lundi 11 octobre 2010

Montaigne

Sous la direction de Pierre Magnard et Thierry Gontier

couv8750g_260

Parution : août 2010 – Edition : Cerf - Collection « Les Cahiers d'Histoire de la Philosophie » – Prix : 37 €

« Un parler ouvert ouvre un autre parler et le tire hors, comme fait le vin et l'amour » (III, 1, p. 794). Un parler ouvert est un parler affranchi et non pas retenu par la crainte, inhibé par l'avarice du cœur, contrôlé par les conventions ; un parler affranchi est un parler qui affranchit. Montaigne nous interpelle, il nous provoque à la parole, non certes pour que nous ajoutions encore au « fourmillement » de commentaires académiques qui aujourd'hui finissent par étouffer son propos — « ce livre en a assez, il n'y a meshuy plus que dire » (III, 13, p. 1067) — mais pour que nous nous découvrions à l'épreuve des « Essais » et que nous nous exprimions, à la faveur de cette « entreglose ». On ne lit pas les « Essais », ce sont eux qui nous lisent et nous déchiffrent. Tel est le « suffisant lecteur » ; qu'il inventorie son âme au miroir de celle de Montaigne, comme Montaigne découvrait la sienne propre à travers ses auteurs favoris, et c'en est fait du « doctus cum libro » si chacun n'est savant que de soi-même. La véritable « suffisance » n'est pas l'autorité donnée par un savoir accumulé, mais cette fécondité acquise d'une ouverture à qui nous interpelle. Ainsi les « Essais », inachevés par essence, font leur jeu de cette mise en abyme de mille et une intériorités, qui se creusent en cet entretien infini. Le privilège de ceux qui aujourd'hui s'expriment ne saurait leur donner qu'un devoir, celui de ne se point départir d'une grande humilité.

Collaborations :  Jean Balsamo -  Ali Benmakhlouf -  Philippe Desan -  Emiliano Ferrari -  Marc Foglia -  Thierry Gontier -  Francis Goyet -  Pierre Magnard -  Suzel Mayer -  Thierry Ménissier -  Géralde Nakam -  Nicola Panichi -  Bernard Sève -  Jean-Louis Vieillard-Baro

dimanche 10 octobre 2010

Séductions du bourreau. Négation des victimes

Charlotte Lacoste

3

Parution : octobre 2010 – Edition : PUF - ollection : intervention philosophique – Prix : 29 €

Comment devient-on un bourreau ? Comment expliquer que dans les périodes sombres de l’histoire, des hommes ordinaires se transforment en assassins — criminels de bureau ou tortionnaires de terrain ? Cette question, qui revient comme un leitmotiv dans la production littéraire et artistique contemporaine, y reçoit souvent la même réponse, en forme de syllogisme :
Tous les bourreaux sont des hommes ordinaires
Or les hommes ordinaires, c’est nous tous
Donc nous sommes tous des bourreaux.
On ne compte plus les auteurs qui, détournant la thèse de Hannah Arendt sur la banalité du mal ou celle de Stanley Milgram sur la soumission à l’autorité, exploitent le motif du jaillissement du monstre (que tout un chacun nourrirait en lui-même), dédouanant d’autant les vrais coupables (qui ont simplement eu la malchance de pouvoir donner libre cours à leur nature destructrice…).
C’est contre ce traitement dépolitisant de la question du crime de masse que s’élève l’auteur de cet essai, en montrant comment, au gré d’une inversion radicale des valeurs, le bourreau se trouve aujourd’hui érigé en modèle d’humanité.

Philosophie antique

Jean-François Pradeau (dir.)

2

Parution : octobre 2010 – Editeur : PUF – Collection : Licence – Prix : 15 €

Quels sont les facteurs ayant favorisé l'émergence de la philosophie antique ? Pourquoi le platonisme a-t-il eu un poids philosophique et culturel majeur ? Dans quelle mesure les principes de la philosophie antique sont-ils encore aujourd'hui pertinents et d'actualité ? Couvrant l'ensemble de l'histoire de la philosophie antique, depuis les œuvres des présocratiques jusqu'à l'Antiquité tardive, ce manuel offre une présentation des principaux philosophes et des principales écoles philosophiques anciennes.
Il consacre des chapitres plus conséquents aux grandes figures de la philosophie ancienne (Platon, Aristote, Plotin), et expose également l'héritage et la postérité de cette philosophie.

Spinoza et nous

Antonio Negri

1

Parution : octobre 2010 – Editions Galilée – 26 €

Au début des années 1980, alors qu’il est incarcéré sous le coup d’accusations politiques extrêmement graves (dont, heureusement, il sera par la suite démontré la totale inanité), Antonio Negri, qui est à la fois un universitaire renommé et un militant d’extrême gauche, se met à travailler à un livre sur Spinoza. Ce texte, écrit dans des conditions difficiles, entre les quatre murs d’une cellule, ce sera L’Anomalie Sauvage, publié en France en 1982 avec une triple préface de Gilles Deleuze, de Pierre Macherey et d’Alexandre Matheron.
  Presque trente ans après, que reste-t-il de cette lecture « hérétique » de Spinoza dont Negri s’attache à enraciner la généalogie dans les événements de 1968 ? Quelles avancées ont-elles été produites dans le domaine des études spinoziennes ? Et comment faire dialoguer une fois encore l’Éthique avec notre propre actualité, alors même que les conditions qui sont les nôtres semblent au contraire nous éloigner toujours davantage de ce « court XXe siècle » dont 1968 semble avoir fait partie de droit ?
   À travers une série de textes prononcés sous la forme de conférences et d’interventions au cours de ces dernières années, Antonio Negri s’attache tout à la fois à dresser le bilan d’un certain spinozisme, à expliquer la fortune de la lignée interprétative dont il fait partie – et qui le place sous l’ombre portée d’autres figures de la recherche philosophique (Deleuze, Matheron) avec lesquelles il ne cesse de dialoguer à distance –, et à relancer certains points de débat à la hauteur de notre propre actualité.
  La notion d’ontologie, le dialogue de la pensée de Spinoza avec les sciences humaines et sociales, le rapport extrêmement complexe entre le spinozisme et la pensée de Heidegger, la définition de ce que peut être une philosophie de l’immanence, la possibilité d’une lecture politique de l’Éthique : autant de thèmes sur lesquels il s’agit de revenir afin de faire, une fois encore, valoir l’extraordinaire richesse de la pensée « anormale » et « sauvage » du philosophe d’Amsterdam.

Historiographie, littérature et philosophie : une longue et difficile conversation triangulaire

Revue A contrario n° 14 - 2010/2

image

Editeur : Association a contrario

ÉDITORIAL
Historiographie, littérature et philosophie : une longue et difficile conversation triangulaire

DOSSIER

Claire Clivaz
Ricoeur, White et le retour de la question du réel
Lorenzo Bonoli
Histoire, littérature et philosophie : un travail d'innovation langagière
Christian Indermuhle
L'histoire comme « opération », « deuil » et « meurtre ». Notes sur Michel de Certeau et les « arts de mourir »
Antonin Wiser
L'expérience de la poésie. À propos de l'utopie de la littérature chez Adorno
Aurélien Métroz
Espaces phénoménologiques d'Équipée de Victor Segalen
Joanne Chassot
« Dusky Sally » La femme esclave entre histoire et fiction

VARIA

Bermal Karli
Ressources et stratégies notabiliaires à l'épreuve du temps. Grandeur et déclassement des notables Mîran du Kurdistan d'Irak
Yannick Rumpala
« Développement durable » : du récit d'un projet commun à une nouvelle forme de futurisme ?
Hadrien Buclin
Une autonomie délicate : Maurice Blanchot dans le champ littéraire de la Libération
COMPTES RENDUS
Lecture critique d'ouvrages récents

vendredi 8 octobre 2010

L'aventure temporelle

Claude Romano

image

Parution : le 20 octobre 2010 – PUF, coll. Quadrige – 15 €

Cet ouvrage réunit trois essais qui possèdent des liens organiques puisqu’ils s’efforcent de répondre à une seule et unique question : que peut devenir la phénoménologie une fois abandonnée la perspective transcendantale ?
Les deux premiers essais interrogent la manière dont une phénoménologie de l’événement peut offrir une alternative aux approches traditionnelles de l’ego ou du temps. Le dernier s’attaque à la racine même du paradigme transcendantal pour en mettre au jour les présupposés et les critiquer. Il dessine les contours d’un holisme de l’expérience que l’auteur a présenté dans Au cœur de la raison, la phénoménologie (2010).

Le contrat de défiance

Michela Marzano

2

Paru le 6 octobre 2010 – Grasset – 19 €

Sans confiance entre les individus, c’est toute notre société qui s’écroule.
La peur, la déraison, la faillite, la guerre, la paranoïa menacent. Pourtant : la judiciarisation des rapports contractuels, le désir de contrôle, la difficulté d'accepter notre part humaine de fragilité, sans laquelle la confiance n’existe pas, engendrent une société ou de la défiance.L’essai magistral de Michela Marzano offre une double perspective historique et philosophique : de la banqueroute de Law (1720) à la crise du prêt interbancaire (2007-2008), de l’égoïsme libéral au doute systématique des théories du complot, du don de soi dans l’amour à la multiplication des conflits juridiques dans la sphère privée (sait-on que 70 % des contentieux au TGI sont familiaux ?), de la crainte de tout perdre à l’éloge de la dépendance, Michela Marzano construit et déconstruit notre rapport à la confiance.
Le pilier de notre civilisation.

mercredi 6 octobre 2010

Dictionnaire des concepts nomades en Sciences Humaines

Olivier Christin (dir.)

2

Sortie le : 07/10/2010 – Editeur : Métailié – Prix : 28 €

En partie inspiré d’entreprises antérieures, ce dictionnaire regroupe des textes consacrés à quelques-uns des termes ou des concepts à travers lesquels les sciences sociales et l’histoire pensent le monde social et se pensent elles-mêmes.
Mais à la différence des précédents ouvrages qui avaient choisi un champ bien précis (le vocabulaire des groupes sociaux, les concepts centraux des idéologies ou des formes constitutionnelles…) et surtout une seule aire linguistique, aucune discipline, aucune nation, aucune langue n’est privilégiée. Au contraire, les articles rassemblés ici et confiés à des spécialistes reconnus et de nationalités différentes décrivent la naissance, la carrière et la circulation, à travers les époques et les langues, de noms communs, d’expressions idiomatiques ou de termes apparemment techniques dont on porte au jour le caractère de constructions idéologiques et de produits de l’activité des acteurs sociaux.
On y rencontrera donc des vocables, des concepts, des expressions de nature très hétérogène et ne présentant pas les mêmes caractères de variabilité : certains relèvent de la description des groupes sociaux par eux-mêmes et par les sciences sociales (Avant-garde, Mouvement ouvrier, Junker…), d’autres des sciences de l’Etat et du savoir administratif (Administration, Moyenne, Droit musulman…), d’autres encore de constructions idéologiques particulières dont les conditions d’émergence et d’imposition de sens appellent à une mise en perspective (Occident, Laïcité, Absolutisme…).
L’essentiel n’est donc ni dans le choix des termes, ni dans la poursuite d’une forme d’encyclopédisme. Seules importent la démarche et l’exemplarité de l’analyse, tournées vers la dénaturalisation et l’historicisation des usages lexicaux qui font des exemples retenus autant de cas d’école, c’est-à-dire de cas exemplaires sur lesquels penser ce que les structures académiques, les usages linguistiques, les routines et les inconscients intellectuels imposent de manière subreptice.
Renonçant à tout but normatif, ce dictionnaire a l’ambition d’apporter sur quelques cas significatifs des exemples d’enquêtes méticuleuses, associant sémantique historique, comparatisme et objectivation critique des conditions sociologiques et historiques de possibilité et d’opérationnabilité des concepts et des usages lexicaux des sciences sociales, qui montrent que les rapports et les conflits de sens sont également des rapports et des conflits de force.
En mettant en avant la dimension « nomade » des concepts historiques, il s’agit ainsi de favoriser les bases d’un dialogue dans les sciences sociales européennes, conscient du poids des héritages socio-linguistiques.

La traversée des catastrophes

Pierre Zaoui

9782021029833

Sortie le : 07/10/2010 – Editeur : Seuil – Collection : l'ordre philosophique – Prix : 23 €

Comment survivre à la vie ? Car la vie finit mal, se passe mal aussi parfois, avec ruptures, chagrins, deuils, maladies, et mort.
Comment traverser ces catastrophes ? Avec l’aide de la foi, qui donne sens à ce qui n’est que souffrance ? Mais qu’en est-il de l’athée ? S’il veut être cohérent, il ne doit pas chercher à donner un sens à ces souffrances, à leur trouver une justification mais il ne peut faire fond que sur l’absurdité de la vie. Quelle fécondité trouver aux vies abîmées ? Comment penser la mort et la douleur ? Comme ce qui est étranger à la vie, comme ce qui ne la concerne pas.
Sans pour autant faire comme si cela n’était rien. Il faudrait donc tenir ensemble la réalité terrifiante du malheur et la valeur absolue de la vie, qui seule importe. Un essai de philosophie athée rigoureuse, qui pose la question essentielle : à quoi bon vivre ?

lundi 4 octobre 2010

Marxisme et philosophie du langage. Les problèmes fondamentaux de la méthode sociologique dans la science du langage

Valentin N. Voloshinov

1

Parution : 2010 - Université de Lausanne / Lambert-Lucas (Limoges), coll. "Bilingues en sciences humaines", 49 €

Valentin Nikolaievich Voloshinov, né en 1895, entre à la Faculté de Droit de Saint-Pétersbourg en 1913, mais s'intéresse avant tout à la musique. En 1919, il se réfugie à Nevel où il fait la connaissance de Mikhaïl Bakhtine et en 1921, à Vitebsk où il s'occupe de la section artistique du département de l'Instruction publique, dont le directeur est Pavel Medvedev. Rentré à Saint-Pétersbourg en 1922, il étudie l'ethnologie et la linguistique. Entre 1925 et 1930, il publie la totalité de son oeuvre non musicale, consacrée à la psychanalyse, à la théorie de l'énoncé et aux “sciences de l'idéologie”. Il meurt de tuberculose en 1936.

Ressuscité du néant à cause de – ou malgré – la popularité de Bakhtine, V. N. Voloshinov n'est pas un prête-nom de ce dernier. Cette retraduction commentée de Marxisme et philosophie du langagerend l'ouvrage à son véritable auteur et le replace dans son contexte en en dégageant l'originalité. Apparaît un livre tout différent de celui auquel étaient habitués les lecteurs francophones avec sa définition psychosociologique du langage, sa théorie de l'idéologie comme savoir et son étrange marxisme enfin, pour lequel toute communication repose sur un enthymème et la langue est “sémiotiquement neutre”.

dimanche 3 octobre 2010

L'écriture du messianique : la philosophie secrète de Walter Benjamin

Marc Goldschmit

2

Parution : octobre 2010 - Editeur : Hermann - Collection : Le Bel aujourd'hui – Prix : 34.00 €

Walter Benjamin est trop souvent perçu comme un critique littéraire un peu mystique, dilettante et éclectique. Rejeté par l’Université (on lui a interdit de soutenir sa géniale thèse sur L’Origine du drame baroque allemand), il est aujourd’hui tenu pour un penseur marginal ou maudit, mais il n’est jamais considéré comme un penseur de premier plan, à l’instar des philosophes de son époque, Husserl, Heidegger ou Wittgenstein.
Le travail de Marc Goldschmit, qui a publié en 2006 un livre sur la langue à venir et l’écriture hyperbolique chez Derrida (Léo Scheer), montre pour la première fois que Benjamin invente une voie philosophique nouvelle, celle d’une écriture du messianique. Il s’agit de faire comprendre comment Benjamin, à travers tous ses grands textes, passe d’une philosophie ouverte du langage à une philosophie secrète de l’écriture, qui avance le concept d’une graphie générale (dans la traduction, la photographie, la cinématographie, l’historiographie). Cette écriture générale combat le messianisme, c’est-à-dire les doctrines théologico-politiques du salut, et s’y arrache par une pensée du messianique, autrement dit, d’une attente sans atteinte.
Grâce au livre de Marc Goldschmit, la pensée de Benjamin est enfin libérée de tous les arraisonnements qui n’ont cessé de la reconduire au communisme, à la théologie, ou à un étrange mélange des deux. À partir d’une réinterprétation originale de "L’Origine du drame baroque allemand", cet ouvrage montre que la philosophie secrète de Benjamin est un révélateur oblique de la sombre histoire de notre temps, et nous apprend que si nous ne parvenons pas à libérer l’histoire de la théologie, ni la politique de la religion, l’avenir, de même que le passé, ressemblera à un champ de ruines où même les morts ne seront pas en sûreté.

Saint Paul face aux philosophes épicuriens et stoïciens

Michel Fattal

1

Parution : juin 2010 – L’harmattan, “L"’ouverture philosophique”, 12,50 €

C'est à travers l'étude des enjeux philosophiques et religieux du discours de saint Paul à l'Aréopage d'Athènes, rapporté par saint Luc dans les Actes des Apôtres 17, 22-31, que le présent ouvrage se propose de mettre en évidence certaines des continuités et des ruptures qui unissent et séparent la rationalité chrétienne de la rationalité des philosophes épicuriens et stoïciens. Comment se fait-il que saint Paul, qui défend l'idée juive d'un Dieu unique et transcendant, puisse dialoguer avec des philosophes soutenant l'existence de dieux multiples, matériels et physiques ? Comment se fait-il que l'Apôtre Paul qui annonce, par ailleurs, l'événement du Christ mort sur la croix et ressuscité, soit en mesure d'établir des points de rencontres avec l'auditoire païen composé de philosophes épicuriens et stoïciens soutenant l'idée d'un dieu ou de dieux différents et même opposés au Dieu chrétien ? Qu'en est-il exactement de la vie et de la mort, du temps et du monde, de l'être et du souffle divin, de l'unité et de l'universalité du genre humain chez saint Paul et chez ses interlocuteurs ? Telles sont certaines des questions auxquelles le présent ouvrage se propose de répondre afin d'apprécier l'appropriation et la transformation de l'héritage antique par celui qui fut l'élève du rabbin Gamaliel et un fin connaisseur des Ecritures juives, et de mesurer ainsi l'originalité de son message.

Parution du n°20 de la revue PLASTIR

Transdisciplinary Review of Human Plasticity

image

Ce vingtième numéro de PLASTIR s'ouvre sur un article original de Rachel Zahn qui interpelle notre conscience de l'expérience vécue en modélisant le processus énactif introduit par Francisco Varela et la cognition incarnée du sujet s'exprimant à la seconde personne.  Suivent un article de Claude Berniolles brossant la cohérence entre la vie et l'œuvre de Wittgenstein et la seconde partie du statut critique de la création plastique selon Daniel Danétis, abordant la mise en œuvre concrète de l'associativité, de la fluidité idéationelle et de la plasticité conceptuelle. Enfin, la philosophe Mariana Thiériot y poursuit sa relecture éclairée des "yogas sûtra" de Patanjali où l'on découvre vikhalpah, l'imaginaire connaissant du Sûtra IX, et comment l'appréhender. 

A voir aussi Mise à jour du site : Actualités, nouvelles publications, nouveaux liens, annonces de colloques

> sommaire détaillé

mercredi 29 septembre 2010

La présentation de soi - Ethos et identité verbale

Ruth Amossy

3

Paru le : 22/09/2010 – Editeur : PUF – Collection : L'interrogation philosophique – Prix : 22 €

Prendre la parole, c'est projeter bon gré, mal gré une certaine image de sa personne.
La présentation de soi, dénommée dans l'Antiquité grecque ethos, est une dimension intégrante du discours. Comment cette image s'élabore-t-elle concrètement face aux autres ? Comment construit-elle des identités et exerce-t-elle une influence ? Ces questions sont examinées sur la base de cas précis où l'image présidentielle croise celle de M Tout le Monde, où l'ethos est analysé dans l'espace public et les domaines professionnels aussi bien que dans les interactions quotidiennes et l'espace du Web.
Cet ouvrage montre en quoi la question de la présentation de soi ne cesse de nous interpeller dans tous les champs de nos activités. Au-delà des spécialistes en sciences humaines ou sociales, il s'adresse au grand public intéressé par un phénomène qui est au cœur de notre vécu et de notre actualité. Le livre de Ruth Amossy est une grande synthèse, riche de nombreux exemples puisés dans les médias, la communication politique, les interactions en société et les textes littéraires, mais aussi dans l'art de la présentation de soi tel qu'il intervient dans toutes nos pratiques professionnelles et sociales.

Interprétation(s) - Actes du colloque international inaugural, Brest, 14 au 16 février 2008

Pascal David (dir.)

2

Paru le : 23/09/2010 – Editeur : PU Rennes – Collection : Essais – Prix : 20 €

L'interprétation semble aller nécessairement de pair avec une façon de s'interposer, quand elle ne passe pas pour arbitraire.
Ne consiste-t-elle pas plutôt en un certain effacement devant ce à quoi elle tente de faire droit ? Comment comprendre la promotion au XXe siècle de la question herméneutique, dans notre rapport aux textes, mais aussi à tout document, voire à autrui et au monde ? Autant de questions, parmi d'autres, à l'élucidation desquelles entend contribuer ce colloque, tant au niveau des présupposés de l'interprétation que de ses effets.
On s'attachera à dégager la rigueur propre à l'interprétation, qui ne le cède en rien à celle de l'explication dans les sciences dites "exactes", et s'avère indispensable dans la mise en évidence de la dimension symbolique et imaginaire constitutive de la réalité. La question de l'interprétation, voire de la pluralité des interprétations, complémentaires ou conflictuelles, invite à s'interroger sur la spécificité des démarches propres aux sciences humaines et sociales.
Parfois discréditée, l'interprétation demanderait-elle à être réhabilitée ?

Schelling

Jean-François Courtine (dir.)

1

Paru le : 23/09/2010 – Editeur : Cerf - Collection : Cahiers Histoire Philosophie – Prix : 38 €

Schelling (1775-1854) est sans doute, parmi les auteurs de l'idéalisme allemand, celui dont la renommée précoce aura été la plus éclatante : en 1798, avec l'appui de Goethe, il est nommé, à 23 ans, professeur à l'université de Iéna.
Mais c'est aussi celui dont l'oeuvre sera progressivement éclipsée par celle du rival de toujours, Hegel, avant de sombrer dans un quasi-oubli dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le jubilé de 1954 marque le début d'une véritable " renaissance " schellingienne, grâce notamment aux travaux de W. Schulz qui s'attache, dans une perspective heideggérienne, à fixer le " lieu philosophique " de l'auteur des Recherches sur l'essence de la liberté humaine.
La France, grâce aux contributions de X. Tilliette et de J.-F. Marquet et à un immense effort de traduction, n'est pas en reste dans cette nouvelle " réception ". En dépit de son inachèvement, voire de ses échecs retentissants (les Ages du monde), la portée, la puissance révolutionnaire de l'oeuvre apparaissent sous un jour nouveau : qu'il s'agisse d'appréhender la liberté humaine dans sa finitude (ce qui avait principalement retenu Heidegger), de statuer sur la réalité du mal, les dimensions de la temporalité, ou d'engager une vaste méditation sur l'histoire, sur son double versant : mythologie et révélation.
Les dix-sept contributions rassemblées dans ce volume entendent faire droit à cette histoire de la réception puisqu'elles comprennent des études " classiques ", comme celles de W. Schulz, L. Pareyson ou J.-F. Marquet, une synthèse originale due à X. Tilliette, et une série d'enquêtes, plus ponctuelles et déterminées, qui portent sur les principaux thèmes schellingiens au centre de la discussion contemporaine.

lundi 27 septembre 2010

Le Socratisme de Montaigne

Études réunies par Thierry Gontier et Suzel Mayer

72690.indd

Parution : 2010 - Classiques Garnier - coll. "Études montaignistes" – Prix : 49 €

La vénération que Montaigne porte à Socrate s'inscrit dans une longue tradition. Montaigne cependant réinvente la figure de Socrate, en la débarrassant des scories métaphysiques dont elle était revêtue, pour en faire un modèle d'humanité. Il repense aussi sa démarche et en tire une nouvelle conception de la vie philosophique, entre la rigueur de certains modèles antiques et la sagesse spontanée du cannibale ou du paysan. Ce recueil d'études tente de définir ce nouveau socratisme, en s'interrogeant à la fois sur son originalité et sur son caractère fondateur pour la modernité : le socratisme de Montaigne n'est-il pas très proche du nôtre ? Et n'est-ce pas avec Montaigne que Socrate devient la figure tutélaire de la philosophie ?

Thierry Gontier est professeur de philosophie morale et politique à l'université Jean-Moulin – Lyon 3 et membre de l'Institut universitaire de France. Ses recherches portent sur la définition de l'anthropologie moderne et ses enjeux métaphysiques, moraux et politiques, de la Renaissance à nos jours.

Suzel Mayer est agrégée de philosophie. Elle enseigne actuellement en lycée et termine une thèse sur Montaigne et la tradition socratique, à l'université Jean-Moulin – Lyon 3.

dimanche 26 septembre 2010

La félure du cri : violence et écriture

Alain Milon

1

Paru le 17/09/2010 – Editeur : Belles Lettres – Collection : Encre marine

VIVRE LE CRI pour interroger la langue dans ses limites, telle est l'intention de cet essai. Comprendre que le cri est la fin – la fissure de la phrase, et non le commencement – le balbutiement, et qu'il est porté par le rire qui annonce la langue congédiée.
Le cri est une scansion sublime pour sortir l'écrivain de sa torpeur. Il n'attend pas d’effets, l’effet de l’enfermement – enfermer celui qui crie parce que son cri signifie braillement et impossibilité à parler pour le psychiatre. Il n’attend même pas l’effet du réconfort – réconforter l’enfant qui crie de peur ou d’angoisse. Il n’attend pas non plus l’effet des hurlements de l’adolescente hystérique – traduction d’une sexualité en attente.
Le cri, en hurlant contre la langue, lutte contre la chimère du mot qui s’imagine pouvoir restituer l’objet dans sa nature. Mais le cri qui hurle n’interdit pas le mot ; il réveille la poésie dont la nature première est de distordre la phrase pour faire remonter à la surface le corps caché du langage.
René Char écrit que « la Poésie aime cette violence écumante et sa double saveur qui écoute aux portes du langage ».
Le cri est-il ce que la poésie écoute à travers les portes du langage ?
Mais surtout, le cri vient-il avant ou après le mot ?