lundi 21 octobre 2019

Stathis Kouvélakis : La critique défaite. Émergence et domestication de la théorie critique

Amsterdam - Octobre 2019 - Lignes rouges


Qu’en est-il, aujourd’hui, de la Théorie critique ? Cet ouvrage propose une plongée dans les séquences cruciales de sa formation, en retraçant la trajectoire intellectuelle de trois de ses représentants majeurs : Max Horkheimer, Jürgen Habermas et Axel Honneth.
Née en tant que réponse à une défaite de portée historique, celle de la gauche face au nazisme, la Théorie critique s’est disloquée de l’intérieur. Horkheimer, confronté à l’isolement de l’exil et au délitement des fronts antifascistes, rompt avec le matérialisme historique et se réoriente vers une philosophie négative de l’histoire. Si le passage aux générations suivantes de l’« École de Francfort » permet un renouvellement, il correspond aussi à une adaptation de la critique à l’ordre existant. Chez Habermas, la critique vise à élargir un espace public régi par les règles de la raison, en faisant fi des contradictions des rapports sociaux ; avec Honneth, la critique devient une thérapeutique du social ayant pour objectif de réparer un monde que l’on a renoncé à transformer. Ainsi, d’une génération à l’autre, la Théorie critique a tourné le dos à l’analyse du potentiel régressif inhérent à la modernité capitaliste. C’est avec ce projet initial que le présent nous oblige à renouer.

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dimanche 20 octobre 2019

Nadia Taibi : Ce qu'enfermer veut dire. La République et la démesure de la peine

L'harmattan - Octobre 2019


Contre la barbarie des châtiments d'autres temps, l'enfermement carcéral parut longtemps s'imposer comme la peine prudente et républicaine par excellence. En l'état, la prison contemporaine est le spectre de la peine de mort. Elle figure une mise au ban brutale et accomplit une « politique du débarras ». Or, le délinquant demeure un citoyen. Et les délits et les crimes sont aussi les symptômes des déviances d'une époque. Des prisons efficaces doivent être ouvertes, respectueuses du droit des hommes qu'elles punissent.

Enseignante dans le secondaire, agrégée et docteure en philosophie, membre de la Cimade-Prison depuis 2008, Nadia Taïbi intervient depuis 2014 au sein de l'Établissement Pénitentiaire pour Mineurs d'Orvault.

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Pascal David : Habiter la terre. L'Écologie échappe-t-elle au règne de la technique ?

Manucius - Octobre 2019


Le terme « écologie » a d'abord désigné la science des interactions entre les organismes et leur « milieu » ; puis il prit l'acception militante d'une sauvegarde de la Terre c'est-à-dire de la nature entendue comme environnement et de l'habitation comprise comme habitat.
La pensée actuelle de l'écologie juge que le développement incontrôlé de la technique est la cause des malheurs du monde, mais elle n'envisage pas, au fond, d'autre remède qu'un nouvel usage de cette même technique. Soit une secrète opiniâtreté à défendre ce qu'elle prétend combattre.
Il s'agit dans le présent essai d'interroger les présupposés de l'écologie, singulièrement à la lumière des analyses de Marx et de Heidegger. Nous demandons : La Terre est-elle réductible à une planète, la nature à un environnement,l'habitation à un habitat ?

Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, professeur émérite de l'Université de Bretagne occidentale, Pascal David est traducteur notamment de Schelling, Nietzsche, Heidegger, Hannah Arendt et Gadamer. Il est l'auteur de : Essai sur Heidegger et le judaïsme. Le nom et le nombre (Cerf, 2015) et le traducteur de : Heidegger, Réflexions VII-XI (Cahiers noirs, Gallimard, 2018). Il propose ici de penser l'écologie en faisant appel aux ressources de la philosophie.

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Jean-Luc Nancy : Derrida, suppléments

Galilée - Octobre 2019 - La philosophie en effet


Il ne s’agit pas d’ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot dont il a fait une de ses signatures conceptuelles (avec entre autres « différance », « spectre », « viens ! »… ).
De manière générale, on ne complète ni on ne remplace rien dans l’œuvre d’un auteur : elle vaut telle qu’elle existe. Je pense plutôt à un troisième du sens du mot supplément, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Suppléent au voyage de Bougainville…).
Ces textes écrits au gré des circonstances – colloques, ouvrages collectifs – et au fil de 25 années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence. Non seulement l’amitié nous avait liés depuis 1970 mais je peux dire que même son irruption dans mon paysage intellectuel, par ses essais des années 60, avait été d’emblée celle d’une présence. Dès mes premières lectures j’avais perçu, au moins autant que l’aigu d’une pensée, la résonance d’une actualité : pour la première fois j’entendais vraiment une voix du temps présent.
La rencontre d’une présence fut indissociable de celle d’une pensée. L’analyse rigoureuse de la présence-à-soi dans la « voix silencieuse « de Husserl valait immédiatement comme l’arrivée d’un inconnu dans lequel je reconnaissais une présence. Celle-ci n’était justement pas « à soi » mais au monde, à nous tels que nous étions en un moment où nous pouvions sentir une époque passer (avec Sartre, avec la fin de la guerre d’Algérie) et autre chose arriver.
Derrida est connu comme le déconstructeur de la « métaphysique de la présence ». Il fut aussi celui qui ne cessait de se présenter – et donc sûr aussi de s’absenter – dans sa pensée. Il pensait comme on vient à un rendez-vous, comme on griffonne trois mots sur un bout de papier ou bien comme on décroche son téléphone : habitant des villes éloignées, nous usions beaucoup de cet appareil. J’entends toujours le ton très particulier, mêlé d’hésitation et de décision, sur lequel il disait « c’est Jacques ».

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samedi 19 octobre 2019

Jacques Ricot : Penser la fin de vie

Hygée - Octobre 2019 - Controverses


Dans le débat sur la fin de vie qui anime la société française, le citoyen est sommé d’avoir un avis bien tranché et de dire si, oui ou non, il est favorable à l’euthanasie. Mais sommes-nous bien « armés » pour penser la fin de vie ? En clarifiant les notions de finitude, souffrance, dignité et liberté, le philosophe Jacques Ricot permet à chacun de mieux comprendre tous les enjeux de la fin de vie. Un ouvrage indispensable pour qui désire se forger une opinion solide et apaisée sur un sujet qui divise la société. Cette 2e édition, revue et actualisée, est notamment l'occasion de nouvelles réflexions sur les rebondissements autour du cas de Vincent Lambert.

Jacques Ricot est agrégé et docteur en philosophie, formateur des acteurs de soins palliatifs. Depuis vingt-cinq ans, il accompagne les personnels de santé et des personnes en fin de vie.

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John Dewey : Ecrits sur les religions et le naturalisme

Institut d'Etudes Sociales - Octobre 2019 - Le geste social


Les écrits de John Dewey (1859-1952) dédiés à la (critique de la) religion sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit d'ordinaire, et que lui-même ne l'a laissé entendre. Ce recueil de textes du philosophe consacrés aux religions offre un contrepoint deweyen aux discours "post-séculiers" qui font florès dans le monde académique. Dewey approche moins la question religieuse comme "problème philosophique" qu'en tant que problème social, moral et politique. Le présent ouvrage donne à voir un pan de son oeuvre peu pris en considération jusque-là.

John Dewey est un philosophe, militant et penseur américain de renommée mondiale, né en 1859 et mort en 1952. Ses travaux couvrent une impressionnante variété de domaines et il s'est intéressé tout aussi bien à l'éthique, à l'épistémologie, à la théorie politique, au droit, à la pédagogie, aux sciences sociales, à la religion. Compté parmi l'un des trois grands auteurs de la tradition pragmatiste américaine, au côté de Charles Sander Peirce et William James, son oeuvre est la plus politique. Ami de George H. Mead et de Jane Addams, il fut un inspirateur essentiel au développement des sciences sociales et du travail social, il participait également des grands penseurs et praticiens de la pédagogie. Joan Stavo Debauge, actuellement chercheur FNS senior à l'Université de Lausanne, est titulaire d'un doctorat de sociologie, obtenu à l'EHESS-Paris en 2009. Il est l'auteur de Le loup dans la bergerie : le fondamentalisme chrétien à l'assaut de l'espace public (Labor & Fides, 2012), Quel âge post-séculier ? Religions, sciences et démocraties (Editions de l'EHESS, 2015) et Qu'est-ce que l'hospitalité? Recevoir l'étranger à la communauté (Liber, 2017). Membre du comité de rédaction de Pragmata, Revue d'études pragmatistes, il a déjà à son actif la traduction de plusieurs textes de John Dewey, il a également participé à plusieurs ouvrages collectifs et numéros de revue scientifique consacrés au pragmatisme deweyen.

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Patrice Vermeren : Penser contre. Quatre essais sur la philosophie de Miguel Abensour

Sens & Tonka - Octobre 2019


Selon Patrice Vermeren, Horacio Gonzalez a conceptualisé le geste d’auteur et d’éditeur de Miguel Abensour comme un « processus de libération des textes ». Il s’agit moins pour lui, dit H. Gonzalez, de théoriser sur l’utopie que de l’invoquer avec des textes propitiatoires afin de discerner ses mécanismes et son fonctionnement. Il s’agit de lire Abensour lisant ou éditant des textes oubliés ou retrouvant le fil conceptuel perdu d’autres textes, non pas en tant qu’il en proposerait une interprétation nouvelle qui donnerait matière à légitimer le dispositif spéculatif de son propre système philosophique qu’il chercherait à nous imposer, mais en ceci qu’il nous incite à penser par nous-mêmes avec lui. Soit la dimension d’une nouvelle exigence de la pensée, qui déplace la question de son rapport au politique.

« Abensour était un homme de l’égalité, un homme du conflit pour mieux établir un lien d’égalité. Dans n’importe quel entretien qu’il vous accordait, il s’arrangeait toujours pour rétablir l’égalité, vous poser une question, vous dire qu’il ne connaissait pas telle référence à laquelle vous aviez fait allusion, tandis que c’est vous qui étiez demandeur de ses références et de ses réflexions. Il récusait le paradigme de l’ordre pour celui du lien, tant dans les rencontres individuelles que dans la communauté politique. C’était son côté spinoziste : plutôt qu’un pouvoir sur les hommes, valoriser un pouvoir entre les hommes et avec les hommes, parce qu’il augmente la puissance d’agir. « Qu’est-ce qu’une bonne rencontre, à l’opposé du malencontre, sinon l’événement heureux où se forme entre les hommes un nouveau lien, un nouveau tissu relationnel tel que ce tissu augmente aussitôt la puissance collective d’agir, la puissance d’agir de concert ? ». P. V.

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vendredi 18 octobre 2019

Alexandre Kojève : La notion de l'autorité

Gallimard - Octobre 2019 - Tel


La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.

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Alice Le Goff : Pragmatisme et démocratie radicale

Cnrs - Octobre 2019 - Philosophie/Politique/Histoire des idées


Les partisans de la démocratie radicale ont développé une critique de la démocratie représentative, mettant en avant une priorité du politique sur le social ainsi que la centralité du conflit. Ils n'ont cependant pas produit une réflexion suffisante sur les conditions de la participation politique. C'est ce à quoi s'attelle ce livre, en s'inspirant du pragmatisme de Dewey et de sa définition de la politique démocratique en termes d'expérimentation.
Après avoir dégagé l'ossature de la pensée de Dewey, ce livre en interroge certains des points aveugles en puisant à la source des travaux de Charles Wright Mills. Puis il en examine une des actualisations récentes.
Tout en montrant les richesses du pragmatisme deweyen qui déconstruit certains clivages stériles en philosophie politique et permet de penser la dynamique de formation des liens civils, ce livre met en relief certaines limites de l'expérimentalisme démocratique.

Alice Le Goff est maître de conférences en philosophie à l'Université Paris Descartes, membre du Cerlis (UMR 8070) et membre junior de l'Institut Universitaire de France. Elle mène des recherches en philosophie sociale et politique ainsi qu'en épistémologie des sciences sociales.

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François Laruelle : Théologie clandestine pour les sans-religion

Kimé - Octobre 2019


Une confession de foi du non-philosophe
Il n’y aura pas de retour du Christ, la guerre des religions continue. Après tant de philosophies réduites au débat du grec et du juif, de Platon et de Levinas, quelle place reconnaître au christianisme, gnose comprise, et comment l’arracher au dernier fond religieux et philosophique dont il a tenté de libérer les sujets humains? Après tant d’appels au meurtre de Dieu, à la mort du christianisme, tant de sommations d’athéisme, tant de haines religieuses enfin, quelle pensée universelle du monde est encore possible pour la dernière fois, moins tapageuse que l’athéologie et moins obscurantiste que la théologie, qui ne lie plus le sort de l’Homme, soit par refus soit par identification, à celui des religions ? Posant l’axiome inverse de celui des religions qu’entérinent encore les philosophies, l’Homme comme être sans-religion, mais comme Etranger ou Messie affrontant clandestinement les religions auxquelles il est condamné par l’histoire et le monde, quelle pratique est-il en son pouvoir de mener pour transformer ce destin ? La solution est dans la découverte d’une foi ou d’une messianité immanente, strictement humaine, qui sous-vient au monde ou sub-vertit les religions. De là cette théologie clandestine destinée aux Etrangers ou aux Messies que nous sommes et qui se fonde sur notre indifférence comprise de manière non-nihiliste, comme humaine ou « radicale », aux religions. Comme toujours il s’agit avec cette confession de foi du non-philosophe d’un manuel théorique, d’une pratique de la théorie théologique en faveur d’un Verbe tout de messianité.

François Laruelle, professeur émérite de philosophie générale et contemporaine à l’Université de Paris Ouest Nanterre, fondateur de la non-philosophie et de la philosophie non-standard. Il s’est déjà engagé en théologie, voir Le Christ futur (2002), Mystique non-philosophique à l’usage des contemporains (2007), Christo-Fiction, les ruines d’Athènes et de Jérusalem (2013).

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Kostas Axelos : Vers la pensée planétaire. Le devenir-pensée du monde et le devenir-monde de la pensée

Encre marine - Octobre 2019


Vers la pensée planétaire est le troisième volet d’un triptyque dont le premier était Héraclite et la philosophie et le second Marx penseur de la technique.
Ce livre cherche, à la fois historiquement, systématiquement et prospectivement, à interroger le sens de la marche de l’histoire mondiale, à questionner les grandes dimensions de la pensée et de la réalité, à ouvrir la problématique d’une nouvelle voie. Selon le rythme qui va de l’aurore de l’antiquité grecque, à travers le christianisme et sa crise, à la modernité européenne qui conduit vers sa propre universalisation, sa mondialisation et son dépassement. Selon les lignes de force qui vont des puissances officielles – la religion, la poésie et l’art, la politique, la philosophie, les sciences et les institutions – vers les fondements d’où elles surgissent : la foi, la poéticité et la graphie, le travail et la lutte, le langage et la pensée, l’amour et le jeu.
Le monde devient pensée et la pensée monde, dans le cercle énigmatique du temps. À travers la provocation que lance la technique à l’égard de tout ce qui est, notre planète – astre errant –, au-delà de la signification et de l’absurdité, de la vérité et de l’erreur, aura peut-être à penser et à expérimenter le monde comme jeu.

Kostas Axelos (1924-2010) est philosophe et traducteur d'origine grecque. Spécialiste d’Héraclite, de Marx mais aussi de Hölderlin ou Mallarmé, il a enseigné à la Sorbonne. Sept de ses ouvrages ont déjà été publiés dans la collection « Encre Marine » : Vers la pensée planétaire (2019), Le Jeu du monde (2018), Marx, penseur de la technique (2015), Une Pensée à l'horizon de l'errance (2015), Le destin de la Grèce moderne (2013), En quête de l’impensé (2012) et Ce qui advient (2009).

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mercredi 16 octobre 2019

Isabelle Moreau : La paresse en héritage. Montaigne, Pascal, Bayle

Honoré Champion - Octobre 2019 - Lumière Classique


La paresse en héritage propose une refonte de notre compréhension des textes de Montaigne, de Pascal, et de Bayle, à partir de la catégorie de « paresse ». Choisir la paresse, c’est revenir au singulier du corps écrivant. C’est aussi prendre le parti des résistances dans la construction de l’identité personnelle et religieuse. C’est enfin explorer différentes manières de se rapporter au texte de Montaigne. Les six chapitres de cette étude explorent ainsi une série de problèmes interprétatifs, tout en approfondissant les enjeux de la paresse : son ancrage dans le corps, sa dimension générationnelle et son lien à l’enfance et à ses croyances.

Isabelle Moreau est Maîtresse de Conférences HDR en Littérature française du XVIIe siècle. Elle enseigne à l’ENS de Lyon. Ses travaux portent notamment sur le libertinage et la libre pensée, la fiction à la croisée des discours de savoirs, ou encore les phénomènes de réception.

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Maryse Dennes, John Ó Maiolearca, Anne-Françoise Schmid (dir.) : La Philosophie non-standard de François Laruelle

Classiques Garnier - Octobre 2019 - Colloques de Cerisy



Cet ouvrage rassemble des études sur la philosophie non-standard de François Laruelle qui prolonge le concept de « non-philosophie ». Il manifeste la multiplicité et la richesse des liens de son œuvre avec des courants philosophiques qui font usage de ses thèmes, les adaptent, les transforment ou les continuent.


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Mériam Korichi : Mentir. La vie et son double

Autrement - Octobre 2019 - Les Grands Mots


" Quand pensez-vous avoir menti pour la dernière fois ? " Nous mentons tous - parfois avec scrupule, parfois avec un certain plaisir, parfois sans y penser - et cependant nous ne faisons pas du tout la même chose : nous pouvons exagérer, ne pas démentir, simuler, dissimuler, affabuler, délibérément ou dans le feu de l'action. " Mentir " recouvre tout cela, qui n'a pas la même gravité mais suscite toujours un malaise quand le mot surgit, car on le dit assez aux enfants : " Mentir, c'est mal. " La philosophie est marquée par l'approche rigoriste et intransigeante d'Augustin et de Kant condamnant tout mensonge. Qu'en est-il de l'usage commun ? La condamnation morale du mensonge résiste-t-elle à la revendication bravache de la " post-vérité " et à l'irruption contemporaine des " faits alternatifs " ? Voici une réflexion pétillante, à hauteur d'individu, qui interroge le sens du mensonge à l'aune de la vie que nous imaginons toujours en partie, faisant de nous des êtres créateurs, à nos risques et périls.

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mardi 15 octobre 2019

Bulletin d’histoire et d’épistémologie des sciences de la vie 2019/2 (Volume 26) : Histoire de l’anthropogenèse

Kimé - Novembre 2019


Le second numéro du Bulletin de la SHESVIE reprend le thème de l’anthropogénèse qui a animé le XXVe Congrès de la société et qui s’est déroulé à Bordeaux les 14-15 mars 2019. La question des origines de l’homme est une vraie interrogation depuis le XVIIIe siècle, en Occident. Jusque vers 1750, la question se pose en termes théologiques et dans une lecture des textes bibliques influencée par le nominalisme et le cartésianisme. Buffon est un des premiers à envisager une origine de l’homme intégrée dans le règne animal et à détacher les explications scientifiques des explications théologiques. A partir des années 1860, le concept de préhistoire s’élabore en tant que science et un questionnement anthropologique se met en place autour des types morphologiques humains passés ou présents. De la biologie darwinienne de l’évolution, bientôt enrichie et transformée par la génétique des populations à la paléoanthropologie, retraçant le parcours complexe et buissonnant de la phylogénie humaine ; de l’archéologie, interrogeant et datant les différents restes fossiles de cette histoire à la primatologie, donnant à voir la proximité chaque jour plus étonnante entre l’homme et les grands singes; toutes ces disciplines, au-delà de leur évidente disparité, convergent pourtant autour d’un même objet. Elles interrogent toutes à leur manière, depuis les méthodes qui sont chaque fois les leurs, l’humain et sa longue histoire constitutive. Peut-on néanmoins rapprocher ces « anthropogenèses » distinctes et les penser ensemble, comme autant de points de vue différents sur une même histoire ? Une interrogation transdisciplinaire, une réflexion commune sur notre humanité et sa préhistoire sont-elles aujourd’hui possibles ? Ce congrès se propose d’apporter des éléments de réponse à ces questions.

Page 123 à 124 : Céline Cherici - Introduction au dossier Histoire de l’anthropogenèse | Page 125 à 137 : Frédéric Bauduer - Histoire des connaissances en évolution humaine : place et limites de la génétique | Page 139 à 153 : Olivier Dutour - Débats sur l’anthropogenèse en France dans la seconde moitié du XIXe siècle | Page 155 à 170 : Pascal Duris - D’Adam et Ève à Homo sapiens sapiens | Page 171 à 186 : Olivier Perru - Le mythe de l’homme antédiluvien au XIXe s. L’abbé Jean-Benoît Cochet (1812-1875) et Jacques Boucher de Perthes (1788-1868) | Page 187 à 203 : Yan Craus - La figure de l’enfant sauvage : genèse et avatar de l’homme civilisé | Page 205 à 222 : Mathilde Lequin - Repenser l’anthropogenèse à partir de la diversité humaine du passé : épistémologie et philosophie de la paléoanthropologie | Page 223 à 238 : Sonia Dheur, Sven J. Saupe - ADN, métabolisme et individualité dans la biologie philosophique de Hans Jonas.

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Critique 2019/10 (n° 869) : Avec Claude Imbert

Ed. de Minuit - Octobre 2019


"Claude Imbert a récemment fêté son quatre-vingt cinquième anniversaire. Entrée en 1955 à l’École normale supérieure, elle y a mené l’essentiel de sa carrière philosophique, exerçant sur des générations d’élèves conquis(es) par son style incisif et compact un ascendant qui est à la mesure de l’originalité et de l’exigence de ses recherches. Son nom a longtemps été associé à un grand livre au titre énigmatique, Phénoménologies et langues formulaires (1992), ainsi qu’à un autre nom : celui du logicien et philosophe Gottlob Frege, qu’elle a traduit et introduit dans le paysage français au début des années 1970. Points forts, mais points d’étape, à ses yeux, dans l’enquête au long cours qu’avait ouverte une première étude sur la grammaire du stoïcisme grec et ses prolongements du côté de Kant ou de Port-Royal. Pour une histoire de la logique, paru en 1999, ainsi que deux monographies (Merleau-Ponty et Lévi-Strauss), lui ont depuis permis de préciser les contours d’un projet qui, d’article en article, des fragments de Chrysippe à la « voie des masques », se présente comme une traversée inactuelle de toute l’histoire de la philosophie, intégrant l’anthropologie des systèmes symboliques où la pensée cherche ses appuis.Professeure émérite, Claude Imbert goûte désormais le plaisir ambigu des hommages à elle adressés. Ainsi du récent volume de « mélanges » réunis sous le titre Variations Claude Imbert. " Elie During

Page 819 : Élie During - Présentation | Page 820 à 838 : Élie During - Détraquer les machines simples : le style de Claude Imbert | Page 839 à 851 : Claire Brunet - Une traversée de la peinture | Page 852 à 858 : Claude Imbert - Pourquoi Beckett ? | Page 859 à 875 : Claire Brunet, Élie During, Frédérique Ildefonse - Claude Imbert | Page 876 à 884 : Pierre Rusch - L’anthropologie philosophique : la dernière chance de l’universel ? | Page 885 à 899 : Barbara Carnevali, Giulia Puma - Spectateurs de nous-mêmes. Pour une esthétique de la réflexivité | Page 900 à 911 : Hocine Rahli - Faire parler le corps : Foucault passe aux Aveux.

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Gilles Marmasse : Force et fragilité des normes. Les principes de la philosophie du droit de Hegel

Vrin - Octobre 2019 - Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie


Comment rendre compte des normes relatives à la propriété, à l’action individuelle et à la vie familiale et socio-politique? Pour Hegel, elles résultent toutes d’un même effort, celui de la subjectivité (« l’esprit ») qui tend à s’incarner dans le monde. Selon lui, la normativité ne répond ni à un commandement transcendant ni à un ordre des choses toujours déjà fixé, mais au processus d’auto-développement de la subjectivité qui aspire à concrétiser sa liberté.
Toutefois, parce que le monde reste essentiellement étranger à l’esprit, celui-ci n’en prend possession que de manière incomplète et précaire. Le présent ouvrage met en évidence l’ambivalence de la pensée hégélienne des normes, qui insiste sur leur validité et leur caractère libérateur, mais aussi sur leur inachèvement et leur vulnérabilité.

Gilles Marmasse est professeur de philosophie à l’Université de Poitiers

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lundi 14 octobre 2019

G. E. Moore : Ethique

Hermann - Octobre 2019 - L'avocat du diable


La philosophie de G. E. Moore est l’une des principales sources d’inspiration des réflexions contemporaines sur la morale. Éthique, publié en 1912, ne se contente pas de reprendre les thèses sur ce sujet présentées quelques années plus tôt dans Principia Ethica, mais élabore des analyses originales sur l’utilitarisme, le libre arbitre ou l’objectivité des jugements moraux. Moore, qui fut l’un des fondateurs de la philosophie analytique, s’y attache en privilégiant la clarté des concepts et la rigueur du raisonnement, à défaire certains préjugés ancrés dans notre pensée morale tels que : « le bien est un, tandis que le mal est multiple », ou encore : « le bien implique toujours un devoir ». Cet essai riche et concis, devenu un classique, est traduit ici en français pour la première fois. Il conserve, un siècle plus tard, une actualité inentamée.

George Edward Moore (1873-1958) est l’un des philosophes anglais les plus influents du XXe siècle. Il enseigna longtemps à l’université de Cambridge.

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