samedi 31 janvier 2009

Contre-attaques. Revue Bi-annuelle

N°1, janvier 2009



« La vie comme moyen de la connaissance » - avec ce principe au cœur on peut non seulement vivre avec bravoure, mais encore vivre avec joie, rire de joie ! Et comment s'entendrait-on à bien rire et à bien vivre, si l'on ne s'entendait pas d'abord à la guerre et à la victoire ?

Friedrich Nietzsche, Le gai savoir

"Dans Contre-Attaques la pensée fait montre de sa grande santé.

Elle ouvre un espace contre les intégrismes religieux, politiques et culturels au nom du divers, du multiple, du tout autre et de tout un chacun.
Pour cela, Contre-Attaques possède les moyens de la pensée, de la vie autrement dit de la littérature et de la critique.

Contre-Attaques fait appel à l'écriture, à la pensée et à la vie, singulièrement, selon les champs du multiple et du divers. Les auteurs de Contre-Attaques forment le bataillon d'âmes et d'armes qu'il faut pour en finir avec l'ordre fini et l'être totalitaire qui néantisent et aliènent.

A l'intérieur de Contre-Attaques, les individus règnent, ils pensent et écrivent. Ils prennent soin infiniment.

Ainsi le n°1 de Contre-Attaques met en avant un premier venu : Jean-Luc Nancy."

(Alain Jugnon, Directeur)


SOMMAIRE

Ouverture

Alain Jugnon « Manifestations de Contre-Attaques »
Bruce Bégout « Sarkozy et la théologie du pouvoir »
Bruno Tackels « Le Roi congédie à jamais son bouffon »

Le premier venu / Jean-Luc Nancy avec Nietzsche, Bataille, Blanchot

Frédéric Neyrat entretien avec Jean Luc Nancy « Eros excédant »
Ginette Michaud « Ce qui se dessine, l’aisthétique de Jean-Luc Nancy en quatre traits »
Juan Manuel Garrido « La chance de la pensée »
Federico Ferrari « Au juste – le mot impossible »
Jean-Clet Martin « Portrait de Jean Luc Nancy »
Marie Christine Burger « Pour JL »
Yann Goupil « Commencement du mot espérance »
Alain Jugnon « Pour Nietzsche, le sans dieu »
Marc de Launay « La probité, une vertu singulière »
Michel Surya « Le très bas »
Daniel Wilhem « Besogne »
Antoine Philippe « Le complexe d’Orphée »
Ronald Klapka « Jean Luc Nancy : une pensée qui ne se laisse pas enclore »
Andrea Potestà « Rien à dire. Nietzsche, Nancy et l'abandon »

Le lieu commun / Contre tout intégrisme

Christian Terras « Pour un christianisme nietzschéen, Le défi de Gianni Vattimo»
David Christoffel « Le fin fond » (opéra parlé)
Georges Labica « La supérette »
Jean-Claude Pinson « Du prolétariat au "poétariat" »
Paul Ariès « Intégrisme(s) »

La pharmacie / Les individus contrent

Philippe Boisnard « Le corps poétique »
Jacob Rogozinski « Dieu est (la) mort »
Luis de Miranda « L’esprit de l’escalier »
Muriel Moutet « Notes pour Les Régions floues »
Véronique Bergen « Le survivant en tant que mort »
Laurent de Sutter « Notes sur le cinéma d'Andrew Blake »
Olivier Koettlitz « Borges par le milieu »
Jean-Clet Martin « Phanéroscopie urbaine (Hegel à Manhattan) »

Lettres de Luis de Miranda et de Philippe Lechat

Index des auteurs du n°1

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jeudi 29 janvier 2009

Philosophie et soin. Les concepts fondamentaux pour interroger sa pratique

Jean Lombard et Bernard Vandewalle



Itinéraires philosophiques à l'hôpital

Parution : Janvier 2009
Editeur : Seli Arslan
Prix : 26,50 €

L'hôpital, espace concret et repère symbolique de l'origine et du terme de l'existence, lieu de confrontation entre le pouvoir et la norme, le désir et le manque, le possible et le réel, est par excellence un objet philosophique. Le monde soignant offre ainsi à la philosophie à la fois une source inépuisable de références et une impitoyable mise à l'épreuve des idées et des notions au contact de la dureté du réel. La philosophie apporte de son côté au monde soignant un irremplaçable appareil conceptuel pour réunir, formuler et interroger les pratiques et le vécu, et pour penser, à partir d'eux, les moyens et les fins de l'hôpital d'aujourd'hui. Réalité hospitalière et philosophie apparaissent alors tour à tour comme une grille d'interprétation l'une pour l'autre, dans une série d'allées et venues entre la perception et l'idée, le vécu et son analyse, le constat et son sens. C'est comme si, rencontrés dans les couloirs, Platon, Aristote, Sénèque, Descartes, Kant, Bergson, Sartre, Foucault et bien d'autres prenaient part à la visite de l'hôpital, tantôt l'éclairant, tantôt y trouvant un éclairage qu'elle seule peut donner.

Principaux concepts analysés: Réalité • Moralité • Altérité • Responsabilité • Temporalité • Affectivité • Corporéité • Mortalité • Humanité • Normativité • Technicité • Modernité

Jean Lombard, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, inspecteur d'académie, docteur d'État, est philosophe et consultant intemational en éducation et formation. Il est l'auteur d'ouvrages sur la philosophie de la médecine, la constitution du discours médical de l'Occident et les problématiques de la modemité.
Bernard Vandewalle, ancien élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégé de philosophie, docteur de l'Université de Paris l, enseigne en classes préparatoires. Spécialiste de philosophie allemande, il est l'auteur d'ouvrages sur la pensée médicale et les relations de la philosophie et de la médecine.

Histoire de la pensée - D'Homère à Jeanne d'Arc

Lucien Jerphagnon
3e édition revue et augmentée



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Tallandier
Prix : 27 €

La philosophie ? Le mot, déjà, inquiète, et la chose, pour autant qu'on en ait l'expérience, ne rassure pas.
A considérer l'histoire des vingt-cinq siècles de philosophie qui sont derrière nous, la philosophie apparaît comme un foisonnement, un buissonnement touffu dont les rameaux s'emmêlent, poussant chacun vers un peu plus de lumière. Il ne s'agit pas d'une progression de la pensée, siècle après siècle, vers la Vérité absolue. Les philosophes ne s'entendent pas très bien entre eux. Mais leurs désaccords ne sont pas plus surprenants qu'ils ne sont nouveaux : ils tiennent en effet à l'essence même de la démarche philosophique.
Un philosophe est quelqu'un qui veut comprendre tout ce qui, au départ, lui posait problème : le monde, la nature, l'homme, les dieux. Et chacun, partant de son expérience personnelle, arrive par un raisonnement d'une logique incontestable à une solution différente des autres. Parlant de ce constat, Lucien Jerphagnon s'attache, non pas à définir la philosophie, mais à nous guider à travers les différentes écoles de pensée.
"Tout ce que je puis faire, juge-t-il, c'est d'exposer sous les yeux du lecteur les vingt premiers siècles d'une aventure à laquelle il lui revient, si le cœur lui en dit, de découvrir un sens ". Du temps d'Homère à celui de Jeanne d'Arc, tour à tour féroce et chaleureux, hilare et navré, il embrasse avec son habituelle érudition l'immense aventure de l'esprit : les origines de la philosophie, les premiers physiciens, Socrate ou la conscience dans la cité, Platon ou la politique sous l'angle de l'éternel, Aristote ou le Macédonien surdoué, les cyniques et les cyrénaïques, les épicuriens, les stoïciens, philosophes pour un monde nouveau, Plotin ou l'absolu entrevu, Augustin ou les cieux nouveaux, la scolastique ou le retour d'Aristote.

mardi 27 janvier 2009

Apocalypse

Michel Maffesoli



Paru le : 22/01/2009
Editeur : CNRS
Prix : 4 €

« Des signes, maintenant irréfutables, sont en train d'apparaître dans le ciel de la société. On ne peut plus les ignorer, d'autant qu'ils ont tendance à s'incarner. Ces signes s'enracinent sur cette terre-ci. Car c'est bien ce monde, et non un autre à venir, qui est le souci principal de la socialité postmoderne. » M. M.

lundi 26 janvier 2009

Le gouvernement de soi et des autres - Tome 2, Le courage de la vérité - Cours au Collège de France (1983-1984)

Michel Foucault



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Seuil
Collection : hautes études
Prix : 27 €

Le cours intitulé " Le courage de la vérité " est le dernier que Michel Foucault aura prononcé au Collège de France, de février à mars 1984.
Il meurt quelques mois plus tard, le 25 juin. Ce contexte invite à entendre dans ces leçons un testament philosophique, d'autant plus que le thème de la mort est très présent, notamment à travers une relecture des dernières paroles de Socrate, que Foucault, avec Dumézil, comprend comme l'expression d'une profonde gratitude envers la philosophie, qui guérit de la seule maladie grave : celle des opinions fausses et des préjugés.
Ce cours poursuit et radicalise des analyses menées l'année précédente. Il s'agissait alors d'interroger la fonction du " dire-vrai " en politique, afin d'établir , pour la démocratie, un certain nombre de conditions éthiques irréductibles aux règles formelles du consensus : courage et conviction. Avec les cyniques, cette manifestation du vrai ne s'inscrit plus simplement à travers une prise de parole risquée, mais dans l'épaisseur même de l'existence.
Foucault propose en effet une étude décapante du cynisme ancien comme philosophie pratique, athlétisme de la vérité, provocation publique, souveraineté ascétique. Le scandale de la vraie vie est alors construit comme s'opposant au platonisme et à son monde transcendant de Formes intelligibles.

Darwin contre Darwin - Comment lire L'Origine des espèces ?

Thierry Hoquet



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Seuil
Collection : l'ordre philosophique
Prix : 23 €

Dans son célèbre ouvrage, l'Origine des espèces, Darwin ne s'est pas uniquement préoccupé d'établir la sélection naturelle : il y mène également une réflexion sur les variations, les causes qui les produisent et les lois par lesquelles elles sont transmises ou non à la descendance.
Cette tension entre variation et sélection, qui traverse l'ouvrage dès 1859, influença la réception de L'Origine. Elle autorisa en effet plusieurs manières d'être darwinien ou antidarwinien, au point de susciter des revendications paradoxales : certains crurent que l'important était la recherche des lois de la variation, et qu'ils pouvaient se proclamer darwiniens tout en rejetant la sélection naturelle si centrale dans le darwinisme.
Les querelles de traduction et les ambiguïtés nées des modifications apportées par Darwin lui-même aux éditions successives de son œuvre aggravèrent encore les tensions. Au fil de l'analyse, on constate que darwiniens et non-darwiniens composent une palette fort nuancée et qu'ils finissent par se rejoindre dans une commune posture : pour défendre leurs positions, tous jouent Darwin contre Darwin.

La cuirasse brodée

Roberto Peregalli



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Le Promeneur
Prix : 22 €

Pour Homère, pour les présocratiques, pour Hérodote, pour Hippocrate, la connaissance concerne le visible, elle équivaut à voir ou, mieux, à dévoiler ce qui en réalité est déjà manifeste.
A partir de Platon, au contraire, il ne s'agit plus de rendre évident ce qui se cache à la surface, mais de s'attacher à scruter cet invisible, auquel s'identifie le vrai, et qui renvoie à sa vacuité la tromperie du visible. C'est une révolution complète, où se perd la notion originaire de vérité comme dévoilement. A travers l'évocation des mystères de la Grèce archaïque, du mythe d'Œdipe - où les thèmes de la vue et de la cécité jouent évidemment un rôle central - ainsi que de celui des Sirènes, ce livre s'interroge sur le rapport essentiel qui noue le savoir et le voir, remontant aux racines anciennes de problématiques qui sont toujours les nôtres.
A mi-chemin de la philosophie et de la littérature, cet essai à l'érudition légère et rigoureuse est accompagné de douze illustrations originales de Pierre Le-Tan, spécialement exécutées pour ce volume.

dimanche 25 janvier 2009

Libres propos philosophiques d'une autiste

Annick Deshays



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Presses de la Renaissance
Prix : 14,80 €

" Je pratique une méthode de communication tout autant fiable pour nous que la parole.
Pire que tout c'est le putain de silence forcé et trucident. Unir notre désir de communiquer boude toutes les différences. Moi j'utilise une machine comme vous utilisez votre voix. Pourquoi toujours privilégier une dimension tout empreinte de paroles qui troublent une vraie communication ? Toutes les idées fusent dans nos têtes comme dans les vôtres. Les partager aide notre pensée à se fortifier. Faites-nous parler, c'est une question de vie forte.
Tuer les mots détruit notre raison de vivre. Un grand pont fixe notre itinéraire. Il nous fait circuler dans les deux sens. Merci de l'emprunter le plus souvent possible. ".

Le ravissement de la raison

Simone Weil
Textes choisis par Stéphane Barsacq



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Points
Collection : Points Sagesses
Prix : 5 €

Simone Weil (1909-1943) partage avec Rimbaud, Lautréamont et Kafka le destin que Nietzsche prophétisait pour lui-même : connaître une gloire posthume.
Publié au sortir de la Seconde Guerre mondiale, La Pesanteur et la Grâce, établi à partir des cahiers qu'elle avait laissés avant de s'embarquer pour les Etats-Unis en 1942, provoque une surprise générale. Comment une femme aussi jeune avait-elle pu pénétrer aussi loin dans le mystère de la vie et avoir sur -elle les clefs de l'avenir qu'elle faisait reposer en Dieu ? Qui était cette disciple d'Alain, élève de l'Ecole normale supérieure, agrégée de philosophie ? Cette activiste de gauche, un temps proche de Trotski, " manœuvre sur la machine ", c'est-à-dire ouvrière, qui écrivait avec un feu égal à celui qu'on trouve aux Pensées de Pascal ? Et surtout, qui était cette femme dont on apprenait qu'elle venait de mourir par compassion pour ceux qui souffraient un martyre qu'elle avait tenu à accompagner, alors qu'elle luttait dans les rangs de la France libre ? Cette femme était tout sauf une exaltée : c'était l'être de la raison la plus puissante de son temps.
La présente anthologie invite à ressaisir les étapes ultimes d'un pèlerinage de l'esprit, en quête de la vérité.

La divine insouciance - Etudes des doctrines de la providence d'après Maïmonide

René Levy



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Verdier (Editions)
Collection : philosophie
Prix : 28 €

Maïmonide, dans son maître ouvrage, Le Guide des égarés, pose la question du mal.
Chez lui, une solution s'esquisse, qui produit une doctrine intégrale de la providence, fondée sur l'intellect. Pour cela, le maître juif use de tous les moyens dont il dispose : outils philosophiques, qu'il cite, ordonne, et parfois dépasse ou contredit ; outils théologiques, scientifiques, talmudiques : toute sa connaissance est convoquée. Mais il ne s'agit pas de référer à l'autorité ou aux autorités, pas plus qu'il n'est question d'inventer à neuf.
Aristote, les péripatéticiens, arabes et grecs, les théologiens arabes : la pensée maïmonidienne use des outils forgés par les autres, mais elle en dispose souverainement. L'intelligence, telle que la regarde Maïmonide, ne conduit pas à tout prévoir ; elle n'est pas l'outil suprême du pouvoir, de l'omnipotence. Elle fait écho, ce qui ne sera pas le moindre des paradoxes de cette pensée si libre, à ce qu'Épicure écrit des dieux.
Les dieux, dit le Grec, sont insouciants. Voilà pourquoi ils n'ont cure des hommes. Que Dieu n'ait cure, Maïmonide ne le dira pas ; mais que Dieu soit insouciant, l'auteur du Guide en conviendra si fort qu'il affirmera que l'homme intelligent, à l'horizon de son intelligence, reçoit également la condition divine - la divine insouciance.

L'Homme et l'Etat

Jacques Maritain



Paru le : 22/01/2009
Editeur : DDB
Prix : 17 €

" Les deux concepts de Souveraineté et d'Absolutisme ont été forgés sur la même enclume.
Ils doivent être ensemble mis au rebut ", affirmait notamment Jacques Maritain. Intellectuel phare du Renouveau catholique de la première moitié du XXe siècle, converti qui va rompre avec éclat avec l'Action française en prenant le parti de Rome, Jacques Maritain (1882-1973) est aussi une grande figure de la philosophie politique. L'Homme et l'Etat, publié pour la première fois en 1953, est le texte développé de six conférences prononcées à l'université de Chicago en décembre 1949.
Il apparaît comme l'ouvrage de référence pour comprendre la réflexion du philosophe dans ce domaine, une pensée qui contribuera beaucoup à nourrir l'idée démocrate chrétienne. En fin de volume est repris un texte fort et peu connu de Jacques Maritain, écrit en 1937 et intitulé : Exister avec le peuple, qui illustre bien l'attention au peuple que souligne ici le jésuite et philosophe Paul Valadier, dans la préface qu'il a consacrée à cet ouvrage.

La marque du sacré

Jean-Pierre Dupuy



Paru le : 22/01/2009
Editeur : Carnets Nord
Prix : 20 €

Nous sommes tous religieux sans le savoir.
Pire encore : parce que nous ne voulons pas le savoir ! C'est cet aveuglement paradoxal qui fonde la raison contemporaine. Ce livre, conçu comme un polar métaphysique et théologique, traque des indices, des traces : la marque du sacré dans des textes ou des arguments qui se prétendent uniquement rationnels. Avec la rigueur du logicien, mais aussi la passion du polémiste, Jean-Pierre Dupuy réveille les esprits empêtrés dans leur idéologie.
La catastrophe (écologique, nucléaire, nano-bio-technologique. ) a commencé, mais notre refus du religieux nous empêche de la voir. Seule une perspective apocalyptique nous permet de comprendre que c'est le sacré qui nous a constitués. La désacralisation du monde nous apparaît ainsi pour ce qu'elle est : un processus inouï qui peut nous laisser sans protection face à notre violence, mais qui peut également déboucher sur un monde où la raison ne serait plus l'ennemie de la foi.
Autobiographie intellectuelle, mais aussi analyse lucide des détraquements en cours, qui tous s'enracinent dans notre refus de voir le pire, ce livre s'ouvre par une interprétation de la panique financière de 2008 ; il se poursuit par une démystification des grandes formes de la rationalité moderne, incapables de gérer ce sacré qu'elles refoulent ; il se clôt enfin, dans une mise en abyme vertigineuse, sur une méditation autour de Vertigo, le chef-d'oeuvre d'Alfred Hitchcock.

Christianisme et modernité

René Girard, Gianni Vattimo



Paru le : 21/01/2009
Editeur : Flammarion
Collection : Champs actuel
Prix : 8 €

Christianisme et modernité sont-ils deux ennemis se livrant bataille, en un dernier avatar des " guerres de religion " : d'un côté la foi, l'idée rassurante d'une transcendance ; de l'autre le désenchantement prenant acte de la " mort de Dieu " ? D'un côté la tradition, la vérité, l'autorité ; de l'autre la laïcité, le relativisme, la défense des libertés individuelles ? Loin d'opposer frontalement ces deux camps, René Girard et Gianni Vattimo s'efforcent au contraire de les rapprocher.
Avec des arrière-plans philosophiques et des arguments différents, tous deux soutiennent cette thèse paradoxale : sécularisation et laïcité sont des produits du christianisme ; le christianisme est la religion de la sortie de la religion, étant lui-même à l'origine des valeurs de nos sociétés occidentales - y compris la démocratie et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Les dialogues et articles rassemblés ici pour la première fois forment ainsi le journal d'une confrontation entre deux des plus grands penseurs du moment, remarquable contribution au débat sur le rôle de la religion et le sens de la foi dans notre monde moderne.
René Girard, membre de l'Académie française, professeur émérite à l'université de Stanford, est l'auteur d'essais traduits dans le monde entier, notamment Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du mande (1978) et, plus récemment, aux éditions Carnets Nord, Achever Clausewitz (2007).

jeudi 22 janvier 2009

De l'argent - La ruine de la politique

Michel Surya



Paru le : 21/01/2009
Editeur : Rivages
Collection : Petite Bibliothèque
Prix : 6,50 €

D'autres mondes étaient possibles.
D'autres rêves existaient. Des années de lutte en témoignent. Une volonté chez certains de toute une vie. Pour rien à la fin, sinon cette forme d'horreur sans borne de l'acquiescement de tous à tout ce qui est. Il a suffi à l'argent de convaincre que la consommation établirait l'égalité pour que nul ne puisse plus prétendre que l'égalité s'établirait contre la consommation. Entre toutes les victoires qu'on pouvait craindre, celle-ci est sans doute la plus lourde de conséquences.
L'argent a permis que l'emporte toute politique qui se réclamait de lui. Argent et politique ne peuvent plus être distingués.

Simone Weil - Sagesse et grâce violente

Florence de Lussy, Simon Leys, Czeslaw Milosz, David McLellan



Paru le : 15/01/2009
Editeur : Bayard
Prix : 25,50 €

L'œuvre de Simone Weil est complexe, presque inclassable.
Allant à l'encontre des idées reçues et des prêts-à-penser, profondément originale tout en répondant à des attentes modernes, à l'image d'une vie engagée à l'extrême, brûlée en quelque sorte. L'ensemble des contributions réunies ici par Florence de Lussy permet d'embrasser toute la richesse de cette pensée sans en atténuer les ambiguïtés et la radicalité, de déployer le faisceau de ses interrogations sur le totalitarisme, le marxisme et la religion, la science et le travail, l'action et la non-action, la source grecque et le gnosticisme, l'anti-judaïsme, la politique.
Ce volume rend hommage à une philosophe au regard puissant et libre qui projette sur nos ombres une lumière violente.

mardi 20 janvier 2009

Découvrir la philosophie antique

Eric Oudin, Cyril Morana



Paru le : 15/01/2009
Editeur : Eyrolles
prix : 15 €

Des présocratiques à Saint-Augustin, ce guide retrace l'histoire de la philosophie antique à travers ses courants, ses philosophes, ses concepts et ses références.
Jalonné de citations, chaque chapitre est consacré à un penseur ou à une école et constitue une introduction interactive aux grands textes. Structurée et efficace, son approche transmet : le contexte historique des penseurs ; leur thèse dans ses grandes lignes ; ses aspects majeurs ; des pistes de lecture et un quiz pour mémoire.

Chez les Weil - André et Simone

Sylvie Weil



Paru le : 15/01/2009
Editeur : Buchet-Chastel
Prix : 18 €

Comment vivre aux côtés de pareils génies ? Sylvie Weil, dans ce qui est à la fois un exercice d'admiration et un exorcisme nécessaire, s'en explique avec de l'émotion et de l'humour.
" Le génie était bicéphale. Mon père avait un double, un double féminin, un double mort, un double fantôme. Car, oui, en plus d'être une sainte, ma tante était un double de mon père à qui elle ressemblait comme une jumelle. Un double terrifiant pour moi, puisque je lui ressemblais tant. Je ressemblais au double de mon père. " Cette ressemblance physique troublante est le départ d'un récit qui mêle des souvenirs, des réflexions personnelles.
Il en résulte une forte présence de ces deux figures intimidantes. Inadaptées l'une comme l'autre au monde réel, témoins et victimes de l'Histoire, elles méritaient d'être enfin réunies à égalité dans un livre juste, accessible, et chaleureux. Sylvie Weil est la fille d'André Weil et la nièce de Simone Weil. Elle a enseigné la littérature française dans plusieurs universités américaines. Ecrivain elle a publié des nouvelles et des romans.

lundi 19 janvier 2009

L'homme sans - Politiques de la finitude

Martin Crowley



Paru le : 15/01/2009
Editeur : Nouvelles Editions Lignes
Collection : Fins de la philosophie
Prix : 17 €

Il n'y a pas d'être humain qui ne soit fini ; dont l'existence ne se définisse, comme l'écrit Sartre en 1945, par son exposition à la mort et à la multitude des autres êtres finis parmi lesquels il lui faut exister.
Cette affirmation, que Martin Crowley nomme ici la " proposition de la finitude ", constitue selon lui une affirmation d'égalité ontologique irréductible, laquelle commande une solidarité de principe avec tout autre être - a fortiori avec ceux dont on exploite et brutalise l'existence exposée. Voici la thèse de ce livre : la proposition de la finitude en appelle à une politique de la révolte égalitaire.
Révolte qu'elle a plus d'une fois suscitée, et qu'il faudra qu'elle suscite encore.