dimanche 10 mai 2009

Philosophie n° 101

Printemps 2009



Editions de Minuit
Prix : 10 €

Ce numéro s'ouvre sur la traduction de la dissertation de Schelling Sur le rapport du réal et de l'idéal dans la nature, qui fut publiée en 1806 en guise de préface à la seconde édition de l"Âme du Monde (1798). En quelques pages denses, elle vise à faire le lien entre la Naturphilosophie du jeune Schelling et celle qui, à partir de 1801, se retrouve intégrée au système de la « philosophie de l’identité ». À partir d’une redéfinition dynamique de l’absolu comme lien intérieur et nécessaire du fini et de l’infini, ou comme désir infini de sa propre révélation, Schelling reconstruit ici une nouvelle fois les concepts essentiels d’une philosophie de la nature destinée à élucider les modalités de la présence de l’absolu.
Le numéro se poursuit avec un ensemble de deux textes, qui traitent tous deux de la philosophie husserlienne du langage et de la signification. Le premier d'entre deux est la traduction française des Leçons n° 9 et 10 des Vorlesungen zur Einführung in die sprachanalytische Philosophie (Leçons d'introduction à la philosophie analytique du langage) du philosophe allemand Ernst Tugendhat, parues en 1976, qui n'ont pour l'instant bénéficié d'aucune traduction française. Elles constituent pourtant, au sein de l'œuvre de Tugendhat, une pièce centrale si l'on veut acquérir une intelligibilité des rapports qu'"entretien sa pensée avec celle de Husserl et, plus généralement, pour penser rigoureusement l'articulation entre la philosophie analytique du langage et la doctrine déployée dans les Recherches logiques. En particulier, Tugendhat entreprend dans les Leçons n° 9 et 10 une reductio ad absurdum du projet phénoménologique dans son ensemble à partir des insuffisances ou, selon ses propres termes, de « l’échec » de la sémantique de Husserl. En concevant la signification de toute expression comme ce qui permet à une conscience de se rapporter à des objets - qu’ils soient simples ou complexes, sensibles ou idéaux –, non seulement Husserl aurait succombé à une conception trop étroite de la signification, méconnaissant la variété des règles d’emploi des expressions dans le langage ; mais il aurait en outre abouti à une conception incohérente. Sans nier les limites de la sémantique husserlienne, l'article de Claude Romano intitulé « Tugendhat, Husserl et l’objectivisme sémantique » s’efforce de montrer que l’incohérence alléguée par Tugendhat n’existe pas, et que, loin de rendre plausible le tournant analytique, son argumentation en présuppose la validité – reposant ainsi, en dernière instance, sur une pétition de principe.
Enfin, dans « Le lieu et l'exil », Vincent Giraud déploie une méditation phénoménologique originale sur le lieu, nourrie de références littéraires à Flaubert, Proust, St-John Perse et Bonnefoy – question qui, loin de se réduire à un thème régional, engage la teneur même de l'être-au-monde. Il ne s'agit pas d'y démontrer l'irréductibilité ni l'irreconductibilité du lieu à l’espace, thèse constamment présente dans l'œuvre du premier, et surtout du second Heidegger –, mais d'interroger la production même du lieu et la nature de ce qui préside à son émergence, et ce à travers la considération des figures d’existence que constituent la vie décentrée, le lieu subi ou élu, et enfin l’acte humain d’habiter. Dans le sillage de Levinas, l'ambition de l'auteur est de dégager l'exigence et l'essence du lieu à partir d’un exil radical censé déterminer le sujet en son fond même, par opposition à toute pensée du sujet à partir de la centration ou de la présence à soi.

Sommaire

SCHELLING, Sur le rapport du real et de l’idéal dans la nature (I). Présenté par Mildred Galland-Szymkowiak - ERNST TUGENDHAT, Leçons pour une introduction à la philosophie analytique du langage - CLAUDE ROMANO, Tugendhat, Husserl et l’objectivisme sémantique - VINCENT GIRAUD,
Le lieu et l’exil.

Études Épistémè - Numéro 14 - automne 2008

FIGURES DU CONFLIT / SCIENCE ET LITTERATURE



Ce numéro d'Études Épistémè est le produit de deux projets collaboratifs et comporte deux volets. Les articles de Jean-Claude Ternaux, Hélène Tropé, Diane Larquetoux, Gilles Bertheau et Denis Lagae-Devoldère sont issus des communications présentées en mars 2008 lors de la journée d'études qui s'est tenue au Centre d'Études Supérieures de la Renaissance (Tours) sur les «Figures du conflit dans le théâtre historique européen de la Renaissance», organisée en collaboration avec l'équipe «Théâtre européen» du CESR. Les contributions de Sarah Hutton, Sandrine Parageau, Frédérique Aït-Touati et Line Cottegnies ont donné lieu à l'origine à une présentation dans le cadre du colloque organisé conjointement par le groupe Épistémè (IRIS-PEARL, EA 3977, Université de Paris III - Sorbonne Nouvelle) et la Maison française d'Oxford en mars 2007 sur le thème de "Sciences et littératures à l'âge de Bacon» – colloque international organisé sous le haut patronage du Directeur de la Maison française, Alexis Tadié, que nous voudrions tout particulièrement remercier pour son soutien et pour son hospitalité chaleureuse. Ce numéro se termine sur deux articles, le premier, de Lynn S. Meskill consacré à Ben Jonson et à la publication des ses œuvres de 1616, l'autre, d'Armel Nayt-Dubois, est une étude historique des voleuses à l'époque moderne. Nous espérons que cette nouvelle livraison d'Études Épistémè reflète une part de la vitalité des études seizièmistes et dix-septièmistes en France à l'époque actuelle. Le comité éditorial tient à remercier particulièrement Gilles Bertheau et Laetitia Coussement-Boillot d'avoir relu et mis en forme les textes pour ce numéro.

L. Cottegnies, pour le comité éditorial.

jeudi 7 mai 2009

Petite philosophie du cheval

Martine Laffon



Paru le: 07/05/2009
Editeur : Milan (Editions)
Collection : Pause philo
Prix : 15 €

La philosophie aime les chemins buissonniers et les étranges bestiaires : la tique, l'araignée et le pou chers à Gilles Deleuze.
Le cheval est lui aussi un animal philosophique : il représente de tout temps l'énergie universelle. Monter à cheval pour voir le monde autrement, du haut de sa selle, c'est avancer dans la quête de soi, c'est accepter de toujours changer de point de vue et de se remettre en cause. C'est sans doute ce qui fait dire à Descartes, après avoir établi que l'animal ne raisonne pas : " Bien que je tienne pour démontré qu'on ne peut prouver qu'il y a une pensée chez les bêtes, je ne crois pas cependant qu'on puisse démontrer qu'il n'y en a pas, parce que l'esprit humain ne pénètre pas leur coeur.
" Parions qu'il doit cette honnêteté philosophique à ses longues heures de voyage à cheval.

Pascal - Une biographie

Yves Chiron



Paru le: 06/05/2009
Editeur : Sarment/Jubilé
Prix : 18,90 €

Pascal est un philosophe majeur et un savant de génie.
Il fut aussi, on le sait moins, un homme d'affaires avisé et ingénieux. Un philosophe qui est allé au coeur de la nature humaine. Son projet d'apologie, les Pensées, continue de fasciner, tout comme son oeuvre de polémiste, Les Provinciales, étroitement liée à l'histoire tourmentée de Port-Royal. Un savant de génie : l'inventeur de la calculatrice, de la machine arithmétique, du transport public, du carrosse à cinq sols brille dans nombre de découvertes physiques et mathématiques.
Un précurseur dans les affaires : chef d'entreprise avisé et visionnaire dans ses investissements, il s'engage aussi dans d'audacieux placements immobiliers. Toute sa vie, il saura faire fructifier son patrimoine en réalisant de complexes montages financiers. Et plus méconnu, un homme passionné, tourmenté et complexe. Yves Chiron réussit, en remontant aux sources, à nous livrer toutes les facettes du personnage.
Les oeuvres de Pascal, sa correspondance, les lettres de sa famille ou de ses amis, les nombreux mémoires de ses contemporains et d'autres documents du temps délivrent des informations et de précieuses lumières pour incarner le portrait original d'un être d'exception.

Sexualités, genres et mélancolie - S'entretenir avec Judith Butler

Monique David-Ménard, Olivia Custer, Livio Boni, Ewa Plonowska Ziarek



Paru le: 06/05/2009
Editeur : Campagne
Première Collection : En question
Prix : 21 €

Fruit de trois années d'études collectives, ce livre confronte les idées de Judith Butler avec ses références françaises (Derrida, Foucault, Lacan.
). S'agit-il d'une rencontre ou d'une méconnaissance mutuelle entre les " gender studies " et la psychanalyse ? La " performativité du genre " s'inscrit-elle dans les traditions ouvertes par Derrida et Foucault ? Et quelles sont, à l'inverse, les questions, venues de la pensée " queer ", qui interrogent les limites ou les points aveugles de la psychanalyse, tels que l'homosexualité, la portée politique des " transgenres ", l'homoparentalité ? Cet ouvrage donne de l'oeuvre de Judith Butler, prise entre éloges dithyrambiques et rejets violents, sa place : celle d'une pensée philosophique qui s'inscrit dans ce que nous appelons la modernité.

mercredi 6 mai 2009

Métaphysique du temps chez Aristote - I

Régis Laurent



Parution : avril 2009
Editions : Villegagnons
Prix : 39 €

Notre étude sur le temps grec précédant la pensée d Aristote commencera d'abord par un commentaire de son premier texte, le Protreptique. Nous verrons se dégager deux temps distincts : l'un initiatique, circulaire et d'inspiration platonicienne, et l'autre diamétralement opposé dont Aristote serait le défenseur. Afin d'interroger cette dichotomie, nous retournerons aux conceptions poétiques. Les Tragiques nous permettront d'offrir une première esquisse de cette notion dans l'univers grec (Du destin...). Ensuite, l'oeuvre épique d'Homère sera l'occasion de mieux saisir le nouage existant entre le temps et la sphère religieuse (Des héros...). Le travail du grand théologue Hésiode viendra confirmer cette vision initiatique, comme l'avait déjà remarquablement exposée F. Nietzsche (Des mythes...). C'est alors que nous plongerons au sein du pythagorisme afin de parachever cette vision (Des mystères...). Notre compréhension de ce courant, traversé par la théogonie iranienne, nous permettra, ensuite, de bien le distinguer de celui dit «ionien» et ainsi de s'éloigner de la parole platonicienne (De l'idéologie...). Enfin, en revenant aux premiers penseurs ioniens que furent Thalès et Anaximandre, nous analyserons si c'est effectivement cette vision du monde qui a été retenue par le Stagirite afin de fonder la première modélisation du concept de temps (De la science...).

Dans le deuxième volume, nous verrons revenir la pensée des théologoï au sein même du corpus aristotélicien et c'est alors que nous interrogerons notre division entre être et existence du temps.

mardi 5 mai 2009

Cahiers Simondon n°1

Jean-Hugues Barthelem (Sous la dir.)



Parution : mai 2009
Editeur : l'Harmattan
Collection : Esthétiques
Prix : 15 €

Quelques-uns des meilleurs spécialistes se sont réunis pendant deux années de séminaire pour partager et discuter leur compréhension de tel ou tel aspect de la pensée du grand philosophe français Gilbert Simondon (1924-1989), reconnu comme visionnaire sur certaines des principales questions actuelles de la philosophie : le rapport humanité/animalité, la question de la technique et de sa place dans la culture, l'urgence de nouvelles Lumières face à la crise du sens et aux nouvelles formes d'aliénation, etc.

Richard Rorty. Un philosophe conséquent

Irma Julienne Angue Medoux



Editeur : l'Harmattan
Parution : mai 2009
Collection : La philosophie en commun
Prix : 20,50 €

Irma Julienne Angue Medoux effectue, en contournant toujours les idées reçues, une performance unique : elle parvient à camper Richard Rorty comme philosophe, presque comme un Socrate contemporain, alors que ses collègues, et parfois lui-même, ne lui reconnaissaient pas la capacité à l'être et déniaient à ses écrits la capacité à exprimer une critique philosophique du temps présent. Or c'est justement comme philosophe du temps présent que l'auteure réussit à lui reconnaître ici le statut de philosophe.

lundi 4 mai 2009

De la division de la nature - Periphyseon, volume 4, Livre V, La Nature incréatrice et incréée

Jean Scot Erigène(traduit par Francis Bertin)



Paru le : 29/04/2009
Editeur : PUF
Collection : Epiméthée
Prix : 27 €

Scot Erigène se distingue pour sa réflexion constante sur les rapports de Dieu et de la nature. Dans la même collection, ont déjà été publiés les Livres I et II - III - IV, également traduits par Francis Bertin. Ouvrage traduit et commenté par Francis Bertin, historien, traducteur et chercheur.

Marx (mode d'emploi)

Daniel Bensaïd



Paru le : 30/04/2009
Editeur : La Découverte
Collection : Zones
Prix : 13 €

Dans les années 80, en pleine offensive néolibérale, le magazine Newsweek pouvait titrer, triomphalement: "Marx est mort.
" Mais les spectres ont la peau dure. Aujourd'hui, Marx est de retour. En ces temps de crise fracassante du capitalisme et de grande débandade idéologique, on le redécouvre. Même le très libéral conseiller de l'Elysée, Alain Minc, s'est récemment déclaré " marxiste " - sans rire - en matière d'analyse économique. Mais qui fut Marx? Qu'a-t-il vraiment dit? Ce petit ouvrage offre une introduction ludique à sa pensée, sa vie, son oeuvre.
Un panorama clair et souvent drôle qui associe bande dessinée et philosophie, humour et esprit de synthèse pour présenter dans toute son actualité la pensée du principal théoricien de l'anticapitalisme. Marx est resté célèbre pour son explication des contradictions et des crises du capitalisme. Pour en savoir plus, on suivra le roman policier du Capital : à la recherche de la valeur perdue, on retracera les mécanismes de l'accumulation du capital jusqu'à percer le secret du fétichisme de la marchandise.
A la fois aide-mémoire, cours d'introduction et lecture récréative, Marx, mode d'emploi offre une petite trousse à outils pour la pensée et pour l'action.

Morales de l'art

Carole Talon-Hugon



Paru le : 29/04/2009
Editeur : PUF
Collection : Lignes d'art
Prix : 21 €

Du Piss Christ de Serrano à Plateforme de Houellebecq, en passant par l'ouvre intitulée Lego Concentration Camp Set de Zbigniew Libera ou aux plastinisations de cadavres de Von Hagens, les relations de l'art et de l'éthique apparaissent bien comme l'inévitable horizon de questionnement suscité par certains devenirs contemporains de l'art.
Mais peut-on juger d'une oeuvre au nom de l'éthique ? Non, répond la doxa contemporaine qui considère l'art, absolutisé par le romantisme et déclaré souverain par l'École de Francfort, comme une valeur inquestionnable. Oui, affirment ceux qui ne croient pas en l'extraterritorialité de l'art. L'ouvrage prend, par rapport aux polémiques qui s'ensuivent, le recul de la réflexion. II montre à travers l'étude de trois grandes configurations historicoconceptuelles que cette question de savoir si l'éthique doit se prononcer sur l'art est solidaire de celle de savoir si l'art doit se préoccuper d'éthique (que cela soit pour servir la morale ou pour la transgresser), et que toutes deux impliquent la question de savoir si l'art peut (par quels moyens et dans quelle mesure) quelque chose pour (ou contre) l'éthique.
Car seul un détour par l'histoire et par le concept permet de comprendre ces polémiques et de prendre position dans un débat crucial pour notre présent.

dimanche 3 mai 2009

La philosophie de l'histoire

Georg Wilhelm Friedrich Hegel



Paru le : 29/04/2009
Editeur : LGF/Livre de Poche
Collection : La Pochothèque
Prix : 18 €

L'histoire mondiale est le progrès dans la conscience de la liberté " : cette leçon magistrale, quintessence de La Philosophie de l'histoire - le livre le plus lu, peut-être aussi le plus discuté de Hegel - sous-tend toute son oeuvre.
Hegel donnait régulièrement des cours sur la philosophie de l'histoire, mais ne publia pas ses manuscrits lui-même. La nouvelle traduction française présentée ici tranche avec les anciennes éditions de l'ouvrage, qui dépendaient de compilations de notes d'origines diverses, faites après la mort de Hegel. Elle a été établie en tenant compte des recherches éditoriales les plus récentes et se fonde sur des manuscrits de Hegel et sur la copie de l'un de ses cours.
Dans un Dossier complémentaire figurent également des extraits d'autres travaux de Hegel sur l'histoire, ainsi qu'un choix de textes rédigés par plusieurs auteurs, contemporains de Hegel mais aussi postérieurs à lui, héritiers ou au contraire adversaires. Cet ensemble fait de ce volume un exceptionnel instrument de travail sur la philosophie de l'histoire, discipline qui suscite aujourd'hui un net regain d'intérêt, à la mesure de nos questionnements sur l'histoire et sur la politique.

L'idée d'une science sociale et sa relation à la philosophie

Peter Winch



Paru le : 24/04/2009
Editeur : Gallimard (Editions)
Collection : bibliothèque de philosophie
Prix : 23 €

L'idée d'une science sociale est un des ouvrages-clés de la philosophie des sciences sociales du siècle passé.
Nourri de la pensée de Wittgenstein, spécialement celle des Recherches philosophiques, mais aussi de celles de Collingwood et de Weber, Peter Minch y défend une forme de séparatisme méthodologique hostile à la " naturalisation " des sciences humaines et rétablit dans leur statut philosophique les interrogations portant sur la nature de la société. Il réintègre par là même à la sphère de l'analyse conceptuelle tout un ensemble de questions dont on tient souvent qu'elles appellent une réponse de nature empirique.
Dans cette perspective, il s'emploie à montrer l'inanité d'un " point de vue externe " sur les comportements humains, point de vue qui traite ces derniers comme des choses et scotomise le fait qu'il est impossible de les expliquer sans faire intervenir les idées qu'ils incorporent : mieux, il s'efforce d'établir que ces idées sont en relation interne non seulement avec les actions qu'elles sous-tendent mais aussi avec le contexte où ces dernières s'inscrivent.
Au fil de sa démonstration il discute ou réfute les positions de Durkheim, Mill ou encore Pareto. Cinquante ans après sa parution, l'ouvrage de Winch demeure une lecture incontournable pour le philosophe versé dans les questions de théorie de la connaissance aussi bien que pour le sociologue.

Qu'est-ce-que la philosophie américaine ? - De Wittgenstein à Emerson

Stanley Cavell



Paru le : 24/04/2009
Editeur : Gallimard (Editions)
Collection : Folio essais
Prix : 9,60 €

Qu'est-ce que la philosophie américaine ? La philosophie analytique, fondée sur la logique et l'analyse du langage et se revendiquant de l'héritage de Wittgenstein, et le libertarianisme d'autre part, répondra-t-on.
Stanley Cavell préfère reformuler la question à nouveaux frais : Y a-t-il même une philosophie américaine ? Question provocatrice? Malentendu, assure Cavell. Car comment entendre et recevoir Wittgenstein, si l'Amérique s'est déjà montrée incapable de faire place à un héritage proprement américain : la voix originelle et philosophique d'Emerson - et à sa suite de Thoreau -, qui annonce pourtant à sa manière Wittgenstein.
Nietzsche, lui, ne s'y est pas trompé qui était grand lecteur d'Emerson, antiesclavagiste notoire, défenseur de l'homme sans condition, de la réalité apparemment triviale, mais théoricien du perfectionnement moral.

Prolégomènes - Les choix humains

Henri Hude



Paru le : 24/04/2009
Editeur : Parole et Silence
Prix : 25 €

Le premier objectif de ce livre est une reconquête de la liberté de penser : en finir avec la fausse neutralité du politiquement correct et des pseudoscepticismes, exposer la dogmatique impliquée dans les formules et habitudes de pensée apparemment innocentes.
Mettre en question le consensus, nouvelle forme de l'argument d'autorité, et mettre hors service la machine à fabriquer du préjugé instantané obligatoire. Ce livre revendique le droit de choisir de façon consciente. Le second objectif est de fournir aux hommes d'action les moyens de dessiner la philosophie dont ils ont besoin, pour vivre dans le monde, agir dans la nature, créer par leur travail. Pour ne plus se laisser culpabiliser par des formules pseudo-neutres qui en réalité sont des vrais choix, qui se présentent comme le simple esprit critique, alors qu'elles ont une dimension dogmatique forte et cachée.
Pour annuler la pression des idéologies de toute sorte, qui empêchent de vivre bien et rendent la démocratie ingouvernable. Quand l'homme ne se prend ni pour l'Absolu, ni pour le néant, il devient possible de changer de cadre de pensée. Pour faire face à la crise.

vendredi 1 mai 2009

Écrivains, savants et philosophes font le tour du monde

Michel Serres



Parution : avril 2009
Editeur : Le Pommier
Collection : Essais
Prix : 15 €

Étrange, joyeuse surprise : nos écrivains de génie, Flaubert, Proust… nos philosophes profonds, Leibniz, Bergson… nos inventeurs dans les sciences, Linné, Galilée, Schrödinger… ont une vision du monde analogue à celles des Inuits du Grand Nord, des Aborigènes australiens ou de certaines tribus amérindiennes d’Amazonie !
Par une intuition réjouissante, Michel Serres emprunte les outils dont l’ethnologue se sert pour étudier les autres cultures. Car ces dernières, à y bien réfléchir, ne sont pas si différentes de la nôtre… Envisagée à rebours des conventions habituelles, notre culture brille alors de tous les feux de son originalité, révèle la chatoyante inventivité de sa pensée.
Ô nouvelle surprise tout aussi délectable, cette pensée originale n’appartient pas au passé : notre modernité foisonnante lui ouvre de nouveaux horizons pleins de promesses…

Professeur à Stanford University, membre de l’Académie française, Michel Serres est l’auteur de nombreux essais philosophiques et d’histoire des sciences, dont la série des Hermès (Éditions de Minuit), Les Cinq Sens (Grasset), Le Contrat naturel et Le Tiers-Instruit (François Bourin), « Le Grand Récit » (Hominescence, L’Incandescent, Rameaux et Récits d’humanisme), Le Mal propre ou La Guerre mondiale (Le Pommier). L’un des rares philosophes à proposer une vision du monde résolument contemporaine, fondée sur une connaissance des humanités et des sciences.

Récits d'humanisme

Michel Serres



Parution : mai 2009
Editeur : Le Pommier
Prix : 7,50 €

Après Hominescence, l'Incandescent et Rameaux, Michel Serres poursuit le "Grand Récit", l'un des plus longs récits du monde, où des femmes et des hommes, sortis jadis d'Afrique, se retrouvent aujourd'hui, des dizaines de milliers d'années après leur séparation... Il raconte aussi pourquoi Orphée perdit, au dernier moment, son amie Eurydice ; à quel travail indispensable s'évertuent les neuf muses ; comment des matelots devinrent volontiers lions et moucherons ; pourquoi les fétiches assyriens mélangent ailes et sabots comme les dieux aztèques mêlent plumes et poils ; pourquoi Eve, au paradis, désobéit...

Faute de pouvoir définir l'homme, Michel Serres le raconte.

Il raconte, en somme, comment nous réussissons ou échouons à devenir humains. L'humanisme, alors, célèbre les noces des contes et du savoir.

Montaigne. L'éducation humaniste

Bernard Jolibert



Parution : mai 2009
Editeur : l'Harmattan
Collection : Education et philosophie
Prix : 19 €

Renouvelant la lecture de la trop célèbre opposition entre tête "bien faite" et tête "bien pleine", analysant les fondements que la réflexion radicale des Essais apporte à la pratique très actuelle de la philosophie dès l'enfance, ce livre met en pleine lumière un Montaigne porteur de la pensée éducative humaniste que la modernité tout à la fois menace et requiert.