mercredi 13 septembre 2023

Olivier Assouly : Jacques Derrida

 PUF - Septembre 2023 - Que sais-je ?


L'oeuvre de Jacques Derrida (1930-2004) ne laisse indemne ni son lecteur, ni ses détracteurs, ni son auteur lui-même, qui a été le premier à réfléchir à sa propre production conceptuelle. C'est d'ailleurs cette réflexion qui l'a poussé à forger de nombreuses notions - trace, différance, archi-écriture, logocentrisme, phallogocentrisme... -, comme autant de jalons dans sa théorisation de la « déconstruction ». Son projet philosophique ? Une longue et exigeante explication de l'histoire de la philosophie et de ses institutions, explication ayant souvent conduit à un questionnement politique. C'est avec cette démarche qu'il a notamment analysé l'écriture et la parole, la métaphysique de la présence, l'animal ou encore la différence sexuelle. Vingt ans après la mort de Jacques Derrida, Olivier Assouly nous donne des clés pour comprendre la démarche philosophique novatrice et interroger l'héritage du penseur de la déconstruction, concept ô combien discuté aujourd'hui dans le débat public.

Philosophe formé auprès de Jacques Derrida, Olivier Assouly est docteur en philosophie et chercheur à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne à l'Institut ACTE (Arts créations théories esthétique).

acheter ce livre


Helmuth Plessner : La nation retardataire. Sur les égarements politiques de l’esprit bourgeois

 PUF - Septembre 2023


L'État allemand moderne se forme tardivement en 1871, à un moment où les grands principes démocratiques qui ont présidé à la naissance des États européens dominants, tels que l'Angleterre, la France, les Pays-Bas, ont perdu toute force politique. Le Reich allemand est donc une grande puissance « sans idée de l'État ».

À la fin du XIXe siècle, les élites du pays ne peuvent s'appuyer que sur l'idée du peuple allemand, tel qu'il existe à travers plusieurs États européens, pour fonder leurs projets politiques. Ceci conduit les Allemands, après leur défaite lors de la Première Guerre mondiale, au projet délétère de voir dans le seul fait du peuple le moteur d'un « décisionnisme » politique dégagé de tous les principes démocratiques, juridiques de l'Occident et dirigé contre eux.

Helmuth Plessner (1892-1985) est un philosophe et sociologue allemand. Il se rattache à l'« anthropologie philosophique », selon laquelle la division du sujet entre une nature corporelle et une nature spirituelle doit être dépassée. Il est aussi l'auteur d'ouvrages plus spécifiquement sociologiques et politiques, dont le plus célèbre est La Nation retardataire.

acheter ce livre

Alain Renaut : Kant et le kantisme

 PUF - Septembre 2023 - Que sais-je ?


Qu'est-ce que le « sujet transcendantal », l'« impératif catégorique », la « raison pratique » ? Qu'entendre par « idéalisme critique » ? L'oeuvre de Kant, marquée par les Lumières allemandes, est complexe et foisonnante dans sa forme, exigeante en ce qui concerne les conditions du savoir, rigoriste dans son travail sur les moeurs. Du kantisme, on retient le plus souvent les Critiques (Critique de la raison pure, Critique de la raison pratique et Critique de la faculté de juger) : elles s'acquittent d'une nouvelle fondation du travail de la raison. Mais la pensée kantienne se dédouble selon une relation d'application entre ces Critiques et des Doctrines (de la nature, de la liberté, de la religion), où le philosophe rejoint les questions que nous adresse le monde tel qu'il est et tel qu'il devrait être. Alain Renaut, traducteur et spécialiste du penseur prussien, montre ainsi comment le kantisme, à partir de la fondation d'un rationalisme critique, est en réalité une « philosophie appliquée » à la nature et à la liberté.

Professeur émérite à Sorbonne Université, Alain Renaut est spécialiste de Kant, de Fichte et de philosophie politique.

acheter ce livre


Hans Joas : Comment naissent les valeurs

 Calmann-Lévy - Septembre 2023


Comment se forment nos valeurs ? D’où vient cet attachement à ces idées qui sont au coeur de notre identité et par lesquelles nous justifions nos décisions et nos choix ? Dans quelles conditions se noue notre attachement à elles ?

Avec Comment naissent les valeurs, Hans Joas conduit une enquête originale dans les pratiques sociales et les idées, à la lisière de la philosophie et de la sociologie. Il décrit ces expériences de vie au sein desquelles émergent les valeurs : le ressentiment, la conversion, l’humiliation, l’extase collective, la confrontation avec la mort, l’ouverture à l’autre et, d’une manière générale, le sacré. Toutes réunissent deux traits essentiels : l’auto-transcendance d’abord, qui pose au-delà
des circonstances un principe pour les comprendre et les surmonter ; l’auto-attachement ensuite qui redéfinit la perception que chacun se fait de sa propre identité.
Hans Joas confronte ainsi sa pensée avec celle des grands théoriciens des valeurs tels que Nietzsche, Durkheim, Simmel, James, Dewey ou encore Taylor. Enfin, contre le relativisme des post-modernes, comme Rorty, il plaide pour une éthique qui concilie la contingence de l’émergence des valeurs avec l’universalité des normes morales.
En envisageant la question des valeurs sous cet angle original, Hans Joas replace la question du sacré au centre de notre monde dont on avait dit trop vite qu’il était désenchanté.

Né en 1948, Hans Joas est un philosophe et sociologue de première importance dans le milieu intellectuel allemand et américain. Professeur à l’Université Humboldt de Berlin et à l’Université de Chicago, il est l’auteur d’une oeuvre conséquente, peu traduite en France.

acheter ce livre


mardi 12 septembre 2023

Jean-Claude Michéa : Extension du domaine du capital

 Albin Michel - Octobre 2023


En 2016, Jean-Claude Michéa a choisi de s’installer dans un petit village des Landes, pour rompre avec le style de vie des grandes métropoles et la logique libérale du « toujours plus ». C’est donc du point de vue de la « France périphérique » qu’il a mûri et écrit ce nouveau livre, nous offrant une remarquable synthèse de ses analyses critiques sur le système capitaliste, en même temps qu’un éloge de l’art de vivre populaire et des valeurs morales de «common decency», chères à Georges Orwell et à son socialisme originaire.

Il s’emploie dans ce nouvel essai à analyser les conséquences ultimes de la logique progressiste et capitaliste dans nos sociétés modernes, dont le mode de développement revêt désormais de plus en plus la forme d’une fuite en avant suicidaire, et ce dans tous les domaines : culte de la croissance, destruction écologique, inégalités et précarité économiques, dissolution des solidarités traditionnelles dans « les eaux glacées du calcul égoïste », wokisme dogmatique et autre transhumanisme.

L’objet de ce livre est précisément de comprendre -ce que ni la gauche ni la droite ne parviennent à faire- en quoi le capitalisme est devenu un « fait social total », à la fois économique, politique et culturel, pour enfin pouvoir imaginer une alternative véritable.

Jean-Claude Michéa est un philosophe français, qu’on définit souvent comme « anarchiste conservateur ». Prônant des valeurs morales proches du socialisme de George Orwell, il fustige l'intelligentsia de gauche qui s'est selon lui éloignée du monde prolétarien et populaire. Il a publié l’essentiel de son œuvre aux Éditions Climats, notamment : L’enseignement de l’ignorance (1999), Orwell, anarchiste tory (1996) ou plus récemment Notre ennemi, le capital (2016).

acheter ce livre


lundi 11 septembre 2023

Dogma. Revue de philosophie et de sciences humaines, Edition 24, Été 2023

 Dogma - Septembre 2023


La guerre (de tous contre tous) avons-nous les moyens de la conjurer ? …

Renouveau du Kathèkon ?

Dr. Lucien Samir Oulahbib, Dr. Isabelle Saillot

Une question qui semble (toujours) d’actualité alors que, comme d’habitude (?) et ce dans la suite logique d’un certain scientisme (à l’occasion affairiste hygiéniste alarmiste) -cet axe sectaire triomphant de plus en plus sous la forme d’une Technostructure privée et publique maintenant globalisée, matricée, en FTN et ayant débuté à la fin du 19ème tout en accélérant avec les (trente) années dites « Glorieuses »- la « paix », à nouveau, et alors qu’elle avait été promise, et même comme étant désormais rendue « perpétuelle », la « paix » n’est donc plus ou presque ; ou le fameux « plus-jamais-ça » qui aura été pourtant rénové ces derniers temps avec moultes « sommets » retransmis en « mondovision », et auquel l’ « on » avait aussi rajouté ces temps-ci la « santé » et « l’urgence » dite « climatique » qui « doivent » (sollen), être elles-aussi pacifiées et même sont en voie de l’être promettent les politiciens de tous bords ; d’autant que « nous engageons x milliards, pour construire, bâtir… » une fois pour toutes, « plus jamais ça » encore une fois alors que la dette mondiale publique et privée s’élève à 300 000 milliards de dollars et que l’argent déversé « pour » la recherche sur « le » climat (qui est une « dynamique » énonce Marcel Leroux) serait aussi bien utile pour lutter contre le sous-développement (qui aggrave la pollution) comme le prône Bjorn Lomborg ancien dirigeant de Greenpeace…

CONTENT 

DÉSIRS MIMÉTIQUES ET VIOLENCES MODERNISTES, OU LES AVENTURES FIGURÉES D’UN CLOU SUR UNE ROUE DE CARROSSE

Par Jean Dhombres

VOYAGE AU SEIN DU PALIMPSESTE MILLET (RICHARD, IVÈME)

Par Lucien Samir Oulahbib

POURQUOI IMPOSER À MARCHE FORCÉE « L’ÉDUCATION SEXUELLE »
À L’ÉCOLE ?

Par Nicole Delépine pédiatre

SCIENTIFIC METHODOLOGY: ABSTRACT AND APPLIED SCIENTIFIC CATEGORIES

by Dr. Oleg Maltsev

LA GUERRE DE TOUS CONTRE TOUS

Par Liliane Messika

WASSER ALS QUELLE DES LEBENS UND LEBENSRAUBENDES ELEMENT

Von Dr. Elvira Groezinger

L’ÂME DU LUXE AUJOURD’HUI

Par Lucien Samir Oulahbib

L’ATOMISATION DE L’HOMME ET DE L’HUMANITÉ

Par Joseph Stroberg

LES APPROXIMATIONS ET LES INCERTITUDES DU CRÉDO ÉCOLOGIQUE DONT LES PROPOSITIONS MENACENT NOS LIBERTÉS

Par Gérard Delépine (chirurgien cancérologue)

EUROPE DE L’ÉNERGIE : LA TRAHISON DE L’ALLEMAGNE

Par Michel Gay

WHAT ABOUT ART?

By Paul Rhoads

CREATION AND EVOLUTION IN BERESHIT: FOOTNOTE TO GENESIS 1-3

By Marco Andreacchio

DEUX NORMES SOCIALES PROBLEMATIQUES : LA LOI ET LA FOI

Par Abdelkader Bachta

AUJOURD’HUI NOUS SAVONS !

Par Jean-Pierre Lledo

THE VALUE OF PI IN THE BIBLE (AND WHAT IT TELLS US ABOUT BIBLICAL HERMENEUTICS)

by James H. Cumming




Pierre Campion : L’animalité de l’homme dans les Fables. Se rafraîchir à La Fontaine

 PU de Rennes - Septembre 2023


L’homme se soucie des animaux, de leurs souffrances et de leur bonheur, de leurs droits et de leur être, bref de leur sorte d’humanité. Mais constamment aussi, il retourne le problème en s’interrogeant sur sa propre animalité. Au sein de ce cercle et à l’intérieur de l’arc-en-ciel de tout ce qui est vivant, il se pose toujours la question : quel est l’étrange statut de soi-même, de cet existant parmi les autres et opposé à tous les autres ? Pour répondre, La Fontaine procède à un prodigieux renversement : il demande leur avis aux animaux et à tout ce qui respire. Dans le procès qu’ils font à l’homme, la vache et le serpent, le singe et le chat, le loup et le renard, un arbre planté là, les compagnons d’Ulysse transformés en bêtes et revenus de leur humanité, tous concluent à l’animalité du prévenu, mais une animalité problématique et perverse. La Fable ne serait-elle pas alors le mode le plus juste, le plus innocent et le plus subtil de penser la place de l’homme : une place décentrée, incertaine et mouvante, dont l’extravagance exige une exploration critique infinie ?

acheter ce livre


Présence d'Albert Camus, n° 15, 2023

Société des Etudes camusiennes, - Septembre 2023


Texte :

Trois petits textes d’Albert Camus sur des œuvres littéraires

Contributions :

Pierre Masson, « Albert Camus, critique littéraire (1932-1947) »

Pierre-Louis Rey, « Camus et la Révolution française »

Kevin Mills, « Victor Malan, un douanier et un maître : les masques de Jean Grenier dans Le Premier Homme »

Hugo Melchior, « Albert Camus et Messali Hadj à la recherche du «vivre heureusement ensemble» en Algérie »

Éric Fougère, « Entre Arabes et Français : quelle Algérie de Camus ? »

Martine Job, « Camus et le voyage »

Travaux universitaires :

Io Watanabe, « “La logique en existence” : le problème du langage chez Albert Camus (1931-1951) »

Document :

Alessandro Bresolin, « Camus et Présence Africaine, 1949 »

Comptes-rendus :

Albert Camus et la poésie, sous la direction de Danièle Leclair et Alexis Lager (Pierre-Louis Rey) ; Albert Camus : L’amour de vivre, Actes de la XXXII e Rencontre internationale de Dokkyo (3-4 décembre 2021) (Agnès Spiquel) ; Albert Camus au sortir de la guerre. 1944-1948, sous la direction de Marie-Thérèse Blondeau et Philippe Vanney (Pierre-Louis REY) ; Christian Phéline, « L’Étranger » en trois questions restées obscures (Edoardo Cagnan) ; Gilbert Merlio, Sisyphe et le Surhomme : Camus sur les traces de Nietzsche (Io Watanabe).

Bibliographie

Vie de la Société des Études Camusiennes

acheter ce livre



Denis Lorée : Dans les Arcanes du Pouvoir. commentaire du Secret des Secrets

 Paradigme - Juillet 2023


À la croisée des sciences médiévales, de la politique et de la morale, le Secret des Secrets apparaît comme un hapax littéraire de la fin du Moyen Âge. Véritable best seller depuis la version latine du XIIIe siècle, l’ouvrage – une lettre apocryphe d’Aristote à Alexandre – prétend fournir un ensemble de conseils au prince pour lui permettre de gouverner.

Teinté d’occultisme, le traité, qui affirme contenir l’ultime secret, se diffuse très largement en France au XVe siècle et sert autant de miroir des princes que de vade-mecum populaire.

L’ouvrage proposé analyse le contenu et le fonctionnement du traité pseudo-aristotélicien pour cerner les raisons de son immense succès à l’aube de la Renaissance.

Denis Lorée est professeur de Lettres et docteur en littérature médiévale. Ses travaux portent sur la littérature didactique médiévale et sur la poétique du secret. Il est l’auteur de plusieurs articles sur le Secret des Secrets et les textes encyclopédiques du Moyen Âge.

acheter ce livre



Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe 2023/2 (n° 81) : Groupe et destructivité

 Erès - Septembre 2023


Les groupes portent en eux des forces destructrices plus ou moins intenses comme la perte de limite entre les individus, le débordement pulsionnel, l’inhibition de la pensée, la toute-puissance ou l’emprise. La violence peut y être décuplée jusqu’aux extrêmes, les guerres ou les génocides. Si la destructivité est constitutive de toute formation groupale, comme Freud et Bion l’ont montré, elle ne peut pas se réduire aux seuls processus mortifères. La destructivité est également un puissant ressort de pensée, de contenance et d’élaboration groupale. Les rapports entre groupe et destructivité ont ainsi des formes très opposées : la crise avec son délitement destructeur, la contention avec ses défenses figées ou la contenance avec le déploiement d’une pensée groupale. Comment la pulsion de mort se met-elle ici au service de la vie ? Comment l’intrication pulsionnelle est-elle possible et réalisable, alors que le groupe est par essence traumatophile selon l’expression de Kaës ? À l’heure où les enjeux sociétaux pèsent plus que jamais sur les individus et les institutions, nous étudierons la transformation de ces mouvements de déliaison.

Page 5 à 6 : Denis Mellier et Christophe Bittolo - Introduction | Page 7 à 22 : René Kaës - Nouvelles réflexions sur la violence et la destructivité dans les groupes | Page 23 à 32 : Carla Penna, Carmen O’Leary et Rachel Abramowicz - De la destructivité au dialogue : explorer les processus inconscients dans les groupes | Page 33 à 45 : François Duparc - La violence, résonance traumatique entre sujet et société | Page 47 à 61 : Rosa Jaïtin - Exilés de guerre : les blessures destructives des liens de filiation | Page 63 à 76 : Patrick Dessez, Sonia Benzemma et Françoise Payen - Les paradoxes du meurtre familial | Page 77 à 89 : Jacques Tyrol, Aglaïa-Lila Mitsopoulou-Sonta et Claudine Veuillet-Combier - « Auprès de mon arbre » : un dispositif groupal et généalogique pour accueillir la destructivité | Page 91 à 99 : Magali Ravit - Groupalité et épreuve de la violence en institution médico-légale | Page 101 à 113 : Bernard Duez - La destructivité et l’échange généralisé du dommage | Page 115 à 126 : Mélissa Berthelemy, Alexandra Vidal-Bernard, Frédérique Poirot, Évelyne Letoublon et André Mariage - L’agir sexuel chez l’enfant comme activation du mécanisme de la destructivité par emboîtement | Page 127 à 139 : Almudena Sanahuja et Alexandra Vidal-Bernard - « L’institution merveilleuse » comme outil d’évaluation de la destructivité dans un groupe de professionnels | Page 141 à 149 : Bernard Chouvier - Les figures de l’emprise groupale | Page 151 à 159 : Pablo Castanho - Violence et Criminalité en banlieue : réflexion sur les écueils de la Kulturarbeit au Brésil | Page 161 à 172 : Laurence Pessinet - Groupe et destructivité : affaire de génocide. Massification de la psyché dans le processus génocidaire | Page 173 à 185 : Mirka Mesquita, Anne-Hélène Le Cornec Ubertini, Nadine Pellen et Armelle Gentric - Le mal-être des soignants face à l’âgisme et au vieillissement psychopathologique :gériatrie et psychothérapie institutionnelle | Page 187 à 199 : Matthieu Frossard - La fonction pythique, le rythme, la voix et la trace | Page 201 à 208 : Lars Bo Jørgensen - Basic Law of Group dynamics | Page 209 à 211 : Édith Lecourt - À propos de… Denis Mellier (sous la direction de), L’enveloppe psychique. Souffrance, psychopathologie et associativité, Malakoff, Dunod, 2023 | Page 211 à 217 : Alain Dubois - À propos de… Jean-Claude Quentel, La Personne au principe du social. Les leçons de l’adolescence, Paris, NRF Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque des Sciences humaines », 2023.

acheter ce livre

Pierre-Yves Quiviger : Une philosophie du vin

 Albin Michel - Septembre 2023


Qu’est-ce que boire ? Y a-t-il une esthétique du vin ? Une philosophie de l’ivresse ?

Brassant des thèmes originaux en la matière, comme la connaissance, l’expérience sociale ou la morale, ce livre, à savourer sans modération, sillonne la route allant de notre palais à notre cerveau.

Pierre-Yves Quiviger, qui se définit comme un «amoureux passionné du vin», y propose une réflexion inédite, érudite et vivante à la fois. De Platon à Clément Rosset en passant par Rousseau, de la Bourgogne au bordelais, du Jura à l’Auvergne il explore les liens entre le plaisir sensoriel que procure la Dive bouteille et la connaissance intellectuelle que l’on en a (ou que l’on aura après l’avoir lu), tout en nous faisant partager, d’une plume allègre et précise, sa joyeuse obsession viticole.

acheter ce livre


dimanche 10 septembre 2023

Thierry-Dominique Humbrecht : Introduction à la métaphysique de Thomas d'Aquin

 Vrin - Septembre 2023


Se mêler de métaphysique n'est pas de tout repos, même au XIIIe siècle, à l'Université de Paris, et même lorsque l'on s'appelle Thomas d'Aquin. Il faut imposer sa légitimité, tenter une synthèse entre des autorités qui ne vont pas ensemble, se battre ou renoncer. Pourtant, ce ne sont pas les circonstances qui frappent le plus, mais une pensée qui semble (à tort) couler longue et tranquille comme la Seine. Si la métaphysique de Thomas traverse les siècles, c'est pour une conception de l'être et du langage qui se distribuent jusqu'à Dieu sans l'y soumettre; pour l'analogie, la participation, la fusion du platonisme et d'Aristote; pour l'harmonie entre foi et raison, au point que l'une parle parfois avec la voix de l'autre; pour des déclarations de méthode, qui soulèvent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent; et pour une nouveauté de vision qui ne dit pas son nom - mais que son époque avait su percevoir, sans toujours la recevoir, autant que la nôtre.

acheter ce livre


Julien Tricard : Qu'est-ce qu'une loi de la nature ?

 Vrin - Septembre 2023


On peut s’étonner qu’un concept aussi central en philosophie des sciences et aussi courant dans le langage scientifique puisse faire encore l’objet d’une question de définition. Pourtant, la signification du concept de « loi de la nature » reste encore obscure, car traversée par une ambiguïté fondamentale. Si l’existence de « lois » ratifie le fait que la nature est régulière, cela signifie-t-il dire que les lois sont de simples régularités, c’est-à-dire des rapports constants entre faits? Ne seraient-elles pas plutôt des « règles » qui gouvernent nécessairement le cours des phénomènes? Mais alors, quel est le fondement de cette nécessité que ces règlent imposent aux faits : dérivent-elles de la nature et des dispositions des choses, ou bien sont-elles octroyées de l’extérieur par une instance (divine ou transcendantale) qui légifère sur la nature « comme un roi en son royaume »?

acheter ce livre


Bulletin de la Société Française de Philosophie, septembre 2023 : Retour sur l’universalisme : autour du travail de Francis Wolff

Société Française de Philosophie - Septembre 2023


Par l’intitulé « Retour sur l’universalisme : autour du travail de Francis Wolff », la Société française de philosophie inscrit ce moment de réflexion au sein de recherches et de travaux qu’elle a menés ou accueillis récemment; elle entend aussi faire signe vers l’œuvre de Francis Wolff.
« Dire le monde et plaider pour l’universel » : la formule par laquelle Francis Wolff résume son programme philosophique peut se lire en équivalence : dire le monde, c’est-à-dire plaider pour l’universel. Selon l’auteur, constituer un monde hors de moi et constituer un monde commun procèdent d’un même noyau : la forme prédicative initiale donne sa forme au monde et d’un même geste engage le rapport entre des consciences réflexives. À partir de « la raison dialogique comme différence anthropologique », les grands champs de l’universel – réflexion sur les procédures de la connaissance, quête d’une éthique, construction d’une esthétique – se déploient en un mouvement d’« aspiration à l’achèvement de l’interlocution » nourri par l’histoire de la philosophie, et constituent un humanisme.
La demi-journée d’étude, en présence de Francis Wolff, propose une discussion de quelques-uns de ces thèmes centraux dans son travail. André Comte-Sponville et Alain Policar, auteurs d’ouvrages récents consacrés à l’oeuvre de Francis Wolff, y sont invités d’honneur.

Auteurs: Anne Baudart, Étienne Bimbenet, Nassim El Kabli, Élise Marrou, Alain Policar

acheter ce livre

Pierre Guenancia : L’homme sans moi. Essai sur l’identité

 PUF - Octobre 2023


Luttant à la fois contre le culte moderne du moi et le communautarisme qui divise les hommes, ce livre révèle la fonction civilisatrice du Je. Notre époque semble être obsédée par la quête de l'iden­tité, celle du moi comme celle des communautés qui fragmentent et démantèlent le monde commun. Qu'il s'agisse du moi de chacun ou du nous qui n'en est que la forme agrandie, nous devrions rechercher et revendiquer la sacro-sainte « différence » entre moi et les autres, entre nous et les autres. L'ambition de L'Homme sans moi est de démontrer le caractère factice de ce moi largement imaginaire en le distinguant nettement du Je de l'homme conçu comme un être portant en lui-même une dimension cosmo­politique, capable par la pensée de changer de place, de se comprendre lui-même comme l'un des référentiels possibles du monde commun. Cet essai sur l'identité qui mobilise les ressources des grandes pensées philosophiques, notamment celles de Descartes, Pascal, Husserl et Levinas, défend l'idée plus actuelle et plus nécessaire que jamais que c'est en tant qu'êtres singuliers et universels que les hommes forment la communauté indéfiniment ouverte des citoyens égaux d'un même monde.

Pierre Guenancia est professeur émérite d'histoire de la philo­sophie moderne à l'université de Bourgogne. Il a écrit de nombreux livres sur Descartes et Pascal. Aux Puf, dans la série Une histoire personnelle de la philosophie, il est l'auteur de deux volumes : La Voie des idées de Descartes à Hume (2015) et La Voie de la conscience. Husserl, Sartre, Merleau-Ponty, Ricoeur

acheter ce livre


Revue de métaphysique et de morale 2023/3 (N° 119) : Comprendre autrui

 PUF - Septembre 2023


Page 303 à 310 : Michel Le Du et David Romand - Présentation | Page 311 à 333 : Angélique Thébert - Peut-on comprendre le sceptique ? | Page 335 à 352 : Rémi Clot-Goudard - Compréhension d’autrui, savoir-faire conceptuel et monde social | Page 353 à 369 : Benoit Gaultier - Comment comprendre un être dépourvu de langage ? | Page 371 à 390 : Olivier Ouzilou - Rationalité et compréhension des croyances passées. Staline face à Barbarossa | Page 391 à 407 : Jin Qian - Pour une herméneutique relationnelle : l’exemple des écrits chinois sur les missionnaires jésuites du XVIIe siècle | Page 409 à 425 : Stéphane Chauvier - IA : le test de la déférence | Page 427 à 430 : Charles Ehret - Olivier Boulnois, Généalogie de la liberté, Paris, Éditions du Seuil, « L’Ordre philosophique », 2021, 496 p. | Page 430 à 433 : Sophie Serra - Joël Biard, Hypothèse matérialiste et pensée radicale. La philosophie de la nature chez Blaise de Parme, Paris, Vrin, 2022, 194 p. | Page 433 à 434 : Emiliano Ferrari - Raymond Sebond, Théologie naturelle (1569, 1581), traduction de Michel de Montaigne, édition d’Alberto Frigo, Paris, Classiques Garnier, 2022, 935 p. | Page 435 à 438 : Claudio Majolino - Hélène Leblanc, Théories sémiotiques à l’Âge classique. Translatio signorum, Paris, Vrin, « Histoire de la Philosophie », 2021, avec une préface de Laurent Cesalli, 314 p. | Page 438 à 440 : Justin E. H. Smith - Delphine Antoine-Mahut, L’Autorité d’un canon philosophique. Le cas Descartes, Paris, Vrin, 2021, 352 p. | Page 440 à 442 : Pierre Guenancia - Camille Riquier, Métamorphose de Descartes. Le secret de Sartre, Paris, Gallimard, « NRF Essais », 2022, 336 p. | Page 443 à 445 : Philippe Hamou - Stewart Duncan, Materialism from Hobbes to Locke, Oxford, Oxford University Press, 2022, 233 p. | Page 445 à 449 : Arnaud Pelletier - Antoine Grandjean, Métaphysiques de l’expérience. Empirisme et philosophie transcendantale selon Kant, Paris, Vrin, 2022, 446 p. | Page 449 à 451 : Clémence Couturier-Heinrich - Johann Gottfried Herder, Une métacritique de la Critique de la raison pure, traduction, introduction et notes par Michel Espagne, Paris, Puf, « Épiméthée », 384 p. | Page 451 à 453 : Antoine Auvé - Karen NG, Hegel’s concept of life. Self-consciousness, freedom, logic, New York, Oxford University Press, 2020, 319 p. | Page 453 à 456 : Mildred Galland-Szymkowiak - Laurent Guyot, Philosophies de la création artistique, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2022, 306 p..

acheter ce livre


samedi 9 septembre 2023

Cécile Mahiou : Poétiques du quotidien. Le parti pris du non-art

Editions de la Sorbonne - Août 2023 - Ressorts esthétiques



La tendance à réduire le quotidien au banal a longtemps conduit à occulter sa puissance critique. Il est pourtant au centre des pratiques artistiques des années 1960 à 1980, qui questionnent les frontières entre l'art et la vie et entre l’art et le non-art. Ce livre propose une généalogie de la notion de quotidien et un parcours des écrits théoriques des penseurs qui ont contribué à le réévaluer (notamment Henri Lefebvre et Michel de Certeau), en articulant la critique de la vie quotidienne à la question de la créativité. À travers les expérimentations des artistes du groupe Fluxus et les textes des artistes-écrivains Robert Filliou, Daniel Spoerri, Allan Kaprow et Georges Perec, Cécile Mahiou explore les enjeux esthétiques des écritures du quotidien et de pratiques souvent collectives qui ne s’exposent pas au musée. Celles-ci peuvent être de l’art comme n’en être pas, et se confondent avec la vie quotidienne pour mieux l’interroger.

Sommaire 

Préface, par Gilles A. Tiberghien

L'art, la pensée et la vie confondus

Introduction

Le quotidien réévalué

Le parti pris du non-art et l’épistémologie du quotidien

Chapitre 1 - Le quotidien et les contradictions de la modernité

La pré-histoire du concept de quotidien

Baudelaire : le présent contre la banalité quotidienne

Réalisme et vitalisme : inscrire l’art dans la vie quotidienne

Révéler la vie quotidienne par l’art

La « réinvention critique du concept de quotidien » par Henri Lefebvre

Le « romantisme révolutionnaire »

Le paradigme vie quotidienne, quotidienneté, quotidien

La connaissance critique du quotidien

Chapitre 2 - Quotidien et créativité, un paradoxe ?

Henri Lefebvre et les situationnistes : « une histoire des années soixante »

Michel de Certeau : l’invention au quotidien

Les tactiques quotidiennes, pratiques créatrices de résistance aux stratégies de domination

Le quotidien et les arts de faire

« L’empoétisation de la vie ordinaire » : infléchissement de la pensée du quotidien

Le quotidien et l’utopie

Henri Lefebvre : le quotidien et les possibles

Le quotidien, métaphore de l’agir créatif ?

Chapitre 3 - Le « paradoxe délibéré » du non-art

Le non-art comme revendication artistique

Le non-art et le paradigme de la « théâtralité »

Le non-art : reconduction du projet avant-gardiste ?

L’art et son hétéronomie

Arts de la perturbation ?

À propos de quelques chaises : l’objet commun et l’ontologie de l’art

Ceci n’est pas de l’art conceptuel

Chapitre 4 - Écritures du quotidien (1) Robert Filliou : la vie des non-artistes

Les « principes d’économie poétique » de Robert Filliou

Le principe d’équivalence, outil pour l’avènement de la création permanente

La création permanente ou la continuité de l’artiste et de l’œuvre

Le multilivre, élément d’un dispositif stratégique

« Lire aussi est un art vivant »

Manuel de poïétique

Chapitre 5 - Écritures du quotidien (2) Georges Perec : le projet des « choses communes »

La revue Cause commune : l’épistémologie critique comme projet

Quelle méthode pour la connaissance du quotidien ?

Pour un nouveau réalisme ?

L’écriture perecquienne et « l’interrogation sociologique »

Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

L’écriture comme espace critique

L’« utopie expérimentale » à l’œuvre dans Espèces d’espaces

Chapitre 6 - Écritures du quotidien (3) Georges Perec et Daniel Spoerri : le quotidien et son inventaire

La Topographie, décrire un quotidien partagé

Je me souviens, énumérer des souvenirs non personnels

Œuvres, modes d’emploi : ceci n’est pas une liste

Des dispositifs pour représenter le quotidien

L’écriture de la mémoire collective

Chapitre 7 - Écritures du quotidien (4) Allan Kaprow : la mise en récit des pratiques non-art

Le texte des happenings

Le non-art, un art de l’anecdote ?

La fonction heuristique de l’art

Le sens de l’expérience esthétique ordinaire

Conclusion

Annexes

Annexe 1 - Traduction de l’article d’Allan Kaprow, « Just Doing »

Annexe 2 - Relevé des « Je me souviens » listés par Georges Perec sous la rubrique « Vie quotidienne »


acheter ce livre

Pierre Poligone et Éléonore Mermet (dir.) : La Crise de la transcendance au xxe siècle. Voix reçue, parole transmise

 Classiques Garnier - Septembre 2023


La littérature du XXe siècle est trop souvent réduite à quelques mouvements littéraires, généralement contestataires. Nous avons voulu rendre hommage à ces chercheurs de l'absolu qui ont profondément marqué leur époque et dont nous voulons montrer leur actualité. Ce recueil d'articles a pour ambition de sonder les nouvelles modalités d'expression d'une parole enthousiaste au moment où l'immanence semble s'imposer. Il s'agit de rendre compte des stratégies employées par les écrivains pour effectuer la transcription langagière d'une forme de transcendance. Au-delà de la thématique générale, nous avons voulu également mettre en lumière des écrivains méconnus qui permettent de porter un regard nouveau sur l'écriture poétique du XXe siècle.

Éléonore Mermet est agrégée de lettres classiques. Elle effectue actuellement une thèse sur la voix dans les fictions et les écrits de combat de Georges Bernanos en cotutelle à l'université de Lille et l'université de Gand. Elle est aussi chargée de cours en lettres modernes à l'université de Bourgogne.
Pierre Poligone effectue actuellement un doctorat à Sorbonne Université sur les rapports entre écriture, souffrance et mystique dans l'oeuvre de Simone Weil, Joë Bousquet, Béatrice Douvre et Vincent La Soudière, sous la direction de Jean-Yves Masson. Il est chargé de cours à l'université Sorbonne Nouvelle en littérature comparée et codirige la revue littéraire Zone Critique.

acheter ce livre