistémologie générique. Manuel pour les sciences futures

Editions Kimé - Novembre 2019 - Philosophie en cours


"Epistémologie générique, Manuel pour les sciences futures" donne à voir ce qui fait "science" en dehors des organisations disciplinaires. Notre capacité à caractériser ce qui est produit en dehors des disciplines académiques est limitée. Les initiatives interdisciplinaires se multiplient mais restent difficiles à transmettre tant elles reposent sur l'"intuition" des instigateurs et la somme de "petits riens" qui se placent mal dans le cadre épistémologique classique. C'est l'extension de ce dernier que vise ce manuel écrit "à quatre mains" par la philosophe Anne-Françoise Schmid et la biologiste Muriel Mambrini-Doudet sur la base de plus de 10 années de recherche en commun. Au fur et à mesure de l'ouvrage, apparaissent les composantes d'une science interdisciplinaire et ses conditions. Dans ces nouveaux lieux et objets de science, l'éthique n'est pas mise de côté. Rien dans cet ouvrage n'est " donné ", il ne s'appuie ni sur une trajectoire historique, ni sur des exemples pour ne pas limiter les envies d'explorer et reconnaître la valeur en soi de l'expérience. L'ouvrage est en revanche truffé d'exercices (expériences de pensée, expériences vécues, expérience de mise en visibilité, carnet de pratique, proposition d'expérimentation), pour "donner la main" à celles et ceux qui veulent multiplier des "espaces communs de science". Ce livre est destiné aux académiques ou non, aux scientifiques ou non, agissant pour une conception collective de notre monde futur.

Anne-Francoise Schmid, philosophe parmi les scientifique (Ecole Polyrgechnique Fédérale de Lausanne, Institut Nationale des Sciences Appliquées, Institut Nationale de la Recherche Agronomique, MinesParistech) et plus récemment philosophe parmi les artistes (film Vimeo « Letre » de Benoît Maire et Raphaël Pfeiffer, collaborations avec Robin Mackay, Benoît Maire, Alice Lucy Rekab) est Maître de Conférences honoraire habilitée à diriger des recherches à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, et chercheur associé à la Chaire de Théorie et Méthodes de la Conception Innovante (MinesParisTech) ainsi qu’au Laboratoire de Philosophie et d’Histoire des Sciences – Archives Henri Poincaré (Université de Lorraine, UMR 7117). Nutritionniste et généticienne, habilitée à diriger les recherches, Muriel Mambrini-Doudet effectué la plus grande partie de sa carrière à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) où elle est directrice de recherche 1ère classe. Tout au long de sa carrière, elle a ouvert les champs disciplinaires pour renforcer la durabilité des élevages (déterminisme du métabolisme azoté des poissons, sélection des poissons pour une meilleure efficacité alimentaire) et promouvoir la valeur académique et sociale de la recherche agronomique.

acheter ce livre

Yannick Bosc et Emmanuel Faye (dir.) : Hannah Arendt, la révolution et les Droits de l'Homme

Kimé - Novembre 2019


Après Condition de l'homme moderne et La crise de la culture, l'essai De la révolution (1963) est le troisième ouvrage d'une série dans laquelle Hannah Arendt expose le nouveau paradigme du politique qu'elle entend développer ainsi qu'un nouveau paradigme de la révolution. Dans un contexte de Guerre froide, elle propose de tirer les leçons de l'histoire en opposant ce qu'elle nomme le "désastre" de la Révolution française aux leçons d'une révolution supposée réussie, incarnée par la "Déclaration des droits" américaine. Les contributions des historiens et philosophes réunies dans ce volume, analysent la manière dont Arendt instrumentalise l'histoire des Révolutions américaine et française et se détermine par rapport à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elles étudient également la place qu'Arendt attribue au peuple au cours de ces processus et dans quel esprit elle se réfère, dans le dernier chapitre de son essai de 1963, aux "conseils" révolutionnaires. La formule arendtienne du "droit à avoir des droits" amorce-t-elle, comme certains le soutiennent aujourd'hui, un tournant politique dans la considération des droits de l'homme ? Ne représente-t-elle pas plutôt une machine de guerre contre la notion même de droit naturel, qui se trouve au fondement de ces droits ? Dès lors, que reste-t-il de l'idée d'humanité dans la perspective construite par Arendt ?

acheter ce livre

Pierre Macherey : Sagesse ou ignorance ? La question de Spinoza

Editions Amsterdam - Novembre 2019


L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.

Pierre Macherey a entre autres consacré plusieurs études à la pensée de Spinoza : Hegel ou Spinoza (Maspero, 1979), Avec Spinoza (Puf, 1992), Introduction à l'Ethique de Spinoza (5 volumes, Puf, 1994-1998).

acheter ce livre