vendredi 24 mai 2024

Keith Moser : Fake News in Contemporary Science and Politics. A Requiem for the Real?

Palgrave Macmillan - Mai 2024


Ce livre transdisciplinaire enquête sur les profondes répercussions de la vie dans un monde post-vérité dans lequel les « faits alternatifs » et les affirmations de connaissances post-vérité, souvent à la limite de l'absurde, ont remplacé le réel dans l'imaginaire collectif de millions de personnes à travers la planète. À travers des discussions sur le déni du changement climatique, le mouvement anti-vaccination, l'insurrection du 6 janvier et la guerre Russie-Ukraine, cette étude explore la gravité de l'actuelle « infodémie », ou l'incapacité croissante d'une grande partie de la population à faire la distinction entre la réalité et les fausses déclarations, et l’impact déstabilisateur que cette infodémie a sur les modèles démocratiques de gouvernance dans le monde entier, coïncidant avec la montée des formes autocratiques de populisme.

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jeudi 23 mai 2024

Léo Coutellec, Clément Tarantini : Essayer pour soigner. Des formes de l’expérience éthique dans le soin

 Erès - Mai 2024


Essayer pour soigner nous plonge au cœur du soin, là où les exigences éthiques rencontrent les contraintes de la situation, où les standards médicaux se heurtent aux particularités des contextes, où les incertitudes font hésiter les prédictions.Face à la nécessité du soin en urgence, à l'imprévisible d’un débordement sanitaire, la pratique de l'essai a fait irruption à l’hôpital sous une forme plus générique et moins standardisée.
A l’appui d’un travail d’enquête sur trois thérapeutiques mises à l’épreuve au sein de divers services hospitaliers, les auteurs montrent que l’acte d’essayer ne consiste ni à s’abandonner à une prise de risque non maîtrisée ni à se soumettre exclusivement à des protocoles préexistants.
Au cœur de cette tension entre le standard et le non-standard, quand il faut arbitrer entre plusieurs contraintes, valeurs et finalités, l’essai aide à agir en situation d’incertitude – en cela c’est une expérience – tout autant qu’il aide à donner du sens à l’agir – en cela c’est une forme d’éthique.

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Raoul Kirchmayr : Le royaume des ombres. Esthétique de la spectralité

 Mimesis - Mai 2024


La philosophie classique allemande s’est souvent interrogée sur la ligne de partage entre l’occulte et le visible, en mettant à l’oeuvre les concepts de « royaume des ombres » (Schattenreich) et de « royaume des esprits » (Geisterreich). Ce livre retrace les permanences et les variables d’une ligne textuelle « mineure » qui s’est déroulée dans la pensée du XIXe siècle. A cette généalogie appartient aussi l’interprétation psychanalytique des figures diaboliques et des fantasmagories, considérées par Freud comme expressions de l’inquiétante étrangeté de la mort dans son rapport paradoxal avec la vie. La déconstruction de ce réseau met en lumière une « logique de la revenance » qui structure le discours philosophique de la Klassik et de la psychanalyse. Cette logique conduit à la définition de la « spectralité » comme l’entrelacs du visible et de l’invisible, et explique son rôle crucial dans l’esthétique moderne.

Raoul Kirchmayr est docteur de recherche en Philosophie (Université de Trieste) et en Esthétique (Université de Paris 1). Agrégé en Philosophie et Histoire, il enseigne l’Esthétique à l’Université de Trieste. Il est membre du comité de rédaction de la revue « Aut Aut » et de l’Équipe Sartre (ITEM/ENS, Paris).

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Marie-Anne Casselot, Cécile Gagnon (dir.) : Existantes. Pour une philosophie féministe incarnée

Éditions du Remue-Ménage - Mai 2024


Préface de Diane Lamoureux

Remettre à l’ordre du jour des sujets traditionnellement boudés par la philosophie occidentale: voilà le mandat que se donne cet essai écrit à quatre mains par des philosophes féministes. Elles y dévoilent les dynamiques de domination à l’œuvre dans les concepts classiques tels que la raison, la justice ou l’autonomie, et remettent en question le prétendu sujet universel. Explorant une philosophie du quotidien, ancrée dans l’expérience sensible, les autrices tracent de multiples chemins vers une autre subjectivité politique. Ainsi se construit une pensée à la fois critique, vulnérable et incarnée, qui fait écho aux grandes idées qui traversent un champ en pleine effervescence.

Plusieurs théoriciennes sont ici présentées, notamment Simone de Beauvoir, Judith Butler, Elsa Dorlin, Kristie Dotson, Camille Froidevaux-Metterie, Emilie Hache, Patricia Hill Collins, Monique Wittig et Iris Marion Young.

Sommaire

Introduction : Décloisonner la philosophie

Une subjectivité multidimensionnelle : en finir avec le Sujet universel

Au-delà des dualismes : vers des sujets incarnés et vulnérables

Le care : vers des sujets relationnels et bienveillants

Naturalité et colonialité : vers des sujets ancrés dans la nature

Apprendre à se défendre : vers des sujets en sécurité

La justice épistémique : vers des sujets crédibles, entendus et reconnus

Conclusion


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Vincent Romagny (dir.) : Politiser l'enfance

Burn Août Editions - Décembre 2023


"Politiser l'enfance" ? L'idée peut sembler malvenue : l'enfance n'est-elle pas le moment de la vie auquel on devrait épargner les querelles partisanes et sur lequel il importe de faire consensus ? Ce serait pourtant là ignorer les combats, polémiques et instrumentalisations politiques dont cette catégorie fait l'objet.
L'enfance est toujours déjà politique, c'est-à-dire effet et occasion de rapports de pouvoir. Il s'agit ici, dans une perspective critique, en réunissant des textes inédits, venant des sciences sociales, de l'art ou de la philosophie, en en traduisant d'autres et en publiant à nouveau des textes plus anciens, d'aborder les différentes façons dont l'idée d'enfance est sans cesse façonnée et renaturalisée, de saisir dans quelle mesure la minorité juridique est une minorité sociale. Il s'agit d'interroger le sens de nos représentations communes et collectives de l'enfance et des figures qu'elles prennent, de saisir que l'émergent reste souvent à la marge en dépit des attentions que nous croyons lui porter, ou de leur fait même.
Il s'agit d'aborder la question des critiques à adresser aux politiques de l'enfance à l'oeuvre ainsi que celle des perspectives à envisager pour imaginer des futurs désirables.

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mercredi 22 mai 2024

James Barrat : Notre dernière invention. L'intelligence artificielle et la fin de l'ère humaine

 Talent éditions - Mai 2024


Depuis 2013, les investissements mondiaux consacrés à l’IA par les entreprises et les agences gouvernementales sont passés de 16 milliards de dollars par an à plus de 200 milliards. Tous veulent développer le Graal de la recherche sur l’intelligence artificielle : une IA avec un niveau d’intelligence comparable à celui de l’être humain.

Récemment, des centaines d’experts, dont Elon Musk, ont réclamé au travers d’une lettre ouverte une « pause » de six mois dans le développement de l’IA pour suspendre les recherches dans les systèmes d’intelligence plus puissants que GPT-4. L’IA générative, qui crée du contenu à partir de requêtes, est arrivée avec l’explosion des réseaux neuronaux artificiels (RNA), le système dominant aujourd’hui. Les prochaines étapes sont l’arrivée de l’IA générale, puis de la superintelligence. Que se passera-t-il une fois ces objectifs atteints ? Cette intelligence possédera le même instinct de survie que le nôtre, nous serons alors peut-être forcés de rivaliser avec notre propre création. Finira-t-elle par nous surpasser ? Quels pouvoirs conférera-t-elle aux pays et aux sociétés qui la contrôleront ? L’Union européenne souhaite encadrer son développement pour protéger les citoyens de ses dérives, avec l’AI Act.

Dans son livre, James Barrat explore l’histoire de l’intelligence artificielle et questionne l’éthique et les futurs dangers qu’une poursuite irréfléchie d’une IA avancée pourrait provoquer. Grâce à de nombreuses interviews d’experts, de scientifiques, d’universitaires, l’auteur nous expose ce développement et l’intérêt d’encadrer cette révolution qui pourrait faire disparaitre de nombreux emplois. Car jusqu’à aujourd’hui, notre intelligence n’avait connu aucun rival.

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Camille Riquier : Philosophie de Péguy, ou les mémoires d'un imbécile

 PUF - Mai 2024 - Quadrige


L'ambition de ce livre est de fournir à la philosophie de Péguy l'« appareil » capable de manifester le plus fidèlement possible le « profond ordre intérieur » qui tient ensemble la multitude de textes qui a jailli génialement de sa plume. Loin de pointer les contradictions d'un homme, il s'agit de suivre la continuité et la cohérence d'un chemin, par-delà toutes les ruptures apparentes, qui se déroule selon un drame chrétien. L'état d'innocence, d'abord, la pureté de son combat socialiste et une jeunesse saisie par l'événement de l'Affaire Dreyfus et tenue par la venue imminente de la cité harmonieuse. La chute, ensuite, avec l'histoire de la décomposition du dreyfusisme et l'enfer du monde moderne. Le salut, enfin, avec le retour de la foi catholique et les nouvelles ressources que lui prodigue la vertu d'espérance.

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Hervé Castanet & Éric Zuliani (dir.) : Comment améliorer la position du sujet

 ECF - Mai 2024


Ce livre regroupe une diversité de contributions écrites à l’occasion de la 4e Journée de la Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée (FIPA) dont le thème, « Améliorer la position du sujet », avec son sous-titre « effets analytiques, effets thérapeutiques » invitait à se pencher sur la conjonction et la disjonction entre les effets analytiques et les effets thérapeutiques obtenus dans les institutions de la FIPA.

« Les effets psychanalytiques ne tiennent pas au cadre, mais au discours, c’est-à-dire à l’installation de coordonnées symboliques par quelqu’un qui est analyste, et dont la qualité d’analyste ne dépend pas de l’emplacement du cabinet, ni de la nature de la clientèle, mais bien de l’expérience dans laquelle, lui, s’est engagé́. » Miller J.-A., « Vers PIPOL 4 », Mental, n° 20, 2008, p. 186.

Sommaire

Argument

Effets thérapeutiques, effets analytiques, Hervé Castanet

Amarres

Des effets thérapeutiques par des voies analytiques, Éric Zuliani

Améliorer, Omaïra Meseguer

C’est ça qui compte, Daniel Roy

Un désir de psychanalyse issu de sa propre cure, Esthela Solano-Suãrez

Trouver ce que l’on n’est pas venu chercher, Laurent Dupont

Une attention aux choses de finesse, Patricia Bosquin-Caroz

Quid du transfert?, Bernard Seynhaeve

Une demande et sa circonstance, Anaëlle Lebovits-Quenehen

L’ère des post-thérapies, Philippe La Sagna

Admettre la jouissance, Angèle Terrier

La psychanalyse : « Un rapport de concernement », Yasmine Grasser

Table d’orientation, Marie-Hélène Brousse

Soutenir le sujet, Jacqueline Dhéret

S’orienter à partir de la thèse de la forclusion généralisée, Hervé Castanet

Rendre au sujet sa fluidité, Lilia Mahjoub

Oreiller et oreilles, Jérôme Lecaux

Trajectoires

Saisir un réel, Isabelle Magne

Miser sur Lacan, Sylvie Berkane Goumet

La voie de l’angoisse, Cécile Wojnarowski

Sujets responsables, Françoise Haccoun

Pour un CPCT appliqué, Jacques Ruff

« Améliorer la position du sujet » : bien-être ou bonheur ?, Thierry Vigneron

Un petit écart Andrea, Orabona

Happycratie, Isabelle Rialet-Meneux

Un accueil du ça ne va pas, Claudine Valette-Damase

Discord, Annie Ardisson

Sens dessus dessous, sémantophilie et sémantophobie, Denis Brunelière

Lecture à plusieurs, insertion singulière, Sissy Rapti-Escurier

Identifier la petite voix, Danièle Olive

« Motifs rythmiques de l’être », Renée Samouël

Bien-être // parlêtre, Geneviève Valentin

Trajectoires d’un regard, Alain Le Bouëtté

Petites avancées

Il graffio, Ariane Chottin

Impliquer le sujet dans ce qu’il dit, Solenne Albert

Diversité et infinité de la langue, Hélène Bocquet

S’orienter du réel, Fouzia Taouzari

Apercevoir l’inconsistance ?, Jean-Noël Donnart

Une « chance de repartir », Élisabeth Pontier

Le CPCT dans la cité, Geneviève Cloutour-Monribot

Au CPCT-parents : un point de vue sur le réel ?, Sarah Camous-Marquis

Déambulation, Luciana Zafimaharo

Jouer avec lalangue, Fernanda Turbat

Prendre rendez-vous au CPCT, Margaux Mathieu

À petite échelle, Jean-François Cottes

L’Époc à DOM, Patrick Almeida, Noa Farchi et Chloé Pons

Navigare necesse, vivere non necesse, Christophe Delcourt

Un au-delà du thérapeutique, Frédérique Bouvet

Le CPCT, un lieu où ancrer son exil de structure, Dominique Pasco

Une logique de discours, Frank Rollier

Produire un savoir insu, Ricardo Schabelman

Ce stabitat, Patricia Bosquin-Caroz

Points de rebroussement, Bruno Alivon

La pratique de la conversation comme lieu où l’on joue à la vie des mots, Philippe Lacadée

Un voyage dans sa propre originalité, Valentine Dechambre

L’effet surprise dans la clinique flash de La Soucoupe, Carina Arantes Faria, Marie Brémond et Phénicia Leroy

La Conversation thérapeutique, un Lieu Alpha, Beatriz Gonzalez-Renou

Comment converser sur la jouissance ?, Amaury Cullard

Du quelconque au particulier, Noëmie Jan

Le CPCT-parents n’est pas un centre de parentalité, Dominique Carpentier

Des corps parlants, Martine Revel


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Hélène Soumet : Rousseau à la plage. Le naturel dans un transat

 Dunod - Mai 2024


Comment vivre librement et s’épanouir dans la nature dans un siècle qui ne rêve que de sciences et de techniques?
Jean-Jacques Rousseau, penseur emblématique du XVIIIe siècle a protesté contre l’inégalité, ouvrant la voie de nos démocraties, a libéré les enfants d’une éducation répressive et a cultivé l’amour de la nature, seule voie vers le bonheur.
Chantre de la liberté, amoureux de la nature, Rousseau a osé défier le culte de la rationalité et du progrès cher au siècle des Lumières et en a payé le prix fort: calomnies, persécutions, condamnations, exil. Ostracisé par ses contemporains, il a même dû affronter les autodafés du Contrat social et de l’Émile.
Suivant le fil d’une vie tumultueuse et romanesque composée de drames et de péripéties, Hélène Soumet donne accès à la pensée visionnaire du philosophe en même temps qu’elle brosse le portrait d’un homme qui a éprouvé intensément les contradictions de son époque.

Sommaire

Une enfance qui commence mal. L'enfance dans la nature. les écoles maternelles en forêt. Les jeux, l'innocence. En éducation: la seule méthode est la lenteur. Les enfants: singes savants, la rivalité, l'esprit de compétition. Première transformation. L'homme est naturellement bon. L'éducation selon Rousseau, les principes de l'Emile. La fuite: arrivée à Annecy. La découverte de la beauté des montagnes. La marche. Un vagabond dans la nature. L'homme originel : la bonté naturelle. La fiction de l'état de la nature. Contre Hobbes pour qui la violence est originelle. L'amour, les amours. Funestes passions. La société pervertit l'homme. Une vie sociale. La situation des enfants au XVIIIe siècle. La vie en société : amour de soi et amour propre. La pitié, sentiment naturel qui fonde notre rapport à autrui. Les scandales : la querelle du luxe. Critique du luxe, critique des bonnes manières. Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes. L'inégalité n'est pas une donnée naturelle : elle est construite. L'essentielle liberté de l'homme : "l'homme est né libre et partout il est dans les fers". Sous la protection des grands : ermitage et Montmorency. La Nouvelle Héloïse (1761). Le contrat social, un ouvrage qui sent le soufre. Le prétendu droit du plus fort. La souveraineté du peuple, la volonté générale. Critique de la propriété. Les rêveries du promeneur solitaire. "Il est trop tard pour être heureux".

Hélène Soumet, professeure de philosophie est l’auteure de nombreux livres, notamment dans cette collection Platon à la plage, Épicure à la plage et Beauvoir à la plage, ainsi que Insoumises et Conquérantes aux éditions Dunod et Ma dose quotidienne de philosophie aux éditions Armand Colin.

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Khélil Gouia : La Nature dans l'art. Image et matière

 L'Harmattan - Mai 2024


Retrouver l’art dans la logique de la nature, avec toutes ses épaisseurs, c’est le propre de l’Art contemporain qui a détruit les formes de médiation entre l’acte créatif et l’objet naturel, pour retrouver la notion de Vie dans l’œuvre et rejoindre l’acte vital. À cet égard, l’art va réimplanter le processus de création dans le cœur même du processus naturel. Le premier continue à exister dans l’autre et y trouve son ultime recours.
L’art qui est le propre de la culture cherche aujourd’hui son salut dans l’objet naturel et son système biotique, pour lutter contre l’impasse de l’esthétique et la crise des valeurs ressaisie par les critiques postmodernes. Dans le cadre de la poïétique de l'acte artistique, Khélil Gouia a interrogé l'importance de la dimension temporelle dans la compréhension du parcours artistique, dans la pratique matérielle ainsi que dans l'image qu'elle produit.
L’art dans le contexte du contemporain n’est pas simplement un substitut de la nature, ni même en rivalité avec celle-ci, mais plutôt en rapport de similitude ontologique. Dans cette optique, la pratique enseigne qu’il n’y a pas d’art sans respect de la Nature comme système vital.

Préface de Dominique Chateau

Khélil Gouia est maître de conférence à l’ISAMS, Université de Sfax, plasticien écrivain, chercheur en matière d’art et des sciences humaines et commissaire d’expositions. Il possède une maîtrise en philosophie, un DEA en Théories de l’art, un Doctorat en Sciences et techniques des arts (Université de Tunis) et un Doctorat en Arts plastiques (Université de Toulouse 2). Il a déjà publié en Esthétique, Poïétique et en Histoire de l’art.

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Aristote : Poétique (Odette Bellevenue et Séverine Auffret trad.)

 Fayard - Mai 2024 - 1001 Nuits


« Au-delà des normes, demeure la puissance d’une interrogation philosophique qui ne cesse de s’étonner du phénomène artistique, et de nous en étonner. »
Près de vingt-trois siècles après sa rédaction, la Poétique d’Aristote continue d’influencer la pensée critique et esthétique.
L’art ne vise pas un état, mais une action. On mesure là ce qu’il y a d’étonnamment actuel chez le philosophe.

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Bruno Deschênes : Une phénoménologie de l’écoute

 L'Harmattan - Avril 2024


La vision est l’archétype emblématique de la phénoménologie et de la philosophie. L’écoute, quant à elle, est usuellement considérée comme n’ayant qu’un rôle subsidiaire. Selon Bruno Deschênes, la vision et l’écoute sont subordonnées l’une à l’autre par un substrat ontologiquement vital à la perception humaine : l’espace. Si la vision engendre une distance entre soi et ce qui est perçu dans notre monde, l’écoute est, au contraire, relationnelle, énactive, conjointe.
En tant que modalité intentionnelle de notre présence au monde, elle n’est jamais que pour soi. Elle nous engage activement dans notre rapport au monde et à autrui, soit un monde vu, écouté et vécu en commun. Selon cet auteur, le point de départ de tout dialogue est l’écoute, et non la parole ; nous parlons afin d’être écoutés. Nous écoutons, nous nous écoutons, autant que nous sommes écoutés.

Bruno Deschênes est chercheur, compositeur et musicien, interprète du shakuhachi japonais. Ses deux principaux champs de recherche sont l’écoute (Une philosophie de l’écoute musicale, L’Harmattan, 2020 ; L’écoute de la musique à l’esprit. Conformité, historicité et socialité, L’Harmattan, 2022) et ce qu’il qualifie de « transmusicalité », soit la situation de musiciens qui optent pour la musique d’une culture autre ( Transmusicality, Mastering a Music from Another Culture, Zagreb, Croatian Musicological Society, 2022).

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Laure de Chantal : Libre comme une déesse grecque. Dans la mythologie, le meilleur de l'Homme est une femme

 Flammarion - Mai 2024 - Champs


Machistes, les sociétés antiques ? Sans doute. Pourtant, leur mythologie nous montre tout le contraire. Elle nous présente d'érudites magiciennes, comme Médée ou Circé, des femmes politiques, comme Pénélope ou Antigone, d'irréductibles guerrières, comme les Amazones. Et des déesses, tant de déesses : la triomphante Aphrodite, les Parques, les Muses, l'étincelante Athéna... Amour, justice, intelligence, liberté : profondément puissantes, elles symbolisent les plus belles forces de la civilisation. Disons-le : dans la mythologie, le meilleur de l'Homme est une femme. Dans ce livre qui dépoussière les mythes que l'on croit connaître par coeur, Laure de Chantal nous fait (re)découvrir des figures féminines grandioses, à côté desquelles dieux et héros semblent souvent tout petits.

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mardi 21 mai 2024

Synésios de Cyrène : Éloge de la calvitie

 Arléa - Juin 2024


Les exemples y sont pour la plupart tirés d'Homère, et conduisent tous à cette conclusion plus humoristique que sérieuse : le poil fuit l'intelligence et l'intelligence, pareillement, se tient à distance de la pilosité.
Réponse à Dion, et à son Éloge de la chevelure, ce court traité fait partie des joutes rhétoriques auxquelles se livraient les penseurs et les écrivains grecs de l'Antiquité. Les exemples y sont pour la plupart tirés d'Homère, et conduisent tous à cette conclusion plus humoristique que sérieuse : le poil fuit l'intelligence et l'intelligence, pareillement, se tient à distance de la pilosité.

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Dix-huitième siècle n°56, 2024 : Choses à savoirs

Société Française d’Étude du Dix-Huitième Siècle - Juin 2024


La pratique savante n’est pas seulement affaire de cognition, elle engage aussi des choses matérielles prises dans les rets de l’activité scientifique. Cinq sections abordent ici les multiples agencements socio-épistémiques ou littéraires induits par ces « choses à savoirs ». Les deux premières sections interrogent les manières de formuler et de concevoir, d’une part l’altérité des Americana, d’autre part la technicité des instruments de l’observation et de l’expérimentation. L’écriture et les classements occupent les deux sections suivantes, pour étudier d’abord, de la liste au mode d’emploi, comment le savant se figure et pense ses objets, puis analyser le mouvement taxonomique qui devient un trait décisif des savoirs. Enfi, la dernière section éclaire certains artefacts qui échappent à la volonté classificatrice au point de suspendre toute velléité ordonnatrice. C’est dans la tension de ces enjeux discursifs et conceptuels que les objets de connaissance se donnent à lire pour ce qu’ils sont : des repères fragiles pour dire le monde, toujours susceptibles d’être requalifiés.

PIERRE-YVES LACOUR, JÉRÔME LAMY, MYRIAM MARRACHE-GOURAUD (DIR.)

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Humanisme 2024/2 (N° 343) : Le sport sous influences

Grand Orient de France - Mai 2024


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Germinal 2023/2 (N° 7) : À quoi bon le socialisme ?

 Le Bord de l'eau - Mai 2024


Page 14 à 19 : Nathan Cazeneuve - À quoi bon le socialisme ? | Page 20 à 31 : Claude Didry - Retrouver le socialisme sous « le déjà-là communiste » du salariat | Page 32 à 45 : Cyril Lemieux - Quel est l’avenir du socialisme ? | Page 46 à 63 : Nancy Fraser et Lucie Rondeau du Noyer - Quel sens pour le socialisme au XXIe siècle ? | Page 64 à 81 : Alexandre Escudier - Socialisme démocratique : l’identité doctrinale face aux intérêts géo-stratégiques | Page 82 à 95 : Martin Georges - Politiser les travailleurs | Page 96 à 105 : Yohann Aucante - La social-démocratie nordique à la croisée des chemins | Page 106 à 119 : Emmanuel Jousse - Les voies socialistes du changement social | Page 120 à 131 : Christophe Prochasson - Que nul n’entre ici s’il n’est historien | Page 132 à 151 : Milo Lévy-Bruhl - Signification immédiate du Front Populaire et incompréhension postérieure | Page 152 à 165 : Éric Monnet - Planification écologique, concertation et prospective | Page 166 à 177 : Marion Fontaine - Un temps libre ? Socialisme et temps sociaux | Page 178 à 187 : Lucie Rondeau du Noyer - Énergie et socialisme : même transition, même combat ? | Page 188 à 197 : Éloi Laurent - Le Pacte vert européen : construire la transition juste en Europe | Page 198 à 207 : Nicolas Leron - Ce que peut le socialisme pour l’Europe politique | Page 208 à 223 : Bruno Karsenti - La crise du socialisme et les identités | Page 224 à 236 : Irène Théry, Marion Bet et Cyril Lemieux - « Ce qui a un genre, ce n’est pas notre “moi”, ce sont nos manières d’agir » | Page 238 à 251 : Julia Christ - Identités, religions, appartenances | Page 252 à 261 : Alain Policar - La critique décoloniale : sa nécessité, son ambiguïté et ses limites | Page 262 à 273 : Frédéric Brahami - Socialisme et religion.

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lundi 20 mai 2024

Marc Battier : Esthétique du son artificiel. Genèse des musiques électroniques

 Vrin - Juin 2024


Cet ouvrage retrace les liens que des musiciens, des artistes, des poètes et des écrivains ont tissés avec leur environnement sonore. Ce sont eux qui ont tenté, de façon pénétrante, de transformer les bruits du monde, qu’ils soient naturels, industriels ou urbains, en les reflétant dans leur propre création. En partant d’Apollinaire, qui en voulant recréer la poésie se saisit de l’idée du phonographe afin de capter la symphonie du monde, le livre retrace l’influence des observations des créateurs dans les interrogations qui conduisirent à l’émergence des sons artificiels.
L’exploration de ce chemin s’est nourrie des réflexions d’artistes, comme Moholy-Nagy, de musicologues, comme Marina Scriabine, des chercheurs, comme Pierre Schaeffer et bien d’autres : il est nécessaire en effet d’examiner comment la pensée des sons artificiels est diversement invoquée au XX e siècle, jusqu’à nos jours.
C’est bien sûr la musique électroacoustique qui s’est le plus souvent saisie des bruits du monde. Elle les a transformés en matériaux musicaux, et, se faisant, elle a recréé les formes sonores et a induit de nouvelles façons d’écouter. En déroulant cet écheveau, ce livre examine comment la musique concrète, d’abord, puis les diverses musiques électroacoustiques et l’informatique musicale ont, à leur manière, répondu à la question de la maîtrise musicale des sons artificels.

Marc Battier est professeur émérite à Sorbonne Université. Il fut enseignant et responsable de la documentation musicale à l’Ircam de 1980 à 2002, assistant musical de John Cage, François Bayle au GRM, Karlheinz Stockhausen et Joji Yuasa à l’Ircam.

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