samedi 8 juin 2019

Peter van Inwagen : Des Êtres matériels

Les Éditions d'Ithaque - Juin 2019


Des Êtres matériels est un ouvrage majeur de la métaphysique contemporaine, qui traite de l’existence des objets à travers la question de la composition : À quelles conditions plusieurs choses en composent-elles une autre ? Or il existe deux réponses extrêmes et opposées qui consistent à soutenir ou bien qu’il n’y a jamais aucun objet résultant de la composition (le « nihilisme méréologique ») ou bien que n’importe quelle pluralité d’éléments compose un autre objet (l’« universalisme méréologique intégral »). Face à ces deux positions extrêmes qu’il rejette, Peter van Inwagen défend à son tour une thèse tout aussi paradoxale, qu’il nomme la « Thèse du Refus » : les objets matériels, en toute rigueur, n’existent pas, sauf s’ils composent l’activité d’un être vivant. C’est donc à l’examen de cette thèse surprenante, de sa justification et de ses conséquences philosophiques que se consacre ce traité métaphysique sur la composition.

Peter van Inwagen est un philosophe américain. Il enseigne actuellement la métaphysique et la philosophie de la religion à l’université de Notre-Dame, dans l’Indiana. Considéré comme l’un des méta­physiciens contemporains les plus éminents, il a notamment publié La Métaphysique (Ithaque, 2017), Essai sur le libre arbitre (Vrin, 2017), ainsi que The Problem of Evil (Oxford U. P., 2006). Jean-Pascal Anfray (traducteur) est maître de conférences en philosophie à l’École normale supérieure. Il a publié Qu’est-ce que la nécessité ? (Vrin, 2009).

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Denis Diderot : Eléments de Physiologie. Édition Critique par Motoichi Terada

Matériologiques - Juin 2019


Œuvre inachevée, les Éléments de physiologie peuvent être considérés comme le testament philosophique de Diderot. Le philosophe y construit une philosophie matérialiste du vivant et de l’homme dont la force et la richesse n’ont cessé de frapper les lecteurs.
Moment essentiel du matérialisme des Lumières, les Éléments de physiologie sont aussi un texte complexe. La présente édition critique offre les outils nécessaires à sa compréhension et à son étude. Le texte, soigneusement établi, est complété d’un riche apparat critique. De précieuses notes de sources permettent de mieux voir comment Diderot construit sa propre réflexion à partir des textes des savants de son temps. L’introduction fait le point sur la genèse du texte et sa place dans l’œuvre du philosophe, tout en éclairant les principales questions philosophiques et scientifiques soulevées par Diderot.
Avec cette édition, un nouveau regard sur une œuvre majeure des Lumières est ainsi proposé au lecteur.

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Jean-Bernard Paturet : La passion aporétique de Sigmund Freud. Epistémè et heimarnénè, suivi de A propos d'un lapsus de Freud sur le Moïse de Michel-Ange

Lambert-Lucas  - Juin 2018


L'épistémologie freudienne dévoile tout au long de l'oeuvre du père de la psychanalyse une aporie entre déterminisme et causalisme d'une part, choix de destinée d'autre part. Freud est conduit, pour la reconnaissance scientifique de sa discipline, à s'inscrire dans les sciences de la nature (Naturwissenschaften) de son époque tandis que sa pratique clinique l'amène chaque jour à déceler la responsabilité de chacun dans son histoire personnelle et l'engagement dans la vie. De la figure du Grand Homme qu'est Moïse, Freud met à mal la toute puissance. Dans Le Moïse de Michel-Ange, un lapsus surgit à l'évidence : la sculpture du pape Jules n'est pas étudiée par le Viennois alors que lui aussi est tombé de son piédestal et déchu de son pouvoir absolu.

Jean-Bernard Paturet est professeur des universités, directeur du département de psychanalyse de l'Université de Montpellier. Développant une lecture psychanalytique des phénomènes sociaux, il s'interroge sur les tragédies du siècle passé et du nôtre, sur la perpétuation d'une culture de soumission (D'une soumission l'autre, Cerf, 2013) et sur l'apparition d'une culture de l'extermination ("Au-delà" de Freud. Une culture de l'extermination, Cerf, 2009) dont la plus contemporaine et la plus horrifiante s'exprime dans le terrorisme islamique et ses fantasmes de reconstruction de l'ancien Califat (Cave Califatum ! Le Califat, un nouveau grand récit totalisant suivi de Le Territoire et l'im-monde, Lambert-Lucas, 2017)

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jeudi 6 juin 2019

Collectif : Le seul progrès qui vaille c'est l'accès au bonheur

Nouvelle éditions de l'aube - Juin 2019


« Le bonheur vous tombe dessus, c’est ineffable. On ne peut pas le cerner. » Dans ce dialogue mené à bâtons rompus, plusieurs ­personnalités réagissent à cette affirmation : « Le seul progrès qui vaille, c’est l’accès au bonheur. » Mais qu’est-ce que le bonheur ? Qu’est-ce que l’accès au bonheur ? Faut-il nécessairement le vouloir ? En quoi la culture influence-t-elle le bonheur ou, plutôt, le fait de se considérer comme heureux ? Et la joie, là-dedans ? La jouissance, le désir ? Le bonheur est-il collectif, individuel, peut-il être les deux ? Les points de vue se complètent et se heurtent pour nous livrer une très stimulante leçon.

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Martine Béland (dir.) : Essais américains, suivis de Philosopher à l'épreuve de l'histoire

PU Montréal - Juin 2019 - Pensée allemande et européenne


Ni survol des œuvres principales de Karl Löwith ni introduction à sa vision particulière de la condition humaine, cet ouvrage revalorise la pensée du philosophe de deux manières. D'abord, en proposant des essais jusqu'alors inédits en français, écrits principalement pendant sa période américaine et témoins du développement de sa réflexion sur la disposition philosophique et sur les sources qui l'alimentent - Pyrrhon, Pascal, Nietzsche. Ensuite, en analysant sa pratique philosophique et son évolution à travers des réflexions sur la question de l'histoire et du temps avec, notamment, Strauss, Voegelin, Koselleck et Hegel. 
Cet ouvrage offrant à la fois traductions et analyses originales s'adresse à un public intéressé par la philosophie allemande, mais aussi aux chercheurs et aux étudiants en théorie politique et à quiconque s'interroge sur les liens entre religion, philosophie, et histoire. C'est à une expérience de la philosophie que le lecteur est ici convié, une expérience qui, dans les mots de Löwith, commande la retenue, la mesure et «le charme plus doux, mais sans éclat, de l'équilibre». 

Martine Béland est la directrice du Centre canadien d'études allemandes et européennes (CCÉAE) de l'Université de Montréal. Elle enseigne au Département de philosophie du Cégep Édouard-Montpetit (Canada).

Avec les contributions de Ronald Beiner, Guillaume Fagniez, Bruno Godefroy, Sophie Marcotte-Chénard, Jeffrey Reid, Daniel Tanguay et les traductions de Jean-Claude Gens, Peter Odabachian et Adrien Rogge.

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Patrice Guillamaud : La jouissance et l'espérance

Les éditions du Cerf - Juin 2019


L'homme peut-il atteindre au sublime sans s'anéantir ? Ou se sublime-t-il en renonçant à l'extrême pour trouver dans l'art le dépassement du sacrifice inutile ? Entre vie et mort, le manifeste théorique d'un philosophe contemporain majeur qui a exploré toutes les expressions limites.
Le bonheur est-il dans la jouissance ou dans l'espérance ? 
La jouissance est le plaisir infini. L'espérance est l'attente d'un bonheur infini. Pour le poète-philosophe Schiller, la jouissance exclut l'espérance et l'espérance exclut la jouissance. Mais est-ce si sûr ? 
À partir d'une étude des pensées du marquis de Sade et de Thérèse d'Àvila, Patrice Guillamaud montre que la véritable jouissance est dans l'espérance elle-même. 
L'unité de la jouissance et de l'espérance, c'est le bonheur paradoxal de la renonciation. Le bonheur est la béatitude dans le renoncement, l'accomplissement dans la relativisation d'une aspiration à l'absolu. 
Ce livre est aussi un manifeste qui introduit de manière pédagogique à une nouvelle philosophie. Il s'agit de penser le réel tel qu'il est et tel qu'il ne l'a jamais été. Il s'agit de penser le réel comme étant lui-même une pluralité irréductible et tolérante d'espérances.

Patrice Guillamaud enseigne la philosophie en khâgne à Tours. Ses derniers livres sont, aux Éditions du Cerf, Le Charme et la sublimation (2017) et, aux éditions Kimé, La Renonciation ou la vie de la pensée (2018).

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mercredi 5 juin 2019

Jean Baechler : De l'art à la culture

Hermann - Juin 2019


Pris en son sens le plus étroit, l'art (au singulier) semble être une particularité européenne moderne et un produit culturel de l'histoire. La distinction entre art et non-art est particulièrement délicate et semble de plus en plus difficile à délimiter clairement dans nos sociétés contemporaines, où le beau investit de nombreuses sphères artisanales et industrielles tout en s'absentant des productions désignées spécifiquement par le vocable "artistique".
Dans ce court essai, l'auteur propose d'examiner la question de l'art et du non-art dans le double cadre de la mondialisation et de la modernisation. L'objet est de comprendre la nouvelle matrice culturelle qui se dessine aujourd'hui, où l'art se fond de plus en plus avec la notion de "culture" et questionne ainsi la "désartification" (Nathalie Heinich) de nos sociétés occidentales contemporaines qui va de pair avec leur "culturation".

Jean Baechler est professeur émérite de l'université Paris-Sorbonne et membre de l'Institut.

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Daniele Vegro : Moi, Galilée, qui ne suis qu'un homme

Belin - Juin 2019 - Science à plumes


Acquapendente, janvier 1633. Galilée, convoqué par le Saint-Office pour "avoir tenu et cru la doctrine fausse et contraire aux Saintes Ecritures que le Soleil est le centre du monde", se retrouve en quarantaine à cause d'une épidémie de peste. A Rome, son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde a causé le scandale et provoqué l'ire de son protecteur Urbain VIII. Le savant toscan, malade et à moitié aveugle, va devoir répondre de ses écrits... Il met ce temps à profit pour repenser à sa vie, fantasmer le futur, tout en craignant de ne jamais revenir des mains de l'Inquisition. S'adressant directement au lecteur, il cherche à justifier sa version des faits avant d'être englouti à jamais par l'histoire... livrant ainsi un témoignage intime sur sa vie étonnante, ses découvertes, ses succès, ses combats, et la vie tumultueuse de son époque. Dans ces vrais-faux Mémoires, tour de force littéraire mêlant véracité historique et imaginaire, Daniele Vegro livre un portrait haut en couleur d'un Galilée plus vrai que nature, partageant sans retenue doutes, passions, émois et colères. Et nous révèle, derrière le savant de génie dont les découvertes en astronomie et en physique vont bouleverser le monde, l'homme, truculent, passionné, irrévérencieux... et impitoyable démolisseur de dogmes.

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mardi 4 juin 2019

N. Dziub, T. Musinova et A. Voegele (dir.) : Traduction et interculturalité. Entre identité et altérité

Peter Lang - Mai 2019


L’interculturel étant constitutif du culturel, et la traduction fonctionnant comme un outil de médiation entre les cultures, il semble indispensable d’étudier les liens entre l’un et l’autre. La figure qui est au cœur des études traductologiques est celle de l’Autre, et le traducteur doit trouver le juste équilibre entre identité et altérité, mais aussi entre dénotation et connotation(s), entre explicite et implicite, entre littérature et culture. Pour mener à bien cette « négociation » (Umberto Eco), il lui faut tenir compte d’éléments aussi variés que le différentiel cognitif entre les lecteurs de l’original et ceux de la traduction, la variabilité des connotations culturelles de certains termes et les éthé discursifs mobilisés dans le texte à traduire.

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lundi 3 juin 2019

Gérard Pfister : Ce qui n'a pas de nom

Arfuyen - Mai 2019


Après le triptyque de La Représentation des corps et du ciel – Le grand silence (2011), Le temps ouvre les yeux (2013) et Présent absolu (2014) –, après Ce que dit le Centaure mettant en scène le Temps, le Songe et le Chant, c'est une méditation plus vaste encore qui est ici proposée au lecteur. D'emblée le propos, philosophique autant que poétique, en est posé par l'épigraphe de Lucrèce : " Tu parais, et les vents, les nuages du ciel / à ta venue s'enfuient, sous tes pas la terre / brode de tendres fleurs, le miroir de la mer sourit, / et le ciel apaisé brille d'une lumière immense. " De quelle apparition s'agit-il ? Celle qui se révèle à nous dans la vie de chaque instant, dans le mouvement des formes, des couleurs, des significations. De tout cela que voyons-nous, que comprenons-nous ? " Tout est tellement incompréhensible ", écrivait Etty Hillesum devant le lupin violet éclos dans le camp de Westerborck. " Le poème, indique une courte préface, serait cette parole plus fluide que l'eau, plus rayonnante que la lumière, qui saurait de toutes choses ne faire sentir que l'apparition, le chatoiement, ce qui toujours semble ici et qui n'a pas de nom. " Comment atteindre à cette parole pour qu'aphorisme et lyrisme, pensée et musique ne fassent plus qu'un : à travers 1000 poèmes de 4 vers, indépendants et résonnant ensemble. 4000 vers, ouverts à la nature, à l'art de Titien, Monet, Bill Viola ou Lee Chang-Dong . Et l'intense lumière de Venise.

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Opium Philosophie, 7 (2019) : Le rythme

Opium Philo - Mai 2019


Alors que le rythme est en prise sur de nombreux champs du réel, il est un objet marginal de la philosophie. Et pour cause, son caractère difficilement saisissable, étant d’abord perçu par l’une de ses manifestations avant d’être réfléchi dans l’abstrait. Dès lors, à défaut d’en avoir une compréhension globale, ce 7e numéro procède par mosaïque. Chacun des 23 articles comme des nombreux visuels qui parsèment cette édition reflète ainsi une facette du rythme et explore ses ramifications aussi bien métaphysiques, esthétiques, sociales que politiques.

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Anne Alombert et Camille Chamois (dir.) : La notion d’humanité dans la pensée contemporaine

Presses Universitaires de Paris Nanterre - Juin 2019


L’organisation contemporaine du savoir est telle que la notion d’humanité y joue une position relativement ambiguë. D’un côté, le développement des sciences de l’homme depuis le milieu du xixe siècle, fait de l’humanité un domaine épistémologique de premier ordre. D’un autre côté, les notions de « nature humaine », d’« humanité » voire d’« humanisme » font régulièrement l’objet d’attaques frontales : en témoignent les différentes formes de morale ou de politique « antihumaniste », le consta philosophique de la « mort de l’homme » ou l’annonce d’une ère historique « post- ou transhumaniste ». Or, ces différentes acceptions de la notion d’humanité ne se superposent pas. Le groupe de recherche « L’humain impensé » cherche à clarifier la nature des débats contemporains autour de cette notion. Les différentes contributions présentées dans cet ouvrage participent à cet effort, en interrogeant l’humain aux prismes des questions de la philosophie, du langage, de l’art, et de la technologie.

Sommaire

Introduction : expérience humaine et sciences de l’homme
Camille Chamois
Présentation de l’ouvrage et résumé des chapitres
Anne Alombert et Camille Chamois
Le statut de l’humain dans le discours philosophique
L’humain et la philosophie
Jean-Michel Salanskis
Déconstruction et transformation de la question
du « propre de l’homme ». Derrida et Simondon
face au problème de la différence anthropologique
Anne Alombert
La réalité en perspective. Le réalisme comme critère
de la différence anthropologique
Camille Chamois
Humain, trans-humain et post-humain
Cybernétique et Transhumanisme chez Norbert Wiener
Benjamin Norguet
Compagnonnages trans-espèces et post-humanismes
dans un monde sans gravité
Ségolène Guinard
La langue, le langage et l’humain
Herméneutique et rationalités
Christian Berner
Langage, logique et rationalités
Manuel Rebuschi
Dé-marque et pro-nomination : pour une autre
phénoménologie de la languécriture
Katy Barasc
Art, humanité et inhumanité
Humanité et inhumanité de l’homme
Anna Szyjkowska-Piotrowska
My/is(t)ère de la sensibilité. Lyotard et la force
de l’inhumain
Monika Murawska
Le jeu : entre art, humain, inhumain
Alice Koubová

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dimanche 2 juin 2019

Critique n° 864 : Les habits neufs de la Rome antique

Editions de Minuit -  201Mai9


Rome, la Rome antique, est-ce encore notre affaire ? Brutus ne fait plus rêver les républicains, ni Lucullus les gastronomes. L’idée d’empire n’inspire plus personne. Mais si Rome ne nous donne plus l’exemple, elle nous réserve encore bien des surprises ; et c’est sans doute pourquoi notre curiosité, voire notre fascination, demeure intacte. Libérés du souci de l’exemplarité et du leurre d’une imaginaire proximité, c’est peut-être maintenant que nous pouvons le mieux entendre les leçons de Rome. On s’en persuadera, à la lecture de ce numéro : une nouvelle histoire romaine se dessine. Elle rapproche les disciplines et combine les méthodologies, de l’urbanisme à la politologie, du droit à la climatologie ; elle réinvente et explore ses objets : du dissensus sociopolitique aux massacres institutionnels, des pratiques judiciaires aux terreurs épidémiques. Dans les questions qui se posent à Rome, il est aussi question de nous : de nobis fabula narratur...

Sommaire

Philippe ROGER : Les germes, pas les Germains

Donatien GRAU : Vers une histoire post-post-classique

Thibaud LANFRANCHI : Rome est-elle dans Rome ? Les avatars de la res publica

Marc LEBIEZ : Rome exterminatrice ?

ENTRETIEN

Dario MANTOVANI : « La secrète beauté des œuvres des juristes romains »

Jean-François LOUETTE : « Jean Lombre » ou les amis déconcertés

Patrizia LOMBARDO : « Toujours tu reviendras Mélancolie ». Cold War de Paweł Pawlikowski

Wolfgang ASHOLT : Alexander Kluge en version française

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L. Lévêque, A. Makan (dir.) : Identité et altérité à l'épreuve de l'interculturel

Effigi - Mai 2019 - Babel, Transverses


Rimbaud l’avançait dès 1871, si « je est un autre », c’est que le sujet se construit dans sa relation à autrui. Ce « je » que l’on aime à dire singulier est ontologiquement pluriel, produit de tensions fondatrices qui informent aussi la langue dont il se sert, la musique qu’il écoute, les films qu’il regarde ou les livres qu’il lit, toutes productions culturelles qui façonnent une vision du monde en jouant sur des codes identitaires, proposés à l’identification. Ce sont ces jeux complexes qui, selon que le contexte où ils interviennent est pacifié ou tendu, peuvent supposer assimilation ou distanciation, qui sont ici suivis dans leurs dimensions anthropologique, linguistique, politique, en un dialogue fructueux qui, dépassant le piège des identités meurtrières chères à Maalouf, entend mettre l’accent sur la nature heuristique de la rencontre.
TABLE DES MATIÈRES
Présentation, par Abdeltif Makan
Variétés linguistiques
Zahra Zaid, Les langues maternelles et le débat autour de l’identité et de l’altérité au Maroc
Abdeltif Makan, Du sentiment et de la construction de l’identité culturelle à l’épreuve des paramètres d’énonciation
Amal Oussikoum, Mounir Oussikoum, La traduction des cultures : des contraintes de la forme aux exigences du sens
Rachid Jama, Culture et phraséologie : de quelques problèmes de traduction
Rabia Maaroufi, Approche interculturelle de la politesse linguistique : le remerciement en français et en arabe marocain
Anthropologie interculturelle
Houria Radim, Le thème de la féminité, une problématique identitaire
Nadia Ouachene, Représentation socioculturelle de la femme dans le conte populaire marocain
Souad Moudian, L’expression de la couleur en rifain : moyens linguistiques et représentations symboliques
Rahma Barbara, Charaf Laassel, De la représentation spatiale du corps humain dans les cultures marocaine et française
Naïma Fadil-Barillot, Enjeux identitaires en contexte interculturel
Bouchta Farqzaid, Identité africaine et cinéma
Abdeltif Makan, Cherqui Ameur, De la pertinence de la double énonciation, verbale et iconique, dans la fixation des valeurs identitaires et culturelles. Le cas du Babel d’Iñarritu
Les identités minorées à l’épreuve du consensus national
Laure Lévêque, Roman national et diversité : « nos ancêtres les Gaulois » dans la bataille interculturelle
Lhassane Andam, La problématique identitaire chez le poète Sidqi Azaykou
Joseph Abah Atangana, Culture, identité et histoire dans La Saison de l’ombre de Léonora Miano
Nous et les autres : poétique et politique du divers
Mohamed Semlali, l’autre et l’identique dans L’Autre monde 
de Cyrano de Bergerac
Aurélie Dell’olio, Edith Wharton face à l’altérité culturelle à travers le récit de The Cruise of the Vanadis. Le reflet d’une époque colonialiste et de ses préoccupations
Daniel Aranjo, Exil et altérité dans Emigrantes (1928) de Ferreira de Castro
La diversité culturelle au prisme de l’éducation
Khadija Nacihi, Du texte littéraire et de l’interculturalitédans le manuel de3e année collégiale Parcours III
El Mostafa Ftouh,L’identité et l’altérité, des facteurs facilitateurs ou contraignants pour l’intégration dans l’Université marocaine ?
Pascal Chevriot, Le tourisme solidaire, une rencontre différente de l’autre ?
Par delà les identités meurtrières
Mohammed Zahiri, Abdelkébir Khatibi :l’identité n’est-elle qu’illusion ?
Khadija Elmowahidi, D’Ibn Arabi à Abdelwahab Meddeb : la synthèse comme démarche interculturelle
Abderrahim Tourchli, Mohamed El Alaoui, Identité et altérité dans la littérature négro-africaine

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Bérengère Abou et Hugues Berry (dir.) : Sexe & genre. De la biologie à la sociologie

Matériologiques - Juin 2019


Ces dernières années, les débats à propos des notions de sexe et de genre entre biologie et sciences humaines et sociales connaissent une intensité accrue, tant pour des raisons scientifiques que pour l’effet que ces positions ont sur les usages sociétaux de ces notions. Beaucoup de biologistes rejettent la mise en cause par une partie des sciences humaines et sociales de ce que la biologie tient pour fondamental, telles la binarité des sexes ou les différences entre les sexes. Les spécialistes en sciences humaines et sociales, quant à eux, voient souvent la biologie comme une source académique et institutionnelle d’arguments naturalistes qui visent à s’opposer au genre. Ils dénoncent des biais d’interprétation des biologistes comme résultant, justement, de parti-pris liés au dispositif de genre. Pourtant, les échanges scientifiques à l’interface entre biologie et sciences humaines et sociales sont sans aucun doute nécessaires pour évacuer ces antagonismes. L’objectif de cet ouvrage, basé sur l’École thématique interdisciplinaire d’échanges et de formation en biologie du CNRS (dite « École de Berder ») de 2015, est de mettre en œuvre un dialogue entre des deux domaines, en tentant de passer outre des malentendus et des impensés qui n’ont que trop duré.

Ce livre s’ouvre sur une présentation des définitions considérées comme consensuelles par les deux domaines, puis des contributions analysent l’idée selon laquelle certaines études sur les différences des sexes, en neurosciences ou en éthologie, publiées dans la presse de vulgarisation ou spécialisée, présentent des biais d’interprétation attribuables à des biais de genre. Des exemples d’études fortement interdisciplinaires illustrent cependant la possibilité de mêler sciences de la vie et sciences humaines au lieu de les opposer, en ce qui concerne le plaisir sexuel animal, la détermination du sexe ou la place des transidentités et de l'intersexuation dans les rapports entre sexe et genre. Mêlant études de cas, questionnements sociologiques, anthropologiques et épistémologiques, pour aboutir à la délinéation des si labiles notions de sexe et de genre, ce livre se veut un jalon pédagogique dans l’abord de ce champ de réflexion crucial.

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samedi 1 juin 2019

Gradhiva 2019/1 (n° 29) : Estrangemental

Musée du quai Branly - Juin 2019


Ce monde en cache-t-il un autre ? Et si notre réalité déréglée n’était qu’une réalité parmi d’autres, encore plus défaillantes ? Et que faire quand il ne restera plus aucun monde ou que nous les aurons tous traversés ? Le soupçon sur la nature de la réalité et sur ce qu’elle pourrait camoufler est au cœur de l’oeuvre de l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick, mais aussi au point de départ de nombreuses enquêtes d’anthropologues sur la sorcellerie, la magie ou la divination. Dès lors qu’est-ce que les anthropologues ont à apprendre de la lecture de Philip K. Dick et comment penser la relation entre anthropologie et science-fiction ?

Page 4 à 29 : Pierre Déléage, Emmanuel Grimaud - ‪Introduction. Anomalie. Champ faible, niveau légumes‪ | Page 30 à 49 : Philip K. Dick - ‪Cosmogonie et cosmologie‪ | Page 50 à 83 : Emmanuel Grimaud - ‪La singularité fantôme. Hypnose, chasse aux spectres et cybernétique de la transmigration à Calcutta‪ | Page 84 à 115 : Istvan Praet - ‪Convergence en astrobiologie. Expérimentation contrefactuelle dans les sciences et les arts‪ | Page 116 à 139 : Agnès Giard - ‪L’amour d’air au Japon. Rituels de rencontre avec des voix venues d’ailleurs‪ | Page 140 à 161 : Arnaud Esquerre - ‪L’incognoscible maître de la réalité‪ | Page 162 à 187 : Pedro de Niemeyer Cesarino - ‪Divergence technologique. Chamanisme et numérisation en Amazonie‪ | Page 188 à 221 : Julien Wacquez - ‪« La Faillite de l’imagination ». De l’existence scientifique de la sphère de Dyson‪ | Page 222 à 249 : Pierre Déléage - ‪Manhattan Transfer. Benjamin Lee Whorf diffracté par Philip K. Dick‪ | Page 250 à 251 : Philip K. Dick - ‪L’Histoire qui met fin à toutes les histoires pour l’anthologie d’Harlan Ellison‪.

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Hermès, La Revue 2019/1 (n°83) : Les stéréotypes, encore et toujours

CNRS - Juin 2019


Page 9 à 11 : Anne Lehmans, Vincent Liquète - Introduction | Page 12 à 19 : Dominique Wolton - Ouverture | Page 20 à 24 : Dominique Wolton - Quatre stéréotypes dominants dans le champ de l’information et de la communication | Page 25 à 31 : Dominique Wolton - Quelques définitions | Page 33 : - Sélection bibliographique | Page 35 à 47 : Bernard Valade - Stéréotype et compagnie : versions, variantes et variations | Page 48 à 53 : Michaël Oustinoff - Les avatars du stéréotype depuis Walter Lippmann | Page 54 à 60 : Hervé Glevarec - Stéréotypie, objectivité sociale et subjectivité. La sociologie face au tournant identitaire : l’exemple du genre | Page 61 à 67 : Jean-Jacques Boutaud - L’expérience comme lieu commun de l’exception | Page 68 à 73 : Henri Boyer - La place du stéréotype dans la pensée sociale et les médias | Page 74 à 76 : Joëlle Zask, Anne Lehmans - Art et stéréotypes | Page 77 à 79 : Brigitte Marin, Anne Lehmans - Apprendre à écrire avec les stéréotypes à l’école | Page 81 à 90 : Vincent Lambert, Paul Rasse - Les musées, fabrique et déconstruction des stéréotypes | Page 91 à 97 : Pascal Blanchard - Stéréotypes et héritages coloniaux : enjeux historiques, muséographiques et politiques | Page 98 à 104 : Shinji Iida - « Vous êtes le roi du monde ! » Les employés de bureau et l’évolution de leur image au Japon | Page 105 à 110 : Christiane Connan-Pintado - Stéréotypes et littérature de jeunesse | Page 111 à 118 : Pascal Robert - Le stéréotype dans la bande dessinée franco-belge : jeux et plasticité narrative | Page 119 à 124 : Thierry Paquot - Le cinéma, petite fabrique de stéréotypes | Page 125 à 133 : Gilles Rouet - Les stéréotypes générationnels : fondements, limites et dangers | Page 134 à 137 : Thierry Consigny, Brigitte Chapelain - Stéréotype, art et publicité | Page 138 à 144 : Brigitte Munier - Aux bonheurs du kitsch | Page 145 à 152 : Jean Caune - Formation des stéréotypes du Juif | Page 153 à 155 : Jean Caune - Le théâtre de Jean-Claude Grumberg : en finir avec le stéréotype | Page 156 à 157 : Elatiana Razafi, Fabrice Wacalie - Les micro-agressions linguistiques | Page 162 à 169 : Jean-François Amadieu, Alexandra Roy - Stéréotypes et discriminations dans le recrutement | Page 170 à 175 : Hervé Marchal, Jean-Marc Stébé, Anne Lehmans, Vincent Liquète - Des stéréotypes tenaces sur les banlieues et les zones périurbaines | Page 177 à 185 : Agathe Menetrier - Déchiffrer les stéréotypes de genre aux guichets de l’asile | Page 186 à 190 : Étienne Damome, Nadège Soubiale - Rhétorique de la résilience et stéréotypie du pastoralisme sahélien : des discours onusiens aux contenus journalistiques | Page 191 à 195 : Christian Lequesne, Vincent Liquète, Anne Lehmans - L’Europe des stéréotypes | Page 196 à 198 : Agnès Giard - Le stéréotype de la femme-objet au Japon. Jouer à la poupée, jouer au mâle raté | Page 199 à 201 : Franck Renucci - Stéréotypes et algorithmes, entre croyances et certitudes | Page 202 à 211 : Peter Brown - George Soros : l’énigme des stéréotypes | Page 212 à 222 : Marinette Jeannerod - Les stéréotypes mis à mal sur la Toile | Page 223 à 226 : Roberto Chiachiri, Cilene Victor - La représentation de l’immigré vénézuélien et le populisme de droite au Brésil | Page 227 à 232 : Joseph Richard Moukarzel - Les stéréotypes, « avatars » indispensables dans la presse satirique | Page 233 à 237 : Paoline Ekambi, Vincent Liquète, Anne Lehmans - « Faire évoluer les mentalités dans le sport » | Page 238 à 242 : Sylvie Octobre, Anne Lehmans - Pratiques culturelles des jeunes et stéréotypes | Page 243 à 251 : Estelle Dumas-Mallet - Regard des journalistes scientifiques sur l’actualité de la recherche biomédicale | Page 252 à 256 : Thierry Paquot - Merci ou de la gratitude | Page 257 à 266 : Brigitte Chapelain - Lectures | Page 267 à 276 : Brigitte Chapelain - Marceline Loridan-Ivens (1928-2018) | Page 277 à 281 : Thierry Paquot - David Lowenthal (1923-2018) | Page 282 à 287 : Thierry Paquot - Marcel Roncayolo (1926-2018).

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Isabelle Koch : La causalité humaine. Sur le "De fato" d'Alexandre d'Aphrodise


Editions Classiques Garnier - Mai 2019 - Les Anciens et les Modernes - Etudes de philosophie


Dans le De fato, Alexandre construit une théorie péripatéticienne du destin et réfute les Stoïciens, partisans dune conception dure du destin. Par là il offre un document majeur sur le déterminisme dans lAntiquité. Louvrage montre comment lexégèse dAristote lui permet de proposer une conception nouvelle de la responsabilité.


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