mardi 13 octobre 2009

Agone n°41 et 42 : « Les intellectuels, la critique & le pouvoir »

Coordination Thierry Discepolo, Charles Jacquier & Philippe Olivera



L’« intellectuel » serait forcément « de gauche » ; il œuvrerait « naturellement » au seul service des dominés ; surtout, son action serait désintéressée. Quelques rappels historiques écornent vite cette belle image ; surtout ils montrent comment ont changé les valeurs au nom desquelles on s’« engage » pour quelles « nobles causes ». Un peu d’actualité montre combien les fonctions remplies sont toujours plus publiquement rentables.
Ce recueil revient sur les rôles qui ont porté certains intellectuels au cœur de mouvements de libération, qui n’ont parfois libéré qu’eux-mêmes, au sein d’une lutte des classes dans laquelle ils n’ont souvent jamais que changé de camp.

> sommaire de la revue

dimanche 11 octobre 2009

Avec Benny Lévy

Rémi Soulié



Paru le : 08/10/2009
Editeur : Cerf
Collection : La nuit surveillée
Prix : 17 €

Que peuvent bien avoir à se dire un antiphilosophe juif orthodoxe et un philosophe catholique ? L'essentiel.
Rémi Soulié, dans ce livre dense et audacieux, engage un dialogue en vérité avec Benny Lévy. Au terme d'une exposition, puis d'une discussion serrée des principales thèses de ce dernier (les origines chrétiennes de la modernité, le paulinisme, le nihilisme contemporain, l'universel, le sionisme), il le rejoint dans le combat contre l'" Empire du Rien " toujours régnant et envisage, avec Pierre Boutang et Emmanuel Lévinas, les conditions des véritables retrouvailles métaphysiques et théologiques entre Israël - comme peuple et comme Etat - et la France charnelle chère à Péguy.
" Pour moi, l'urgence était de "disputer" à la fois filialement et "fraternellement" avec ce maître, ligne à ligne, en espérant le retrouver sur les hauteurs - tout en sachant qu'il existe au moins deux voies pour faire l'ascension du Sinaï ou du mont Carmel (du Ventoux aussi, de la Sainte-Victoire, du Puy de Wolf, du Fuji-Yama, del puèg que ard, de l'Olympe... Au sommet, le lieu de l'étude et / ou la contemplation).

Le libertinage et l'éthique à l'âge classique

Antony McKenna, Pierre-François Moreau, Celso Martins Azar Filho, Sophie Gouverneur



Paru le : 08/10/2009
Editeur : PU Saint-Etienne
Prix : 25 €

Du début à la fin du XVIIe siècle, aux yeux des apologistes, le libertin n'a pas de philosophie digne de ce nom: il se sert de prétextes divers et superficiels pour se donner un alibi et pour faire bonne figure; il cherche le " bon air" selon une formule de Pascal.
Le libertin s'adonne à la licence des moeurs dans l'élégance mondaine. Il est de " mauvaise foi "; son incroyance affichée n'est qu'une posture sociale. C'est une tautologie chez les apologistes. Dans une lettre de 1671 à propos du Traité théologico-politique, Lambert van Velthuysen accuse Spinoza d'athéisme. Il est tout à fait remarquable que, dans sa réponse, Spinoza commence par répondre à l'accusation d'athéisme non en termes de théologie mais en termes de comportement - comme s'il s'agissait d'abord d'une question éthique, et non pas d'une question de croyance ou de démonstration théorique.
Avant d'être une conception théorique, l'athéisme, comme le libertinisme ou toute forme de regard critique sur les croyances, est un choix éthique. C'est de cela d'abord qu'athées, incroyants et libertins doivent se justifier. Et ce fut ainsi dès le début : les attaques contre les " libertins " ont tout de suite porté sur leur conduite au moins autant que sur leurs thèses. D'où leur attitude ou plutôt leur éventail d'attitudes: assumer les comportements qu'on leur attribue et les justifier, refuser au contraire ces accusations comme infamantes, montrer enfin la diversité des moeurs au cours de l'histoire, qui empêcherait la constitution d'une éthique universelle.

"Le monde n'est pas une marchandise" - (Slogan altermondialiste)

Louis Lourme



Paru le : 07/10/2009
Editeur : Pleins Feux
Collection : Variations
Prix : 5 €

Notre modernité se caractérise par un rapport particulier à ce qui nous entoure.
Désenchanté en comparaison des conceptions qui le précèdent, ce rapport semble reposer sur l'idée que tout pourrait devenir objet d'échange marchand - comme si la marchandise étendait progressivement son empire. Contre cette vision-là, les mouvements altermondialistes n'ont pas tardé à affirmer : " Le monde n'est pas une marchandise ", signifiant ainsi qu'il est forcément réducteur de considérer l'ensemble de notre environnement sous l'angle de la chose que l'on peut posséder.
Mais ce slogan fonctionne-t-il vraiment ? Au nom de quoi peut-on s'opposer à cette évolution ? Et, au-delà de l'opposition qu'elle manifeste, cette formule propose-t-elle un message positif ?

jeudi 8 octobre 2009

Ces préjugés qui nous encombrent

Gilles Dowek



Paru le : 29/09/2009
Editeur : Le Pommier
Collection : manifestes
Prix : 10 €

Imaginons un monde dans lequel les enfants rêvent de devenir maçons, les paparazzi traquent, les boulangers, les oeuvres d'art usagées traînent dans les décharges, les meilleurs collégiens s'orientent vers les lycées techniques, la naïveté des Juifs en affaire est légendaire et les consommateurs se méfient des produits naturels.
Rien dans ce monde ne serait absurde. Mais ce n'est pas le nôtre ". En cherchant à comprendre d'où viennent les préjugés qui encombrent nos discours sur la science et sur la technique, Gilles Domek, s'interroge sur la place du travail et de l'écriture dans notre monde contemporain. Et il en arrive à cette surprenante hypothèse que ces préjugés oui peut-être une origine très lointaine...

NOS PREJUGES
LES CULTURES EUROPEENNES ANCIENNES
NOS PREJUGES A L'ENCONTRE DE LA FONCTION PRODUCTIVE
L'ART ET LA TECHNIQUE
LES HERITIERS DE LA FONCTION MILITAIRE
LES FORMULES MATHEMATIQUES
LA SCIENCE ET LA FONCTION PRODUCTIVE
LA SCIENCE ET LA FONCTION RELIGIEUSE
LA TECHNIQUE
LE LIEN DIRECT A LA NATURE

mercredi 7 octobre 2009

Survivance des lucioles

Georges Didi-Huberman



Sortie : 08/10/2009
Editeur : Minuit
Collection : Paradoxe
Prix : 13 €

Dante a, autrefois, imaginé qu'au creux de l'Enfer, dans la fosse des « conseillers perfides », s’agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l’histoire moderne ait inversé ce rapport : les « conseillers perfides » s’agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l’obscurité, telles des lucioles.
Pier Paolo Pasolini a pensé ce rapport entre les puissantes lumières du pouvoir et les lueurs survivantes des contre-pouvoirs. Mais il a fini par désespérer de cette résistance dans un texte fameux de 1975 sur la disparition des lucioles. Plus récemment, Giorgio Agamben a donné les assises philosophiques de ce pessimisme politique, depuis ses textes sur la « destruction de l’expérience » jusqu’à ses analyses du « règne » et de la « gloire ».
On conteste ici ce pronostic sans recours pour notre « malaise dans la culture ». Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. On tente de suivre la leçon de Walter Benjamin, pour qui déclin n’est pas disparition. Il faut « organiser le pessimisme », disait Benjamin. Et les images — pour peu qu’elles soient rigoureusement et modestement pensées, pensées par exemple comme images-lucioles — ouvrent l’espace pour une telle résistance.

lundi 5 octobre 2009

Critique n° 749

Michel Foucault : de Kant à Soi



Editions de minuit
11 euros
Octobre 2009


Présentation

Guillaume Paugam : De l'Anthropologie à l'archéologie
Emmanuel Kant, Anthropologie du point de vue pragmatique
précédé de Michel Foucault, Introduction à l'Anthropologie
Philippe Sabot : Foucault avec Marx et au-delà de Marx
Stéphane Legrand, Les Normes chez Foucault
Mario Galzigna : La vérité-événement
Michel Foucault, Le Gouvernement de soi et des autres
Le Courage de la vérité

Jacqueline Chénieux-Gendron : André Breton. L'enjeu de l’esthétique
André Breton, Écrits sur l’art et autres textes
Patrice Blouin : La scène de Jacques Rancière
Jacques Rancière, Le Spectateur émancipé
Philippe Roussin : Littérature, terreur, démocratie
Laurent Jenny, Je suis la révolution
François Rivenc : Mai, Mao, Milner
Jean-Claude Milner, L’Arrogance du présent

NOTES

Blanche Cerquiglini : « Il ne lui arrive que des choses fausses »
Tristan Garcia, La Meilleure Part des hommes
André Téchiné, Les Témoins
Jean Libis : Châteaux hantés
Ionel Buse, Du logos au mythos

dimanche 4 octobre 2009

La signature humaine - Essais 1983-2008

Tzvetan Todorov



Paru le : 01/10/2009
Editeur : Seuil
Prix : 23 €

Comment un jeune et timide étudiant bulgare, réfugié dans l'étude des structures du langage, s'est-il transformé en l'un des intellectuels français les plus lus dans le monde ? C'est à la découverte de cet itinéraire personnel unique que nous convie La Signature humaine.
Qu'il évoque La Rochefoucauld ou Goethe, Germaine Tillion ou Edward Said, Tzvetan Todorov compose dans l'éclairage de la vie et de l'oeuvre des autres un autoportrait en creux. Débarqué à Paris dans les années 196o en plein empire du signe, il n'a eu de cesse de trouver l'homme qui se cachait derrière. Sa vie s'est déroulée en rencontres avec les personnes et les livres, qui, sans lui dicter de " système " (entreprise improbable pour un évadé du totalitarisme), définissent un humanisme marqué par la rencontre avec le mal mais qui échappe tant à la lassitude qu'au pessimisme.
A la Renaissance on croyait que chaque chose porte en son extérieur une " signature " par laquelle nous pouvons juger des forces et des qualités qu'elle recèle. Dans cet ouvrage, Todorov a revisité et remanié vingt-cinq années d'études, de publications, de réflexions qui toutes tentent de déchiffrer la signature humaine. Un livre à la fois éblouissant d'érudition et source d'inspiration pour l'honnête homme soumis à l'inquiétude des temps.

Antonella Moscati

Antonella Moscati



Paru le : 01/10/2009
Editeur : Arléa
Prix : 12 €

Qu'est-ce que l'expérience du temps ? Quand finit la jeunesse et où commence la vieillesse ? Celle qui se pose - et nous pose - ces questions est une Italienne de plus de quarante ans, qui voit peu à peu le regard des hommes se détourner d'elle.
Elle songe alors à sa jeunesse, si proche, si présente et pourtant perdue. Elle n'éprouve aucune nostalgie mais une peur panique et furieuse de ne pas vivre toujours. Dans ce singulier récit philosophique et méditatif, Antonella Moscati aborde les différents âges de la vie avec une vivacité toute napolitaine. Elle tente de débusquer l'éternité dans le temps qui passe et s'interroge sur cet " étrange décalage entre ce qu'elle pensait être encore et ce qu'elle était déjà ".

Les deux chemins de la philosophie

André Glucksmann



Paru le : 01/10/2009
Editeur : Plon
Prix : 21 €

La philosophie n'est pas un dîner de gala.
Ni un guide des bienséances. Ni une panacée antidéprime. La philosophie est un champ de bataille, un face-à-face avec nos défis intimes et ultimes : le souci de la vérité et du mensonge, l'épreuve de la mortalité, le feu de l'amour, le pari de survivre. Sur le ring, deux poids lourds de la pensée. Socrate, inventeur de la sagesse occidentale et déracinante, avale la ciguë fatale en concoctant un suprême pied de nez aux convenances éternelles.
Heidegger, philosophe et nazi, et paradoxalement adulé par toutes les universités du monde, meurt dans son lit. Deux manières d'exister et de méditer, deux engagements inconciliables. Le temps ne rentre pas dans ses gonds, les escargots font le dos ronds, Dieu s'affiche aux abonnés absents, le diable se perd dans ses déguisements, et pourtant elle tourne notre planète.

Contr'hommage pour Gilles Deleuze - Nouvelles lectures, nouvelles écritures

Dalie Giroux, René Lemieux, Pierre-Luc Chénier



Paru le : 01/10/2009
Editeur : PU Laval
Prix : 24 €

La pensée de Gilles Deleuze a longtemps été associée à celle de Mai 68, aux idées contestataires du monde étudiant et à la vie subversive.
Certains ont voulu réduire sa pensée à une " philosophie du désir ". Mort en 1995, Deleuze a pourtant été un philosophe des concepts et du système. En dialogue avec cette oeuvre aussi radicale que multiforme, le présent ouvrage constitue le premier collectif francophone nord-américain sur la pensée de Gilles Deleuze. Il réunit des lecteurs provenant de différents horizons disciplinaires : philosophie, science politique, études cinématographiques et littéraires, arts visuels et création littéraire.

La beauté

Jean-Luc Nancy



Paru le : 01/10/2009
Editeur : Bayard
Collection : Les Petites conférences
Prix : 12 €

Beau, pas beau, tout le monde le dit sans bien savoir de quoi il s'agit.
Qu'est-ce que la beauté? Est-elle subjective ou universelle ? Cette question est souvent débattue, mais au fond, nous savons tous - sans en avoir pris conscience-quelque chose de la beauté : c'est ce qui à travers une forme nous attire bien au-delà d'elle, nous ouvrant un infini.

mercredi 30 septembre 2009

L'art du dialogue et de l'argumentation - S'initier à la pensée critique pour le cours, Philosophie et rationalité

François Doyon, Hélène Laramée, Gerardo Mosquera



Sortie prévue le : 01/10/2009
Editeur : Chenelière Education
Prix : 15 €

Véritable manuel d’accompagnement conçu pour le cours Philosophie et rationalité, L’art du dialogue et de l’argumentation vise le développement de l’esprit rationnel et critique de l’étudiant par une approche pratique de l’enseignement de l’argumentation.
Un ouvrage concis, ni guide méthodologique ni manuel de base, qui vise explicitement l’argumentation en tant que l’un des trois éléments de compétence du premier cours et qui peut aisément accompagner d’autres ressources didactiques utilisées durant la session ;
Un enseignement de l’argumentation conçu comme une étape préliminaire à la compréhension du discours philosophique, mais aussi de tout discours auquel sera confronté l’étudiant en tant que citoyen ;
Un apprentissage de l’argumentation qui se fait étape par étape à partir de règles bien établies et de développements élaborés ;
Un ouvrage consacré à l’acquisition d’habiletés rationnelles. Ces habiletés amènent l’étudiant à débusquer les raisonnements fallacieux et à comprendre les différentes étapes qui permettent de produire un discours argumentatif. Elles favorisent aussi l’écoute, la rationalité, l’objectivité et l’impartialité des arguments plutôt que le triomphe à tout prix des idées ou la persuasion exercée sur l’auditoire ;
Un outil indispensable pour préparer l’étudiant à l’épreuve finale du texte argumentatif comme aux deux autres cours de philosophie.

Au microphone : Dr. Walter Benjamin - Walter Benjamin et la création radiophonique 1929-1933

Philippe Baudouin



Sortie le : 01/10/2009
Editeur : Maison des Sciences de l'Homme
Collection : philia
Prix : 25 €

À la fin des années trente, au moment où le développement des médias devenait un phénomène sociologique et un problème politique, Walter Benjamin publia un des essais auxquels il doit sa célébrité : « L'œuvre d'art à l’époque de sa reproductibilité technique ».
L’intérêt de Benjamin pour les nouveaux médias ne s’est pas borné au cinéma. Il a expérimenté le médium radiophonique, qui rencontre alors l’engouement du public, a conçu et réalisé près de quatre-vingt-dix émissions, dont plus de la moitié était destinée à la jeunesse.
Le CD audio inséré dans l’ouvrage contient les deux seuls témoignages ¬sonores connus à ce jour des émissions du philosophe, ainsi que des commentaires d’universitaires français et allemands sur la pièce radiophonique pour enfants « Radau um Kasperl » de Walter Benjamin.

Spinoza : une lecture d'Aristote

Frédéric Manzini



Paru le : 30/09/2009
Editeur : PUF
Collection : Epiméthée
Prix : 25 €

« L’autorité d’Aristote n’a pas grand poids pour moi » déclare Spinoza à Hugo Boxel. Mais cette défiance à l’égard d’une autorité déclinante n’empêche pas qu’Aristote se trouve être, après Descartes, le deuxième auteur le plus cité par Spinoza. La mise au jour de l’édition des Œuvres complètes d’Aristote utilisée par Spinoza ayant, pour la première fois, permis de conclure à l’existence d’une lecture de première main, Frédéric Manzini montre avec cet outil la nécessité de réévaluer les rapports entre les deux philosophes dans toute leur complexité par la confrontation systématique des deux systèmes. Depuis l’éthique jusqu’à la métaphysique en passant par la théorie de la connaissance, Aristote est un interlocu-teur avec lequel Spinoza ne cesse de polémiquer. L’Éthique se présente ainsi comme la nouvelle Éthique à Nicomaque, que Spinoza espère rendre enfin universelle, première et vraie en la démontrant à partir de principes certains.

Table des matières

Note bibliographique et remerciements

Introduction

CHAPITRE PREMIER. — LA NOUVELLE ÉTHIQUE, UNIVERSELLE ET PREMIÈRE
I. Qu’est-ce que l’homme ?
« Homo animal rationale »
Animal social ? « Nihil habeo quod contradicam »
Le désir… de bien-vivre
II. Comment vivre ?
La vie selon CM II, 6
La recta ratio, entre contingence et prudence
III. Le summum bonum
Le bien n’est pas l’Idée universelle du Bien. L’eudémonsime
Le bien, la fin et leur désir
IV. Figures du bonheur
La beatitudo est-elle la récompense de la vertu ?
La philautia
V. La politique comme prolongement de l’éthique
Philosophie et politique
La question du meilleur régime et l'enjeu de la liberté

CHAPITRE II. — TROIS GENRES DE CONNAISSANCE
I. Les aléas du premier genre, entre imagination et expérience
Que le premier genre de connaissance en est un
« Imaginatio enim tantum a singularibus afficitur » : le moment nominaliste
II. Le deuxième genre : du plus universel au moins universel
« La vraie science procède des causes vers les effets »
L’universel adéquat
III. « Aliud genus » (Seconds Analytiques II, 19)
Intuition des essences singulières et connaissance de Dieu
Les puissances de l’intellect

CHAPITRE III. — LA MÉTAPHYSIQUE RECHERCHÉE
I. Les origines païennes du Dieu de Spinoza
La théologie des philosophes
Le Dieu théologico-politique et l’aristotélisme éthique
Dieu païen ou Dieu de paille ?
II. La nature des Anciens et celle des Modernes
Natura naturans et natura naturata
Le naturalisme et le mécanisme
III. De l’ontologie à l’ousiologie
Le problème de l’être chez Spinoza
« Substantia (sive ens) »

Conclusion

Bibliographie des ouvrages cités
Index nominum

dimanche 27 septembre 2009

Ni d'Eve ni d'Adam - Défaire la différence des sexes

Marie-Joseph Bertini



Paru le: 24/09/2009
Editeur : Max Milo
Collection : L'Inconnu
Prix : 21 €

Qu'est-ce qui distingue une femme d'un homme ? À quoi sert la différence des sexes ? À maintenir, selon l'auteur, un ordre prétendument symbolique sur lequel les " sciences humaines " que sont l'anthropologie structurale, une certaine psychanalyse, et un courant dominant de la philosophie du Droit, s'appuient pour justifier le maintien du système de l'inégalité des sexes.
La laïcisation de nos sociétés modernes masque mal la sacralisation dont ' elles procèdent. C'est à un sacré mythologique que font étrangement appel les experts et les politiques qui nous mettent en garde et nous défendent d'approcher de trop près l'ordre établi, ses normes et ses valeurs. Cet ouvrage propose une analyse critique des dispositifs stratégiques qui organisent nos sociétés et protègent la rigidité de nos représentations.
Il propose une redéfinition du contrat social et politique selon des intuitions qui courent depuis Pic de la Mirandole jusqu'aux textes de Castoriadis et redonnent au projet humaniste sa pertinence : nous pouvons être les co-créateurs de notre société et de nos valeurs les plus " essentielles ".

Changer de différence - Le féminin et la question philosophique

Catherine Malabou



Paru le : 24/09/2009
Editeur : Galilée
Collection : la philosophie en effet
Prix : 24 €

Soumettre d'abord l'analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet.
Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d'effets, à son dehors ou à son dessous (effets " formels " -" vêtements " ou " voiles " du discours -" institutionnels ", " politiques ", " pulsionnels ", etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet. Déterminer la spécificité de l'après-coup philosophique -le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu'elle entend néanmoins nommer, constituer, s'approprier comme ses propres objets (autres " discours ", " savoirs ", " pratiques ", " histoires ", etc.) assignés à résidence régionale : délimiter la philosophie en effet.
Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l'efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet. L'effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom : produit simplement second d'une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistance d'une essence.
Il n'y a plus, soumis d'avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l'effet.

Dire et vouloir dire - Livre d'essais

Stanley Cavell



Paru le : 24/09/2009
Editeur : Cerf
Collection : passages
Prix : 37 €

Dire et vouloir dire est le premier livre publié par Stanley Cavell, et peut-être le plus important.
On y trouve tous les thèmes de sa philosophie : un nouvel usage des actes de langage d'Austin, la ligne directrice de sa lecture radicale de Wittgenstein, l'émergence de la tragédie shakespearienne comme grand texte sceptique. Mais l'intérêt du livre est aussi dans la voix qu'il fait entendre : celle du langage ordinaire, de la valeur et de la validité de ce que " nous " disons, d'un sens moral et esthétique fondé sur l'expressivité d'un " vouloir dire ".
Cette approche, que l'on retrouve dans chacun des essais qui composent ce volume, définit le champ de ses objets, ceux d'une esthétique de l'ordinaire : de Shakespeare à Freud et Beckett en passant par le romantisme américain, la cinéma de Hollywood, la critique d'art contemporaine. Dire et vouloir dire est en effet un livre sur le " moderne " et sur la possibilité et la définition de la critique, assise sur notre capacité à revendiquer l'universel dans notre expérience ordinaire.
Partant d'Austin et de Wittgenstein, de la parole ordinaire, Stanley Cavell expose la pertinence que nous avons à nous-mêmes et définit en précurseur un enjeu crucial de la philosophie contemporaine.