mercredi 13 janvier 2016

Julie Henry : Spinoza, une anthropologie éthique - Variations affectives et historicité de l'existence

Classiques Garnier - Décembre 2015 - Les Anciens et les Modernes - Études de philosophie



Penser l'éthique comme devenir à partir d'une lecture renouvelée et précise des textes spinozistes, et laisser une place significative aux affects, au désir, à l'imagination, à l'histoire personnelle et aux rencontres: telle est l'ambition de l' «anthropologie éthique» mise en place par l'auteur.

acheter ce livre

Alkemie 2015 - 2 Revue semestrielle de littérature et philosophie, n° 16 : Le paradoxe

Classiques Garnier - Décembre 2015




ARGUMENT 

Marc Bonnant Argument sur le paradoxe

AGORA 

Ciprian Vălcan 
Durbar room

Guillaume Menard 
Essai sur la raison baroque. Image, langage, temps et espace du baroque chez Mathieu Riboulet et Pierre Michon

DOSSIER THÉMATIQUE LE PARADOXE 

Odette Barbero 
Langages du paradoxe 

Tayeb Ainseba 
Le paradoxe anthropologique du misanthrope de théâtre

Alberto Russo
Le paradoxe fondamental de la poésie d’Antonin Artaud

Domna Moyseos
Religion et paradoxe dans l’œuvre de Gérard de Nerval

Pierre Garrigues
Surfiguration ou défiguration, le paradoxe

DÉS/DEUX ORDRES DU MONDE ET DU LANGAGE

Marie-Hélène Gauthier
L’écriture entre « pli sensuel » et « membrane embryonnaire »

Alexandre Couture-Mingheras
Le langage et le neutre. Étude à partir de l’essai Le Degré zéro de l’écriture de Roland Barthes

Sylvie Bourgouin
Approche par l’intuitisme, l’illisibilité et l’interartialité de l’œuvre romanesque de Michel Butor

Gwenolé Fortin
Comment concilier liberté individuelle et vie sociale ? Étude de la « nouvelle utopie ». Une réfexion politico-morale de type rousseauiste

Maria Lucília Marcos et Samuel Mateus
Sous le signe de l’interruption. Individualisme et volonté d’après une nouvelle de Melville

Jean-Louis Courriol
De la traduction. Lucian Blaga

EXPRESSIS VERBIS 

Mihaela-Gențiana Stănișor 
«La nouvelle, c’est un peu ça : on entre par effraction dans la vie des gens et on en sort sur la pointe des pieds». Entretien avec Michel Lambert

CŒURRESPONDANCES 

Dr Jaccard et Mr Roth. 
Une conversation helvético-américaine. Propos recueillis par Steven Sampson

ÉCHOGRAPHIES AFFECTIVES 

Michel Lambert 
L’homme de la dernière séance

Marcelo Dos Santos Mamed 
Le nez

Fredj Lahouar 
Je ne sais si rêve peut

Aymen Hacen 
Lettre à Roland Jaccard sur le Paradoxe

LE MARCHÉ DES IDÉES

Pierre Lecoeur, Henri Thomas, une poétique de la présence, Paris,
Classiques Garnier, 2014 (Marie-Hélène Gauthier)

Michel Lambert, Quand nous reverrons-nous ?, Paris,
Pierre-Guillaume de Roux, 2015 (Mihaela-Gentiana Stanisor )

Vincent Teixeira, Shakespeare and the Boys Band – Culture jetable et marchandise hédoniste, Paris, Kimé, 2014 (Ilinca Ilian)

Ilinca Ilian, Julio Cortázar y Robert Musil. Consonancias, divergencias y ecos, Madrid, Ediciones del Orto, 2013 (Dumitru Vladu)

Résumés des contributions et présentation des auteurs 

acheter ce livre

Éthique, politique, religions 2015-1, n° 6 : Le transhumanisme

Classiques Garnier - Septembre 2015



Éthique, politique, religions est une revue semestrielle de l'Institut de recherches philosophiques de Lyon (université Lyon 3), centrée sur l'étude philosophique des sociétés contemporaines et de leur généalogie.

SOMMAIRE

Francesco Paolo Adorno et Jean-Yves Goffi
Pour s’orienter dans le débat autour du transhumanisme. Une distinction essentielle

Jean-Yves Goffi
Aux origines contemporaines du transhumanisme.
Julian Huxley et Fereidoun M. Esfandiary

Gilbert Hottois
Esquisse d’une caractérisation philosophique du transhumanisme

Bruno Pinchard
Transhumaniser à rebours. De Teilhard à Dante

Gabriel Dorthe et Marina Maestrutti
Les transhumanistes aux prises avec des imaginaires contradictoires

Carlo Brentari
Milieux humains et transhumains. Le transhumanisme comme processus de pseudospéciation culturelle

Edouard Kleinpeter
Le corps transhumain. Prothèses, hybridité, liberté morphologique

Francesco Paolo Adorno
Biopouvoir, biopolitique et transhumanisme. Mort différée ou mort préservée

Massimo Reichlin
Is there a need for moral enhancement ?

Recensions

acheter ce livre

mardi 12 janvier 2016

Jacques de Saint Victor : Blasphème. Brève histoire d'un «crime imaginaire»

Gallimard - Janvier 2016 - Collection L'Esprit de la cité


Il avait disparu de notre horizon politique. Voltaire en avait fait une infraction d’un autre âge. La Révolution française allait le congédier du domaine de la loi, pour l’ériger en «crime imaginaire». Et voici que le blasphème, notion si longtemps désuète, s’invite à nouveau dans notre vie publique, sourdement d’abord, puis au grand jour, dans le fracas des attentats sanglants de janvier 2015. 
Ce «péché de bouche» a une longue histoire qu’il faut retrouver pour mieux comprendre comment, d’un siècle à l’autre, il s’est articulé à nos guerres civiles et à nos conflits idéologiques. Outrage religieux, crime identitaire, délit politique : le blasphème n’a cessé de se métamorphoser au gré des époques, avant de déserter, en 1791, nos manières de penser, puis de réapparaître voilà quelques années sous des atours inédits. C’est cette trajectoire que Jacques de Saint Victor restitue afin de rendre intelligibles les raisons et les enjeux du débat que le blasphème suscite aujourd’hui. 
Son invocation récente, par certains, au nom du respect des «convictions intimes», met à l’épreuve un principe fondamental, propre à notre nation depuis des siècles, la liberté d’expression, et, au-delà, une manière singulière de s’entretenir des choses de la cité.

acheter ce livre

Esquisse(s) n°9 : Désordres

Editions du Félin - Automne 2015


L’esquisse pourrait être ce qui réunit la chose et la pensée de la chose ; et qui ne se perd pas dans son explication. La chose analytique, est-il nécessaire de le rappeler, court après une forme qui lui soit fidèle. Une forme qui tienne de l’art et de la théorie. Les esquisses ne se nourrissent elles pas de ce voisinage inattendu entre la sûreté du trait et l’acceptation de l’éphémère de la pensée ? Et quand une belle échappée survient, n’est-ce pas alors la preuve que la magie, si elle existe, ne saurait être donnée d’emblée ? Nous espérons des textes courts, petits, concis, vifs ; un accent enlevé, un ton qui l’emporte. Une séquence, un surgissement de pensée qui mène à une rupture et trace une voie subite. Un détail qui s’impose, se fond ou s’efface. Un éclairage qui ouvre un regard sur une ombre. « Où sont ces temps d’autrefois... où il arrivait qu’un poème, un mot juste, une idée scientifique agisse sur la vie d’hommes mûrs avec la force d’impact d’un véritable choc émotionnel. »

Olivier Schefer, Aurélien Barrau, Anissa Castel-Bouchouchi, Vincent Pelissier, Véronique Donard, Jacqueline Godfrind, Michaël de Saint-Chéron, Nina Gubisch, Elisabeth Vitou, Clémentine Vidal, Max Wechsel, Cathie Silvestre, Daniel Zaoui.
Texte de référence de Tanizaki Junichhirô.

acheter ce livre

Incidence N° 11 : Le sens du socialisme - Histoire et actualité d'un problème sociologique

Editions du Félin - Automne 2015


Lorsqu'on évoque le "socialisme", on croit savoir de quoi il est question, alors même qu'aujourd'hui tout repère se dérobe qui pourrait nous aider à préciser le sens attaché à ce mot. L'épuisement de l'élan réformiste, tout comme l'effondrement des espérances révolutionnaires, ont fini par vider le socialisme de toute substance, à tel point qu'il se trouve aujourd'hui confiné dans l'espace très étroit d'une alternative prévisible au sein du jeu qui structure le champ de la représentation politique. Les critiques soulignent alors la crise idéologique des partis et la fin de ce conflit des forces sociales où la société démocratique est censée prendre forme. On n'ajoutera pas, ici, une autre voix au concert de ces critiques: il est peut-être temps de décaler le regard et d'envisager le socialisme autrement, à savoir comme une question des sciences sociales, et plus précisément comme un problème sociologique. Si un tel déplacement peut être opéré, c'est que le socialisme a accompagné la naissance même de la sociologie au XIXème siècle, s'imposant comme un objet où elle pouvait reconnaître l'anticipation, sur le plan de l'action, de sa propre réflexion sur la société.

Bruno Karsenti, Fransceco Callegaro, Frédéric Hulak, Andrea Lanza, Stefania Ferrando, Jean Terrier, Pierre Charbonnier, Franck Fischbach et Axel Honneth.

acheter ce livre

jeudi 7 janvier 2016

Mathieu Laine : Dictionnaire amoureux de la liberté

Plon - Janvier 2016 - Collection : Dictionnaire amoureux


La liberté est première. Remède aux tyrannies politiques, aux déterminants sociaux, aux maladies de l'âme comme aux dérives sectaires, elle nourrit la droiture, la volonté, le beau geste, l'optimisme. Grâce à elle, moteur de l'innovation, rien n'est jamais perdu : c'est lorsque l'Homme est libre qu'il devient, à jamais, notre dernière chance. Exigeante, la liberté est aussi la meilleure voie pour devenir ce pour quoi l'on est fait. L'amour de la liberté est au cœur du progrès humain. Elle est la valeur incontournable, la condition première du bonheur. On ne peut vivre sans elle. On peut mourir pour elle. Même si, de nos jours, on l'oublie trop souvent. Si la France a fait naître d'illustres amoureux de la liberté, nul ne peut nier qu'elle entretient, avec elle, des sentiments mêlés. Cet ouvrage est donc une invitation à redécouvrir, à déguster, à choyer, à chérir, à défendre et, pourquoi pas, à réinventer notre si précieuse liberté, sans laquelle plus rien n'aurait de saveur, d'ampleur ni de valeur. Quelques entrées, à titre d'exemple : Brassens (Georges) – Bourgeois (Louise) – Créateurs et innovateurs – Delacroix (Eugène) - Eluard (Paul) – Houellebecq (Michel) – Infantilisation - La Fontaine (Jean de) – Liberté d'expression - Molière - Nationalisme - Revel (Jean-François) – Tocqueville (Alexis de) - Vie privée...

acheter ce livre

Alain Badiou : Notre mal vient de plus loin. Penser les tueries du 13 novembre

Fayard - Janvier 2016 - Ouvertures


Dans ce court essai, Alain Badiou revient sur les tueries perpétrées le 13 novembre à Paris et propose d’élucider ce qui est arrivé.
Qui sont les agents de ce crime de masse ? Et comment qualifier leur action ?
Où en est notre monde, du point de vue de ce qui a été ainsi mis en place insidieusement, puis avec acharnement depuis un peu plus de trente ans ?
Ce dont nous souffrons, c’est de l’absence à échelle mondiale d’une politique disjointe du capitalisme hégémonique. Tant qu’une proposition stratégique autre ne sera pas faite, le monde restera dans une désorientation essentielle. C’est un travail pour tous que d’essayer de faire que l’histoire de l’humanité change de direction et s’arrache au malheur opaque où en ce moment elle s’enfonce.

acheter ce livre


Essaim n°35 : Croire en l'inconscient ?

Erès - Octobre 2015



La tentative kantienne de démarcation entre croyance et savoir n’a pas résolu les relations tumultueuses entre ces deux termes, qu’on ne cesse de rapprocher et d’opposer, que ce soit à un niveau individuel ou collectif et dans tous les domaines, sociaux, scientifiques, religieux… allant parfois jusqu’aux extrêmes de la violence. Même quand le savoir est établi (la terre tourne autour du soleil), il n’empêche pas des croyances contraires, et paradoxalement, il peut les susciter .
La psychanalyse a révélé un certain nombre de déterminants inconscients de la croyance en tant que liée à la référence au désir : le fantasme (qui tisse la réalité comme mixte de symbolique et d’imaginaire), la pulsion (d’où sort la vérité des théories sexuelles infantiles), les signifiants (du nom du père, non représentable, ou du sujet supposé savoir pour le transfert)… En outre, elle a montré que la division du sujet a justement la structure de la division entre savoir et vérité.
Qu’en résulte-t-il pour la psychanalyse, toujours menacée de psychologisation ? Peut-on croire en la psychanalyse ? À l’inconscient ? Sinon comment peut-il encore se faire entendre ?


acheter ce livre

Cliniques méditerranéennes 2/2015 / Enigmes et destins du féminin

Erès - Novembre 2015


Les contributions de ce numéro privilégient les questions cliniques et psychopathologiques associées au féminin. À la recherche d'un fil rouge, susceptible de délimiter ce que les psychanalystes évoquent précisément sous le concept de « féminin », la démarche des auteurs ici réunis a pour ambition de proposer un dialogue entre psychanalyse, psychopathologie, littérature, art et anthropologie. Niché dans toute sa complexité archéologique, le féminin s'édifie selon une certaine logique discursive. Mais aussi selon une logique singulière et subjective. C'est sur cette ligne de crête où s'exerce son action, où se mêlent et se combattent les destins du jeu pulsionnel et la fondation des fins sociales, que se prophétisent ses déclinaisons potentielles : entre chaos, création... et sublimation.


acheter ce livre

mercredi 6 janvier 2016

Alain Badiou : Le noir. Eclats d'une non-couleur

Editions Autrement - Janvier 2016 - Collection : Les Grands Mots


Le noir symbolise, indistinctement, et le manque et l’excès.
Qui n’a pas fait l’expérience effrayante d’avancer à tâtons dans la nuit noire ? Cette terreur primitive, Alain Badiou la traverse en inventant, avec ses camarades, le jeu de « Minuit sonnant ». La découverte furtive du continent noir dans des magazines interdits, la beauté de l’encre sur le papier, mais aussi les mystères du cosmos et la douleur du deuil : le philosophe nous promène dans son théâtre intime, au gré des souvenirs. Musique, peinture, politique, sexualité, métaphysique : le noir n’aura jamais été aussi lumineux.

acheter ce livre

Mathilde Bernard, Alexandre Gefen, Carole Talon-Hugon : Arts et émotions. Dictionnaire

Armand Colin - Janvier 2016 - Hors collection


La question des émotions représentées, exprimées ou provoquées par l’art a été largement éclipsée par une modernité qui dédaignait les problématiques « psychologisantes » et préférait se centrer sur des interrogations formelles. La sortie de l’art de ce moment formaliste, d’une part, et le développement des disciplines scientifiques ayant les émotions pour objet, d’autre part, invitent à ré-ouvrir le dossier des liens complexes et variés que les arts entretiennent avec les affects en l’enrichissant de la contribution des sciences cognitives et des théories psychologiques ou sociologiques de la réception et de la lecture.
Ce dictionnaire fournit un outil unique et précieux pour cartographier ce champ de recherche en plein essor, dessiner ses grandes problématiques, présenter ses principaux théoriciens et rassembler sa bibliographie. Son originalité tient au fait que la réflexion y est toujours conduite à partir d’uvres d’art particulières, et soumise à leur épreuve. Qu’il s’agisse des mécanismes complexes de l’immersion fictionnelle, des processus de mise en commun collective des émotions individuelles, de la responsabilité éthique de l’art, des interactions entre l’ordre de la création et la logique des émotions, il y a là autant de champs d’interrogations qui peuvent bénéficier du riche apport interdisciplinaire des « sciences de l’affect », alors même, que, dans l’autre sens, ces disciplines ont beaucoup à gagner à se pencher sur des corpus artistiques, compris comme des dispositifs de production, d’interrogation et de manipulation des affects.

acheter ce livre

Geoffroy de Lagasnerie : Juger. L'État pénal face à la sociologie

Fayard - Janvier 2016 - Histoire de la pensée


Pendant plusieurs années, Geoffroy de Lagasnerie s’est rendu à la cour d’assises de Paris. Il a vu être jugés et condamnés des individus accusés de braquage, d’attentat, d’assassinat, de coups mortels, de viol. À partir de cette expérience, il propose une réflexion sur l’État pénal, le pouvoir et la violence.
Nos manières de rendre la Justice s’inscrivent dans un système général et a priori paradoxal : pour juger, les procès construisent une narration individualisante des acteurs et des causes de leurs actes ; mais, pour réprimer, ils transforment chaque action interindividuelle en agression contre la « société » ou contre l’« État ».
Comment comprendre ce système du jugement et de la répression et ce jeu des catégories pénales ? La Loi est souvent présentée comme instaurant le règne de la raison contre les réactions passionnelles. Ne produit-elle pas en réalité des effets de dépossession et du traumatisme ? À quelles conditions une sociologie critique pourrait-elle nous donner les moyens d’imaginer un droit moins violent, un État moins souverain et une justice plus démocratique ?
En mêlant récits et analyses théoriques, Geoffroy de Lagasnerie montre que l’institution judiciaire ne forme pas seulement une réponse à la délinquance. La scène du tribunal, où un individu est forcé de comparaître devant des juges, est un miroir grossissant de notre appartenance à l’État. Si bien que, au bout du compte, cet ouvrage offre une exploration de notre condition de sujet politique.

Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, est professeur à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. Il est l’auteur notamment de L’Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning (Fayard, 2015), La Dernière Leçon de Michel Foucault (Fayard, 2012), Logique de la création (Fayard, 2011).

acheter ce livre

mardi 5 janvier 2016

Jean Salem : Philosophie de Maupassant

Ellipses - Décembre 2015 - Littérature et philosophie


En donnant à penser que l’homme est « une bête à peine supérieure aux autres », que c’est la recherche du plaisir qui nous meut, que la mort est un invraisemblable scandale, que la guerre est infrahumaine et que les hommes se laissent mener par le bout des mots, Maupassant semble – à l’évidence – choisir son parti en philosophie.
Ce livre tend à démontrer que l’on trouve chez Maupassant des segments de philosophie, des thèmes hérités des voluptueux inquiets, des inflexions puisées dans une tradition qu’illustrèrent (bien des siècles après Anacréon et Horace) les écrivains libertins du XVIIIe siècle : Crébillon, Prévost, Laclos et le marquis de Sade.

Jean Salem est professeur à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).

acheter ce livre

Edwige Chirouter : L'enfant, la littérature et la philosophie

L'Harmattan - Avril 2015 - Pédagogie



Il n’y a pas d’âge pour se poser des questions philosophiques et, très tôt, face à l’étonnement devant le monde, les enfants s’interrogent sur la vie, la mort et les relations humaines. L’enfant serait par excellence celui qui, selon l’expression de G. Deleuze, fait “l’idiot ” et pose la question du pourquoi et de l’essence des phénomènes du monde en toute naïveté et intensité. La pratique de “ la philosophie avec les enfants ” se développe ainsi partout dans le monde depuis plus d'une trentaine d'années. Cette pratique répond aussi au besoin de démocratisation d’une discipline scolaire jugée trop souvent comme hermétique et élitiste.
Dans le même temps, la littérature de jeunesse semble avoir pris en compte ces interrogations métaphysiques. Les programmes de littérature à l‘école primaire en France insistent d’ailleurs sur cette dimension des œuvres et incitent à des "débats réflexifs". Le monde de l‘enfance pourrait ainsi être aujourd’hui le pont qui permettrait de réconcilier deux disciplines dont l’histoire s’est trop longtemps écrite sous les signes de la concurrence et de la méfiance réciproques. La littérature et la philosophie pourraient ainsi retrouver leur alliance originelle : car au-delà des formes spécifiques qu’elles entretiennent avec le langage, elles sont toutes les deux des discours qui visent à donner sens et intelligibilité à notre existence."
Au delà de la réflexion théorique sur les liens qui unissent la philosophie, la littérature et l'enfance, cet ouvrage fait aussi le récit et l'analyse d'une expérimentation menée dans une école élémentaire avec les mêmes élèves pendant trois années consécutive (Ce2, Cm1, Cm2). Nous montrons ainsi comment concrètement la littérature a permis à ces jeunes enfants d’entrer en philosophie, comment la fiction a effectivement été pour eux un "immense laboratoire" (P. Ricœur) pour expérimenter leur pensée.

Edwige Chirouter est maître de conférences en philosophie et sciences de l'éducation à l'université de Nantes et chercheur au CREN (Centre de Recherche en Education de Nantes). Elle est expert auprès de l'UNESCO pour le développement de la philosophie avec les enfants et coordinatrice des «Rencontres internationales sur les Nouvelles Pratiques philosophiques» qui se déroulent tous les ans à la maison de l'UNESCO à Paris à l'occasion de la Journée mondiale de la Philosophie.

acheter ce livre

lundi 4 janvier 2016

Martha Nussbaum : La Fragilité du bien. Fortune et éthique dans la littérature et la philosophie grecques

Editions de l'Eclat - Janvier 2016 - Collection : Polemos


Pierre blanche lancée dans le jardin des études classiques, La Fragilité du bien en dépasse largement le cadre pour ­s’ancrer avec force dans le débat contemporain sur l’action éthique et politique. Qu’en est-il de l’être humain exposé à la fortune(Tuchè) dans la pensée éthique des grands Tragiques (Eschyle, Sophocle, Euripide), de Platon et d’Aristote? Quel rôle tient cette fortune dans la formation de la vertu ou du bon caractère ? Quelle relation y a-t-il entre le fait d’être une personne bonne et celui de parvenir à vivre et agir selon le bien? Un livre ­classique, paru pour la première fois en 1986, « immensément riche et ­stimulant » (Charles Taylor), qui montre l’extraordinaire actualité de la tragédie et de la ­philosophie grecques quand il s’agit de penser l’événement moral de notre société contemporaine et qui permet de mieux comprendre l’œuvre d’une philosophe américaine parmi les plus ­originales de sa génération.

Préface inédite de Martha Nussbaum pour cette édition française.

Martha C. Nussbaum (1947) enseigne le Droit et l’Éthique à l’université de Chicago. On connaît en France ses ouvrages les plus récents qui témoignent d’une forte implication dans les débats contemporains, comme : Femmes et développement humain (Éditions des Femmes, 1988), La connaissance de l’amour : Essais sur la philosophie et la littérature (Editions du Cerf, 2010), Les émotions démocratiques : Comment former le citoyen du XXIe siècle ? (Climats, 2011), Les religions face à ­l’intolérance : Vaincre la politique de la peur (Climats, 2013) ou le très récent L’art d’être juste : L’imagination littéraire et la vie publique (Climats, 2015).

acheter ce livre

dimanche 3 janvier 2016

Jean-Claude Razavet : De Freud à Lacan. Du roc de la castration au roc de la structure (2è éd.)

De Boeck Supérieur - Janvier 2016 - Collection : Oxalis


À partir du questionnement d'un point de doctrine fondamental pour la pratique et la théorie psychanalytique, le roc de la castration, l'ouvrage présente un vaste panorama de la théorie analytique de 1900 à 1967, véritable introduction à l'œuvre de J. Lacan, dans sa continuité/discontinuité avec celle de Freud. Il introduit un syntagme nouveau, le roc de la structure, qui a des conséquences tant cliniques, éthiques qu'épistémologiques et dégage les coordonnées théoriques de la passe, souvent connue par le public sur son seul versant institutionnel.
Ce livre a l'ambition, au-delà de l'Oedipe, de dégager la psychanalyse de ce qui lui reste d'adhérence à la religion. Élaboré à partir de la clinique et de réflexions sur la vie, il rend vivants les schémas structuraux qui étayent l'enseignement de J. Lacan.

acheter ce livre

Jean-Jacques Nattiez : Wagner antisémite

Christian Bourgois - Novembre 2015


"L'objectif du Wagner antisémite n'est pas de déclencher un scandale, mais d'écrire un chapitre nécessaire de l'histoire de la musique d'un point de vue fondamentalement critique. Wagner est un compositeur immense et je considère, avec d'autres, qu'il appartient à la petite cohorte des grands créateurs de la culture occidentale. Je tiens Tristan et Isolde pour un des sommets de la musique. Mais cela ne justifie pas qu'on occulte des pans entiers de sa biographie, de sa pensée et de son oeuvre. Certains auteurs ont voulu réduire la dimension antisémite de sa pensée au seul essai "La judéité dans la musique" car, hélas, son contenu raciste ne fait aucun doute, comme je le démontre aisément. Cela n'a pas empêché certains d'aller jusqu'à en effacer la présence dans le corpus de ses écrits. Une traduction nouvelle de ses textes antisémites, y compris d'un article oublié et d'un inédit en français, vient étayer la documentation à ce sujet. Les positions antisémites de Wagner sont également évidentes dans sa correspondance, dans ses propos rapportés par le Journal de son épouse Cosima et dans certaines des attitudes de sa vie. Mais leur interprétation ne va pas de soi : faut-il recourir à la psychanalyse ? les faits sur lesquels plusieurs se sont fondés sont-ils confirmés ? Je prends position sur ces questions. On trouvera également dans ce livre la collection la plus complète, jamais publiée, de caricatures de Wagner présenté en juif par ses contemporains. Une des tactiques utilisées pour protéger la stature du musicien aura consisté à contester l'existence d'une dimension antisémite dans les oeuvres elles-mêmes, et notamment le caractère juif d'Alberich, Mime et Hagen dans la Tétralogie, de Beckmesser dans Les Maîtres Chanteurs, de Kundry dans Parsifal. La question a été violemment débattue. Je crois prouver que ces personnages sont des allégories du Juif. Et l'on trouvera dans ma démonstration quelques considérations sur le racisme anti-arabe de Wagner, généralement passé sous silence. Et qu'en est-il de la musique elle-même ? Rares sont les travaux qui se penchent sur cette dimension, pourtant essentielle. Mes recherches m'ont permis de faire la démonstration que certains passages de Siegfried et des Maîtres chanteurs étaient des caricatures antisémites de musique juive traditionnelle. Enfin, en raison de l'admiration d'Hitler pour Wagner, attestée par sa présence fréquente au Festival de Bayreuth et ses liens étroits avec la famille Wagner, peut-on rendre Wagner responsable, en tout ou en partie, de la Shoah ? Le bannissement de sa musique en Israël en est sans doute la manifestation contemporaine la plus connue. Je prends fermement position par rapport aux questions qui fâchent : si antisémitisme il y a dans les opéras de Wagner, faut-il en interdire l'exécution ou la représentation ? faut-il fermer Bayreuth ? Toutes ces questions ont souvent été abordées selon des disciplines distinctes. Résultat : on a séparé les uns des autres les examens de sa vie, de ses écrits théoriques, de sa correspondance, des livrets de ses opéras et de leur musique. Face à cette situation d'éclatement, ma position est simple : sa personnalité était une ; je ne le crois pas schizophrène. L'homme qui a écrit "La judéité dans la musique" est aussi celui qui conçoit la Tétralogie au même moment de sa vie ; il réédite ce pamphlet juste après la création des Maîtres Chanteurs ; il rédige les essais racistes de la fin de sa vie alors qu'il compose Parsifal. Mon objectif est donc de faire appel simultanément, à chaque étape de son existence, à l'ensemble des données qui permettent de décrire, de comprendre et d'expliquer la dimension antisémite de ses actes, de ses propos, de ses écrits et de ses oeuvres." Jean-Jacques Nattiez

acheter ce livre