lundi 11 avril 2011

Entre théorie et pratique : jalons 1972-2007

Jean-Pierre Cotten

6

Mars 2011 – L’Harmattan – 27 €

Les textes de Jean-Pierre Cotten sont des objets. Très précis, exigeants, acérés. Ils sont une écoute, celle d'écrits qui toujours parlent : Marx et Engels dans la complexité de leurs démarches. Sans dogmes. Celle inattendue de Cousin lu dans son contexte : comment une pensée peut être une pratique. Celle de contemporains, non des moindres : Merleau-Ponty, Foucault, Deleuze, Bourdieu, non pour dire à coup sûr d'où ils viennent, mais pour tracer des espaces qu'ils ont parcourus, et qui les font mieux voir.

Ces objets sont des «mémoires pour l'avenir», des objets qui croisent d'autres objets qui circulent avec eux, en premier lieu ceux construits par A. Tosel, objets que d'autres pourront reprendre, ici ou là, et tailler encore. Ils jettent des pistes pour des solutions à une question décisive : que peut-on entendre par appropriation collective et démocratique ? Qu'il n'y ait pas de réponse véritable maintenant n'implique pas que cette question ait aujourd'hui perdu son sens, et qu'on ne puisse peut-être bientôt aller vers des réponses. Il faut écouter ces objets. (Editeur)

Fondements d'une philosophie sauvage

Alain Sournia

5

Mars 2011 - Connaissances et savoirs, Paris – 17 €

« Philosophie » : le terme évoque la rigueur de la pensée et l'austérité. Tout le contraire de « sauvage », qui renvoie au naturel, au spontané. Alors, que peut être une « philosophie sauvage » ? Quel peut être le champ d'expansion, d'expression et de recherches de cette philosophie aux apparences si paradoxales, voire contradictoires ? Ces Fondements, composés par Alain Sournia, prétendent justement délimiter les contours de ce qui doit être considéré tout autant comme un retour aux premiers âges de la discipline, à cette jeunesse de tous les possibles, tout autant que comme un dépassement de la philosophie depuis trop longtemps rattachée exclusivement à l'Occident. Remise en cause de la genèse hellène de cette matière, critique des schémas binaires, l'information comme grandeur universelle, miracle et fragilité des émergences, enfin hypothèses sur l'avenir de la pensée : cinq essais mutuellement complémentaires. (Editeur)

Cahiers de philosophie du langage n°7 : Wittgenstein en confrontation

(Sous la direction de) Denis Perrin, Ludovic Soutif

3

Mars 2011 – l’Harmattan – 23 €

Ludwig Wittgenstein est tenu aujourd'hui en France pour un représentant majeur de la tradition analytique. Pourtant, la confrontation de ses idées et de son (ses) mode(s) d'approche des problèmes philosophiques avec ceux d'auteurs contemporains ou récents occupe une place limitée au sein des études qui lui sont consacrées. Le présent volume se donne pour but de contribuer au développement de ce travail de mise en discussion des conceptions du penseur viennois avec d'autres pensées. (Editeur)

Musique

Michel Serres

9782746505452FS 
Mars 2011 – Le Pommier – 17 €

 « D’où jaillit la Musique ? Des bruits du monde ? Des clameurs issues des assemblées ? De nos émotions ? Et comment la définir ? Rien de plus difficile que de répondre à ces questions.
J’ai préféré dire ce qu’elle est en trois contes. Légendaire, le premier suit la vie d’Orphée, son initiation auprès des Bacchantes et des Muses, puis sa plongée dans les Enfers à la recherche d’Eurydice, son amante. Comment aimer en Musique ? Autobiographique, le second envahit le Grand Récit de la connaissance qui devient ici une Grande Symphonie. Peut-on penser en Musique ? Biblique enfin, le dernier psalmodie, de la Genèse à la Nativité.
Doit-on prier en Musique ? » Michel Serres

Géométries du désir

René Girard

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Mars 2011 – L’Herne – 9,50 €

“Le cheminement du désir n’est point rectiligne. Il emprunte des tangentes, il esquisse des triangles, il s’enfonce dans des cercles vicieux. Dans les essais réunis ici par Mark Anspach et présentés pour la première fois en France, René Girard montre que les plus grands écrivains sont des géomètres du désir.

Chez Chrétien de Troyes, Dante, Racine ou Marivaux, le jeu de l’amour ne doit rien au hasard mais obéit à des lois implacables qui s’éclairent à la lumière de l’hypothèse mimétique. La coquette, le masochiste, le Don Juan, le voyeur, tous se laissent entraîner dans un ballet fascinant dont la chorégraphie leur échappe. Tantôt léger, tantôt grave, toujours perspicace et iconoclaste, l’auteur de Mensonge romantique et vérité romanesque apporte avec ce volume un nouveau volet à sa fresque historique de l’amour en Occident.” (Editeur)

Introduction de Mark Anspach.

Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy et Mark Anspach.

Traversées de l'Empire

Antonio Negri

1

Mars 2011 – L’Herne – 9,50 €

“ Dans cette série d’interventions prononcées entre la publication d’Empire et celle de Multitude, deux volumes qui ont été salués par la critique internationale et qui ont probablement changé le regard que nous portons sur la mondialisation, Antonio Negri revient sur un certain nombre de points essentiels pour sa propre analyse.

Il s’agit, dans un regain de précision qui n’exclut ni la ferveur politique ni la passion du monde, de construire des instruments nouveaux pour penser notre présent à la hauteur de ce qu’il est : irrémédiablement différent, complexe, difficile. Mais il s’agit aussi de réaffirmer tout à la fois la nécessité de comprendre et celle de s’indigner devant l’injustifiable, et de nourrir envers et contre tout l’idée d’une autre manière de vivre ensemble parce que le présent est porteur de révoltes, d’espoirs et de progrès. Dans cette fascinante généalogie de la pensée négrienne, dans ce « laboratoire » mis à disposition des lecteurs, lentement, certains concepts prennent forme ; des hypothèses émergent – d’abord de manière seulement esquissée, puis avec plus de force ; des argumentations se construisent.

Traversées de l’Empire est à la fois un précieux texte permettant d’aborder de manière différente l’une des pensées majeures de la critique politique du XXIe siècle, et la trace passionnante d’une pensée en train de se faire, procédant par à-coups, reprises, corrections et nuances, et n’hésitant pas à remettre à l’ouvrage ce qui semblait tenu pour acquis : le récit d’une aventure intellectuelle autant que celui d’une remarquable analyse critique de actualité.” (Editeur)

Antonio Negri (1933) a longtemps dirigé l’Institut d’études politiques de l’université de Padoue où il enseignait la philosophie politique.
Figure importante des mouvements de contestation politique et sociale d’extrême gauche dans les années 1970 en Italie, il a été incarcéré en 1979, puis contraint à l’exil en France en 1983, et a par la suite enseigné à l’université de Paris VIII, à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm et au Collège International de Philosophie. Auteur de nombreux essais sur la pensée philosophique moderne (en particulier sur Descartes, Spinoza, Marx ou Leopardi), il a publié plusieurs livres d’analyse politique, parmi lesquels, Le pouvoir constituant (1995), puis Empire (2000), co-écrit avec Michael Hardt, salué mondialement, Multitude (2006) ou encore Commonwealth (2009). Il vient de publier en français Spinoza et nous (2010). Il est aujourd’hui l’un des intellectuels majeurs du débat politique et philosophique mondial.

samedi 9 avril 2011

La logique

Pierre Wagner

23

Mars 2011 - PUF, Paris - Collection
Que sais-je ?, n° 225 – 9,90 €

Il est devenu si courant aujourd'hui de parler des logiques qu'on ne sait bien souvent plus ce qu'est la logique. Cet ouvrage donne à comprendre cette discipline en décrivant le genre de questions que se posent ou que se sont posées les logiciens, le genre de certitudes qu'ils ont acquises et la variété des projets qui animent leurs recherches.

S'il expose avec clarté les bases de la logique contemporaine et ses origines historiques, l'auteur montre aussi que, depuis les années 1950, les recherches logiques ont pris de nouvelles directions comme l'étude des structures syntaxiques et sémantiques des langues naturelles, l'informatique théorique, l'intelligence artificielle, la théorie des jeux, l'analyse dynamique des croyances et de la connaissance, ou encore les sciences cognitives. (Editeur)

Les lumières en berne ? Réflexions sur un présent en peine d'avenir

Claude Obadia

22

Mars 2011 - L'Harmattan, Paris - Collection
Questions contemporaines – 13,50 €

Héritiers des Lumières, nous sommes pourtant les débiteurs d'un présent qui a enfourché à plusieurs reprises le cheval noir de l'Apocalypse. Pouvons-nous encore croire à la culture comme on eut foi, il y a peu de temps encore, en la raison ? Le monde va-t-il tellement mieux depuis qu'avec Spinoza et Voltaire on a déclaré la guerre aux superstitions ? Croyons-nous toujours à cette tonitruante idée du bonheur que Saint-Just, dans son Discours du 13 Ventôse de l'an II, inscrivit dans la conscience politique moderne ? Le bonheur, celui que les Lumières, précisément, ont lié au développement de la culture et aux progrès de la démocratie, est-il encore une idée neuve en Europe ? Est-il vain aujourd'hui de suspendre, comme Kant nous y exhorta dans ses textes sur la politique et l'histoire, le perfectionnement moral et social de l'humanité au progrès et à la culture ? Telles sont les questions qui travaillent de bout en bout le présent essai. (Editeur)

Le voyage de Parménide

Riccardo Di Giuseppe

21

Mars 2011 - L'Harmattan, Paris / Orizons, Paris – Collection - Philosophie – 27 €

Le voyage de Parménide est un essai sur les origines de la philosophie. Parmi l'éventail d'options que la Grèce présocratique proposa à l'Occident pour définir sa physionomie, les philosophes ne choisirent ni le naturalisme de Thalès, ni les nombres de Pythagore, ni la coïncidence des opposés d'Héraclite et des Mystères, mais ils se greffèrent sur l'expérience de l'être suggérée, en Grèce d'Occident, par le poème de Parménide. Homme politique de rang, mystique, logicien et poète, Parménide marque du sceau de son épopée l'un des épisodes les plus bouleversants, les plus lourds de conséquences, les plus controversés de l'aventure humaine : la naissance de la raison. L'ouvrage approche ce géant sous l'angle de sa Muse poétique : à l'instar d'un poète-philosophe. (Editeur)

vendredi 8 avril 2011

Imagination, créativité, management : regards sartriens

sous la direction d'Hervé Colas, Gérard Lemarié, Elen Riot

17

Mars 2011 – EPURE – 20 €

Il pourrait paraître paradoxal qu'une école de formation au management organisât un colloque sur un intellectuel français comme Sartre. Paradoxe si l'on considère le management comme un vaste système à donner des recettes toutes faites, une machine à répéter des titres de littérature d'aéroport. Or le projet de Reims Management School est entre autres de bien former des étudiants capables de comprendre des pensées autres, critiques ou inédites, hors du mainstream. En effet, ce monde turbulent qui émerge appelle des esprits créatifs, ouverts et curieux.

Ce colloque est également le fruit d'une collaboration toujours féconde avec l'Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et de liens avec Sciences Po, nouvellement arrivé à Reims. Des professeurs des trois institutions ont pu débattre sur un sujet commun, ce qui ne peut que nous réjouir.

Les ancres dans le ciel : l'infrastructure métaphysique

Rémi Brague

16

Mars 2011 – Seuil – “L’ordre philosophique – 16 €

« On n'a pas besoin de métaphysique, et encore moins de sa version populaire, la religion. Il suffit d'une bonne morale pour savoir quoi faire, d'un droit et d'une politique efficaces pour la faire respecter. »

C'est faux.

Cela a pu être vrai. Cela reste vrai là où il s'agit de fournir des règles pour que les hommes vivent en paix les uns avec les autres. Seulement aujourd'hui, l'homme a réalisé le projet moderne et pris son destin en main. Il peut décider librement d'être ou de ne pas être. Pourquoi y aurait-il de l'être et pas plutôt rien ?

Désormais, une nouvelle question se pose, celle de la légitimité de l'humain. Pour lui donner une réponse positive, il faut que la vie soit un bien. Il ne suffit pas qu'elle soit agréable ou intéressante pour ceux qui sont déjà vivants - ce que nul ne nie. Il faut encore que la vie soit un bien tellement grand qu'on ait le droit d'y appeler d'autres. Et affirmer que l'être vaut toujours mieux que le néant, c'est une décision métaphysique. Pour que la vie humaine reste possible, il faut une métaphysique forte.

La métaphysique n'est pas, ou plus, un édifice dans les nuages. Elle est devenue l'infrastructure même de la vie humaine. « Animal métaphysique », l'homme est en train de le devenir le plus littéralement du monde. (Editeur)

Ontologie de l'être social. Le travail, la reproduction

Georges Lukács

15

Mars 2011 - Delga, Paris - Série Ontologie de l'être social – 24 €

Face au « règne de la manipulation » capitaliste, le projet lukácsien d'une Éthique sera confronté à la nécessité préalable d'une Ontologie de l'être social.

Dans le présent volume, Georges Lukács (à la suite de Marx), établit que le travail n'est pas une manifestation parmi d'autres de la téléologie mais au contraire l'unique domaine dans lequel on puisse identifier, de manière résolument matérialiste, une position téléologique (de séries causales). Il est saut ontologique de la sphère organique à la sphère sociale et médiateur de l'échange matériel entre la nature et la société. Toutes les autres catégories de l'être social se déploieront en un échafaudage de productions sociales et de formes d'intersubjectivités de plus en plus complexes (langages, pensée conceptuelle, religions, institutions politiques, juridiques, arts, etc.) sur le modèle du travail, constituant ainsi l'être en-soi du genre humain.

Lukács montre qu'en parallèle de cette évolution de l'être en-soi du genre humain, ancré dans sa particularité abstraite, s'instaurera de plus en plus une tension dialectique de ce dernier avec un être pour-soi de la généricité humaine, tourné, lui, vers l'universel et qui, à travers nombre d'avancées et de reculs, conduira tendanciellement à une humanité de plus en plus unitaire et maîtresse d'elle-même et de ses déterminations.

Politique et amitié : entretiens avec Michael Sprinker sur Marx et Althusser

Jacques Derrida

13

Mars 2011 - Galilée, Paris – Collection “La philosophie en effet” – 23 €

Soumettre d'abord l'analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet. Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d'effets, à son dehors ou à son dessous (effets « formels » - « vêtements » ou « voiles » du discours - « institutionnels », « politiques », « pulsionnels », etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet.

Déterminer la spécificité de l'après-coup philosophique - le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu'elle entend néanmoins nommer, constituer, s'approprier comme ses propres objets (autres « discours », « savoirs », « pratiques », « histoires », etc.) assignés à résidence régionale : délimiter la philosophie en effet. Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l'efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet.

L'effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom : produit simplement second d'une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistante d'une essence. Il n'y a plus, soumis d'avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l'effet. (Editeur)

Philosophie des salles obscures : lettres pédagogiques sur un registre de la vie morale

Stanley Cavell

12

Mars 2011 – Flammarion – 32 €

Le livre que vous avez entre les mains s'inspire d'un cycle de cours que Stanley Cavell dispensa à l'université de Harvard : les mardis étaient consacrés aux grands textes de la philosophie morale, les jeudis aux chefs-d'oeuvre de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. La composition de ce livre, qui fait alterner un chapitre sur un philosophe avec un chapitre sur un film, reflète à la fois les circonstances de son élaboration et son ambition : nous replonger dans la salle de cours, nous faire redécouvrir et la philosophie et le cinéma.

La plupart des histoires de la philosophie moderne relèguent au second plan sa vocation morale ; en ouvrant ce livre avec le philosophe américain Emerson et en le refermant avec Platon, Stanley Cavell nous invite au contraire à refuser l'éclatement de la philosophie en domaines séparés et à restituer à la philosophie morale toute sa place.

Le cinéma ne tient pas lieu ici d'« illustration » philosophique : il ouvre au spectateur-lecteur une voie nouvelle, loin de tout conformisme, en faisant naître des questions que certaines théories philosophiques (voir les chapitres sur Kant, Mill ou Rawls, par exemple) n'ont parfois pas su formuler. Ces films magiques (New York-Miami, La Dame du vendredi, Indiscrétions, Cette sacrée vérité...) parlent du corps, du mariage, de l'aspiration à une vie et à un moi meilleurs, de l'éducation, des femmes, de la politique. Ils incarnent le perfectionnisme à travers l'une de ses caractéristiques constantes : la conversation. C'est peut-être cette dernière qui fournit l'instrument le plus efficace pour lutter contre la mélancolie, le cynisme ou le snobisme qui empêchent parfois de « désirer le monde et de désirer qu'il change ». (Editeur)

La philosophie interculturelle : penser autrement le monde

Raúl Fornet Betancourt

11

Mars 2011 - Ed. de l'Atelier – 19 €

Sur fond de crispations identitaires et de guerre des mémoires, la question culturelle s'impose à de très nombreux pays. Elle secoue un contexte souvent aveugle au problème de la diversité. La réflexion de Raúl Fornet-Betancourt, figure internationale de la philosophie interculturelle, donne l'opportunité d'un détour et d'un décentrement salutaires. Loin de s'enfermer dans un registre spéculatif stérile, le philosophe s'appuie, au contraire, sur la vie et les luttes des plus défavorisés. Il nous invite, plus précisément, à prendre au sérieux les pauvres et les minorités culturelles dominées. Il souligne la nécessité de se laisser transformer par les contextes des réalités sociales, au même titre que la philosophie doit s'exposer à la diversité des cultures. Passionné par la rencontre des mondes, le philosophe cubain pose le dialogue interculturel comme une alternative à la mondialisation néolibérale. Radicalement anti-fataliste, sa pensée vise à modifier le cours de l'histoire, à valoriser les mémoires opprimées et à redonner de la saveur à la notion d'utopie. (Editeur)

Le post-humanisme : qui serons-nous demain ?

Jean-Michel Besnier

10

Mars 2011  - De vive voix limited, Paris – 9,90 €

Les biotechnologies, les technologies d'information, la robotique, les nanotechnologies et les neurosciences sont en train de bouleverser très rapidement ce que nous sommes, nos corps, nos esprits, notre langage, notre rapport au Monde et notre héritage naturel, et nourrissent des utopies transhumanistes. Mais que signifie l'espoir mis dans ces technologies pour accroître nos capacités physiques et mentales, résister aux virus, trouver l'éternelle jeunesse, bref nous affranchir de notre condition humaine imparfaite, limitée et mortelle ? Jean-Michel Besnier explore ces utopies transhumanistes et s'interroge sur les raisons de vouloir écarter le corps biologique et de souhaiter s'arracher à ce qui fait de nous des humains, distincts des animaux, des dieux et des machines. Il nous invite, en laissant de côté les positions morales trop simplistes qui conduisent au refus craintif du progrès ou à des positions antihumanistes, à nous interroger sur nos devenirs possibles, sur les valeurs existantes et à inventer qui accompagneraient notre nouvelle humanité. Un questionnement philosophique d'une grande actualité.

jeudi 7 avril 2011

Le spectacle, stade ultime du fétichisme de la marchandise : Marx, Marcuse, Debord, Lefebvre, Baudrillard, etc.

Daniel Bensaïd

4

Mars 2011 - Nouvelles éditions Lignes, Paris – “Fins de la philosophie” – 16 €

Dans cet ouvrage inédit, le dernier auquel il aura travaillé, Daniel Bensaïd établit, en philosophe, la généalogie du désespoir révolutionnaire et de ce qu'il appelle le « nihilisme de la renonciation » tels qu'ils s'inscrivent, selon lui, au coeur même de la pensée intellectuelle radicale, dès les années 1960.

Car c'est bien à une sorte de « front secondaire » que le philosophe et militant inlassable qu'il fut entreprend ici de s'opposer : le front de ceux qui s'emploient à démontrer - fût-ce pour le déplorer - que le capitalisme ne connaît aucun dehors et sa domination, aucune limite (Marcuse, Debord, Baudrillard...).

À ces thèses - ici décrites et analysées dans le détail -, Daniel Bensaïd oppose une nouvelle fois le « principe espérance » d'Ernst Bloch, et la nécessité stratégique d'accorder toute leur importance aux « refus divers », ceux appelant à un monde autre, même si aucun grand récit ne permet plus d'en définir le sens.

« Penser politiquement, c'est penser historiquement. C'est concevoir le temps politique, comme un temps brisé, discontinu, rythmé de crises. C'est penser la singularité des conjonctures et des situations. C'est penser l'événement non comme miracle surgi de rien mais comme historiquement conditionné, comme articulation du nécessaire et du contingent, comme singularité politique. »

mercredi 6 avril 2011

L'esthétique antique

Giovanni Lombardo

3

Mars 2011 - Klincksieck, Paris - Collection 50 questions, n° 57 – 18 €

“L'esthétique en tant que discipline philosophique n'apparaît qu'au XVIIIe siècle. Mais longtemps avant l'invention d'un terme spécifique, les questions esthétiques commencèrent à être posées par les Grecs, puis par les Romains. Dans la Grèce ancienne, la découverte de la beauté fut la conséquence immédiate de l'intuition de l'univers. Aux yeux des Grecs, l'univers se montra dans la splendeur d'un kosmos, c'est-à-dire d'un « bel ordre », d'un système cohérent de parties articulées de façon téléologique, apte à susciter un sentiment d'admiration et d'émulation. À partir de la pensée pythagoricienne, la beauté d'un objet se trouva donc déterminée par la proportion de sa structure ou bien par son ordre (kosmos).

Ce livre se propose d'observer comment, dans les cultures grecque et romaine - soit d'Homère jusqu'à Plotin -, l'idée de kosmos marque et influence l'expérience de l'art, du triple point de vue de la production de l'objet artistique, de sa structure et de ses effets sur le public. Il permet de comprendre intimement, à partir de ses fondements, les déploiements de l'esthétique occidentale.” (Editeur)