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vendredi 10 février 2017

Jacques-Bénigne Bossuet : Élévations sur les Mystères, Méditations et autres textes

Bouquins - Février 2017


Ses contemporains virent en Bossuet (1627-1704) une figure tout droit sortie des temps héroïques de l'Église, capable de conjuguer action politique, direction spirituelle, développement de la pensée et culture des arts et lettres. Si le XVIIIe siècle put se sentir écrasé par son autorité et sa stature tant morale que spirituelle, le XIXe puisa chez lui une certaine idée de la grandeur française, dont il demeure une des incarnations les plus emblématiques.
Ce volume rassemble des oeuvres majeures, indisponibles depuis le XIXe siècle, de celui qui fut non seulement un grand écrivain, mais aussi un homme de grande influence auprès du pouvoir monarchique. Les Élévations sur les mystères et les Méditations sur l'Évangile manifestent une sensibilité frémissante. Dans ce commentaire de la Bible qui sollicite à chaque page le coeur et l'intelligence, l'érudition est d'autant mieux présente qu'elle reste imperceptible, entièrement coulée dans la maturité d'un vieil homme au sommet de son art.
Le Carême de Saint-Germain témoigne du génie oratoire de Bossuet à travers un cycle complet de sermons prononcés devant la cour de Louis XIV . L'éloquence sacrée y revêt une signification politique évidente. Le souci de rappeler aux rois leurs devoirs se lit encore dans les Lettres à Louis XIV et les Sentences pour Mgr le Dauphin, destinées à Monseigneur dont Bossuet était le précepteur.
L'Exposition de la doctrine catholique illustre la manière originale dont il s'adressa aux protestants, précurseur en cela d'un dialogue religieux fondé sur la connaissance mutuelle. Enfin, les Poésies, composées à la fin de sa vie, laissent apparaître un Bossuet intime, très différent de l'éclat coutumier de sa phrase et de ses concepts.

Edition établie, présentée et préfacée par Renaud Silly

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lundi 16 janvier 2017

Aristote : Du ciel

Les Belles Lettres - Janvier 2017 - Collection : La roue à livres


Le traité Du ciel est l'un des plus importants traités de cosmologie que nous a transmis l’antiquité. Aristote y livre une physique générale du domaine où se trouvent les astres, et s’emploie à montrer que l’univers obéit à des lois physiques et structurelles qui ont un caractère nécessaire et dans lequel les données de l’expérience n’ont que peu d’importance.
Ce traité a connu une influence exceptionnelle: c’est en partant de ce modèle de l’univers que Ptolémée constituera son système géocentrique, schéma qui ne sera remis en question qu’avec les découvertes de Copernic. La cosmologie d’Aristote a ainsi servi de base à un système qui traversa près de deux millénaires.

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vendredi 28 octobre 2016

David Hume : Abrégé du Traité de la nature humaine (nouvelle traduction)

Allia - Octobre 2016


"Ce livre me semble suffisamment singulier et nouveau pour réclamer l’attention du public ; particulièrement s’il s’avère, comme l’auteur paraît le suggérer, que l’adoption de sa philosophie obligerait à modifier de fond en comble la plus grande part de nos sciences."
Considéré aujourd’hui comme une œuvre majeure dans l’histoire de la pensée, le Traité de la nature humaine passa inaperçu au moment de sa parution en 1739. David Hume le dit tombé “mort né des presses” et tient sa forme pour responsable de son échec. Qu’à cela ne tienne, il en rédige sous couvert d’anonymat un Abrégé qu’il destine à la critique. Prêt à défendre coûte que coûte ses idées nouvelles, il y clarifie non seulement son Traité mais en dégage en quelques pages les questions centrales : la nature des idées, le lien de causalité et la question du libre-arbitre. Surtout, il y traite de manière originale et approfondie de la notion de croyance. 
Paru en 1740, il n’est remis à la disposition du public qu’en 1938. Si l’histoire démentira l’insuccès du Traité, l’Abrégé du Traité de la nature humaine est un texte clé pour en saisir l’ampleur et la modernité.

Suivi de Lettre d'un gentleman à son ami d'Édimbourg.

Traduit de l'anglais par Guillaume Coqui.

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mardi 18 octobre 2016

Giordano Bruno : Oeuvres complètes : Tome 3, De la cause, du principe, et de l'Un

Les Belles Lettres - Octobre 2016


" De même que dans l'art, les formes varient à l'infini (si cela est possible), c'est toujours une même matière qui persiste sous elles ― la forme de l'arbre, par exemple, étant suivie de celle du tronc, puis de celle de la troupe, de la planche, du siège, de l'escabeau, de la caisse, du peigne, et ainsi de suite, cependant que l'être du bois persiste toujours ―, il n'en va pas autrement dans la nature, où, les formes changeant à l'infini et se succédant l'une l'autre, la matière reste toujours la même […] Ce qui était semence devient herbe, et que ce qui était herbe devient épi, ce qui était épi devient pain, ce qui était pain devient chyle, chyle sang, le sang semence, la semence embryon, l'embryon homme, l'homme cadavre, le cadavre terre, la terre pierre ou autre chose, et ainsi de suite, pour en arriver à revêtir toutes les choses naturelles. " (GB)

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dimanche 22 mai 2016

Antoine Destutt de Tracy : Oeuvres complètes VII. Commentaires sur L'esprit des lois de Montesquieu

Librairie Philosophique Vrin - Mai 2016 - Bibliothèque des Textes Philosophiques


Dans les premières années du XIXe siècle, la pensée libérale est confrontée à l’exigence d’une profonde reformulation. Il ne s’agit plus, comme au siècle précédent, de s’élever contre un État d’inspiration absolutiste; il s’agit désormais d’accomplir positivement les promesses de liberté et d’égalité de la Révolution française. Écrit en 1806 et 1807, le Commentaire sur l’Esprit des lois de Montesquieu participe de ce travail de refondation. Fort de l’expérience – récente et difficile – du gouvernement représentatif et de la réflexion théorique qui l’a accompagnée, Destutt de Tracy soumet le chef-d’œuvre de Montesquieu à l’épreuve des principes et de la méthode de l’Idéologie et dessine les contours d’un nouvel art social respectueux à la fois des lois naturelles et de la volonté générale exprimée par le « corps entier de la nation ». Aussi, comme cela a été souvent souligné, l’ouvrage est-il moins un « commentaire » qu’une œuvre originale renouvelant en profondeur la science politique, au même titre que les Principes de politique rédigés au même moment par Benjamin Constant. Dans la mesure où Destutt de Tracy, devenu aveugle, n’a pas écrit son volume de Législation (troisième partie du Traité de la volonté et de ses effets), ce Commentaire en tient lieu et renferme toutes les idées qui y auraient été présentées dans un ordre sans doute plus systématique.

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mercredi 18 novembre 2015

Thomas Hobbes : De l'Homme

Vrin - Novembre 2015 - Textes philosophiques


1658 : en publiant le De Homine, Hobbes achève enfin les Éléments de philosophie dont il a conçu le projet vingt ans auparavant. À partir de la révolution galiléenne de la physique, il veut donner à la philosophie des fondements matérialistes et mécanistes. De Corpore : tout étant est un corps; De Homine : l’homme est un corps unique en son genre; De Cive : pour survivre, il doit devenir citoyen.
Le De Homine a été la plupart du temps sous-estimé. Nous montrons que l’œuvre, malgré les apparences, ne manque pas d’unité – l’optique, comme physique des images visuelles, a toute sa place dans l’anthropologie – et que la seconde partie, l’étude du psychisme de l’homme vivant en société, approfondit et parfois rectifie, sur des points aussi décisifs que le désir de puissance, les analyses des grands traités.

Traduit par C. Béal, Ph. Crignon, B. Graciannette, J. Lagrée, J. Médina, A. Milanese, M. Pécharman, et J. Terrel.

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jeudi 4 septembre 2014

Aristote : Métaphysique Delta

Vrin - Bibliothèque des Textes Philosophiques - Septembre 2014

http://www.vrin.fr/book.php?code=9782711624966&search_back=&editor_back=%


On s’est beaucoup interrogé sur le cinquième livre de la Métaphysique, qui se présente sous la forme de trente notices consacrées à l’étude des différentes significations ou usages de certains termes, dont les raisons du choix n’apparaissent pas d’emblée. Le présent travail met en évidence la manière dont le livre s’intègre à l’enquête proprement métaphysique d’Aristote, par l’analyse de ces termes de toute première importance philosophique, trop généraux pour être étudiés par une science particulière, mais indispensables à la connaissance de n’importe quel domaine de l’être.
Une traduction inédite, qui dégage la structure du texte, un commentaire approfondi et une synthèse originale des significations distinguées permettent une approche nouvelle de ce document célèbre.
Les auteurs espèrent ainsi à la fois faciliter la lecture et la compréhension du texte, et fournir en outre aux spécialistes de nombreuses suggestions d’interprétation de passages controversés ou obscurs.

Introduit, traduit et commenté par Richard Bodéüs, professeur à l’Université de Montréal et Annick Stevens, ancienne professeure à l’Université de Liège.

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dimanche 20 avril 2014

Nicolas de Cues : Le "pouvoir-est"

Nouvelle traduction Hervé Pasqua

http://www.decitre.fr/livres/le-pouvoir-est-9782130624653.html?utm_source=affilae&utm_medium=affiliation&utm_campaign=contemporainsfavoris#ae55 

PUF - Epimethée -Avril 2014

Le trialogue De possest centre la pensée de Nicolas de Cues sur un concept nouveau : le Pouvoir-est. Cette nouvelle traduction tente, avec son introduction, de dégager la signification du « Pouvoir-est » comme une clé de compréhension de l’œuvre cusaine et, par ricochet, de la pensée moderne.
« Comment peut-on voir l’invisible ? » « Que signifie le pluriel invisibilia ? », demandent les amis de Nicolas en partant d’un célèbre verset de l’Épître aux Romains. Le Cusain répond en recourant à une image, une aenigma, tirée de la vie quotidienne : la lecture. Avec les yeux, nous voyons les lettres avec l’esprit, nous saisissons le sens. De même, dit-il, le jeu de la toupie permet de saisir un paradoxe semblable : plus vite tourne-t-elle sur elle-même, plus elle nous paraît immobile, nous donnant ainsi l’image de la coïncidence du mouvement et du repos. Ces images illustrent que tout ce qui est peut être et que ce qui est en acte, actu, est ce qui peut être : l’actualitas absoluta embrasse tout ce qui est en acte et la possibilitas absoluta tout ce qui peut être. Ni l’actualitas ni la possibilitas n’ont le primat, car comment une chose pourrait être en acte s’il n’était pas possible qu’elle soit ? Comment pourrait être actualisé ce qui est possible et sans actualité ? La réponse tient à ce que la possibilité absolue et l’actualité absolue sont unies, coïncident et constituent ce que nous appelons le possest. 


Charles de Bovelles : Le livre du néant


Pierre Magnard (traducteur)



Vrin - textes philosophiques - Avril 2014

Un éloge du rien, pourquoi pas ? Rien c'est le nom qui sied à toute chose, la laissant à son indécision, encore nimbée de peut-être ; rien c'est le nom qui sied à l'ensemble des choses, quand l'univers se fait léger à force d'inconsistance, n'ayant aucune raison d'être plutôt que de n'être pas ; rien c'est le nom qui sied à Dieu, quand il se veut gracieux et non pas nécessaire ; c'est aussi le nom qui sied à l'homme, mais alors on l'appelle personne.
Bref, c'est le nom qui ne donne ni n'ôte quoi que ce soit, appellation de nulle imputation, de nulle attribution, qui laisse être ou ne pas être ce qu'elle dénomme, sans le moindre parti pris ni la moindre mise en cause. Au royaume du rien toute autorité est légère, toute action innocente. 

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> du même auteur

mercredi 29 janvier 2014

De Saint-Victor Achard : L’unité de Dieu et la pluralité des créatures : De unitate Dei et pluralitate creaturarum

Reprint de l’édition de 1987 établie, traduite et présentée par Emmanuel Martineau

 
Presses universitaires de Caen - Collection Fontes & Paginæ - Janvier 2014
 
Anglais d’origine, Achard de Saint-Victor, étoile discrète de l’abbaye parisienne du même nom (aujourd’hui le site de l’université de Jussieu), fut ensuite, de 1161 à 1171, date de sa mort, évêque d’Avranches, ce qui lui donna l’occasion de favoriser les bonnes relations entre les royaumes de France et d’Angleterre (ne deviendra-t-il pas le parrain de l’un des enfants d’Aliénor ?).
Longtemps menacé d’oubli définitif, le seul des évêques d’Avranches à avoir laissé une œuvre importante a trouvé en Jean Châtillon († 1988) un biographe et un éditeur de ses discours également rigoureux. Mais il manquait encore une édition de son maître-ouvrage, L’unité de Dieu et la pluralité des créatures, un traité où spiritualité et métaphysique sont étroitement imbriquées et qu’un manuscrit unique de la Bibliothèque Saint-Antoine de Padoue a miraculeusement conservé. En voici donc le texte établi, traduit et commenté.

mercredi 8 janvier 2014

SIMONE WEIL : Œuvres complètes, tome V, volume 2 : Écrits de New York et de Londres (1943)

Édition de Robert Chenavier et Patrice Rolland. Avec la collaboration de Marie-Noëlle Chenavier-Jullien


Gallimard - Hors série Connaissance - Décembre 2013

« L'Enracinement est certainement un écrit politique en raison du contexte dans et pour lequel il a été rédigé en 1943, à Londres, dans le cadre des services de la France libre. Il propose des réponses aux questions soulevées par la conduite de la résistance, de la guerre et de la future reconstruction politique de la France. À ce seul titre, toutefois, l'essai n'aurait qu'une signification historique. Or, loin que L'Enracinement ne soit plus qu'un écrit politique daté, il participe encore d'une interrogation contemporaine sur les sociétés démocratiques. Le platonisme de Simone Weil et la volonté de placer une "imprégnation spirituelle" authentique au cœur de la société questionnent la démocratie : comment lui rendre le souci des "besoins de l'âme" sans la détruire? Comment fonder la vie sociale sur quelque chose de plus absolu, de plus inconditionnel que le droit? Ce quelque chose, c'est l'"obligation", celle de satisfaire tous les "besoins de l'âme" sur le modèle dont on satisfait les besoins vitaux du corps. 

Simone Weil reprend de façon critique le travail de réflexion qui a dominé les préoccupations des hommes de 1789. Ils ont mis le droit au principe de la Révolution, croyant être en mesure de poser en même temps des principes absolus. Démarche conceptuellement contradictoire qui est "pour beaucoup dans la confusion politique et sociale actuelle" selon Simone Weil. Il faudrait, par conséquent, poser les principes d'institutions nouvelles qui se situeraient au-dessus – sans prendre leur place – de celles qui protègent les valeurs traditionnelles de la République, le droit, les personnes et les libertés. 
Qui dira encore que L'Enracinement est une œuvre "réactionnaire" ou "antimoderne"?» 
Robert Chenavier.