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dimanche 19 mai 2019

Revue Esprit, mai 2019 : L'idéologie de la Silicon Valley

Revue Esprit - Mai 2019


L'idéologie de la Silicon Valley, faite de promesses de progrès, de prospérité et de démocratie, est un projet total qui entre aujourd'hui en compétition directe avec la social-démocratie et menace nos libertés, nos droits sociaux et jusqu'à notre capacité de juger. Le dossier, coordonné par Emmanuel Alloa et Jean- Baptiste Soufron, propose de désenchanter l'idéologie de la Silicon Valley en s'intéressant à son histoire, en critiquant son idéal d'autorégulation, ses effets sur les régimes d'attention et la normalisation des comportements. Avec des contributions de Fred Turner, Shoshana Zuboff ey Antonio Casilli.

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dimanche 19 novembre 2017

Emmanuel Roux & Mathias Roux : Michéa, L’inactuel. Une Critique de la civilisation libérale

Le bord de l'eau - Novembre 2017


Jean-Claude Michéa est un philosophe désormais bien installé dans le paysage intellectuel français. Manifestant une forte filiation avec George Orwell, sa pensée est dédiée à la compréhension de notre époque qu’il estime entièrement modelée par le triomphe de la « civilisation libérale ».
Depuis vingt ans, il contribue à renouveler l’analyse des évolutions de la société contemporaine en mettant à jour les soubassements culturels du capitalisme. Par la remise en question des oppositions structurelles du débat politique (gauche/droite, progrès/réaction, tradition/mouvement, peuple/élites, etc.) Michéa s’attache aussi à dérégler nos boussoles traditionnelles et invite son lecteur à reconsidérer le sens des clivages jusqu’alors admis, seul moyen, à terme, d’envisager une alternative politique au capitalisme triomphant associé au culte de la croissance. Ses différentes positions lui ont valu d’être qualifié de « nouveau réactionnaire » et d’être enrôlé malgré lui par une droite intellectuelle dans la critique de l’antiracisme et de la postérité supposée délétère de mai 68. Ce livre montre qu’il s’agit pourtant d’une instrumentalisation qui ne résiste pas à une lecture attentive de son œuvre.
Ce faisant, il répond également à la question : « Pourquoi un penseur que tout classe à gauche est-il considéré comme de droite ? »

Emmanuel Roux, agrégé et Docteur en philosophie, est l’auteur de Machiavel, la vie libre (Raisons d'agir, 2013) et George Orwell, la politique de l'écrivain (Michalon, 2015).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, Mathias Roux est agrégé de philosophie et auteur, entre autres, de Socrate en crampons, une introduction sportive à la philosophie (Flammarion, 2010) et S’estimer soi-même avec Descartes (Eyrolles, 2016).

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mercredi 9 mars 2016

Slavoj Zizek : Ils ne savent pas ce qu'ils font

PUF - Mars 2016 - Perspectives critiques


« Ils ne savent pas ce qu’ils font » : telle est la définition la plus exacte que l’on puisse donner de la méconnaissance fondant toute idéologie. Une telle méconnaissance, pourtant, ne témoigne pas d’un aveuglement ou d’une ignorance. Au contraire, elle témoigne d’une jouissance – une jouissance qui naît paradoxalement de l’injonction de renoncer à toute jouissance. Là où on ne sait pas, on jouit – et là où on jouit, il y a « sinthome » (comme le disait Jacques Lacan), il y a symptôme de l’idéologie. Ainsi, par exemple, le Juif est-il le sinthome du nazi, ou le traître révisionniste le sinthome du stalinien. Des totalitarismes fasciste et soviétique jusqu’à l’économie libidinale de la prétendue postmodernité, les sinthomes idéologiques, ainsi que la jouissance louche qui les accompagne, sont partout. Dans Ils ne savent pas ce qu’ils font, Slavoj Žižek les traque avec sa virtuosité coutumière, passant sans vergogne de Alfred Hitchcock à Woody Allen, de la tragédie du Titanic à celle de Tchernobyl, et de la théorie critique de l’École de Francfort à celle de Lacan. Un classique absolu, introuvable depuis vingt ans, et enfin réédité.

Présentation, par Olivier Surel
Avant-propos
Les impasses de la « désublimation répressive »
1. La « théorie critique » face au fascisme
2. Le choc et ses répercussions
Variantes du totalitarisme-type
3. Cynisme et objet totalitaire
4. Le discours stalinien
L’objet sublime de l’idéologie
5. Le graphe du désir : une lecture politique
6. « Pas seulement comme sujet, mais aussi comme substance »
Joui-sens idéologique
7. Des réponses du réel
8. La Chose catastrophique
Littérature 

Slavoj Žižek est un des plus célèbres et des plus controversés penseurs contemporains. Son œuvre iconoclaste compte une cinquantaine de volumes, traduits et commentés dans le monde entier. De lui, les Presses universitaires de France ont publié Le plus sublime des hystériques (« Travaux Pratiques », 2011) et Mes blagues, ma philosophie (2014).

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mardi 9 février 2016

Manuel Cervera-Marzal : Pour un suicide des intellectuels

Textuel - Février 2016


Une critique radicale des intellectuels mettant en cause la séparation entre réflexion et exécution.
Les débats sur les intellectuels sont souvent vifs en France. Benda, Sartre, Aron, Foucault et Bourdieu ont tous consacré des pages fameuses à l’engagement politique des intellectuels. À partir d’une relecture critique de ces classiques, Manuel Cervera-Marzal, jeune universitaire engagé, n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat sans se laisser aller à l’anti-intellectualisme. 
Provocateur, il cherche à faire réfléchir dans une direction hérétique : la redistribution radicale des tâches de réflexion et d’exécution dans nos sociétés. 
Ce pamphlet, en plus de proposer une critique actualisée des intellectuels, pose de manière originale les bases d’une utopie reconstructrice entre mutualisation des savoirs et construction d’une intelligence collective.
Un point de vue original, associant la polémique à l’imagination utopique.

Manuel Cervera-Marzal est docteur en science politique. Il est attaché d’enseignement et de recherche à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. À 28 ans, ce jeune chercheur a déjà publié 5 ouvrages dontGandhi. Politique de la non-violence (Michalon, collection « Le bien commun », 2015) et Désobéir en démocratie. La pensée désobéissante de Thoreau à Martin Luther King (Aux forges de Vulcain, 2013).

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jeudi 4 février 2016

Alain Jugnon : Contre Onfray

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2016


Contre Onfray est un essai critique écrit à la première personne du singulier. Publiant Contre Onfray, le philosophe qu'est Alain Jugnon n'écrit pas contre quelqu'un. Par contre, il déconstruit un mouvement général des idées qui, à l'époque du nihilisme et de la détresse de tous, cherche à ne plus analyser, ne plus comprendre et surtout ne plus savoir. Cet essai critique prend naissance dans le commentaire suivant de Guy Debord : " Le gouvernement du spectacle, qui à présent détient tous les moyens de falsifier l'ensemble de la production aussi bien que de la perception, est maître absolu des souvenirs comme il est maître incontrôlé des projets qui façonnent le plus lointain avenir. Il règne partout seul ; il exécute ses jugements sommaires. " Contre Onfray démontre qu'il y a un homme seul au coeur du Spectacle ; ses jugements sont sommaires et grossiers, mais c'est comme toujours la pensée contemporaine qui est exécutée sur les plateaux de télévision. Dans cet essai polémique, ce qui est écrit et détaillé est fait pour refuser le personnage qui se nomme lui-même " le philosophe Michel Onfray ", pour dénoncer ce mensonge spectaculaire et cette tricherie bien intégrée. Mais ce n'est pas un livre contre un homme, car il sera d'abord fait pour que vive demain encore la philosophie et pour en finir avec ce passage à l'acte postmoderne qui veut rendre la pensée honteuse d'elle-même, et ce dans la posture maladive d'une critique bête de l'humanisme et de sa valeur juste humaine, très humaine. L'esprit du temps est à la confusion des esprits et à l'émotion des corps : Michel Onfray en oubliant qu'il fut philosophe est devenu (depuis son livre contre Freud, dans lequel il refusait à la psychanalyse le droit de savoir quoi que ce soit sur son Moi - ce fut sa thérapie) le penseur officiel et écrivain public de cette confusion générale et de cette mascarade adorée qui consiste à faire passer pour des pensées des idées multimédiatiques et d'abord idéologiquement dominantes. Onfray de fait n'est plus nietzschéen et c'est ce qu'il fallait à Alain Jugnon démontrer, ni " de gauche " comme il le croyait, ni un nietzschéen pour la droite comme il le voudrait, il est devenu le fossoyeur de la pensée critique contemporaine. C'est la démocratie et l'humanisme qui s'éclipsent ainsi avec son dernier livre, pris dans l'aspiration droitière et siphonnés avec l'eau du bain de ses mauvaises pensées d'intellectuel célèbre et à la sagesse publique : Onfray est le penseur nouveau de la future nouvelle droite française ; cette conversion se donne à voir dans Cosmos, son dernier livre, sous forme d'un jeu de rôles et de passages à l'acte de la pensée fort peu logiques mais totalement anarchiques (au sens bien sûr non politique du terme). Cet essai de généalogie de la non-pensée onfrayenne relit méthodiquement les écrits du philosophe en regardant de près le travail en négatif de cette conversion : les trahisons du lecteur Michel Onfray sont multiples et ce livre en repère la plupart. Ce sont les contresens de Michel Onfray : au sujet de Foucault, de Lacoue-Labarthe, des poètes en général et de Nietzsche, essentiellement. Ces trahisons sont à chaque occurrence un nihilisme politique à l'oeuvre, une fausse parole mise en actes de langage. Il y a au travail chez Onfray une fausse écriture philosophique (et écriture du faux en philosophie) qui renie tout en bloc, pour son propre plaisir, pour s'émouvoir de sa propre jouissance : ce qu'il nomme un hédonisme et qui a tout d'un dandysme assez pathétique.

Alain Jugnon est philosophe et écrivain. Il dirige les Cahiers Artaud (éditions Les cahiers - no 2 paru en octobre 2015) et La Contre attaque, revue poétique et politique (éditions D'ores et déjà). Dernières parutions : La Trique de nos meneurs ou le nanar chrétien, éditions Dasein, 2014 ; Redrum, à la lettre contre le fascisme, collectif (coord.), éditions Les Impressions nouvelles, 2015. Ont paru chez Lignes : Artaudieu et Le Devenir Debord. A paraître : Athéologiques, Editions Dasein, 2016. Alain Jugnon est membre du comité de la revue Lignes.
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mardi 12 janvier 2016

Jacques de Saint Victor : Blasphème. Brève histoire d'un «crime imaginaire»

Gallimard - Janvier 2016 - Collection L'Esprit de la cité


Il avait disparu de notre horizon politique. Voltaire en avait fait une infraction d’un autre âge. La Révolution française allait le congédier du domaine de la loi, pour l’ériger en «crime imaginaire». Et voici que le blasphème, notion si longtemps désuète, s’invite à nouveau dans notre vie publique, sourdement d’abord, puis au grand jour, dans le fracas des attentats sanglants de janvier 2015. 
Ce «péché de bouche» a une longue histoire qu’il faut retrouver pour mieux comprendre comment, d’un siècle à l’autre, il s’est articulé à nos guerres civiles et à nos conflits idéologiques. Outrage religieux, crime identitaire, délit politique : le blasphème n’a cessé de se métamorphoser au gré des époques, avant de déserter, en 1791, nos manières de penser, puis de réapparaître voilà quelques années sous des atours inédits. C’est cette trajectoire que Jacques de Saint Victor restitue afin de rendre intelligibles les raisons et les enjeux du débat que le blasphème suscite aujourd’hui. 
Son invocation récente, par certains, au nom du respect des «convictions intimes», met à l’épreuve un principe fondamental, propre à notre nation depuis des siècles, la liberté d’expression, et, au-delà, une manière singulière de s’entretenir des choses de la cité.

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dimanche 3 janvier 2016

Jean-Jacques Nattiez : Wagner antisémite

Christian Bourgois - Novembre 2015


"L'objectif du Wagner antisémite n'est pas de déclencher un scandale, mais d'écrire un chapitre nécessaire de l'histoire de la musique d'un point de vue fondamentalement critique. Wagner est un compositeur immense et je considère, avec d'autres, qu'il appartient à la petite cohorte des grands créateurs de la culture occidentale. Je tiens Tristan et Isolde pour un des sommets de la musique. Mais cela ne justifie pas qu'on occulte des pans entiers de sa biographie, de sa pensée et de son oeuvre. Certains auteurs ont voulu réduire la dimension antisémite de sa pensée au seul essai "La judéité dans la musique" car, hélas, son contenu raciste ne fait aucun doute, comme je le démontre aisément. Cela n'a pas empêché certains d'aller jusqu'à en effacer la présence dans le corpus de ses écrits. Une traduction nouvelle de ses textes antisémites, y compris d'un article oublié et d'un inédit en français, vient étayer la documentation à ce sujet. Les positions antisémites de Wagner sont également évidentes dans sa correspondance, dans ses propos rapportés par le Journal de son épouse Cosima et dans certaines des attitudes de sa vie. Mais leur interprétation ne va pas de soi : faut-il recourir à la psychanalyse ? les faits sur lesquels plusieurs se sont fondés sont-ils confirmés ? Je prends position sur ces questions. On trouvera également dans ce livre la collection la plus complète, jamais publiée, de caricatures de Wagner présenté en juif par ses contemporains. Une des tactiques utilisées pour protéger la stature du musicien aura consisté à contester l'existence d'une dimension antisémite dans les oeuvres elles-mêmes, et notamment le caractère juif d'Alberich, Mime et Hagen dans la Tétralogie, de Beckmesser dans Les Maîtres Chanteurs, de Kundry dans Parsifal. La question a été violemment débattue. Je crois prouver que ces personnages sont des allégories du Juif. Et l'on trouvera dans ma démonstration quelques considérations sur le racisme anti-arabe de Wagner, généralement passé sous silence. Et qu'en est-il de la musique elle-même ? Rares sont les travaux qui se penchent sur cette dimension, pourtant essentielle. Mes recherches m'ont permis de faire la démonstration que certains passages de Siegfried et des Maîtres chanteurs étaient des caricatures antisémites de musique juive traditionnelle. Enfin, en raison de l'admiration d'Hitler pour Wagner, attestée par sa présence fréquente au Festival de Bayreuth et ses liens étroits avec la famille Wagner, peut-on rendre Wagner responsable, en tout ou en partie, de la Shoah ? Le bannissement de sa musique en Israël en est sans doute la manifestation contemporaine la plus connue. Je prends fermement position par rapport aux questions qui fâchent : si antisémitisme il y a dans les opéras de Wagner, faut-il en interdire l'exécution ou la représentation ? faut-il fermer Bayreuth ? Toutes ces questions ont souvent été abordées selon des disciplines distinctes. Résultat : on a séparé les uns des autres les examens de sa vie, de ses écrits théoriques, de sa correspondance, des livrets de ses opéras et de leur musique. Face à cette situation d'éclatement, ma position est simple : sa personnalité était une ; je ne le crois pas schizophrène. L'homme qui a écrit "La judéité dans la musique" est aussi celui qui conçoit la Tétralogie au même moment de sa vie ; il réédite ce pamphlet juste après la création des Maîtres Chanteurs ; il rédige les essais racistes de la fin de sa vie alors qu'il compose Parsifal. Mon objectif est donc de faire appel simultanément, à chaque étape de son existence, à l'ensemble des données qui permettent de décrire, de comprendre et d'expliquer la dimension antisémite de ses actes, de ses propos, de ses écrits et de ses oeuvres." Jean-Jacques Nattiez

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mercredi 30 décembre 2015

Cédric Passard : L'âge d'or du pamphlet (1868-1898)

CNRS Editions - Novembre 2015


Henri Rochefort et sa Lanterne, Les Grimaces d'Octave Mirbeau, La France juive d'Edouard Drumont, Zola et l'acte révolutionnaire de "J'accuse !", tournant majeur de l'affaire Dreyfus... La fin du XIXe siècle signe l'âge d'or du pamphlet, au moment même où la République et la démocratie représentative s'installent durablement en France. Triomphe de l'"âge des foules", indice d'une homogénéisation croissante de la société, mais aussi reflet de ses failles et de ses tensions, cette effervescence pamphlétaire et la diffusion massive de caricatures politiques accompagnent l'entrée de la France dans la modernité. En une étude vivante et documentée, Cédric Passard ressuscite les enjeux politiques, sociaux, culturels de cette presse de combat. Evoluant entre journalisme et politique, les pamphlétaires investissent en force l'espace public et posent la question, ô combien d'actualité, de la liberté d'expression et du blasphème, de la censure et de ses limites, du statut des mots et de leur place dans la cité.

Docteur en science politique, Cédric Passard est maître de conférences à l'IEP de Lille.

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mercredi 25 novembre 2015

Pascal Durand et Sarah Sindaco (dirs.) : Le discours « néo-réactionnaire »

CNRS Editions - Novembre 2015 - Culture & Société


Les nouveaux réactionnaires » : l’appellation trouve sa source principale dans un bref pamphlet paru en 2002 sous ce titre. La polémique, aussitôt très vive, n’a pas cessé, depuis, d’envenimer l’espace médiatique et intellectuel français.
Quoi de commun pourtant entre la pensée d’un Marcel Gauchet et les best-sellers d’un Éric Zemmour ? Entre la phraséologie aristocratique d’un Richard Millet et le parler-peuple d’un Robert Ménard ? Entre la mélancolie indignée d’un Alain Finkielkraut et le dandysme désabusé d’un Michel Houellebecq ?
Un tempérament réfractaire sans doute, articulant transgression et conservatisme ; une même volonté d’en découdre avec le « politiquement correct » et la « police de la pensée » ; une même propension, aussi, à se penser en représentants minoritaires d’une majorité opprimée, sur fond de désenchantement démocratique et de hantise du déclin. Romanciers, philosophes, intellectuels « médiatiques », historiens, journalistes : le spectre des « néo-réactionnaires » est large, au risque de la confusion et de l’amalgame. Les auteurs réunis dans cet ouvrage entendent contribuer à un examen dépassionné de cette nébuleuse, en soulignant la diversité des champs d’appartenance et des registres d’expression de ceux qui la composent ou s’y trouvent rangés à leur corps plus ou moins défendant.

Pascal Durand, professeur à l’Université de Liège, sociologue de la littérature et de l’édition, est spécialiste de l’œuvre de Mallarmé. On lui doit d’autre part différents travaux sur les figures de l’orthodoxie politico-médiatique contemporaine : Médias et Censure (2004), La Censure invisible (2006) et Les Nouveaux Mots du pouvoir. Abécédaire critique (2007).
Docteure de l’Université de Liège, Sarah Sindaco est spécialiste de la littérature française des XXe et XXIe_siècles et des rapports entre texte et idéologie. Elle a notamment publiéLa Fabrique du Français moyen. Productions culturelles et imaginaire social dans la France gaullienne (1958-1981) (2009).

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mardi 17 novembre 2015

Renaud Garcia : La nature de l'entraide. Pierre Kropotkine et les fondements biologiques de l'anarchisme

ENS Editions - Novembre 2015


Nous montrons dans ce livre comment le savant et anarchiste russe P. Kropotkine (1842-1921) a lutté à la fin du xixe siècle contre le social-darwinisme, cette utilisation du modèle darwinien de la sélection naturelle ayant pour but de justifier l’inégalité sociale. Son originalité réside dans le fait qu’il a combattu ce discours idéologique sur son propre terrain, celui d’une continuité entre nature et société. En revenant vers Darwin pour souligner la fonction évolutionnaire de l’entraide tout en lui ajoutant les principaux concepts lamarckiens, Kropotkine a bâti un naturalisme critique, capable d’expliquer avec cohérence le passage de la nature à l’histoire, et encore pertinent pour lutter contre les justifications idéologiques du marché et de l’État recourant à une vision pessimiste de la nature humaine.

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jeudi 12 mars 2015

Kurt Lenk, Günter Meuter, Henrique Ricardo Otten : Les Maîtres à penser de la Nouvelle Droite

Editions Liber - Mars 2015



Depuis longtemps déjà, des intellectuels qui se revendiquent de droite se font l'avocat d'un courant d'idées que le national-socialisme aurait galvaudé et discrédité. Ce livre met en lumière et déconstruit les motifs centraux de la vision du monde que véhicule cette nouvelle droite. La décadence, l'héroïsme, le mythe, la domination, la violence et la mort sont autant d'exemples que l'on retrouve chez six de ses auteurs les plus importants : Georges Sorel, Oswald Spengler, Hans Freyer, Carl Schmitt, Martin Heidegger et Ernst Jünger. L'intention de ce livre est de porter un regard critique sur la mentalité et l'idéologie de tout un champ intellectuel résolument ancré à droite, tel que l'on a pu le voir prendre racines en Europe, et particulièrement en Allemagne, au début du XXe siècle. La controverse actuelle autour du « cas Heidegger » montre bien, par ailleurs, combien la question dérange encore aujourd'hui le monde des idées : peut-on lire son oeuvre philosophique sans tenir compte de son adhésion au nazisme ? Aussi, le regain d'intérêt porté à cette tradition de pensée et l'assurance croissante avec laquelle s'affirment aujourd'hui les nouvelles droites rend l'étude de leurs sources intellectuelles plus pertinente que jamais.

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vendredi 17 septembre 2010

L’OBSCURANTISME. Formes anciennes et nouvelles d’une notion controversée

Erwan Sommerer et Jean Zaganiaris (coord.)

3

Parution : septembre 2010 – L’Harmattan – Col. Inter-national – 27 €

Qu’est-ce que l’obscurantisme ? Ce terme revient régulièrement dans un contexte où l’on parle beaucoup de terrorisme et d’extrémisme religieux. Or cette association entre obscurantisme et religion ne se préoccupe ni des pratiques religieuses multiples et hétérogènes des individus, ni d’autres formes de violences qui ne sont pas forcément liées à la religion : le sexisme, le racisme, l’antisémitisme, le dogmatisme politique et économique, le paternalisme, etc. Le plus souvent, le terme est utilisé de manière spontanée et non problématisée, dans un registre polémique, pour disqualifier l’autre. Plus rares sont les approches qui tentent d’en proposer une définition cohérente et de l’aborder dans la perspective des sciences humaines. À travers les contributions de chercheurs en sociologie, en science politique et en philosophie, ce livre établit un tour d’horizon de la notion d’obscurantisme, analysant son histoire, ses multiples usages et certaines de ses incarnations contemporaines. Un ouvrage qui met en cause brillamment beaucoup de nos stéréotypes.

Coordinateurs

Erwan Sommerer, docteur en science politique, post-doctorant au CREDAL (IHEAL - Paris III), membre du Groupe d’Études Sieyèsiennes (GES) et chargé d’enseignement au CELSA.

Jean Zaganiaris, docteur en science politique, rattaché au CURAPP et associé au CJB ; enseignant et coordinateur pédagogique à Com’Sup (École Supérieure de Communication et de Publicité à Casablanca).

Avec Soufian AlKarjousli, Christophe Béal, Magali Boumaza, Christophe Dinouard, Sandra Fagbohoun, Renée Fregosi, Christian Martinez Perez, Nadia Marzouki, Mohamed Mouaqit, Loïc Nicolas, Erwan Sommerer, Jean Zaganiaris, Paul Zawadzki et Anna C. Zielinska.