lundi 6 décembre 2021

François Herbaux : Antique zététique. Aux origines de la philosophie du doute

Book-e-book - Mai 2021


Depuis son émergence dans la Grèce antique, la philosophie a toujours eu partie liée avec le doute : soit pour se libérer des dieux et des mythes afin d’édifier une conception naturelle du monde ; soit pour récuser la perception humaine afin d’atteindre une « vérité » surnaturelle ; soit pour se méfier à la fois des sens et de la raison jusqu’à renoncer pratiquement à tout espoir de connaissance. C’est dire si les partisans de la philosophie du doute, appelée aussi « sceptique » ou « zététique », n’ont pas tous été des promoteurs de la science, bien au contraire.
Aujourd’hui, la démarche « zététique », qui s’appuie sur les savoirs scientifiques et s’exprime à travers l’usage de l’esprit critique a-t-elle cependant quelque chose de commun avec la zététique antique ? Sans doute... Mais cela mérite examen.
Sous forme d’une souriante galerie de portraits de philosophes anciens, Antique Zététique entend illustrer simplement et de manière très accessible, la variété des pensées antiques à l’origine de la philosophie du doute.

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dimanche 5 décembre 2021

Aurélien Berlan : Terre et liberté/ La quête d'autonomie contre le fantasme de délivrance

 La Lenteur - Novembre 2021


Dans la plupart des civilisations ou des milieux sociaux, l'idée de la liberté qui prévaut est de pouvoir se décharger de la vie matérielle, des tâches de subsistance : sur les esclaves, sur les travailleurs manuels et les femmes, sur les machines... Dans cet essai philosophique remarquable, Aurélien Berlan ravive une conception opposée, subalterne, de la liberté portée par des mouvements populaires d'hier, en Occident, et des mouvements paysans d'aujourd'hui, dans les pays du Sud (en Inde et au Mexique, en premier lieu) : la prise en charge collective et égalitaire des besoins de base, des besognes nécessaires à la vie sur terre. Contre le rêve de délivrance, le projet d'autonomie  contre le libéralisme, le marxisme et notre société de services néo-domestique, la réappropriation de la part matérielle de nos vies.

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La revue lacanienne 2021/1 (N° 22) : Éclats du corps

 Erès - Octobre 2021


Page 7 à 11 : Marc Morali - Éditorial. Éclats du corps | Page 15 à 25 : Gérard Amiel - Quel corps pour la psychanalyse ? | Page 27 à 39 : Jean-Louis Chassaing - Petites histoires contemporaines | Page 41 à 50 : Mônica Magalhães - Un corps : qu’est-ce qui le fertilise ? | Page 51 à 57 : Laurent Noyon-Collier - Des éclats du corps aux coups d’éclat des dires | Page 59 à 68 : Thierry Florentin - Pas de psychisme sans corps | Page 71 à 77 : Juliana Castro - L’image du corps et le dévoilement de son montage | Page 79 à 89 : Marc Estenne - La numérisation du corps | Page 91 à 101 : Mathilde Marey-Semper - Que nous dit le corps de la nomination aujourd’hui ? | Page 103 à 107 : Pierre-Christophe Cathelineau - Le corps non binaire existe-t-il ? | Page 109 à 122 : Pascale Bélot-Fourcade - « Tant va la cruche à l’eau… » | Page 123 à 128 : Jean-Luc Cacciali - Une fraternité du corps | Page 131 à 138 : Entretien avec Hubert Godard | Page 139 à 145 : François Rouan et Esther Tellermann - Le flou prend la pose | Page 149 à 158 : Michèle Dokhan - Les dits du corps | Page 159 à 170 : Marie Jejcic - Anatomie d’un obscur objet du désir | Page 171 à 178 : Lene Scharling - Pour jouir il faut un corps | Page 179 à 185 : Dominique Jacques Roth - Vers le « dé-corps » | Page 187 à 192 : Cyrille Noirjean - Mon corps, cet écran | Page 193 : Présentation | Page 195 à 199 : Régnier Pirard - À propos de Un immonde sans limite. 25 ans après Un monde sans limite de Jean-Pierre Lebrun. (érès, coll. « Point hors ligne », 2020) | Page 201 à 206 : Christian Fierens - Un nouveau souffle pour la psychanalyse. À un lecteur : soi-disant. À propos de. Le métier d’être homme. Samuel Beckett, l’invention de soi-même. de Marie Iemma-Jejcic. (éditions eme, coll. « Lire en psychanalyse », 2021) | Page 207 à 212 : Christian Fierens - L’invention de la psychanalyse. À propos de. Sabina Spielrein, poésie et vérité. de Michael Plastow (érès, 2021) | Page 213 à 218 : Marie Jejcic - À propos de. Un peu profond ruisseau. de Catherine Millot. (Gallimard, 2021) | Page 219 à 221 : Marc Estenne - À propos de. Tenir pour vrai. de Christian Fierens (Hermann, 2020).

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André Paul : Le Christ avant Jésus. Un paradoxe validé par l'histoire

 Cerf - Octobre 2021


La foi chrétienne s'adresse d'abord au Christ, Dieu fait homme, et non à l'homme Jésus : telle est la condition de possibilité de l'Evangile rompant à la fois avec le judaïsme et l'hellènisme. Un ouvrage accessible qui constitue un guide de lecture du Nouveau Testament et de l'Eglise primitive. Une mise au point et au clair salutaire.
Au commencement, il y eut le Christ et les " gens du Christ ", les christianoi. Aucune trace de " gens de Jésus ".
Dans les sociétés judaïques marquées par le siècle d'Hérode, la religion ou philosophie des " gens du Christ " perça comme nouvelle et différente, non comme dissidente.
Proclamée " révélée ", dès lors initiatique et exclusive, c'est avec la philosophie pluraliste des Grecs diffusée dans l'Empire romain qu'elle marquera une décisive rupture. Culturellement, cette religion ou philosophie ne jaillit pas de rien. Elle reprend les modèles formels de penseurs gréco-judaïques et les scènes visionnaires de courants apocalyptiques. Ces deux sources combien majeures seront rejetées par le " judaïsme " des rabbis recomposé après la destruction du Temple.
Le destin historique de Jésus fut déterminé par la personne du Christ. Sans la primauté mythique et mystique de cette dernière, le Prophète de Galilée n'eût été qu'un leader dont seuls quelques spécialistes connaîtraient l'existence. Il revient aux historiens d'en reconstituer le portrait-robot mais non d'en écrire la Vie. À l'instar des Évangiles, celle-ci relève de l'art littéraire de la " biographie ", nullement de l'histoire.
Au terme d'un demi-siècle de larges explorations sur les terrains contrastés de l'Antiquité judaïque, telles sont les propositions développées dans ce livre par un théologien doublé d'un historien.

André Paul est l'auteur de nombreux ouvrages sur le judaïsme ancien, la formation et l'interprétation de la Bible, l'origine des doctrines chrétiennes. Ses deux derniers livres, parus au Cerf, sont Biblissimo. L'Antiquité judaïque par les livres et par les textes (2018) et Aujourd'hui l'Apocalypse. Traduction nouvelle, lecture à plusieurs voies (2020).

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Shoshana Felman : La folie et la chose littéraire (nouvelle éd.)

Presses Université Paris-Nanterre - Décembre 2021


Avant-propos de Marc Goldschmit.

Lacan, Foucault, Derrida, Nerval, Rimbaud, Balzac, Flaubert et H. James sont ici convoqués autour d’une même question : qu’en est-il des rapports de la folie et du texte littéraire ? Du signifiant folie, ce livre recherche non pas tant le sens que la force ; non pas ce qu’il est (signifie) mais ce qu’il fait – les actes textuels et les événements énonciatifs qu’il déclenche et auxquels il donne lieu. Et ce n’est pas par hasard si ce faire de la folie, Shoshana Felman le cherche dans des textes tout autant théoriques que poétiques ou romanesques. Alors que, souvent, on croit qu’il est donné à la théorie de savoir et à la littérature de faire, on voit ici que la folie déjoue ce partage, en révélant dans la littérature un savoir et, dans la théorie, un acte. Au terme, on ne dira pas seulement que la littérature nous informe sur la folie, mais que la folie ouvre un nouvel aperçu sur la spécificité de la chose littéraire.

Sommaire

Avant-propos
Préface à la nouvelle édition (Notes Rétrospectives)
Écriture et folie pourquoi ce livre
Folie et philosophie
Foucault/Derrida Folie et logos
Cogito et folie ou raison de la littérature
Folie et discours poétique
Gérard de Nerval
Folie et répétition
De Foucault à Nerval Aurélia ou « le livre infaisable »
La répétition : folie du lyrisme
Arthur Rimbaud
Folie et modernité
« Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud »
Folie et récit
Honoré de Balzac
Folie et idéologie
Folie et économie discursive : « l’illustre Gaudissart »
Les femmes et la folie : histoire littéraire et idéologie
Gustave Flaubert
Folie et cliché
Illusion réaliste et répétition romanesque
Thématique et rhétorique, ou la folie du texte
Modernité du lieu commun
Folie et psychanalyse
Jacques Lacan
Folie et théorie
La méprise et sa chance
Henry James
Folie et interprétation
Piège pour la psychanalyse Le tour de vis de la lecture
Après coup
La folie et la chose littéraire : vers la question du livre

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Dominique Urvoy : Raison et conviction en islam. Questions d un philosophe orientaliste

Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien Maisonneuve - Octobre 2021


Cette étude vise à réagir contre une conception simpliste de la pensée d'expression arabe, trop souvent réduite à des aspects antagonistes de l'islam (mystique/rationalisme, soufisme/juridisme, ésotérisme/littéralisme, etc.). Or non seulement se sont également exprimées en arabe des pensées non islamiques, mais l'islam lui-même a connu des formes internes de réflexion critique, d'autant plus variées que c'est une religion globalisante, intégrant la gestion du spirituel et du temporel, de l'individuel et du collectif, du mental et du matériel.
On vise à éclairer cette complexité en partant de points particuliers ne rentrant pas dans les grandes catégories évoquées plus haut et on en propose des illustrations : - La question de la détermination d’une orthodoxie (avec l’exemple de la doctrine almohade, qui a été l’objet de fortes contestations mais n’en a pas moins rallié les grands noms de l’histoire de la pensée d'Ibn Tufayl et d'Averroès). - La question des marginalités montre l’impact, à l’intérieur de l’Islam, des pensées hétérodoxes, la répercussion intellectuelle du fait communautaire, et suggère le degré de complexité que peuvent atteindre certaines filières. - Aux considérations culturelles habituellement prises en considération, on propose d’ajouter d’une part la question des niveaux de langue (classique, dialectal,..), d’autre part l’emprise de l’ordre du quotidien sur la rationalité. - Certaines potentialités de pensées exprimées en arabe sont abusivement appréciées pour des motifs idéologiques, ou sont l’objet d’extrapolations arbitraires. En revanche on suggère quelques démarches prometteuses qui mériteraient plus d’attention. - Enfin on rappelle l’intérêt qu’il y aurait à tenir compte de l’effet produit, sur telle pensée analysée, par le regard de l’observateur, effet soit de fond, soit de méthode.

Dominique Urvoy a fait des études de philosophie et de sociologie, puis a été chercheur à l'Institut d'Etudes Arabes de Damas, à la section scientifique de la Casa de Velazquez à Madrid et au CNRS. Il a enseigné aux Universités de Damas, Dakar et Toulouse (jusqu'à sa retraite en 2010). Ses publications ont porté principalement sur l'histoire de la pensée arabe et islamique, les cadres sociologiques de la vie intellectuelle en pays d'Islam et les rapports entre mondes chrétiens et mondes islamiques.
Principaux ouvrages : Penser l'islam, les présupposés islamiques de l'"Art" de Lull; Les penseurs libres dans l'Islam classique; Averroès, les ambitions d'un intellectuel musulman; Histoire de la pensée arabe et islamique; La mésentente, Dictionnaire des difficultés doctrinales du dialogue islamo-chrétien ; Enquête sur le miracle coranique (ces deux derniers avec M.-Th. Urvoy).

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Beatrice Delaurenti et Thomas Le Roux (dir.) : Cultures of Contagion

The MIT Press - Octobre 2021


Cultures of Contagion recounts episodes in the history of contagions, from ancient times to the twenty-first century. It considers contagion not only in the medical sense but also as a process, a metaphor, and an interpretive model--as a term that describes not only the transmission of a virus but also the propagation of a phenomenon. The authors describe a wide range of social, cultural, political, and anthropological instances through the prism of contagion--from anti-Semitism to migration, from the nuclear contamination of the planet to the violence of Mao's Red Guard.

The book proceeds glossary style, with a series of short texts arranged alphabetically, beginning with an entry on aluminum and "environmental contagion" and ending with a discussion of writing and "textual resemblance" caused by influence, imitation, borrowing, and plagiarism. The authors--leading scholars associated with the Center for Historical Research (CRH, Centre de recherches historiques), Paris--consider such topics as the connection between contagion and suggestion, "waltzmania" in post-Terror Paris, the effect of reading on sensitive imaginations, and the contagiousness of yawning. They take two distinct approaches: either examining contagion and what it signified contemporaneously, or deploying contagion as an interpretive tool. Both perspectives illuminate unexpected connections, unnoticed configurations, and invisible interactions.

Béatrice Delaurenti is Associate Professor in History at the School for Advanced Studies in Social Sciences (EHESS, École des Hautes Études en Sciences Sociales), Paris. Thomas Le Roux is Associate Professor of Research in History at the French National Center for Scientific Research (CNRS) and coauthor (with François Jarrige) of The Contamination of the Earth (MIT Press). Delaurenti and Le Roux are Directors of the Center for Historical Research (CRH, Centre de recherches historiques) of the EHESS.

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Jean-Jacques Rousseau : Sur la religion (anthologie présentée et commentée par Alfred Dufour)

Éditions du Cerf - Juillet 2021 - Philosophie et théologie


« Monseigneur, je suis chrétien, et sincèrement chrétien selon la doctrine de l’Évangile. – J’étais croyant et je l’ai toujours été. » Ces professions de foi tirées de sa Lettre à l’Archevêque de Paris comme de sa Lettre à Franquières ne suffiront pas à épargner à Jean-Jacques Rousseau la suspicion des théologiens protestants aussi bien que des autorités ecclésiastiques catholiques principalement en raison de sa contestation du dogme, de l’utilité de la prière et de sa remise en cause des miracles dans la Profession de foi du Vicaire savoyardcomme dans les Lettres de la Montagne. Il n’a pas manqué de se discréditer pour autant aux yeux des philosophes par ses témoignages de sincérité, sinon d’authenticité de sa foi chrétienne. Aussi ses Écrits sur la religion ne constituent-ils pas un des sujets de prédilection de la volumineuse littérature consacrée à son oeuvre. À contre-courant de la tendance dominante, la présente anthologie se propose de rendre compte des diverses formes d’expression de son sentiment religieux autant que des différentes étapes de sa « réflexion théologique » à l’exemple des principaux volets de son oeuvre : le premier présentant ses prières et opuscules de jeunesse, le second les textes ou extraits de ses principales oeuvres épistolaires, professions de foi et exposés doctrinaux attestant sa foi, le troisième les lettres de conseil et de direction les plus significatives de sa correspondance spirituelle et morale.

Professeur émérite de l’université de Genève, Alfred Dufour a enseigné l’histoire du droit et des doctrines politiques aux facultés de droit de Fribourg (1971-1982) et de Genève (1971-2003), dont il a été doyen (1986-1989). Il a publié de nombreux travaux sur l’École du droit naturel moderne ainsi que sur Rousseau et les autorités genevoises et participé à l’Édition du Tricentenaire.

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Christophe Becker et Clémentine Hougue (dir.) : La Pandémie en science-fiction

 Books on demand - Novembre 2021


Confinements successifs, mise au pas de l’économie, saturation des hôpitaux, pénuries, isolement, augmentation des inégalités intra et internationales : l’apparition du SARS-Cov-2 fin 2019 a engendré un bouleversement sans précédent de l’équilibre mondial. Agissant comme un révélateur, la pandémie de Covid-19 a soulevé des questions essentielles sur notre capacité à "faire société", aussi bien que sur notre rapport à l’écosystème.

La science-fiction représente en la matière, et comme bien souvent, un champ de réflexion particulièrement fécond pour penser la situation contemporaine : aussi le présent volume s’attache-t-il à mettre en lumière le motif de la pandémie dans l’imaginaire science-fictionnel. Du XIXe siècle à nos jours, dans la littérature comme au cinéma, il s’agit d’analyser comment la science-fiction s’empare de ce thème, et permet de penser les différents enjeux d’une épidémie et ses conséquences individuelles et collectives.

Christophe Becker est docteur de l’Université Paris 8 en Langues, littératures et civilisations des pays anglophones, chercheur associé au CRHIA (Université de Nantes), membre de l’ANR PIND et du bureau de l’Association Stella Incognita. Ses recherches portent essentiellement sur l’héritage burroughsien dans le domaine littéraire et musical, mais également sur le corps comme sujet d’expérience artistique et sur la culture populaire.
Clémentine Hougue est docteure en Littératures Comparées de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, chercheuse associée au 3L.AM (Le Mans Université) et membre du projet ANR Aiôn - Socioanthropologie de l’imaginaire du temps. Notamment autrice de William S. Burroughs SF machine (éditions JOU, 2021), ses recherches récentes portent sur les enjeux politiques de la narration science-fictionnelle.

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Le Philosophoire 2021/2 (n° 56) : Masculin / Féminin

 Vrin - Décembre 2021


Editorial. Masculin / Féminin – terrain miné et parfois minable
par Vincent Citot

Entretien avec Peggy Sastre
par Vincent Citot

Entretien avec Rose-Paule Vinciguerra
par Baptiste Jacomino

Masculin et féminin : la différence sexuelle à la croisée des discours philosophiques et psychanalytiques
par Claude Smith

La construction sociale du sexe biologique en débat. Judith Butler et Sally Haslanger
par Arto Charpentier

Travail reproductif et parentalité : Usages de la notion de “nature ” pour repenser le partage masculin/féminin
par Jim Gabaret

Tuer la mère
par Christine Leroy

L’équivocité de l’Eros (Éléments pour une phénoménologie de la sexualité)
par Aurélien Deudon

LES LIVRES PASSENT EN REVUE
par Dan ARBIB, Lorenzo BARTALESI, Jean-Marc DANIEL, Frédéric COSSUTTA, Antony FENEUIL, Sara GUINDANI, Alexis NUSELOVOCI, Branko MILANOVIC, Helen PLUCKROSE, James LINDSAY, Claude OBADIA, Pierre-Jean RENAUDIE, Claude Vishnu SPAAK, Pierre-Henri TAVOILLOT

Notices sur quelques publications récentes et ouvrages envoyés à la rédaction : Dan ARBIB, Lorenzo BARTALESI, Jean-Marc DANIEL, Frédéric COSSUTTA, Antony FENEUIL, Sara GUINDANI et Alexis NUSELOVOCI, Branko MILANOVIC, Helen PLUCKROSE et James LINDSAY, Claude OBADIA, Pierre-Jean RENAUDIE et Claude Vishnu SPAAK, Pierre-Henri TAVOILLOT, Ernst WOLFF

Pour une philosophie des élections
par Gabriel Gay-Para

Les relations charnelles entre l’adulte et l’enfant sont-elles légitimes ? “Sexualité ”, consentement et éducation
par Daniel Liotta

Le réalisme d’Éric Rohmer
par Anne de Saxcé

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vendredi 3 décembre 2021

Philosophie Antique, 21 (2021) : Les éléments

 Vrin - Décembre 2021


Les réalités élémentaires (eau, terre, air, feu, éther) jouent un rôle de premier plan dans les systèmes physiques antiques. Les différentes contributions présentées dans ce dossier interrogent ces éléments, aussi bien sur le plan de leur origine historique, de leur statut causal que de leur nature matérielle ou de leur puissance explicative. À côté d’articles sur les grandes figures présocratiques qui ont mobilisé un ou plusieurs éléments – notamment Empédocle et Héraclite –, on trouvera dans ce numéro des études sur des figures rarement étudiées de ce point de vue (Phérécyde, Bardesane) et des articles examinant des débats transversaux sur les éléments, qui ont animé la scène philosophique depuis la période classique jusqu’à l’Antiquité tardive, et joué un rôle important dans la transmission des doctrines antiques.

Ont participé à ce volume : M. Brémond, Fr. Fronterotta, X. Gheerbrant, R. Granieri, F. Jourdan, I. Jurasz, L. Mariat, G. Minesi et A.-L. Therme.

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Joëlle Hansel et Flora Bastiani (dir.) : La vie entre éthique et science

 Manucius - Décembre 2021


Cet ouvrage collectif est le fruit d'un dialogue entre des philosophes et des scientifiques autour de la question de la vie. En la prenant pour fil conducteur, les auteurs envisagent les problèmes que pose l'articulation entre l'éthique et la science. Leur réflexion commune s'appuie sur les sources philosophiques, les textes talmudiques commentés par Levinas, les neurosciences, les sciences cognitives et les sciences humaines et sociales.
L'évaluation et la description des objets que sont la nature, le vivant et l'humain se prêtent à des développements de plus en plus précis et de plus en plus informés. Pourtant, à mesure que leur visée se déploie, la vie ne s'y exprime que de manière partielle. Le phénomène de la vie tel que nous l'expérimentons en première personne, depuis l'intérieur, dans son épaisseur subjective, intersubjective ou simplement personnelle, ne semble pas se réduire aux données quantifiables et exprimables de la naturalisation, produites par la science. Ainsi, dans un même phénomène, celui de la vie, se croisent des regards radicalement différents?: d'un côté, la visée d'éclairage et de systématisation, l'enjeu d'une meilleure explication, et d'un autre côté, l'aspiration à protéger et rendre justice au cas particulier et exceptionnel.
Si le pouvoir de la science est considérable, l'éthique met constamment en question la légitimité? de ses applications. Que signifie développer un pouvoir scientifique s'il doit être soumis a? la validation éthique? Entre une posture dogmatique et une résignation a? une fonction purement consultative, l'éthique peut-elle se frayer une troisième voie? Le rapport privilégié? au pouvoir du théorique est-il réservé? a? la science? N'est-il pas aussi l'apanage de l'éthique qui oscille constamment entre la tentation d'élaborer une théorie du bien, en légiférant et en privilégiant les principes, et une valorisation du fait unique et concret qui leur fait exception ?

Ouvrage collectif sous la direction de Flora Bastiani et Joëlle Hansel.
Avec les contributions de : Flora Bastiani, Arnaud Bouaniche, Sacha Bourgeois-Gironde François Brémondy, Aline Desmedt, Corinne Enaudeau, Val Grangirard, Georges Hansel, Joëlle Hansel, Michel Olivier, Charlotte Piarulli, Albert Piette, Panu-Matti Pöykkö, Jean-François Rey, Jean-Michel Salanskis, Yves Sobel, Jan Sokol, Yannick Souladié

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Laurence Joseph : La chute de l'intime. La mélancolisation du discours

 Hermann - Novembre 2021


L’intime ne se réduit pas au privé : loin d’être un repli intérieur, il est le fruit d’une rencontre. Il n’y a pas d’intime sans altérité, donc sans exhibition ni sans pudeur. L’intime structure l’identité psychique dans son rapport à autrui, au point que Lacan a créé le mot extime pour faire résonner sa part d’étrangeté. Plus qu’une rencontre des corps, l’intime est une fabrique du langage, qui confère au sujet un certain équilibre et un goût pour le monde, facilitant sa socialisation.
Dès lors que se passe-t-il quand l’intime chute, quand on le brise, le viole, le force ou le fait taire ? Quels sont les effets d’une intimité brisée et trahie sur un sujet ? Comment ce dernier peut-il résister à une forme de mélancolie qui s’étend à toutes ses représentations, y compris politiques ?

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jeudi 2 décembre 2021

Esprit, décembre 2021 : Un monde en sursis

 Revue Esprit - Décembre 2021


Nos expériences intimes de la pandémie ou de l’urgence écologique ont donné une réalité angoissante à l’idée de catastrophe, qu’il importe de cerner dans la diversité des expériences qu’elle recouvre. Comment penser, comment agir, si nous nous percevons toujours « en sursis », sous le coup d’une catastrophe imminente ?

Sous la menace du changement climatique, la perspective contemporaine de l’effondrement met en difficulté notre expérience du temps et notre possibilité d’action. Le dossier, coordonné par Nicolas Léger, examine cet état de sursis dans lequel nous nous sommes installés et qui nourrit nos imaginaires. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine et penser en Chine.

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Roland Breeur : Au tour de l’imposture

 Vrin - Décembre 2021 - Matière étrangère


Après la bêtise (Autour de la bêtise, 2015) c’est à l’imposture que Roland Breeur s’en prend désormais. Car celle-ci, sous la prolifération de « l’infox », semble encore plus menaçante et omniprésente. Les faussaires, les imposteurs, les escrocs, les menteurs et flatteurs hystériques, les chefs d’états corrompus, les fausses victimes, l’antéchrist : tous ne nous apprennent pas seulement comment tromper, ou ce que veut dire détourner la vérité : indirectement ils nous rappellent à l’ordre. Les philosophes clament haut et fort « aimer la vérité ». Encore faut-il qu’ils le prouvent. Une des manières de le faire est de démanteler les stratagèmes de ceux qui trahissent cet amour et qui le trompent.
Les analyses menées dans ce livre sont motivées par cette question fondamentale : pourquoi, malgré tout, aime-t-on la vérité? Sous quelles conditions? Et comment le philosophe s’y prend-il dans cet amour? Car même si de nos jours le vrai, de par sa faiblesse, ne se distingue que fébrilement du faux, c’est pourtant bien de cette distinction que se soucie la pensée. Or notre époque, sous la prolifération de « l’infox », nous le démontre une nouvelle fois avec éclat : le sens de cette distinction n’est jamais acquis une fois pour toutes. Ce livre est né de l’espoir que le philosophe non seulement se soucie de, mais tente surtout de faire la distinction.

Roland Breeur est professeur à la KU Leuven

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Pierre-Marie Morel : Le plaisir et la nécessité. Philosophie naturelle et anthropologie chez Démocrite et Épicure

 Vrin - Décembre 2021


Le plaisir et la nécessité, ou le mariage de l’hédonisme et du matérialisme. Relation forte mais également complexe et disputée, qui trouve son origine dans la tradition atomiste de l’Antiquité, celle de Démocrite, Épicure et Lucrèce. Ce livre, en renouvelant l’interprétation de ce débat fondateur, repense le rapport entre physique et anthropologie. Il montre comment l’hédonisme épicurien répond au slogan de Démocrite « tout arrive selon la nécessité » et à la conception de l’activité humaine qui en résulte. L’épicurisme reconduit toutes nos actions au plaisir, émotion première et naturelle où s’enracinent la liberté de l’agent et sa capacité à se soustraire à l’empire de la nécessité. Il ne nie pas pour autant notre immersion dans le monde, mais voit au contraire dans l’analyse des circonstances extérieures – circonstances matérielles, mais aussi politiques et sociales – la condition première de la sérénité intérieure et d’une vie sans troubles. Les principes de conduite que défend dans son ensemble l’atomisme ancien sont sans illusions. Éthique désenchantée, dira-t-on. Éthique crédible, en tout cas, qui se fonde sur une philosophie lucide des circonstances.

Pierre-Marie Morel est Professeur d’histoire de la philosophie ancienne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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mercredi 1 décembre 2021

Michel Nodé-Langlois : Y a-t-il une antinomie de la raison pure ?

 Tequi - Novembre 2021


En son sens général, le terme d'antinomie désigne une contradiction inévitable. Dans la Critique de la raison pure, « l'antinomie de la raison pure » désigne un « conflit » de la raison « avec elle-même ». Ce dernier se déploie en quatre « antinomies » particulières, dont chacune exhibe un « conflit d'idées transcendantales » : quant à l'existence d'une limite de l'Univers spatio-temporel , quant à l'existence d'une réalité simple , quant à l'existence d'une causalité libre , quant à l'existence d'un être absolument nécessaire. Michel Nodé-Langlois montre et commente dans ce livre comment Kant énonce chaque fois et met en regard les deux propositions contradictoires (thèse et antithèse), pour établir que chacune est aussi démontrable que l'autre. Pour Kant, il y a des sophismes auxquels la raison ne peut échapper, lorsqu'elle est livrée à elle-même , alors qu'Aristote pensait qu'une critique rationnelle permet d'y échapper. La confrontation du texte kantien à certains textes ou positions métaphysiques antérieurs permet de s'assurer que la métaphysique a souvent été plus lucide et plus cohérente que Kant ne le laisse entendre, et qu'en outre les incohérences qu'il lui attribue en les mettant au compte d'un destin de la raison paraissent être rendues inévitables par son propre idéalisme transcendantal, plutôt que par la métaphysique elle-même, du moins quand elle sait rester réaliste, sans prétendre devenir rationaliste. Que beaucoup aient retenu avant tout de sa doctrine, au point d'en faire un dogme, cette supposée mise hors-jeu de la métaphysique théorique qui est l'un de ses aspects les plus fragiles, cela en apprend moins sur Kant lui-même que sur la myopie de certains de ses lecteurs, en définitive assez peu fidèles à l'esprit de la philosophie critique. 

Normalien, agrégé de philosophie, Michel Nodé-Langlois a enseigné en khâgne au lycée Pierre-de-Fermat et à l'Institut catholique de Toulouse.

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Nicolas Le Dévédec : Le mythe de l'humain augmenté. Une critique politique et écologique du transhumanisme

Ecosociété - Novembre 2021


Faciliter les ruptures amoureuses au moyen d’un médicament qui estomperait le sentiment d’attachement, jugé néfaste et «addictif». Neutraliser chimiquement nos tendances les plus agressives dans le but de pacifier les relations humaines. Réduire génétiquement la taille des êtres humains afin de limiter notre empreinte écologique sur Terre. Et, ultimement, repousser les frontières de la mort jusqu’à ce que celle-ci ne soit plus une fatalité, mais bien un choix indivi­duel. Le continent des promesses transhumanistes semble sans limi­tes et suscite autant de fascination que d’effroi.

Mouvement prônant une amélioration radicale de nos performances physiques, intellectuelles et émotionnelles grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales, le transhumanisme et l’idé­o­lo­gie de l’humain augmenté gagnent de plus en plus en notoriété. Or, le sensationnalisme futuriste de ses thèses nous empêche de bien réfléchir à leur réalité scientifique, à leur rôle économique et à leur sens politique. En resituant le débat sur le terrain du politique, Nicolas Le Dévédec montre avec clarté que ce mouvement n’est en rien révolutionnaire: changer l’être humain pour mieux ne pas changer notre modèle de société constitue son ressort politique profond.

Adhérant à l’horizon productiviste de notre temps, le transhu­manisme est indissociable du néolibéralisme et de l’appropriation capitaliste toujours plus poussée de nos corps et de nos vies, comme en témoigne l’intériorisation des normes de performance individuelle calquées sur le modèle de l’entreprise. Cristallisant l’imaginaire de la maîtrise de la nature, le mouvement contribue éga­lement à entre­tenir un rapport au monde, à l’humain et au vivant profondément dévastateur. À l’ère de l’Anthropocène, il est temps de reconquérir notre autonomie politique et de formuler une véritable «éco­logie politique de la vie et du vivant».

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