jeudi 12 mai 2016

Guillaume Lejeune : Hegel anthropologue

CNRS Editions - Mai 2016


D'aucuns croient encore que Hegel serait un penseur perdu dans des abstractions logiques. Rien n'est moins vrai. Il s'inscrit dans la continuité de Kant et étudie à ce titre " ce que l'homme en tant qu'être de libre activité, fait ou peut et doit faire de lui-même ". Des sujets comme la folie, la mort et l'éducation sont au centre de la pensée du philosophe allemand et forment un ensemble cohérent concourant à caractériser l'homme comme une nature en conflit entre une particularité figée et un universel auquel il lui faudrait s'élever. Les réflexions anthropologiques de Hegel, loin de se réduire à la partie de son système portant ce nom, essaiment dans l'ensemble de sa pensée et contribuent à forger une réflexion audacieuse qui, partant de l'homme comme être du possible, s'attache à dégager les modalités de sa réalisation. En adoptant une perspective dynamique, la pensée de Hegel rencontre nombre d'enjeux contemporains. Elle permet notamment une autre approche des débats éthiques, et renouvelle notre questionnement sur les relations entre l'homme et la technique.

Guillaume Lejeune est chargé de recherches à l'Université de Liège. Ses travaux portent principalement sur l'idéalisme allemand et sur l'histoire de la philosophie moderne. Il a notamment publié La question de la logique dans l'idéalisme allemand (2013) et Sens et Usage du langage chez Hegel (2014).

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lundi 9 mai 2016

Cédric Chandelier : Science et liberté. Crise de la conscience et transformation de la science au tournant du XXème siècle

Hermann - Avril 2016


Une synthèse paradoxale s’opère en France, au tournant du XXe siècle, entre les notions de liberté et deconvention, de création et d’accord. En partant de la tension critique qui accompagne l’introduction du concept poincaréen de convention en mathématiques et en physique, Cédric Chandelier montre comment se forme un nouveau positivisme. La crise de la conscience née des transformations de la science a le caractère structurel d’un état qui se prolonge à travers la philosophie bachelardienne, et jusqu’à la récente tentative de conciliation entre l’épistémologie historique et la tradition analytique. La thèse défendue est que le positivisme a survécu à sa remise en cause au nom de la liberté. En revenant aux origines du conventionnalisme, l’auteur soutient qu’il est cependant possible de mesurer la dimension cosmique de l’action réflexive de la conscience.

Cédric Chandelier, après avoir réalisé une thèse à l’université Paul Valéry-Montpellier III sur l’émergence de l’épistémologie en France au tournant du XXe siècle, a effectué des travaux postdoctorat à l’Institut du Cercle de Vienne sur les conséquences philosophiques de la révolution einsteinienne.

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Pierre Cassou-Noguès : Métaphysique d'un bord de mer

Cerf - Mai 2016 - Passages


Comment s’est inventé le bord de mer ? Avec quelles figures historiques, quels rituels sociaux, quelle littérature ? Quel est le sens de cette construction ? Et comment la décrire ? Car les concepts usuels de la métaphysique sont essentiellement terrestres et sont inadéquats pour traduire le mouvant, le fluctuant, le sans sol. Il faut les y faire jouer à contre-emploi ou les détourner pour les rattacher à ce milieu particulier qu’est la plage. Aussi le bord de mer semble appeler une autre métaphysique, qui reste à élaborer. Un livre polyphonique, construit par fragments, où chacun peut entrer comme il veut, à la saison de son choix, en fonction de son humeur ou de ses goûts, comme on peut passer un week-end à la mer en hiver, ou y rester tout un mois l’été. S’entrecroisent des récits, des scènes de plage, des souvenirs d’enfance ou le portrait de personnages singuliers, avec l’analyse de textes littéraires et des réflexions proprement philosophiques sur les concepts et le statut de la métaphysique.
Ces fragments s’organisent en une chronique retraçant une année au bord de la mer. Une histoire des bords de mer, ou comment un territoire du vide est devenu un petit paradis. Une autre manière de faire de la philosophie.

Écrivain, philosophe, Pierre Cassou-Noguès est professeur à l’université Paris 8. Ses travaux portent sur les rapports entre raison et imaginaire. Il a notamment publié Les démons de Gödel (2012), Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction (2010), La mélodie du tic-tac et autres bonnes raisons de perdre son temps (2013).

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dimanche 8 mai 2016

Fethi Benslama : Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman

Seuil - Mai 2016 - Débats


Fethi Benslama propose dans ce livre de penser les diverses formes de radicalisation au nom de l'islam, à partir de l'émergence et de la diffusion au XXe siècle d'un impératif inconscient aux effets redoutables, celui de devenir surmusulman. Du fondamentalisme supposé pacifique au djihadisme, cet impératif lie la fidélité et la dignité du musulman à des conduites où il faut être encore et encore plus musulman, au prix d'un harcèlement moral vis-à-vis de soi-même, et d'une cruauté à l'égard d'autrui. Si l'une des significations majeures du vocable " musulman " est d'être l'" humble ", il s'agit au contraire ici de manifester sa puissance et son invincibilité en tant que musulman. Cela se traduit par des démonstrations visibles : stigmate sur le front, prière dans la rue, marquages corporels et vestimentaire, qui vont avec l'accroissement des prescriptions témoignant de la proximité avec Allah, évoqué à tout bout de champ. Les " surmusulmans " deviennent les bouches ouvertes de Dieu dans le monde, crachant leur haine de ceux qui n'ont pas la même croyance de fer que la leur. L'expression " Allahou Akbar " qui, normalement, devrait témoigner pour celui qui la prononce de sa petitesse apaisante, devient pour les djihadistes la manifestation furieuse de tout pouvoir faire, y compris en égorgeant. " Surmusulman " désigne donc le renversement de l'humilité en arrogance, en une supériorité qui peut aller jusqu'à mépriser la vie et faire l'apologie de la mort.

Fethi Benslama est psychanalyste, professeur de psychopathologie et doyen de l'UFR d'Etudes psychanalytiques à l'université Paris-Diderot. Il a notamment publié La Psychanalyse à l'épreuve de l'islam (Flammarion, 2004), Déclaration d'insoumission. A l'usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion, 2011) et La Guerre des subjectivités en Islam (Nouvelles éditions Lignes, 2014).

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vendredi 6 mai 2016

François Charbonneau (dir.) : L'exil et l'errance. Le travail de la pensée entre enracinement et cosmopolitisme

Liber - Mai 2016



La naissance de la philosophie s'accompagne d'un refus énigmatique, celui de l'exil. Persécuté par Athènes, Socrate choisira de se donner la mort plutôt que de vivre les dernières années de sa vie à errer hors de ses murs. Par ce refus qui résonne par-delà les siècles jusqu'à nous, Socrate nous oblige à réfléchir à ce lien intime entre l'individu et sa communauté d'origine. Dans l'histoire de la vie de l'esprit, tous ne feront pas le même choix. Plusieurs, écrivains, poètes, philosophes, préféreront la vie ailleurs à la persécution ou à la mort certaine. Comment l'exil ou les longues périodes d'errance ont-ils influencé ceux qui en ont fait l'expérience ? Leur témoignage nous permet-il de penser les défis particuliers de notre époque ? De manière plus précise, est-ce que la pensée des auteurs qui ont vécu l'exil est de nature à nous inciter à célébrer davantage les vertus de l'enracinement ou au contraire nous convie-t-elle à souhaiter qu'advienne encore plus rapidement un monde cosmopolite ? À l'heure où les enjeux migratoires deviennent de plus en plus pressants et où est remise en question de multiples manières la pertinence des frontières, la pensée de ceux qui ont connu l'exil doit éclairer notre réflexion.

TABLE DES MATIERES : 1. « L’homme sans monde » ou le triple exil de Günther Anders - 2. Hannah Arendt, à la recherche du monde commun - 3. Castoriadis : la défense de l’autonomie - 4. Le chardon des steppes : errances et exil dans l’œuvre de Léon Chestov - 5. Cioran – quatre exils et un enterrement - 6. Crémazie, un romantisme « sain » ? - 7. Le cosmopolitisme de Jacques Derrida et ses ombres : un idéal fragile ? - 8. Frantz Fanon, figure du dépassement - 9. Benjamin Fondane et l’exil - 10. Victor Hugo : « Ex-il ». Sur un dessin qui dit tout - 11. Éthique sous tension. Le difficile équilibre des exils chez Emmanuel Levinas - 12. Les exils de Karl Löwith - 13. Joseph de Maistre. L’exil de l’écrivain - 14. L’Allemagne en Amérique. Le Docteur Faustus : un roman de l’exil - 15. Nietzsche ou les métamorphoses de l’exil - 16. Edward W. Said, de l’exil réel à l’exil métaphorique - 17. Leo Strauss et la loyauté des infidèles - 18. Les exils de Trotsky...

François Charbonneau est professeur à l'École d'études politiques et directeur de recherche au Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (Université d'Ottawa au Canada).

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Annie Ibrahim : Le Vocabulaire de Diderot

Ellipses Marketing - Mai 2016 - Le vocabulaire de


Ce philosophe qui refuse d’être désigné comme l’auteur d’un livre a laissé une prolifération de textes éclectiques, dont le Vocabulaire des vocabulaires, la grande Encyclopédie ! L’effet de ce paradoxe est l’entrée en philosophie d’un vocabulaire traditionnel dont l’usage est décentré et désorienté, auquel s’entremêle un vocabulaire iconoclaste, importé, qui n’y eut jamais droit de cité. Les partisans de la rigueur du concept ne s’y sont pas trompés : inutile d’organiser la défense de Diderot par une vaine plaidoirie au tribunal de la Raison. Il s’agit d’entrer avec lui dans une écriture et un vocabulaire susceptibles d’« exprimer » par une prolifération de genres littéraires et rhétoriques la prolifération des formes de l’énergie de la « molécule ». Approuver la décision matérialiste de sa philosophie pour un naturalisme aléatoire, c’est s’engager à « voir la chose », se rendre aveugle au vocabulaire du concept et à l’ordre du système, pour éprouver, avec l’aveugle de la Lettre cette autre cohérence du vocabulaire philosophique où les idées sont « moulées » par les sensations.

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Christian Ferrié : La politique de Kant. Un réformisme révolutionnaire

Payot - Mai 2016 - Critique de la politique


Kant, penseur de la démocratie participative ? La pensée politique moderne a admis la dichotomie entre la réforme, entreprise par le souverain, et la révolution, accomplie par le peuple. Kant est réformiste. Toutefois, sa sympathie pour la Révolution française l'amène à élaborer une politique pragmatique. Animé par un esprit révolutionnaire, le réformisme kantien entend réussir le processus politique de la républicanisation par le moyen de la réforme, tout en rendant justice à la nécessité du processus naturel de la révolution qui réagit à l'oppression de la liberté.

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Bénédicte Boudou : Montaigne et les animaux

Editions Léo Scheer - Mai 2016


« On a tous entendu parler de la théorie cartésienne de l’animal-machine. On sait moins que cette théorie a largement riposté à la bienveillance envers l’animal préconisée par certains penseurs de la Renaissance, Montaigne en particulier. L’intérêt de Montaigne pour l’animal est philosophique : il conteste l’arrogance de l’homme à s’estimer maître de la nature, et opère un renversement de perspectives. Il invente une pensée de l’animal regardant l’homme. À une vision verticale, Montaigne substitue une relation horizontale entre les hommes et les bêtes, faite de solidarités réciproques. Les animaux ne rappellent-ils pas aux hommes le respect de la nature ? La réflexion de Montaigne le conduit encore à réhabiliter le rôle de la sensibilité dans la compréhension du monde. Ne serait-ce que pour cette raison, les Essais méritaient bien un nouveau regard. »

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mercredi 4 mai 2016

Søren Gosvig Olesen : La phénomenologie, cette inconnue

Mimesis - Mars 2016 - L'oeil et l'esprit


Ce livre entre en polémique avec le tournant cognitiviste ou mentaliste de la phénoménologie. Visant à montrer la radicalité de la phénoménologie, il en expose, dans un premier temps, les enjeux et les possibilités, pour montrer ensuite comment ses concepts-clés – la réduction, la variation, la constitution – témoignent d’une puissance heuristique qui déborde largement le cadre des opérations de conscience dans lequel on les a enfermés. À renouer ainsi avec les origines de la phénoménologie, on découvre finalement que la perspective qui s’annonce dans les phénomènes n’est rien d’autre que celle de l’essence. 

Søren Gosvig Olesen, professeur de?philosophie à l’Université de Copenhague, a publié notamment La philosophie dans le texte (1982), Wissen und Phänomen (1997) et Transcendental History (2012).

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Pierre Navarro : Épicure. Une Philosophie de la Vie Facile

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Collection : Aimer les philosophes


Quoi de plus facile que d'être épicurien ? Se laisser porter par le plaisir est à la portée du premier venu… Mais c'est ignorer que l'épicurien est d'abord l'élève d'un philosophe, épicure, qui prône une discipline rigoureuse des désirs et la lucidité devant la mort. Le lecteur averti a dès lors beau jeu de dénoncer la caricature de l'épicurien en pourceau, renvoyant le néophyte à ses chères études. Pourtant, Epicure dit bien que le bonheur que promet sa doctrine est facile, et qu'il ne s'embarrasse d'aucun savoir préalable. Son éthique se résume en quatre phrases, ses principes physiques sont élémentaires, et sa théorie de la connaissance s'appuie sur l'évidence sensible. Mais si cette philosophie est si facile, pourquoi tant de contresens ? Pourquoi tant de questions sans réponse ? Pourquoi, enfin, tant de malheur quand le plaisir nous tend les bras ? Ce livre s'adresse à ceux qui ne connaissent pas épicure et Lucrèce. Puisse-t-il donner envie de lire les épicuriens et prendre la mesure de cette facilité héroïque, conquise de haute lutte, que prétend enseigner la philosophie du Jardin.

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Jacques Derrida et Evando Nascimento : La Solidarité des vivants et le pardon. Conférence et entretiens

Hermann - Mai 2016 - Le Bel aujourd'hui


« Quand la notion d'imprescriptibilité est inscrite dans la loi, comme c'est le cas en France depuis 1964 pour les crimes contre l'humanité, elle devient ainsi, au-delà de la temporalité juridique et donc humaine, un concept juridique. Celui-ci donne à entendre qu'aucune loi des hommes, dans le temps des hommes, ne peut soustraire le criminel au jugement. Ce n'est pas le contraire du droit de grâce, puisque le chef d'État peut encore gracier un homme condamné pour crime contre l'humanité [...]. L'imprescriptibilité a ceci d'analogue avec le droit de grâce, avec la grâce dont elle paraît être le contraire, que dans les deux cas l'ordre humain de la loi et le temps humain du jugement sont débordés par une instance transcendante. Les hommes n'ont pas le droit de soustraire ou de se soustraire au jugement, quel que soit le temps écoulé après la faute. [...] Mais comme l'ordre du prescriptible ou de l'imprescriptible n'est pas celui du pardonnable ou de l'im-pardonnable, qui eux n'ont plus rien à voir, en principe, avec le judiciaire ou le pénal, alors cette hyperbole du droit fait signe néanmoins vers un pardon, à savoir un excès dans l'excès, un supplément de transcendance (on peut tout en condamnant, devant la cour de justice, pardonner l'impardonnable) ou bien vers une réappropriation humanisante, une ré-immanentisation de la logique du pardon. » J. Derrida

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Jean-Marc Durand-Gasselin : Rousseau. Une Philosophie de la Modernité

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Collection : Aimer les philosophes


Pour comprendre l'importance de l'oeuvre de Rousseau, il est nécessaire de retracer la trajectoire de cette figure singulière et controversée, au coeur du XVIIIe siècle. Le lecteur est ici invité à voir comment Rousseau inaugure la forme la plus conséquente d'autocritique des Lumières, au point de se placer à l'épicentre de la modernité. Les Lumières en effet s'incarnaient à Paris dans les salons par un certain rapport à la culture et à la sociabilité mondaine, qui était devenu un modèle dans toute l'Europe. Réagissant à ce monde brillant de la conversation et des privilèges, Rousseau a explicité les formes de justification sur lesquelles il reposait, en a produit une critique radicale et en a proposé une alternative intellectuelle globale dans son anthropologie, sa politique, sa théorie de l'éducation, son roman et ses écrits autobiographiques.

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Wald Lasowski Alioch (dir.) : Althusser et Nous

PUF - Mai 2016


Philosophe et penseur du politique, intellectuel marxiste et militant communiste, enseignant, directeur de collection... : à travers le rayonnement de son oeuvre et de sa personne, Louis Althusser a renouvelé la théorie politique et la philosophie de l'histoire, de Machiavel à Marx.
Parmi ses contemporains, Michel Foucault exhorte : « Ouvrez les livres d Althusser ! », Jacques Derrida évoque « la force rayonnante et provocante de sa pensée », Gilles Deleuze salue l' « Althusser s Band », et pour Roland Barthes, « le seul modèle acceptable de la science est celui mis au jour par les études d Althusser sur Marx ». Aliocha Wald Lasowski converse avec vingt écrivains et philosophes qui ont lu, rencontré, parfois travaillé avec Althusser, quand ils n'ont pas fait partie de ses proches. Où l'on mesure à quel point la pensée d'Althusser demeure d'une actualité brûlante.

Né en 1977, critique littéraire au Point Hors-série, à L'Humanité, à Marianne et au Magazine littéraire, Aliocha Wald Lasowski est maître de conférences en esthétique et philosophie contemporaine à l'université catholique de Lille (Faculté des lettres et sciences humaines).

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Jean-Marc Lévy-Leblond (ed.) : Lettres à Alan Turing

THIERRY MARCHAISSE EDITIONS - Mai 2016 - LETTRES A


La gloire d'Alan Turing commence vers la fin du XXe siècle, bien longtemps après sa mort.
Il aura donc fallu attendre l'informatisation du monde, la divulgation de ses activités de décryptage durant la Seconde Guerre mondiale et la levée des tabous sur l'homosexualité, pour que son génie mathématique déploie enfin toutes ses dimensions scientifiques, culturelles et personnelles.
Ses recherches très variées, et notamment sa célèbre machine, sont loin d'avoir donné tous leurs fruits. Nous vivons en partie dans une sorte d'« espace de Turing » mal connu, que les lettres rassemblées ici explorent avec humour, savoir et affection.

Jean-Marc LÉVY-LEBLOND est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage.

AUTEURS : Henri ATLAN, Ali BENMAKHLOUF, Pierre BERLOQUIN, Catherine BERNSTEIN, Gérard BERRY, Pierre CASSOU-NOGUÈS, Jean-Paul DELAHAYE, Jean DHOMBRES, Jean-Pierre DUPUY, Nazim FATÈS, Jean-Gabriel GANASCIA, Sylvie LAINÉ, Jean LASSÈGUE, Jacques LECLAIRE, Hervé LE GUYADER, Laurent LEMIRE, Ignazio LICATA, Giuseppe LONGO, François NICOLAS, Odile PAPINI, Jean-François PEYRET, François RIVENC, Sara TOUIZA-AMBROGGIANI

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mardi 3 mai 2016

Guillaume Tonning : Nietzsche. Une philosophie de l'épreuve

Ellipses - Avril 2016 - Aimer les philosophes


De l’épreuve philosophique de Nietzsche, comment sortir indemne ? Il ne suffit pas, incriminant la sotte austérité de l’esprit de système, de vagabonder dans l’oeuvre à la façon d’un chien errant. Le lecteur qui remuerait de la queue à la découverte d’un bon mot ou d’une formule piquante manquerait en effet l’essentiel dans son plaisir cynique : l’extraordinaire cohérence d’une proposition de pensée qui se cherche puis se trouve en clarifiant les concepts de volonté de puissance et d’éternel retour. Le présent ouvrage ambitionne d’emprunter non tant le chemin qui mène à Nietzsche que celui qu’il suit lui-même. Penser en sa compagnie, respirer l’air frais de ces cimes qu’il fréquente, voilà le moyen de se faire, à la façon des « hommes supérieurs » de Zarathoustra dans leur désarmante impéritie, disciple sans discipline ou sectateur sans sectarisme... De pages écrites en une époque révolue, celle du nihilisme et de la « mort de Dieu », émane dès lors le souffle d’une liberté salutaire pour les temps présents.

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Juliette Lemaire et Jean-Baptiste Gourinat (dir.) : Logique et dialectique dans l’Antiquité

Vrin - Mai 2016 - Blibl. Histoire de la philosophie



Tout au long de l’Antiquité, logique et dialectique ont entretenu des relations étroites et complexes. Tandis que la dialectique apparaît dès Socrate et Platon, il faut attendre Aristote pour le premier développement de la logique, sous le nom d’« analytique », et les stoïciens pour qu’apparaisse le terme de « logique ». Le développement historique de la logique suit ainsi un mouvement d’extension à partir de la dialectique, et celle-ci est tantôt conçue comme une espèce de la logique, tantôt comme une discipline rivale. Les deux disciplines ont pour objet le raisonnement, et l’avènement de la logique se fait en partie en détachant les règles du raisonnement de la forme dialoguée et du contenu concret des arguments, symbolisés par des lettres ou des nombres, mais la forme dialogique reste souvent prévalente. Les deux disciplines hésitent entre le statut d’instrument de la philosophie (l’organon aristotélicien) et celui d’une partie de la philosophie. Cet ouvrage étudie l’histoire des différentes conceptions de ces deux disciplines, ainsi que la relation qu’elles ont entretenue entre elles, depuis Socrate et Platon jusqu’au néoplatonisme, en passant par Aristote et la philosophie hellénistique (les stoïciens, les cyniques). 
Les études réunies ici ont fait l’objet d’un colloque, organisé du 10 au 12 décembre 2009 par le Centre de Recherches sur la Pensée Antique (Centre Léon Robin), UMR 8061 du CNRS (Université Paris-Sorbonne et ENS Paris).

Ont oollaboré à ce volume : J. Barnes, M. Bonelli, L. Castagnoli, P. Crivelli, L.-A. Dorion, D. El Murr, J.-B. Gourinat, M. Gourinat, S. Husson, K. Ierodiakonou, J. Lemaire, A. Longo, M. Narcy, C. Rapp, A. Schiaparelli, C. Viano, F. Wolff.

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lundi 2 mai 2016

Ugo Batini : Schopenhauer. Une Philosophie de la Désillusion

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Aimer les philosophes


La collection « Aimer les philosophes » laisse le champ libre à des spécialistes pour livrer une lecture personnelle de l'auteur ou du courant philosophique qui est au cæur de leur vie spirituelle. Un cheminement de pensée enthousiaste en compagnie des classiques de notre tradition. Cynique, amateur de bons mots, vieux pessimiste, Schopenhauer se prête aisément à un portrait haut en couleur, rapidement brossé grâce à quelques anecdotes et insultes bien senties qui ont grandement participé à sa célébrité tardive. Cet ouvrage invite à ne pas en rester là. Se découvre alors un homme inactuel, se complaisant à la fois dans un romantisme en déclin et dans les acquis des sciences de son temps, dont la pensée exigeante cherche à nous livrer le réel sans fard. Plus encore, un parcours de lecture attentif de son maître ouvrage, Le Monde comme volonté et représentation, permet au lecteur d'assister à l'élaboration progressive de cette patiente entreprise de désenchantement. Alors seulement nous devient compréhensible la formidable influence qu'il exerça sur les artistes et les penseurs qui, à l'instar de Céline, Proust, Beckett ou Mann, construisirent le siècle à venir dans l'horizon de cette philosophie sans illusion.

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Élodie Lemoine et Jean-Philippe Pierron (dirs.) : La mort et le soin. Autour de Vladimir Jankélévitch

Presses Universitaires de France - Mai 2016 - Questions de soin


Est-ce une sombre dialectique que de vouloir penser le soin à l’ombre de la mort ? La question est médicale, elle est aussi métaphysique. Elle instille au cœur du soin le plus technique, précis et rigoureux, des enjeux éthiques, mais aussi existentiels. Ils lestent la décision médicale et l’agir soignant d’une densité nouvelle : une méditation sur la condition mortelle de l’homme souffrant. Autour d’une analyse de Vladimir Jankélévitch, qui n’a pas connu ce que nous appelons aujourd’hui les soins palliatifs, mais qui a longuement médité sur la mort, médecins, oncologues, sociologues, bénévoles d’accompagnement et philosophes dialoguent et font résonner ses analyses, en leur donnant une nouvelle actualité. En effet, si pour tout homme « mors certa, hora incerta » – la mort est certaine, mais l’heure incertaine –, c’est encore plus vrai lors d’une maladie évolutive et incurable. Entre la certitude du fait et l’incertitude de la date s’engouffre l’espérance indéterminée, avec laquelle l’agir soignant et l’existant malade composent. N’est-ce pas alors le sens du soin que d’être une clinique de l’incertitude ?

Sommaire
Introduction, « Pour une clinique de l’incertitude », Jean-Philippe Pierron
« La mort », Vladimir Jankélévitch
« L’incertitude fondamentale. La fin de vie pensée avec Vladimir Jankélévitch », Élodie Lemoine
« L’instant et la durée : Jankélévitch et les soins palliatifs », Laure Barillas
« La fécondité possible du doute en fin de vie », Régis Aubry
« Pour une critique de la notion de fin de vie », Patrick Baudry
« Demander l’euthanasie, une façon de rester vivant ? » Gisèle Chvetzoff
« L’accompagnant, un funambule de la relation », Tanguy Châtel
« Relation de soin : vérité ? Mensonge ? Incertitude ? », Pascale Vassal
« Le mourant, un semblable ? Incertitudes de la reconnaissance », Agata Zielinski
« Le premier du soin dans les derniers soins », Jean-Philippe Pierron

Jean-Philippe Pierron est professeur et doyen de la faculté de philosophie de Lyon 3.
Élodie Lemoine est doctorante en philosophie (Lyon 3) et chargée de mission scientifique à l'espace Éthique Rhône-Alpes.

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