lundi 8 juin 2020

Stéphane Bonnet : Des nouveautés très anciennes : De l'esprit des lois et la tradition de la jurisprudence

Editions de la Sorbonne - Juin 2020 - La philosophie à l'oeuvre


Que Montesquieu ait le genre d'esprit de Montaigne, comme on a pu le dire à propos de l'auteur de "L'esprit des lois", signifie en premier lieu que l'histoire de tous les hommes qui ont vécu s'offre d'abord pour lui comme une sorte de présent universel. L'écoulement temporel n'implique pas que l'histoire du monde soit partagée en époques. Et les faits historiques se disposent dans un milieu temporel homogène. Ainsi Montesquieu rompt-il radicalement avec la conception chrétienne de l'histoire qui suppose, quant à elle, des époques et donc une altération radicale de notre rapport au temps historique à partir de la venue du Christ. Mais Montesquieu pense évidemment le rapport de l'avant et de l'après, la différence de l'Ancien et du Moderne. L'enjeu est alors de comprendre comment cette différence peut être prise en compte sans faire intervenir un partage des époques de l'histoire universelle. Montesquieu est un jurisconsulte et un historien du droit. Et c'est dans la connaissance du droit français et du droit romain, de leur filiation, qu'il trouve les concepts qui président à l'interprétation de l'histoire. Il y découvre en particulier un modèle de production du droit qui est celui de l'équité romaine et du droit prétorien ainsi qu'une certaine idée de la nouveauté qui se manifeste comme retour d'un passé occulté et non sous la forme d'un commencement absolu. Sous cette double hypothèse, les concepts de la philosophie politique et les faits de l'histoire universelle s'ordonnent dans "L'esprit des lois" en vue de la constitution d'une "summa ratio" qui n'est pas celle d'un législateur, mais plutôt de l'esprit législateur à l'oeuvre dans l'histoire.

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Antoine Compagnon : Un été avec Pascal

Editions des Equateurs - Juin 2020 - Parallèles


Après Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à passer un été avec Pascal. Un siècle de différence entre les deux hommes qui sont tous les deux fondateurs de notre modernité, c'est-à-dire de la liberté d'esprit. Pascal (XVIIe siècle) comme Montaigne (XVIe siècle) traite de l'homme, de la société, de l'univers, du pouvoir, de la foi, de l'angoisse, de la mort, du jeu : le tout et le rien. Nous connaissons tous les sentences célèbres de Pascal : « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie. », « Qui veut faire l'ange fait la bête », « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. ». Antoine Compagnon évoque à la fois la vie du génie Pascal (auteur du traité des Coniques), tout en allant chercher la signification de ses pensées elliptiques. Avec cette tournure d'esprit combinatoire, Pascal explore tous les possibles de la réflexion. En quarante et un chapitres (dont six inédits) il s'intéresse aussi bien à la question de la violence et de la vérité, de la tyrannie, à l'esprit de finesse, au divertissement et au juste milieu. Antoine Compagnon nous fait découvrir l'écrivain du miracle et de la grâce dont la pensée permet de mieux nous connaitre.

Ecrivain, professeur au Collège de France et à Columbia University, Antoine Compagnon est notamment l'auteur des Antimodernes et La Classe de rhéto (Gallimard). Un été avec Montaigne est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2012 sur France Inter.

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dimanche 7 juin 2020

Paul Gilbert : Jésuites et philosophes. Des origines à nos jours

Lessius - Juin 2020 - Petite bibliothèque jésuite


Le début des Temps modernes a été marqué par des débats entre deux principes exclusifs l'un de l'autre : ou la grâce divine, ou l'agir humain. Or le fondateur des jésuites, Ignace de Loyola, ne se satisfaisait guère de ce genre d'opposition. Le travail philosophique des jésuites a tenté de lui être fidèle, en demeurant au cœur de la tension entre la foi et les œuvres.
Sont ici présentés les contours de la pensée d'une quarantaine de philosophes jésuites qui ont marqué leur temps, du XVIe au XXe siècle. Tous ont été en dialogue et parfois en débat avec les plus grands philosophes de leur temps : Descartes, Pascal, Leibniz, Kant, Blondel, Heidegger, Gabriel Marcel, Sartre, etc. Par ailleurs, ils ont contribué à renouveler la lecture de Thomas d'Aquin, de Hegel ou de Marx. Si, jusqu'au XIXe siècle, les philosophes jésuites sont européens, au XXe siècle apparaissent des courants en Amérique latine et en Inde, auxquels l'auteur consacre un chapitre entier.
Contemporain de la création des jésuites, le Concile de Trente avait été convoqué pour affronter les critiques de Luther à l'institution ecclésiastique. Les enjeux étaient radicaux. On les représente souvent en une forme de débats entre deux principes exclusifs l'un de l'autre : ou la grâce divine, ou l'agir humain. Or Ignace de Loyola, le fondateur de la Compagnie, ne se satisfaisait guère de ce genre d'opposition. On connaît une maxime qui exprimerait sa manière de procéder : " Fie-toi à Dieu comme si le succès des affaires dépendait tout entier de toi, et en rien de Dieu ; alors pourtant mets-y tout ton labeur comme si Dieu allait tout faire, toi rien. " Le travail philosophique dans la Compagnie a tenté d'être fidèle à cette maxime, sans craindre de demeurer au cœur de la tension entre la foi et les œuvres, sans accepter de perdre un des termes de cette tension. Ignace concevait que la pratique de la Compagnie se situait précisément là. D'où les attaques envers la Compagnie de la part de chacun de ces deux pôles opposés. Ne seraient-ce cependant pas les catégories philosophiques du " désir " et du " don ", ainsi que la catégorie théologique de l'" action de grâce " qui correspondent le mieux à la conception jésuite ?

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samedi 6 juin 2020

Karl Marx et Friedrich Engels : Annales franco-allemandes

Les Editions sociales - Juin 2020 - GEME


Le projet des Annales franco-allemandes, élaboré conjointement par Karl Marx, Arnold Ruge, Mikhaïl Bakounine et l'éditeur Fröbel en 1843, procède d'une désillusion politique touchant à la capacité du mouvement libéral allemand, dont ces auteurs étaient auparavant membres, à impulser un changement politique en Allemagne, et particulièrement en Prusse. Cette désillusion a pour effet une radicalisation : le but des Annales est, d'une part, d'échapper à la censure prussienne en publiant, sur le sol français, des textes plus provocants qu'ils ne pourraient explicitement l'être en Allemagne et, d'autre part, de rechercher une nouvelle position théorique et politique devant élucider les conditions d'un progrès politique. Celui-ci est cherché non plus dans une monarchie constitutionnelle mais dans une révolution et dans une démocratie plus ou moins radicale. L'élaboration de cette position radicalisée est conçue à partir d'une collaboration franco-allemande : la philosophie jeune hégélienne allemande et les positions démocrates, socialistes et communistes françaises doivent s'éduquer mutuellement par leur participation à une revue commune. Si cette collaboration n'aura pas effectivement lieu, les Annales ne contenant aucune contribution française, les textes qui les constituent n'en forment pas moins l'élaboration plurielle de critiques politiques et sociales qui s'appuient sur la réception jeune hégélienne des socialismes français. Réunissant les articles des philosophes jeunes hégéliens Karl Marx, Friedrich Engels, Arnold Ruge et Moses Hess (ainsi que des lettres de Ludwig Feuerbach et Mikhaïl Bakounine), des activistes démocrates Johann Jacoby et Ferdinand Coelestin Bernays, et les poèmes sulfureux de Heinrich Heine et Georg Herwegh, l'ensemble des Annales se présente ainsi comme répondant à une recherche collective, aboutissant à une pluralité de positions théoriques et politiques. Cette pluralité fait des Annales un document central dans le développement des démocratismes, socialismes et communismes allemands, à partir de la scission du mouvement libéral, au XIXe siècle. La publication par la Geme de la première traduction française complète des Annales franco-allemandes présente un double intérêt, pour un public de chercheurs, d'étudiants, ou de lecteurs de Marx et d'Engels. Cet intérêt relève en premier lieu des études marxiennes (et engelsiennes) : les Annales contiennent trois textes bien connus de Marx et d'Engels, notamment " Sur la question juive " et la " Contribution à la critique de la philosophie hégélienne du droit ". Or, les traductions existantes de ces articles n'offrent pas au public francophone des textes tenant compte, d'une part, des progrès de traduction les plus récents (à la fois concernant Marx, mais aussi concernant le vocabulaire hégélien omniprésent dans ces textes, dont la traduction doit tenir compte principalement des innovations de Bernard Bourgeois et de Jean-François Kervégan), et, d'autre part, des recherches récentes sur les écrits de jeunesse de Marx et Engels (tels les travaux d'Emmanuel Renault et Franck Fischbach dont l'introduction à l'édition Geme des Ecrits de jeunesse volume 1 rend compte largement). En second lieu, la quasi-totalité des autres textes des Annales restent inédits en français. Leurs traductions et commentaires apparaissent dès lors nécessaire pour saisir le projet commun des Annales, à la fois dans son unité et dans la pluralité des positions démocrates, socialistes et communistes qui s'y élaborent et s'y confrontent. Cette première publication complète des Annales s'inscrit ainsi dans le projet de la GEME en permettant de réintégrer les écrits de Marx et d'Engels, qui rappelons-le ne se connaissaient que très peu et ne travaillent pas encore ensemble, dans le contexte et les projets collectifs de leur période parisienne, tout en proposant un éclairage élargi sur l'histoire des idées politiques du XIXe siècle.

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Xavier Moreau : Le bonheur ou la vérité ? Impression de rentrée en terminale. Essai-fiction

L'Harmattan - Juin 2020


Cet ouvrage montre à quel point il est nécessaire de donner à réfléchir à notre jeunesse, et pourquoi pas par le biais de la fiction et du roman ? Ainsi, par la mise en scène d'un groupe d'élèves, au travers du cours de philosophie du jeune professeur Weir, l'idée est bien celle de divertir tout en transmettant la connaissance, en apportant des moyens méthodiques, voire méthodologiques, et donc en cherchant à susciter, l'étonnement, puis l'effort, en vue de l'appropriation de ladite théorie de la connaissance.

Xavier Moreau a passé une vingtaine d'année dans l'armée puis a repris les études à 44 ans où il est diplômé d'enseignement et continue actuellement des recherches en philosophie de l'éducation.

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Marc Lebiez : L'espérance, par principe

Kimé - Juin 2020


Il y eut la fabuleuse croissance économique et industrielle des décennies d’après-guerre. Il y eut l’utopie communiste puis celle, libertaire, des années soixante-dix. Comme tout ce qui pouvait susciter une espérance, tout cela est mort. Il n’est plus question que de pollution gigantesque, de dérèglement climatique, d’invasion par les pauvres, de postures belliqueuses. Tout ce qui peut paraître désespérant est présenté comme inéluctable ; tout ce qui pourrait nourrir une espérance serait illusoire. En conséquence, la politique, cet art du possible, ne suscite plus que scepticisme, dégoût ou indifférence. À défaut d’espoir, les électeurs se tournent en masse vers des populistes. D’autres se réfugient dans un ultracisme religieux. Bref, le temps est aux discours apocalyptiques. Pourtant, il n’est pas impossible de retrouver l’espérance. D’abord, se convaincre que le pire n’est pas inéluctable. À ceux qui proclament que le « réalisme » impose ceci ou cela, il faut montrer que d’autres voies sont possibles, pourvu que l’on y croie, qu’on veuille réaliser ce que l’on souhaite, qu’on s’en donne les moyens. Ensuite, se convaincre que la perte de l’espérance est la voie la plus sûre vers la catastrophe que l’on dit redouter. Croire celle-ci inéluctable, c’est en préparer la venue. Voilà pourquoi l’espérance est un devoir.

Marc Lebiez est philosophe et helléniste. Il a publié Les premiers temps modernes, Le culte du nouveau, Transcendance de l’État chez Kimé.

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vendredi 5 juin 2020

Jérôme Ravat, Albin Wagener, Loïc Nicolas (dir.) : La valeur du désaccord

Editions de la Sorbonne - Juin 2020 - La philosophie à l'oeuvre


Aussi familier soit-il, le désaccord déconcerte et déroute. Qu'on s'en délecte ou qu'on le fuit, objet secret de désir ou de crainte, le désaccord reste une énigme. Le concept, sans arrêt, se dérobe et résiste. Il échappe aux tentatives de le réduire à une définition trop étroite, sans souplesse ni texture. À contre-courant des idées reçues, à rebours de la doxa philosophique, le présent ouvrage travaille à révéler l'unité structurelle et la valeur profonde du désaccord. Dès lors, les vingt-trois contributions réunies ici en dévoilent le sens et la grandeur, par contraste avec ce qu'il n'est pas. Dans la diversité des approches, elles incitent à une conversion du regard et permettent de percevoir le désaccord comme une occasion, une chance et une richesse. Elles aident à en cerner la variété des fonctions, logiques et usages. Une variété qui, tout compte fait, raconte l'histoire de la démocratie – sa complexité et les doutes permanents qui l'habitent. Distincts et pourtant complémentaires, tous ces points de vue éclairent un même enjeu, d'une actualité brûlante : la liberté et les défis posés par sa pratique. En effet, que serait la liberté sans la possibilité même du désaccord, sans les occasions multiples, et parfois contradictoires, de le faire valoir, de le revendiquer, de l'assumer ? Une coquille vide et un terrain sur lequel rien ne pousse ! Arpenter le chemin démocratique du désaccord, n'est-ce pas, dès lors, redonner à la liberté son courage et sa vitalité ? À l'heure des « Gilets jaunes » et des contestations sociales qui prolifèrent dans le monde entier, puisse le lecteur nous accompagner dans cette voie.

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Stephen Mumford : Football. La Philosophie derrière le jeu

Agone - Juin 2020 - Banc d'essais


Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n’a rien d’accidentel et ne s’explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu.
En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le « beau jeu » : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d’une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l’entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l’espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?

Professeur de philosophie à l’université de Durham en Angleterre, Stephen Mumford est l’un des plus grands métaphysiciens contemporains, spécialiste notamment de la causalité, des forces et des pouvoirs. Il est également philosophe du sport et, depuis son enfance dans la ville minière de Wakefield, passionné de football, jeu auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

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Marc Goldschmit : Sous la peau du langage

Kimé - Juin 2019


Le présent livre se propose de traverser la philosophie de la seconde moitié du xxe siècle, celle des avant-gardes, pour éclairer son intérêt, sa portée et ses limites. Cette philosophie, celle de Foucault, de Levinas, Blanchot, Barthes, Granel, Lacan, Derrida, Deguy, se déploie après « le tournant langagier » de la philosophie, pour lequel tout ce qui est dépend du langage, est commandé par lui. Marc Goldschmit montre qu’une pensée de l’écriture se dessine à travers ces avant gardes, sous la peau langage. Le dernier chapitre du livre développe une critique de deux théories à la mode, « le réalisme spéculatif » de Meillassoux et « la plasticité du cerveau » de Malabou, qui tentent l’une et l’autre d’ensevelir les avancées des avant-gardes et d’effacer le mouvement de la philosophie qui interroge la condition de possibilité de la sensibilité, de la connaissance et de la pensée. Dans la conclusion du livre, il s’agit de faire surgir une blessure d’avance du sujet, inscrite dans son nom et son existence, et constitutive de sa subjectivité.

Marc Goldschmit, est Habilité à Diriger des Recherches, Directeur de Programme au Collège International de Philosophie (2019-2025) et Président de son assemblée collégiale (2019-2022). Il a publié Jacques Derrida, une introduction (Agora-Pocket, 2003), L'écriture du messianique. La philosophie secrète de Walter Benjamin (Hermann, 2010), L’hypothèse du Marrane (Du Félin, 2014), L’opéra sans rédemption ou Éros musicien (Aedam Musicae, 2017).

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mercredi 3 juin 2020

Collectif : Michel Serres. Hommage à 50 voix

Le Pommier - Juin 2020


Pour célébrer Michel Serres et la diversité de ses talents, il fallait au moins 50 voix ! Ces 50 voix se joignent aujourd'hui pour lui dire combien il a compté pour eux mais aussi combien son oeuvre les éclaire sur le grand bouleversement du monde auquel nous participons aujourd'hui et qu'il a décrit si précisément. Car l'oeuvre de Michel Serres, colossale (plus de 80 livres et un très grand nombre d'articles, sans compter des archives non encore déchiffrées), propose une lecture qui peut nous servir de tremplin pour construire l'avenir. Parmi ces voix, des écrivains, des enseignants, des philosophes, des savants, des historiens des sciences, mais aussi des artistes, des libraires, des amis et des membres de sa famille ! Des personnalités connues et des anonymes, des français et des gens du monde entier ! En vrai philosophe, tel qu'il se définissait lui-même, Michel Serres a fait les trois tours du monde : celui des savoirs, celui des paysages et celui des personnes. Ce livre reflète quelques-unes des multiples rencontres que ces voyages ont permis tout en nous faisant partager maint souvenir drôle, émouvant ou lumineux.

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Maurizio Bettini : Contre les barbares. Comment l'Antiquité peut nous apprendre l'humanité

Flammarion - Juin 2020 - Champs actuel


Autrefois, raconte Virgile, un homme quitta son pays ravagé par la guerre, fit naufrage en Méditerranée et échoua sur la côte de Carthage. Bien qu'étranger, il fut reçu par les habitants du lieu comme un égal. Il se nommait Énée et, plus tard, fonderait Rome. Aujourd'hui, d'autres hommes font naufrage dans cette même mer et échouent sur nos côtes. Savons-nous les accueillir dignement ? Nous qui nous prétendons héritiers du monde classique, n'avons-nous pas perdu une part essentielle de son enseignement ? Avec finesse et érudition, Maurizio Bettini enquête chez les auteurs grecs et latins pour redonner du sens à notre conception des droits de l'homme. « Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger », disait le poète latin Térence : en l'oubliant, ne devenons-nous pas les barbares d'aujourd'hui ?

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Hippolyte Taine : Essais de critique et d'histoire. Tome 1

Classiques Garnier - Juin 2020 - Correspondances et mémoires. Bibliothèque du XIXe siècle


Stendhal et Balzac, Dickens et Thackeray, Racine, La Rochefoucauld et Saint-Simon, mais également Guizot et Michelet, Xénophon et Marc-Aurèle : les grands romanciers, les historiens, les philosophes, les Anciens aussi bien que les Modernes sont les protagonistes des Essais de Taine. Personnages portraiturés, théories élucidées, oeuvres commentées et comparées, toutes mises dans la perspective d'un savant du XIXe siècle aux prises avec la société postrévolutionnaire : c'est ce qu'on trouvera dans ces pages, pour la première fois recueillies dans une édition critique et complète. Aux antipodes de l'image habituelle du doctrinaire positiviste, le lecteur découvrira un critique lucide, un esprit ouvert et souple, un grand intellectuel moderne.

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mardi 2 juin 2020

Cahiers philosophiques n°160 : Les embarras de la démocratie

Vrin - Juin 2020


Parler d'embarras de la démocratie renvoie d'abord a un décalage entre les attentes normatives vis-a-vis de la démocratie comme régime institue sur la base de principes de liberté et d'égalité des citoyens et ce qui se produit dans les démocraties réelles. Il ne s'agit pas du simple constat d'un écart entre l'idéal et le réel, bien plutot d'un fonctionnement torve: la démocratie est opératoire et ce qu'elle produit ne cesse tout a la fois de surprendre et de décevoir. D'un cote, la démocratie a le statut d'une norme politique universelle qui peut meme etre imposee par la guerre dans certaines régions du monde. De l'autre, se multiplient les manifestations des insuffisances démocratiques: l'accroissement considérable des inegalités a l'échelle mondiale fait douter de son aptitude a assurer la justice; l'impuissance patente face aux urgences environnementales incite a etre plus que réserve quant aux capacités d'action des Etats démocratiques. Enfin, du Brexit a l'élection de dirigeants autoritaires, revendiquant haut et fort des discriminations d'ordres divers, c'est le caractère démocratique de certains choix pourtant démocratiques qui se trouve mis en question et englobe dans la catégorie fourre-tout de populisme. Est-ce le modèle démocratique lui-meme qui doit être critique? Est-ce le fonctionnement insuffisamment democratique des démocraties? La liberté, l'égalite, l'exigence de justice, la détermination de l'intérêt général, ont été et sont encore l'objet de réappropriations populaires plus ou moins insurgeantes qui oeuvrent a des transformations de la démocratie.

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Nicolas Poirier : Introduction à Claude Lefort

La Découverte - Juin 2020 - Repères


Cette introduction à la pensée et l’œuvre de Claude Lefort (1924-2010) met en lumière la réflexion particulièrement novatrice du philosophe sur la démocratie, nourrie de l’expérience du totalitarisme, notamment sous sa forme stalinienne.
Après être revenu sur l’engagement militant de Lefort au sein du groupe Socialisme ou Barbarie et sur les raisons qui l’ont conduit à s’éloigner du projet révolutionnaire, cet ouvrage montre ce que doit sa pensée à la réflexion philosophique développée par le philosophe Maurice Merleau-Ponty, particulièrement sur les questions de société, de politique et d’histoire. Il fait aussi ressortir l’immense travail de réinterprétation de Machiavel accompli par Lefort, qui a débouché sur une théorisation de la démocratie en tant que régime capable de faire vivre la conflictualité inhérente au politique. Il explique enfin comment Lefort a approfondi sa réflexion sur la démocratie à partir de Tocqueville notamment, et cherché à redonner un contenu politique à l’idée des droits de l’homme.

Nicolas Poirier est enseignant et chercheur en philosophie, rattaché au laboratoire Sophiapol de l’université Paris-Nanterre. Il a publié dernièrement Canetti. Les métamorphoses contre la puissance (2017) et Castoriadis. Du chaos naît la création (2019). Il travaille actuellement sur le lien entre l’exil et la création littéraire.

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lundi 1 juin 2020

Réfractions n°43 : Au risque de l'universel

Amis de Réfractions - Février 2020


La question de l'universalisme est aujourd'hui un enjeu politique, militant et intellectuel, dont on voit les répercussions dans les mouvements décoloniaux et féministes autour du thème de la racialisation et de la réduction de l'universalisme à un particularisme blanc. Ces dérives militantes ont sans doute préludé au renouveau des réflexions sur l'universel. Comment dépasser ces oppositions, pour préciser comment il a pu être, ou continuer à être, un outil de domination, et à quelles conditions il peut être instrument d'émancipation. Et envisager peut-être l'universel plutôt comme un idéal régulateur, un horizon à se réapproprier, à transformer, un universalisant à construire, ou à dépasser.

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Francois Laplantine : Penser l'intime

Cnrs - Mai 2020 - Sociologie/Anthropologie


L'intime est une expérience de familiarité avec une personne, un animal, un lieu qui progressivement se transforme en lien. Expérience fragile, le plus souvent soustraite au regard, et qui passe presque pour insignifiante face aux tumultes de la passion amoureuse, elle constitue pourtant une part essentielle de nos existences. Or elle peut se révéler déroutante, en venant brouiller les frontières de l'intérieur et de l'extérieur, du sujet et de l'objet, du visible et de l'invisible, du dicible et de l'inexprimable.
Si bien que l'intime semble échapper à toute entreprise de connaissance : comment dès lors penser l'intime ? Interrogeant avec acuité et délicatesse cette part équivoque de nous-mêmes et ses évolutions dans des sociétés aussi diverses que le Brésil, le Japon et la France, François Laplantine nous invite à explorer les linéaments multiples mais aussi les ressources de l'imaginaire tant politique qu'artistique de la vie intime.

François Laplantine, anthropologue, est professeur honoraire à l'Université Lyon 2 où il a fondé le Département d'anthropologie. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages traduits en plusieurs langues, parmi lesquels Quand le moi devient autre (2012), L'énergie discrète des lucioles (2014), Le Japon ou le sens des extrêmes (2017), Penser le sensible (2018).

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Michel Maffesoli : La Nostalgie du sacré

Cerf - Mai 2020


Se penchant sur le retour du religieux, le prophète du Temps des tribus dénonce notre pessimisme : c'est à la fois la totalité de l'individu et du collectif, de l'esprit et de la chair que vise la révolution en cours, celle de la raison intégrale. Une somme.
Après La Parole du silence, qu'il considère comme un traité de théologie pour la postmodernité, Michel Maffesoli s'attache dans son nouvel essai à décrypter ce qu'il nomme la "religiosité postmoderne ". Il étudie ainsi les étapes qui jalonnent ce " retour du sacral " : la réhabilitation des sens et d'une raison sensible, l'importance du partage, du mystère, de l'initiation – mais aussi l'ancrage nécessaire dans la tradition. C'est ainsi que les figures catholiques de la Trinité (l'unicité de Dieu en trois personnes) ou de la communion des saints représentent pour le penseur des " tribus " les métaphores les plus adaptées à l'imaginaire contemporain du sacré.
Un essai profond, qui propose au lecteur non pas un retour au catholicisme comme institution et dogmatisme, mais une véritable résurgence de la catholicité. Ainsi que le retour à une appréhension populaire et émotionnelle de la transcendance.

Professeur émérite à la Sorbonne, et membre de l'Institut universitaire de France, Michel Maffesoli est l'auteur de nombreux ouvrages au Cerf, dont La Parole du silence, Écosophie , ou encore La faillite des élites. Il vit dans les Cévennes.

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Fabien Fichaux et Ugo Batini (dir.) : L'animal, auteur par auteur. Culture générale. Prépa ECE/ECS. Concours 2021

ELLIPSES - Mai 2020 - Optimum


Destiné aux élèves de classes préparatoires économiques et commerciales, cet ouvrage a pour vocation de devenir le compagnon du cours de culture générale tout au long de l’année. Regroupant des auteurs clefs sur le thème du programme ainsi que des exemples précis, il cherche à mettre en valeur les éléments essentiels des différentes doctrines tout en facilitant leur utilisation au sein d’une dissertation.
Dans cette perspective, chaque article est encadré par d’utiles suppléments qui visent à faciliter son appropriation mais aussi son utilisation :
  • Un résumé analytique pour saisir l’essentiel
  • Une notion clef mise en perspective
  • Une analyse de texte
  • Un mode d’emploi pour intégrer au mieux la référence au sein de votre réflexion
Conformément aux ambitions de la discipline, l’ouvrage ne se limite donc pas à une succession de doctrines philosophiques mais enrichit l’analyse en l’ouvrant aux champs littéraire et cinématographique.

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