samedi 16 novembre 2019

Jerôme de Gramont : La pensée monotone

Lessius - Novembre 2019 - Donner raison - Philosophie


Une invitation à reprendre les mêmes questions en inventant de nouveaux chemins de pensée.
Toute répétition n'est pas stérile et n'interdit pas ipso facto l'originalité du chemin de pensée qu'il faut prendre. Tout lecteur de Platon sait qu'il faut réinventer à chaque dialogue le chemin vers l'Idée, et ce que cela suppose en fait de difficile alliage de répétition et d'imprévisible.
Poètes et penseurs écrivent des dizaines de livres et nous en lisons des milliers, mais peut-être seulement pour que nous puissions prononcer un seul mot – mais le prononcer enfin, le prononcer vraiment, avec cette autorité qui nous manque en ces jours qui sont incertains.
Qu'importe alors la monotonie de la pensée, et que le pluriel de ses commencements, ses multiples chemins, ses variations quasi infinies, conduisent invariablement au même motif, à une même pensée, au même nom ultime – le Nom propre par excellence, orient de tous les noms communs : le nom de Dieu ? – s'il s'agit là d'une monotonie heureuse.

Jérôme de GRAMONT est professeur de philosophie à l'Institut catholique de Paris. Il a dirigé de nombreux colloques, et publié une dizaine d'ouvrages, dont parmi les plus récents : Au commencement : parole, regard, affect (Cerf, 2013), L'appel de la loi (Peeters, 2014), Kafkabuch (Corlevour, 2015). En même temps que cet ouvrage, nous publions une version revue et corrigée de son premier ouvrage : La vie quotidienne.

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vendredi 15 novembre 2019

Olivier Véron : Dans le regard de Pierre Boutang. Babel ou Israël

Les Provinciales - Novembre 2019


Pierre Boutang disait Israël «signe de contradiction» mais aussi «la seule rançon, la seule création positive répondant à l'horreur infinie de la seconde guerre mondiale». Notre culture gréco-hébraïque hésite à reconnaître franchement cet héritage, elle le dédaigne, quand elle ne l'accuse pas. «Il est certain qu'il n'y a pas d'Europe. L'homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n'y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël. C'est en Israël que l'Europe profonde sera battue, ""tournée"", ou gardera, avec son honneur, le droit à durer », écrit Boutang. L'Europe profonde ce n'est jamais «Babel», la démesure, le défi, l'asservissement, la confusion des langues - et la nouvelle Tour érigée sur les ruines de plusieurs empires totalitaires défaits annule la mission des nations souveraines, modelées sur la forme de l'ancien Israël. Après Pascal, Péguy, Bernanos et Claudel, Boutang (1916-1999) a continué cette tradition chrétienne française éprise des vraies libertés et attentive aux réalités terrestres, aux limites que fixe la finitude, et aux vertus de la chair. C'est cette tradition-là qui rencontre toujours le mystère d'Israël dont l'Europe porte l'empreinte tout effacée. «?La couronne du Saint Empire portait l'effigie de David et celle de Salomon, la politique de nos rois en France - avant Bossuet, de l'aveu même de Machiavel - était tirée de l'écriture sainte, et les nations, jusque dans l'hérésie jacobine et révolutionnaire, imitaient un dialogue immortel entre la naissance et l'obéissance au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.» L'appartenance nationale et le nationalisme tels que Pierre Boutang les a compris ne sont ni des symptômes d'enfermement, ni des ferments d'agressivité (anti-juive ou pas), au contraire: être nationaliste c'est être authentique, c'est reconnaître l'origine, retrouver la source juive oubliée et vouloir la «nouvelle alliance entre Juifs et chrétiens» (comme disait Michaël Bar-Zvi). Sans cela, garder un pays dans lequel accueillir ne se peut pas. Ce livre explore les principaux traits d'une pensée souvent redoutée mais qui est la seule, en France, depuis la Seconde guerre mondiale, à tenir tête ontologiquement et politiquement à un siècle brutal. 

Responsable de la publication des provinciales, chroniqueur irrégulier, Olivier Véron a édité plusieurs livres décisifs de Pierre Boutang: La guerre de six jours (2010), La Politique considérée comme souci (2014), Reprendre le pouvoir (2016), La Fontaine politique (2018). A publié dans la collection «Israël et la France» L'Avenir du printemps (2014).

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Anna Longo, Anthony Feneuil, Bruno Trentini (dir.) : Le paradoxe de la finitude Représentations, conditions, dépassements

Mimesis - Novembre 2019


Cet ouvrage présente une pluralité de réflexions qui attestent la centralité du paradoxe de la finitude, figure centrale ou schème structurant de ce que certains identifient aujourd’hui, dans le champ philosophique aussi bien qu’esthétique, comme un retour à la spéculation. Et c’est parce que ce paradoxe a acquis aujourd’hui cette centralité nouvelle qu’il est possible de porter un regard neuf sur la tradition philosophique, d’en déceler les marques antérieures, mais aussi d’aller chercher dans cette tradition de quoi penser et féconder les développements actuels.

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Laura Llevadot, Juan Evaristo Valls Boix et Patrice Vermeren (dir.) : Penser avec les lèvres. La philosophie contemporaine à l'épreuve de la langue

L'harmattan - Novembre 2019


Notre défi consiste à penser avec les lèvres, à faire sentir la portée de certaines philosophies contemporaines qui font jouer l'exigence d'avoir la bouche bien ouverte et des lèvres qui montrent les dents. Comment faire de la philosophie, non pas avec le langage, mais avec la langue, autrement dit avec sa matérialité et sa singularité ? Ce livre ne traite pas du langage, de l'identité ou du sujet, ou peut-être que si, mais à partir des lèvres : il questionne la frontière, l'altérité, le pouvoir, la jouissance, la littérature et ses politiques. Bref, il recherche le plaisir de faire de la philosophie en langues.

Textes de Lea Barten, Gisele Amaya Dal Bó, Mariam Catalinna Shengelia et Martín Macías Sorondo, Elise Lamy-Rested, Juan Evaristo Valls Boix, Begonya Saez Tajafuerce, Ana Isabel Agüera Plaza, Giustino De Michele, Lorena Souyris Oportot, Andrés Armengol Sans, Gabriela Balcarce, Barbara Zauli, Carmen Rivera Parra, Josep-Lluís Rodríguez i Bosch, Sergi Mas Diaz, Laura Llevadot, Ana Lanfranconi, Martha Palacio Avendaño, Guillermo Bialakowsky.

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jeudi 14 novembre 2019

Michel Blay et Francois Euve : Dialogue sur l'histoire, la religion et les sciences

CNRS Editions - Novembre 2019


Faut-il considérer que le rationnel est du côté de la science, et l'irrationnel du côté de la religion ? Et que la première a détrôné la seconde ? Rien n'est moins sûr : elles n'ont pas les mêmes objets.
On emploie le mot " science " comme s'il avait eu le même sens de toute éternité, comme s'il signifiait la même chose pour Aristote, Copernic, Galilée ou Stephen Hawking. Or ce mot ne désigne pas la même réalité pour les Anciens, les Médiévaux et nos contemporains. La science se construit historiquement, dans le temps et avec son époque. Tout comme la religion, la science est une forme de pensée qui détient une vérité, certes, mais une vérité qui n'est pas intangible. Par ailleurs, la " science ", dans sa genèse, a été profondément influencée par une certaine théologie, laquelle s'est elle aussi présentée comme une démarche rationnelle, en interaction permanente avec son environnement intellectuel.
D'une époque à l'autre, c'est à une étude des croisements et des enjeux entre science et théologie que cet ouvrage nous invite.

Michel Blay, philosophe et historien des sciences, ancien directeur de recherche au CNRS, est aujourd'hui Président du Comité pour l'histoire du CNRS.
François Euvé est agrégé de physique et docteur en théologie. Il est rédacteur en chef de la revue Études.

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Yves-Charles Zarka et Avishag Zafrani (dir.) : La phénoménologie et la Vie

Les éditions du Cerf - Novembre 2019


Vingt philosophes contemporains en débat décryptent ensemble la vie et la mort de la phénoménologie, courant de philosophie majeur au XXe siècle, et plaident pour sa renaissance.

La phénoménologie, dans la diversité des approches qui ont été les siennes et à travers les mutations qu'elle a connues, a été l'un des courants principaux de la philosophie du xxe siècle, en particulier en France. Elle a été marquée par les oeuvres considérables de Husserl, son fondateur, et scandée par celles de Merleau-Ponty, Patočka, Jonas, Levinas, Henry, Derrida. À présent, ce courant naguère si influent est à un tournant de son histoire : un moment de crise majeure. La phénoménologie semble à bien des égards avoir épuisé ses possibilités. Elle est en outre remise en cause, et radicalement, par d'autres approches, en particulier réalistes ou analytiques, qui en contestent les fondements et jusqu'au privilège du phénomène. Que reste-t-il de la phénoménologie ? A-t-elle épuisé ses possibilités de renouvellement ?
Cet ouvrage constitue une somme sans équivalent au coeur d'une actualité philosophique déterminante aujourd'hui.

Ont contribué à l'ouvrage : Paul Audi, Renaud Barbaras, Bruce Bégout, Gérard Bensussan, Étienne Bimbenet, Philippe Capelle-Dumont, Pierre Guenancia, Frédéric Jacquet, Grégori Jean, Elise Lamy-Rested, Jean-François Lavigne, Jérôme Lèbre, Jean Leclercq, Dorothée Legrand, Eliška Fulinova-Luhanova, Jelson Oliveira, Orietta Ombrosi, Eric Pommier, Charles Ramond, Jacob Rogozinski, Émilie Tardivel, Yves Thierry, Jean Vioulac, Avishag Zafrani, Yves Charles Zarka.

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Jean-Francois Kervegan : Explorations allemandes

CNRS Editions - Novembre 2019



Explorer l'Allemagne, c'est explorer quelque chose qui était là avant d'exister : un emplacement sur la carte de l'Europe, une tache dans son histoire, au mieux une " culture ", comme on dit quand on ne sait comment nommer les choses. C'est aussi se confronter à des constructions intellectuelles grandioses qui ont eu pour auteurs, entre autres Kant, Fichte, Hegel, Marx, mais aussi Nietzsche, Husserl, Heidegger. Pourtant, si la philosophie a pour territoire l'universel, pourquoi s'intéresser à la philosophie allemande ? Et d'abord, peut-il y avoir quelque chose de tel ?
C'est à une enquête sur la spécificité de la philosophie d'expression allemande que nous invite ce livre. Enquête qui réfléchit en même temps le parcours de son auteur. Ainsi l'entretien avec Thibaut Gress qui ouvre le livre montre le long commerce passionné entretenu par Jean-François Kervégan avec les penseurs allemands, de Kant et Hegel à Habermas et Honneth ; il éclaire son mode d'approche et la façon dont il comprend aujourd'hui l'activité philosophique. Cet échange dense et précis interroge la conception ambitieuse de la rationalité portée par cette philosophie : le projet d'autodétermination de la raison, son pouvoir normatif. Les chapitres ultérieurs détaillent ces formes et pouvoirs de la rationalité au prisme de l'événement révolutionnaire et scrutent les échos contemporains des thèmes et des problèmes issus de la tradition de l'idéalisme allemand. Ils évoquent enfin la question disputée de l'existence d'une pensée post-métaphysique. Un parcours engagé et érudit.

Jean-François Kervégan est professeur émérite à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Outre ses travaux sur Hegel et Carl Schmitt, il a codirigé récemment avec Isabelle Aubert Dialogues avec Jürgen Habermas (2018).

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dimanche 10 novembre 2019

Rafe Blaufarb : L’invention de la propriété privée. Une autre histoire de la Révolution

Champ Vallon Editions - Septembre 2019 - La chose publique


Que signifie posséder quelque chose ? Quelles sortes de choses peuvent être possédées ? Comment renonce-t-on à sa propriété? Quelles sont les frontières entre propriété privée et propriété publique ? En l'espace de dix ans, la Révolution française s'est efforcée de répondre à toutes ces questions. Comme Rafe Blaubarb le montre dans ce livre ambitieux, elle a refondé le système de propriété existant jusqu'en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. Les révolutionnaires les ont réalisés en abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l'office public vénal, et en démantelant le domaine de la Couronne, faisant ainsi de l'Etat une pure souveraineté. Ce fut une grande démarcation, c'est-à-dire une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d'où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l'Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Le processus détruisit le fondement conceptuel de l'Ancien Régime, posa les fondations du nouvel ordre constitutionnel de la France, cristallisa toutes les manières de penser l'Etat et la société modernes et créa une nouvelle réalité juridique et institutionnelle. L'Invention de la propriété privée montre dans quelle mesure la transformation révolutionnaire de la propriété d'Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.

Rafe Blaufarb est professeur d'histoire française à la Florida State University, où il dirige l'Institut sur Napoléon et la Révolution Française.

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Bruno Bérard : Métaphysique du paradoxe. Tome 1 : Paradoxes et limites du savoir

L'Harmattan - Novembre 2019


« Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (Leibniz) « Nul n'est censé ignorer la loi, mais personne ne saurait la connaître. » Les paradoxes, irréductibles contradictions, sont partout ; dès que l'on naît pour mourir et sitôt que l'on essaie de comprendre l'univers, l'homme, la société ou Dieu. Cette paradoxalité des choses et de la logique est tout à la fois la seule façon de connaître et la limite indépassable de tout savoir rationnel. Cet ouvrage propose une modalité paradoxale du connaître. Distinct de la raison, un tel mode du connaître s'affronte au paradoxe d'une non-contradiction absolue.

Bruno Bérard, docteur de l'École Pratique des Hautes Études (Religions et systèmes de pensée) a publié en France et aux États-Unis une Introduction à une métaphysique des mystères chrétiens (2005, imprimatur), Jean Borella, la Révolution métaphysique (2006), une Initiation à la métaphysique (2009), une Métaphysique des contes de fées (2011, avec Jean Borella), et dirigé des ouvrages collectifs, tels que Métaphysique et psychanalyse (2013) et Physique et métaphysique (2018).

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Françoise Pochon-Wesolek : La fonction de l'art selon Nietzsche et Freud

L'Harmattan - Novembre 2019


Malgré une ressemblance apparente entre Freud et Nietzsche quant au plaisir esthétique, cet ouvrage met au jour des divergences dans leur pensée de l'art. Alors que Freud y voit un phénomène régressif et oppose ainsi l'art à la science, Nietzsche fait de l'art le modèle de toute approche non nihiliste de l'existence. La conception freudienne de la civilisation et donc de l'art s'avère répressive, justifiant le refoulement instinctuel de l'humanité, alors que Nietzsche, par le biais du « retour éternel », prône une réconciliation entre le désir et la mort, imaginant un art permettant une existence qui ose l'émancipation instinctuelle et corporelle.

Françoise Pochon-Wesolek, agrégée de philosophie et professeur de chaire supérieure, a publié le recueil poétique Tropique de l'Eros (Éditions Anima Mundi, 1999) et Descartes à la lumière de l'évidence suivi de Descartes penseur précritique ou platonicien ? (L'Harmattan, 2018).

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samedi 9 novembre 2019

Guillaume Lecointre et Sarah Proust (dir.) : Le fait en question

L'aube - Novembre 2019


Qu'est-ce qu'un fait? Qu'est-ce qui distingue un fait scientifique d'une opinion, d'une croyance, d'une rumeur? Dans une époque marquée par l'émergence des théories du complot et la place prise par les fake news, ce livre collectif a l'ambition de défendre les Lumières et la science afin de combattre l'ère de la «post-vérité», mortifère pour la bonne santé de nos démocraties.
Un livre, en somme, pour retrouver le chemin de la confiance entre les «experts» et le reste de la population, et redonner de la force à notre démocratie héritière du siècle des Lumières.

Ce livre rassemble les contributions de Florence Bellivier, juriste ; Gérald Bronner, sociologue ; Faouzia Charfi, physicienne ; Éric Guilyardi, océanographe et climatologue ; Clément Lacaton, journaliste ; Gérard Lambert, médecin, journaliste scientifique ; Guillaume Lecointre, zoologiste ; Henri Peña-Ruiz, philosophe, écrivain ; Sarah Proust, élue à Paris ; Antoine Prost, historien. Ces textes sont introduits par un préambule de Bruno David, paléontologue, et une préface de Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès.

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Jean-Claude Guerrini : Les valeurs dans l'argumentation. L'héritage de Chaïm Perelman

Éditions Classiques Garnier - Août 2019 - L'univers rhétorique


Cet ouvrage souhaite restituer l’apport considérable du refondateur de la rhétorique Chaïm Perelman sur le point précis des valeurs.

Les propositions formulées dans le Traité de l’argumentation. La Nouvelle rhétorique (1958), L’Empire rhétorique (1977) et Logique juridique (1979) n’ont pas été reprises et réexaminées à la hauteur de ce qui s’y trouvait entrepris. Elles s’inscrivaient dans une conjoncture aujourd’hui datée et ont été peu retravaillées à l’aide des outils aujourd’hui disponibles, notamment dans le champ des sciences du langage. Encore faut-il avoir pris la mesure de ce qui y était présenté et de la réception qui leur a été réservée dans les études d’argumentation et de rhétorique.


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vendredi 8 novembre 2019

Friedrich Nietzsche : Écrits philologiques (vol. VIII). Platon

Les Belles lettres - Novembre 2019


Plato amicus sed (« Platon est un ami, mais ») : le frontispice calligraphié du grand cours que Nietzsche donna sur Platon à l'Université de Bâle, dès l'hiver 1871-1872 et jusqu'à la fin de son activité de professeur de philologie, dit déjà l'essentiel. Platon a toujours obsédé Nietzsche, lequel fit de lui son plus grand adversaire. Les oeuvres publiées ou destinées à la publication par Nietzsche portent régulièrement la trace de cette joute philosophique. Mais celle-ci s'est nourrie d'un cours de philologie, dont on donne ici pour la première fois une traduction française intégrale, élaborée de manière critique à partir des manuscrits. Platon, de la « génération de la peste », comme le souligne à maintes reprises le cours, y est sourdement mis en opposition à Thucydide, comme le fera explicitement par la suite le Crépuscule des idoles. Mais le philosophe athénien est surtout réintégré dans le complexe littéraire spécifique de l'Antiquité, qui ne produisait pas de « littérature » à proprement parler, ce qui permet de dégager la figure d'un Platon comme « révolutionnaire de la plus radicale espèce ». À côté de ce cours se trouve en outre une courte et dense introduction de Nietzsche pour l'étude de l'Apologie de Socrate, trop méconnue à ce jour. Appuyée sur ses connaissances en rhétorique (domaine auquel il consacra plusieurs cours), cette brève ouverture magnifie comme jamais sous la plume de Nietzsche le talent de Platon.

Anne Merker (éditrice de l'ouvrage) est agrégée de philosophie, professeure de philosophie à l'université de Strasbourg, Fellow de l USIAS (Institut d études avancées de l Université de Strasbourg). Elle a publié La Vision chez Platon et Aristote (Sankt Augustin : Academia, 2003), et Une morale pour les mortels. L éthique de Platon et d Aristote (Les Belles Lettres, 2011 ; Prix Joseph-Saillet 2013 / Académie des Sciences morales et politiques), ainsi que des actes de colloques dans Les Cahiers philosophiques de Strasbourg (La Personne, 2012/1 ; Heidegger, la Grèce et la destinée européenne, 2014/2 ; Nietzsche, philologue et philosophe, en cours, 2016/2).

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Nicolas Tertulian : Modernité et anti-humanisme. Les combats philosophiques de George Lukacs

Klincksieck - Novembre 2019 - Critique de la politique


Ce livre rassemble des articles dont la rédaction s’étend sur plus de trois décennies. Il esquisse les linéaments d’une philosophie de la démocratie radicale, centrée sur la figure du penseur hongrois Georg Lukács (1885-1971).
À travers une critique rigoureuse des tendances antihumanistes du XXe siècle — et notamment des systèmes conceptuels développés par Martin Heidegger et Carl Schmitt —, Lukács a rappelé dès les années 1930 les exigences d’une pensée européenne responsable, désireuse à la fois d’assumer ses origines révolutionnaires et de tirer les conséquences des grandes catastrophes politiques du XXe siècle. Dans son oeuvre propre, Lukács pose les fondements philosophiques d’une pensée de l’égalité et de l’inclusion qui, sans rien perdre du mordant critique de sa matrice marxiste, s’efforce d’articuler les différents niveaux de manifestation d’une rationalité plurielle. La tâche ultime de la philosophie ne doit pas être de séparer, d’opposer et de discriminer, mais de retrouver dans la théorie de la connaissance, l’expérience quotidienne, la création artistique, l’instauration institutionnelle, l’unité d’un projet humain. Lukács revient ainsi au premier plan du combat pour une modernité ouverte et sans mépris, pour une véritable culture de l’égalité dans la démocratie.

Nicolas Tertulian, né en 1929 à Iaşi en Moldavie roumaine, est un philosophe, esthéticien et essayiste, installé en France depuis 1982. Spécialiste reconnu de la pensée de Georg Lukács, il a enseigné de 1982 à 2010 l’« Histoire de la pensée allemande (XIXe-XXe siècle) » à l’EHESS. Il est l’auteur, en français, de deux ouvrages consacrés à la pensée lukácsienne. D’innombrables publications, du Brésil au Japon, ont fait connaître ses travaux, notamment ses études critiques sur Heidegger et Schmitt. Nicolas Tertulian est décédé en septembre 2019 à Suresnes, sans avoir vu paraître ce livre.

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Philippe Hamou (dir.) : Idées, perception et réalité. Essais sur Locke

Ithaque éditions - Novembre 2019


Sept études classiques sur Locke, nous conduisant au cœur des débats philosophiques sur la perception et la nature des idées.

De quelle manière notre expérience perceptive, nos « idées » nous donnent-elles accès au monde des choses réelles ? De quelle théorie du mental avons-nous besoin pour soutenir la postulation réaliste selon laquelle ce monde existe bien hors de nous ? Ces questions furent au cœur d’un débat d’interprétation qui a traversé les études sur Locke et sa théorie des idées depuis plus d’un demi-siècle.
Locke fut-il, comme on l’a longtemps affirmé, le tenant d’une forme de réalisme représentationnel, où les idées sont des choses mentales, destinées à tenir lieu dans notre esprit des choses réelles ? Faut-il au contraire, comme y invitent John Yolton et quelques autres, lire dans sa doctrine des idées l’anticipation du «  réalisme direct  » ou des doctrines «  intentionnalistes  » de la perception et de la pensée ? Les sept études présentées dans ce volume, dont certaines sont d’ores et déjà devenues des classiques, permettront au lecteur français de prendre connaissance des principaux jalons de ce débat essentiel, qui n’engage pas seulement un point d’histoire et d’interprétation, mais soulève d’authentiques et profondes questions de philosophie de l’esprit.

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jeudi 7 novembre 2019

Jacques Derrida : Le parjure et le pardon Volume 1 - Séminaires (1997-1998)

Le Seuil - Novembre 2019 - Bibliothèque Derrida


Jacques Derrida déploie ici les éléments d'une réflexion profondément originale sur l'inconditionnalité du pardon, une notion qui ne saurait être confondue avec l'excuse, l'amnistie, la prescription ou la grâce. Si le pardon est hérité de diverses traditions (judéo-chrétienne, coranique et grecque), il ne leur est pas réductible : il excède par exemple les modalités du " comprendre ", de la mémoire et de l'oubli, d'un certain travail de deuil aussi. Hétérogène à la phénoménalité, à la théâtralisation, voire au langage verbal lui-même, il suspend, comme une " violente tempête " (Benjamin), l'histoire, le droit et le politique.
Inconditionnel, le pardon fait l'épreuve de l'impossible : c'est pourquoi il doit rester exceptionnel, sans calcul ni finalité, à l'écart de tout échange et de toute transaction. La trajectoire ainsi dessinée par Derrida tout au long de ce passionnant séminaire passe par la lecture des ouvrages de Jankélévitch sur le pardon et l'imprescriptibilité, de Kant sur le droit de grâce, des textes bibliques et grecs, d'œuvres littéraires (Shakespeare, Kierkegaard, Baudelaire, Kafka, Rousseau et Augustin), ainsi que par l'analyse de scènes d'aveu et de repentir telles qu'elles se sont multipliées dans l'espace public, en France et ailleurs, à la fin des années quatre-vingt-dix (procès de Maurice Papon, fin de l'Apartheid en Afrique du Sud, excuse publique du président de la République allemande à propos du massacre de Guernica, etc.).

Ginette Michaud et Nicholas Cotton ont assuré l'établissement du texte.

Ce premier volume du Séminaire Le Parjure et le Pardon s'inscrit dans la série " Questions de responsabilité " donnée par Jacques Derrida à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de 1991 à 2003. Après les thèmes du secret, du témoignage et de l'hospitalité, Derrida aborde en 1997-1998 la notion du parjure en liant cette expérience du reniement et du mal à celle du pardon.

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Hervé Fischer : L'Age hyperhumaniste. Pour une éthique planétaire

Nouvelles éditions de l'Aube - Novembre 2019 - Monde en cours


Paradoxalement, nos technologies numériques, bien que fondées sur un code binaire, 1-0, élémentaire en comparaison des alphabets de 26 lettres, créent plus de conscience humaine et une exigence d'éthique planétaire agissante. Certes, la bataille entre l'hybris, la violence inhumaine, et le respect éthique de l'autre, ne cessera jamais. Mais il faut savoir choisir son camp, alors que l'humanisme traditionnel a perdu toute crédibilité depuis les catastrophes du XXe siècle. L'hyperhumanisme est certes une utopie, mais qui donne un sens positif à notre aventure humaine, et que notre époque requiert urgemment face aux périls et aux scandales de la réalité qui ressurgissent sans cesse.

Hervé Fischer, de double nationalité française et canadienne, artiste et philosophe multimédia, a déjà publié plusieurs livres sur l'émergence du numérique, la mythanalyse des imaginaires sociaux et l'art. En 2017, le Centre Pompidou lui a consacré une rétrospective Hervé Fischer et l'art sociologique.

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Marie Reverdy : Devenir philosophe ! Contes philosophiques en vue de l'animation d'un café philo à l'attention des 10-13 ans

Chronique Sociale - Novembre 2019 - Savoir communiquer


Le café philo pour enfants et préados a pour but de faire réfléchir au fossé qui peut parfois exister entre l'opinion fondée sur les préjugés et la pensée construite à partir de l'émerveillement. S'adressant à des personnes qui sont en train de quitter l'enfance, il s'agit de les préparer à grandir en leur offrant les armes nécessaires pour penser par soi-même, sur des sujets aussi variés que la morale, l'esthétique, ou encore la vie et la mort. Chaque conte philosophique sert de support aux questions que nous souhaitons aborder. Nous progressons, grâce à eux, dans la réflexion. En effet, la situation narrative permet à l'enfant d'entrer en empathie avec un ou plusieurs personnages, et ainsi, de désirer réfléchir avec lui selon les modalités de réception du spectacteur. Ces cafés philo permettront aux enfants de prendre confiance en eux, en leur pensée et en leur capacité à raisonner. Ces ateliers leur offrent la possibilité de comprendre que la méthode philosophique n'est pas une contrainte ennuyeuse mais la condition joyeuse de la liberté, car la pensée bien construite est une force qui n'empêche ni le plaisir, ni l'humour, ni l'action. S'ils devaient n'en retenir qu'une chose, ce serait bien celle-là : le souvenir d'un plaisir éprouvé grâce à l'exercice d'une pensée active et collective. Cet ouvrage propose un parcours en plusieurs séances avec des contes originaux. Il permet d'aborder différentes questions philosophiques : la vengeance, la justice, la beauté, les conceptions de la vie, la conscience de la mort...

Marie Reverdy, dramaturge, est la conceptrice et a été l'animatrice d'un atelier de philosophie pour adolescents. Elle intervient au sein du département des Sciences de l'éducation de l'Université Paul Valéry - Montpellier 3. Elle participe à la formation des étudiants en DVDP (Discussion à visée démocratique et philosophique) au côté de Sylvain Connac - soutenue par la chaire Unesco «Philosophie avec les enfants». Elle intervient également sur la question de la fonction heuristique de la fiction.

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