mardi 31 mars 2009

Premiers écrits. Œuvres complètes I

Spinoza



Parution : mars 2009
Editeur : PUF
Collection : "Epimethée"
Prix : 36 €

Un volume qui réunit de nouvelles traductions et un appareil critique inédit de deux œuvres majeures de Spinoza : Le Traité de la réforme de l'entendement et le Court Traité de Dieu, de l'homme et de son bien-être.

Le Traité de la Réforme de l’Entendement et le Court Traité représentent les premières rédactions de la pensée de Spinoza. Le philosophe y constitue sa problématique et son langage à la fois en utilisant les doctrines et les lexiques existants et en construisant les moyens effectifs de s’en libérer. À ce titre, l’intérêt de ces deux textes est triple : ils ont une thématique propre, fortement articulée et dont les architectures conceptuelles doivent être analysées pour elles-mêmes, qui
donnent un sens nouveau à la réflexion sur Dieu, la connaissance, les affects et les relations entre les hommes ils permettent aussi de mieux reconstituer l’itinéraire qui conduit à l’Éthique et aux deux Traités consacrés à la vie politique enfin, ils donnent à lire les prises de position de Spinoza dans les débats de la nouvelle philosophie de l’âge classique, notamment avec Descartes et face à Descartes — c’est toute l’insertion d’une nouvelle pensée dans le monde des sciences, des réflexions sur leur méthode, de l’analyse de la vie affective et sociale, des questionnements sur l’itinéraire de l’individu et sur son rapport avec le Souverain Bien. En un temps marqué violemment par la révolution scientifique, les crises politiques et les conflits d’aspirations religieuses multiples, on voit ici s’élaborer les deux premières étapes d’une interrogation sur la Nature, la puissance et la Raison.
Ce volume est le premier dans l’ordre, mais le troisième à paraître de l’édition des Œuvres complètes de Spinoza, comprenant un nouvel établissement du texte, une nouvelle traduction annotée et des instruments de travail — glossaires, index et appendices — qui rendent accessible l’état actuel de la recherche.

L'interruption : Jacques Rancière et la politique

Christian Ruby



Parution : mars 2009
Editeur : La Fabrique

« La politique ne peut exister que dans un acte d'interruption, de dérèglement ou d'effraction » écrit Christian Ruby dans cette introduction au travail de Jacques Rancière. On y trouvera, recensés et éclairés, les concepts qui servent chez Rancière de matériaux de construction - en vrac, le sensible et son partage, la subjectivation, le régime esthétique des arts, le couple police / politique, la mésentente... Parallèlement, Ruby retrace le parcours de Rancière, depuis la plongée dans les archives ouvrières du XIXe siècle (La Nuit des prolétaires) jusqu'aux textes les plus récents (La Haine de la démocratie, Le Spectateur émancipé). Une grande place est réservée à la notion d'égalité, centrale chez Rancière, appuyée sur le magnifique exemple du Maître ignorant. Chemin faisant, Ruby explique les divergences qui opposent Rancière à certains de ses contemporains comme Althusser, Bourdieu ou Lyotard, divergences profondes qui portent sur l'idée maîtresse de sa philosophie, l'émancipation.
Aider à entrer dans une oeuvre réputée difficile sans paraphraser ni simplifier : tel est le pari réussi par Christian Ruby dans ce livre alerte et décidément philosophique.

lundi 30 mars 2009

Nietzsche, le sujet, la subjectivation

François Kammerer



Parution : janvier 2009
Editeur : L'Harmattan
Collection : Ouverture philosophique

Nietzsche est souvent perçu comme un philosophe de la critique du "moi", qui entreprend d'évacuer le sujet souverain pour en faire un simple effet des rapports entre les volontés de puissance. L'ambition de ce livre est de montrer qu'une telle vision est incomplète. Il y a dans l'oeuvre de Nietzsche, et particulièrement dans son dernier livre, Ecce Homo, une forte pensée de l'individu et du rapport à soi qui, loin d'éliminer le problème de la subjectivité, le pose à nouveaux frais.

Deleuze

Alberto Gualandi



Paru le : 19/03/2009
Editeur : Perrin
Collection : Tempus Philo
Prix : 7,50 €

Une voix qui enchantait les foules, une force et une ardeur intellectuelles peu communes, une pensée aussi séduisante que controversée : Deleuze est bien l'une des figures marquantes de la philosophie contemporaine.

Reste à comprendre la singularité d'une oeuvre, tentative brillamment conduite ici par Alberto Gualandi. Celui-ci éclaircit les concepts deleuziens - pli, réseau, rhizome, intensité... - et les rattache à la grande tradition philosophique occidentale.

La révolte est-elle juste ?

Bernard de Castéra



Paru le : 20/03/2009
Editeur : Edifa-Mame
Collection : Matières à penser
Prix : 14 €

La révolte est-elle le chemin obligé de la justice ? Notre culture occidentale avide de justice puise ses principes fondateurs dans la révolte pour instaurer « un monde meilleur ». Pourtant, cette culture de révolte ébranle les fondements de la vie morale, sociale et politique et chacun fait le constat de la crise profonde traversée par notre société. Bernard de Castéra analyse cette culture de révolte et entreprend, par un cheminement philosophique, de renouer avec une justice au service de l'homme.

jeudi 26 mars 2009

Revue de métaphysique et de morale 2009 - n° 1

L'universalisme



Editeur : PUF
Date de parution : 25/03/2009

Anne BAUDART : Présentation
Anne BAUDART : Individualisme et cosmopolitisme
Pierre MAGNARD : L’homme universel
Bernard BOURGEOIS : Du bon usage de l’universel
Bertrand SAINT-SERNIN : Y a-t-il de l’universel dans l’action ?
Michel SERRES : Culture générique

VARIA

Olivier LAHBIB : Sur l’esthétique positiviste
Chronique « Philosophie morale et politique », 2008

mardi 24 mars 2009

Revue philosophique 2009 tome 134 - n° 1

Philosophies de la médecine



Editeur : PUF
Parution : février 2009

ARTICLES
Denis FOREST.— Philosophies de la médecine. Approches naturalistes
Karen NEANDER.— Les explications fonctionnelles
Elodie GIROUX.— Définir objectivement la santé
Denis FOREST.— Le concept de fonction en philosophie de la médecine

ANALYSES ET COMPTES RENDUS
(XVIIIème, XIXème et XXème siècles Droit, philosophie politique, sciences sociales) par :
H. BARREAU, B. BERNARDI, A. BOUTOT, A. BOYER, G. CHAPOUTHIER,
S. CHAUVIER, C. CRIGNON – de OLIVEIRA, O. DEROY, P. ENGEL, V.GERARD, A. GUETTA, L. JOUMIER, Z. KOURIM, S. OHAYON, M.-F. PELLEGRIN, G.RADICA, A .STANGUENNEC, R. TIRVAUDEY, Th. de TOFFOLI, G. TUZET, P. VERDEAU, X. VERLEY

lundi 23 mars 2009

La théorie souveraine - Les philosophes français et la sociologie au XXe siècle

Louis Pinto



Paru le : 19/03/2009
Editeur : Cerf
Collection : passages
Prix : 39 €

« La philosophie ne voyage point », déplorait Jean-Jacques Rousseau. La découverte d'autres cultures lui semblait procurer un indispensable dépaysement et une idée élargie de l'humanité. Or, depuis l'époque des Lumières, les sciences de l'homme ont connu un développement considérable que les philosophes en France n'ont pu ignorer. La sociologie en particulier, issue avec Durkheim de la discipline philosophique, n'a cessé d'être présente à leur esprit. Mais on ne peut analyser le problème qu'elle a posé à la philosophie depuis plus d'un siècle sans envisager ce que la pensée la plus théorique doit à des traditions, à des hiérarchies intellectuelles, à des découpages disciplinaires.

Quatre périodes ont été étudiées ici, entre les années 1900 et les années 1970 : la première, marquée par le débat sur le durkheimisme ; la deuxième, dominée par la phénoménologie ; la troisième, placée sous l'emblème du structuralisme ; et la dernière, sous l'emblème des rapports entre politique et philosophie, savoir et pouvoir. Au lieu de recenser ou d'encenser, comme on le fait trop souvent, les pensées d'auteurs prestigieux qui ne manquent pas ici (Durkheim, Husserl, Sartre, Merleau-Ponty, Lévi-Strauss, Foucault, Bourdieu, Deleuze, Derrida, etc.), Louis Pinto s'est donné une autre tâche : celle de comprendre comment les stratégies des philosophes commandées par leur position et leurs ressources dans le champ philosophique ont favorisé l'invention d'instruments conceptuels, parmi lesquels l'antinaturalisme et l'antiobjectivisme. On est ainsi conduit à voir tout autrement les philosophes aussi bien que leurs discours.

Spinoza

André Scala



Paru le : 19/03/2009
Editeur : Perrin
Collection : Tempus
Prix : 7 €

On ne peut guère imaginer plus grande solitude de pensée : Spinoza, philosophe, grammairien et penseur politique, fut à son époque - le XVIIème siècle - l'athée, l'infâme, l'imposteur.
Lui, le philosophe de la joie, de l'amour, de la puissance et de la libération. C'est qu'il dérangeait - hier comme aujourd'hui - par son effort pour établir une communauté de pensée. Donc, être philosophe avec ceux qui ne le sont pas, ceux qui veulent apprendre, ceux qui veulent empêcher la philosophie ou ceux qui imaginent qu'on peut s'en passer. Expliquer cette démarche, tel est l'objet de ce livre.

Corps au travail n°6 : Corps au travail

Numéro dirigé par Bernard ANDRIEU et Fabien COUTAREL



16,5 x 23,5 cm. 128 pages.
Prix public : 18 €
ISBN 978-2-916275-51-2

Ce numéro 6 de la revue CORPS s'ouvre sur un entretien avec Richard Shusterman, philosophe américain contemporain, sur la notion de « conscience du corps ».

Le dossier central est consacré à un thème essentiel dans le débat contemporain : le corps au travail, à la fois instrument des travailleurs et cible pour les contraintes professionnelles. Les huit contributions à ce dossier proposent des éclairages pluridisciplinaires de la relation complexe existant entre le corps humain et le travail humain.

Les auteurs sont ergonomes, historiens, philosophes, médecins, psychanalystes, psychologues, tous spécialistes des questions de santé au travail. Ils mettent en avant un cadre particulier d'appréhension et de discussion des rapports entre la construction, la transformation et le vécu des corps dans l'exercice du travail.

Le cahier iconographique Un rite de passage polynésien : le tatouage samoan, réalisé par Sébastien Galliot, donne à voir des images du tatouage investi symboliquement et ritualisé dans le seul territoire polynésien qui n'a jamais interrompu cette pratique.

La rubrique « Découvrir » propose trois articles novateurs sur les enjeux du corps dans la poésie d'Elizabeth Bishop, sur l'usage du corps par les adeptes du mouvement gothique et sur l'hybridation du cinéma expérimental contemporain.

Enfin, la rubrique « S'INFORMER » rend compte des ouvrages récents Les Arènes totalitaires. Hitler, Mussolini et les jeux du stade (D. Bolz, 2008), En souffrance : adolescence et entrée dans la vie (D. Le Breton, 2007) et Testo Junkie. Sexe, drogue et biopolitique (B. Preciado, 2008).

Revue dirigée par Bernard Andrieu et Gilles Boëtsch

CONTACTS
ÉDITEUR : GRÉGOIRE ROBINNE – revuecorps@editions-dilecta.com – 01 43 40 28 10
PRESSE : MATHILDE GAUDECHOUX – presse@editions-dilecta.com

dimanche 22 mars 2009

Visages de la peur

Michela Marzano



Editeur : PUF
Parution : mars 2009
Collection "La Condition humaine"
Prix : 13 €

La peur gagne. Peur du chômage, peur de l’insécurité, peur des immigrés, peur du changement climatique… Rien de plus humain que d’avoir peur lorsqu’on est face à un danger. Rien n’est pourtant plus utile et dangereux que l’instrumentalisation de nos peurs. Rappelons Machiavel : la peur est propice au pouvoir. Mais le pouvoir peut-il éradiquer nos peurs ? Ne contribue-t-il pas aussi à les propager ?
En analysant les différents visages de nos peurs (des peurs de notre enfance jusqu’à celle de la mort en passant par la peur au travail), Michela Marzano scrute l’une des émotions les plus répandues de nos sociétés contemporaines et pourtant l’une des moins étudiées. Elle nous invite à redécouvrir la vertu de la confiance qui, sans nous mettre à l’abri de l’inconnu ou de l’imprévu, nous permet en même temps d’aller vers les autres et de renouer avec notre propre altérité.

jeudi 19 mars 2009

Entropia N° 6, printemps 2009

Crise éthique, éthique de crise ?



Sortie le 06 avril 2009

Malgré les caricatures dont elle est l’objet, et face à la crise systémique sans précédent qui sévit partout en tout domaine, l’idée de décroissance a commencé à s’insinuer dans les charnières d’un système sans avenir. Dans un climat de désenchantement général, il se pourrait bien qu’elle puisse introduire un sursaut de conscience collective modifiant tout à la fois les mentalités et les actes, en particulier dans nos relations avec la nature qui sont inséparables de nos rapports avec les autres et avec nous-mêmes.
La voie étroite de la décroissance est une éthique générale. C’est une mobilisation contre l’absurdité, le cynisme et la déréliction dont souffrent la planète et ses habitants. Si elle n’est pas « le remède-miracle » et encore moins un projet normatif et moralisant, elle est bien un engagement qui invite impérativement à ne plus séparer pour dominer, à ne plus morceler pour humilier et qui convie à reconnaître les liens qui unissent fondamentalement la condition humaine localisée à l’espèce entière et à la totalité du vivant.
À ces relations d’« harmonie conflictuelle », l’histoire ne cesse de substituer l’inertie où les choses suivent leur cours, mais aussi les menaces de barbarie dont l’impérialisme de l’économie fait le lit. Comprendre comment nous en sommes arrivés là peut aider à inventer une éthique de la décroissance. Et c’est aussi un appel à retrouver un art de vivre, la joie de la connaissance, la gratuité et la beauté, sans lesquels disparaît le monde commun.

Les transformations silencieuses

François Jullien



Paru le : 18/03/2009
Editeur : Grasset
Prix : 14,50 €

« Grandir, vieillir ; mais également l’indifférence qui se creuse, jour après jour, entre les anciens amants, sans même qu’ils s’en aperçoivent ; comme aussi les Révolutions se renversant, sans crier gare, en privilèges, ou bien le réchauffement de la planète : autant de modifications qui ne cessent de se produire ouvertement devant nous, mais si continûment et de façon globale, de sorte qu’on ne les perçoit pas. Mais on en constate soudain le résultat – qui nous revient en plein visage. Or si cette transformation continue nous échappe, c’est sans doute que l’outil de la philosophie grecque, pensant en termes de formes déterminées, échouait à capter cette indéterminable de la transition. De là l’intérêt à passer par la pensée chinoise pour prêter attention à ce même : celui de « transformations silencieuses » qui, sous le sonore de l’événement, rendent compte de la fluidité de la vie et éclairent les maturations de l’Histoire tout autant que de la Nature. De notion descriptive, on pourra alors en faire un concept de la conduite, stratégique comme aussi politique: face à la pensée du but et du plan, qui a tant obsédé l'Occident, s'y découvre l'art d'infléchir les situations sans alerter, d'autant plus efficace qu'il est discret. » François Jullien

mardi 17 mars 2009

Le temps fixé - Petite conférence sur les images

Jean-Christophe Bailly



Paru le : 11/03/2009
Editeur : Bayard
Collection : Petite conférence sur les imag
Prix : 12 €

Chacun de nous va au cours de sa vie rencontrer des dizaines de milliers d'images, des photos, cartes postales, affiches, les images sur les écrans, au cinéma, des images fixes donc et des images mobiles. Devant ce flux devenu incessant, certains s'inquiètent, se méfient, dénoncent le pouvoir des images. Mais l'homme n'a jamais vécu sans image, même lorsqu'il ne possédait pas les moyens techniques d'en créer. Ce qu'il a vu en premier, c'est son propre reflet, ce qu'il a dessiné en premier c'étaient les animaux qu'il chassait. L'homme a eu besoin de reproduire le monde, la magie de l'image travaille depuis la nuit des temps. Des grottes préhistoriques aux écrans d'aujourd'hui, Jean-Christophe Bailly nous propose ici un voyage à travers les images et la fascination qu'elles ont toujours exercée.

L'adresse du politique - Essai d'approche responsive

Michel Vanni



Paru le : 12/03/2009
Editeur : Cerf
Collection : passages
Prix : 24 €

En quoi une communauté politique répond-elle, et de quoi répond-elle ? Tel est l'enjeu du présent ouvrage. Or, les requêtes qui traversent le champ pratique sont toujours mal adressées : était-ce vraiment à nous de répondre, et de cette manière-là ? Y avait-il même à répondre ? Rien n'est jamais totalement assuré. C'est pourtant à travers cette maladresse essentielle que surgit - toujours à nouveau - un « nous » commun, fragile et constamment réinventé.

L'auteur invite son lecteur à parcourir ici les différentes déclinaisons de cette maladresse politique, à travers les figures de la communauté, de l'institution, de la démocratie, et enfin celle du militant. Il s'agit là d'une tentative d'élaboration originale, qui s'appuie sur la théorie de la responsivité proposée par le philosophe allemand Bernhard Waldenfels. Cet essai se nourrit par ailleurs, à chaque étape, d'une confrontation avec certains des plus grands penseurs français actuels (Nancy, Rancière, Derrida et Badiou). Il se présente dès lors comme un parcours à travers tout un pan de la philosophie française contemporaine, au terme duquel c'est moins à une théorisation experte que Michel Vanni convie son lecteur qu'à une prise en charge de la fragilité créatrice de l'agir politique.

lundi 16 mars 2009

L'âge de la peur - Ethique, science et société

Dominique Lecourt



Paru le : 12/03/2009
Editeur : Bayard
Prix : 17 €

Recueil de chroniques publiées dans«La Croix»abordant des sujets scientifiques divers : les OGM, les nanotechnologies, le principe de précaution, les épidémies, les greffes du visage, le réchauffement climatique, les robots, les trous noirs, etc. Le but de l'auteur est de délivrer un savoir clair et accessible afin de maîtriser ces sujets et d'éviter le sentiment de peur à leur égard.

Les intermittences de l'être - Lecture du Sophiste de Platon

Emmanuelle Rousset



Paru le : 12/03/2009
Editeur : Verdier (Editions)
Collection : philosophie
Prix : 12.50 €

Cette lecture du Sophiste se concentre sur le passage central du texte de Platon qui vise à établir la définition du sophiste : passage particulièrement ardu, où Platon critique d’autres doctrines contemporaines et semble même déplacer certaines de ses propres thèses.
Le passage est déclenché par la nécessité de déterminer la possibilité d’une parole fausse, mensonge ou habileté, pour débusquer le sophiste sur son propre terrain.
Il faut qu’il soit possible de dire ce qui n’est pas. Pour cela il faudra admettre l’idée apparemment paradoxale d’un être du non-être que soutient Platon contre le grand Parménide.
Ce livre s’intéresse aux enjeux et conséquences de cette étrange moirure de l’être qui – à l’encontre d’une interprétation scolaire de Platon – le soumet à des variations, des demi-teintes, des brisures et des raccordements. Un chapitre évoque par exemple l’attitude d’Hamlet dans la fameuse scène I de l’acte III qui hésite entre l’opposition absolue de l’être et du non-être et leur tissage, douloureux et assumé, qui aurait cessé d’être tragique.
Par opposition à un langage de pouvoir et d’efficacité, le langage de la vérité repose sur une saisie de la relation à l’autre, libère le mouvement de la pensée et rompt, comme Nietzsche l’a souligné, avec la vision tragique du réel.

Tentative d'assassinat du bourgeois qui est en moi

Yann Kerninon



Paru le : 12/03/2009
Editeur : Libella-Maren Sell
Prix : 19 €

" Un combat est ouvert entre la vie sous toutes ses formes et la mort sous toutes ses formes.
Ce combat est ouvert à l'échelle planétaire, à l'échelle des nations, mais surtout dans le corps et la tête de chacun d'entre nous. " Toute l'histoire du XIXe e et du XXe siècle est celle de la lutte contre l'esprit bourgeois. Nietzsche, Baudelaire, Marx, Heidegger, Freud, Dada, Surréalisme, Situationnisme, Punk. Tous ont agi, écrit ou hurlé pour ne dire que cela : qu'il fallait en finir avec l'esprit bourgeois ! Toute l'histoire du XIXe et du XXe siècle est aussi celle de leur échec.
Car l'esprit bourgeois triomphe ! Mélange subtil de lâcheté, de cynisme et de névroses mortifères, il demeure et se diffuse au fil de ses métamorphoses. Face à lui, l'antibourgeois crispé, pérorant et suraffirmé - tellement à la mode aujourd'hui - apparaît de plus en plus grotesque et inefficace. L'un comme l'autre ne produisent que la mort. Ce livre est un " exercice de saut " en dehors de la ronde infernale du bourgeois et de l'antibourgeois : une difficile tentative de définition d'une société et d'un individu vivants et vivifiants que l'on pourrait enfin qualifier de non bourgeois.