mardi 21 mai 2019

Philosophia Scientiæ 2019/2 (23-2) : Expérimentation dans les sciences de la nature - Expérimentation dans les sciences humaines et sociales

Kimé - Juin 2019


Page 5 à 18 : Catherine Allamel-Raffin, Stéphanie Dupouy, Jean-Luc Gangloff - ‪Introduction. Philosopher sur l’expérimentation scientifique : bilan et perspectives‪ | Page 19 à 46 : Dominique Raynaud - ‪Le raisonnement expérimental en sociologie‪ | Page 47 à 66 : Vincent Israel-Jost - ‪Voir, c’est expérimenter. Une leçon reçue de l’utilisation d’instruments d’observation dans les sciences biomédicales‪ | Page 67 à 84 : Michel Le Du - ‪Compréhension et expérimentation face à l’irrationalité‪ | Page 85 à 110 : Arthur Jatteau - ‪Les essais contrôlés randomisés. Une comparaison entre la médecine et l’économie‪ | Page 111 à 130 : Pascal Ludwig, Matthias Michel - ‪Les données en première personne et l’expérimentation en psychologie‪ | Page 131 à 148 : Thomas Bonnin, Jonathan Lombard - ‪Situer l’analyse phylogénétique entre les sciences historiques et expérimentales‪ | Page 149 à 171 : Yves Serra - ‪La philosophie morale expérimentale est-elle expérimentale ?‪ | Page 173 à 189 : Valentina Luporini - ‪Éternité et développement : la question du temps logique chez Leśniewski‪.

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Bernard Ancori : Le manège du temps

ISTE Editions - Mai 2019


Les acteurs de nos sociétés disent ressentir un phénomène d’accélération du temps qui déboucherait paradoxalement sur un présentisme où coïncideraient passé, présent et avenir. Cette sensation d’accélération du temps se conjugue paradoxalement à une parfaite immobilité. Le manège du temps traite ce paradoxe dans le cadre d’une théorie de la connaissance centrée sur l’analyse de la structure et de l’évolution de l’espace-temps d’un réseau sociocognitif complexe d’acteurs individuels.

Sommaire 1. Information, communication et apprentissage 2. Auto-organisation et complexité naturelle 3. La mémoire humaine en tant que système naturel auto-organisé 4. Les hypothèses du modèle 5. Périmètre, dimensions, mesures et mobilisations 6. Régionalisation provisoire et homogénéisation finale 7. Propensions à communiquer, présent spécieux et temps comme tel, point de vue de partout et paradoxe de l’ancestralité 8. Déjà-vu et présent spécieux 9. Accélération du temps, présentisme et entropie 10. Ruptures temporelles

Bernard Ancori est professeur émérite d’épistémologie et histoire des sciences à l’Université de Strasbourg et chercheur aux Archives Henri Poincaré – Philosophie et recherches sur les sciences et les technologies.

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Revue de métaphysique et de morale 2019/2 (N° 102) : Derek Parfit : des personnes aux raisons

PUF - Juin 2019


"L’ambition de ce dossier, qui réunit des philosophes et des économistes autour de Derek Parfit, est de contribuer à une meilleure connaissance de sa philosophie dans le monde francophone, non pas en proposant la vue synthétique que pourrait offrir une histoire de la pensée contemporaine, mais en adoptant à son égard une attitude – la discussion argumentée – qui est celle que l’auteur recommandait. Les contributeurs le font dans trois domaines dans lesquels la réflexion de Parfit compte particulièrement : la métaphysique de l’identité personnelle dans son articulation avec l’éthique, dans l’article de Julien Rabachou ; l’éthique normative et la philosophie sociale et économique avec les articles de Stéphane Zuber et de Christophe Salvat ; la méta-éthique et l’épistémologie à travers les contributions de Laurent Jaffro et de Pascal Engel." (L. Jaffro)

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lundi 20 mai 2019

Les Cahiers philosophiques de Strasbourg n°45/2019 : Platon, entre logos et cosmos

Presses Universitaires de Strasbourg - Mai 2019


Irréductibles à une seule dimension, les dialogues de Platon engagent aussi bien une écriture d'ordre « littéraire » qu’une pensée philosophique objective. Le présent volume explore ainsi le logos platonicien d’une part comme composition visant à produire un effet psychagogique sur l’auditeur, d’autre part comme réflexion sur le Tout, la nature, l’âme, la cité et les intelligibles, en incluant une mise en perspective avec le philosophe Nietzsche.
Un article de varia reprend à nouveaux frais la lecture d’Héraclite par Heidegger.

Présentation
Philippa Dott, Anne Merker, Nicolas Quérini

Les effets du logos socratique
Létitia Mouze

De l'âme première à l'autonomie seconde : la cosmologie politique des Lois
Fulcran Teisserenc

En quoi l'intelligible est-il (un) vivant ?
Marc-Antoine Gavray

Penser le Tout sans le concept de totalité
Jérôme Laurent

Peut-on parler de téléologie chez Platon ?
Luc Brisson

Nietzsche, juge de la philosophie morale et politique de Platon
Christoph Horn

« Platon est ennuyeux » : sur un mot de Nietzsche
Anne Merker

Varia
Héraclite par Heidegger : le logos comme recueillement de la physis
Eleni Kontogianni

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Les études philosophiques N° 2, 2019 : Franz Rosenzweig. Judaïsme, christianisme, idéalisme

PUF - Mai 2019


Les Études philosophiques est une revue fondée en 1926 par Gaston Berger. Elle est un lieu d'élaboration et d'échange de la recherche philosophique ; elle donne un état de la recherche française et internationale. Son principal domaine de publication est l'histoire de la philosophie, qu'elle aborde via des dossiers sur des auteurs, classiques ou contemporains (Aristote, Descartes, Spinoza, Leibniz, Jean Scot Érigène, Duns Scot, Michel Henry, Heidegger, Carl Schmitt, Foucault, etc.) ou sur des thèmes (Le Pascal des philosophes, La méthode phénoménologique, La philosophie des mathématiques, etc.). La revue publie aussi un grand nombre de recensions ou notes de lecture sur des ouvrages significatifs, de langue française ou étrangère, récemment parus.

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Amir Biglari (dir.) : La sémiotique et son autre

Kimé - Mai 2019


« Discourir avec l’autre » : doit-on interroger la possibilité de cette proposition, comme l’indique le point d’interrogation du titre, ou s’agit-il de l’introduire comme une nécessité pour des sciences ou des approches universitaires qui idéalement devraient s’enrichir ou pour le moins ne pas s’ignorer dans les domaines communs ou connexes ? ou bien est-il question ici de simplement noter une évidence, celle logique qui voudrait qu’on ne saurait discourir tout seul et celle factuelle notant que la sémiotique a toujours discuté ou peut-être plutôt monologué avec les autres sciences ? ou encore s’agit-il de questionner ces références ou ces usages des autres disciplines au sein de la sémiotique, d’en interroger les termes et les modalités ?

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dimanche 19 mai 2019

Revue Esprit, mai 2019 : L'idéologie de la Silicon Valley

Revue Esprit - Mai 2019


L'idéologie de la Silicon Valley, faite de promesses de progrès, de prospérité et de démocratie, est un projet total qui entre aujourd'hui en compétition directe avec la social-démocratie et menace nos libertés, nos droits sociaux et jusqu'à notre capacité de juger. Le dossier, coordonné par Emmanuel Alloa et Jean- Baptiste Soufron, propose de désenchanter l'idéologie de la Silicon Valley en s'intéressant à son histoire, en critiquant son idéal d'autorégulation, ses effets sur les régimes d'attention et la normalisation des comportements. Avec des contributions de Fred Turner, Shoshana Zuboff ey Antonio Casilli.

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Eliane Escoubas : L'invention de l'art

Éditions La Part de l'Oeil - Avril 2019 - coll. Théorie

L’invention de l’art rassemble des études philosophiques d’Escoubas consacrées à ses patientes investigations des écrits sur l’art et de l’esthétique des philosophes et des théoriciens, de Kant, Schelling, Schiller, Goethe, Hölderlin, Fiedler, jusqu’aux plus récents Biemel, Loreau, Granel, Derrida, Janicaud, Blanchot et Levinas, en passant par le cœur phénoménologique de ses recherches : Heidegger, Merleau-Ponty et Maldiney. Tout en privilégiant une approche chronologique, l’ouvrage est organisé en trois grandes parties problématiques qui abordent “L’époque de l’esthétique”, “La phénoménologie à l’œuvre” et les “Actualité(s) de la philosophie de l’art”. Un parcours se dégage où s’élabore une pensée originale des œuvres et qui place en son centre la question de la sensation. L’invention de l’art propose une exploration rigoureuse et singulière où l’écriture d’Éliane Escoubas s’entrelace à l’écriture des différents auteurs qu’elle étudie. Une esthétique phénoménologique de l’art se déploie au fil des textes où se construit simultanément une interrogation sur la modernité : « il n’y a pas d’autre notion de l’œuvre d’art que la notion moderne : l’œuvre d’art est née à l’époque de la modernité qui en constitue à la fois la condition de possibilité et la limitation » (L’invention de l’art, p. 286).

Éliane Escoubas est professeur émérite de Philosophie de l’Université de Paris XII-Créteil. Son travail porte particulièrement sur la philosophie allemande, la phénoménologie et la philosophie de l’art : peinture et poésie, domaines qu’elle explore dans Imago Mundi. Topologie de l’art (Paris, Galilée, 1986), L’Espace pictural (La Versanne, Encre Marine, 1995), L’Esthétique (Paris, Ellipses, 2003) et Questions heideggeriennes. Stimmung, Logos, traduction, poésie (Paris, Editions Hermann, « Le bel aujourd’hui », 2010). Traductrice des Ideen II de Husserl (Paris, PUF, « Epiméthée », 1982), et du Kierkegaard et du Jargon de l’authenticitéd’Adorno (Paris, Payot, 1995 et 1989).

Sommaire

Préface, Danielle Lories 
I. L’époque de l’esthétique 
- Kant : Théorie du goût et subjectivité 
- Le schématique et le symbolique à l’horizon de l’esthétique : Kant et Schelling
- Philosophie de l’art versus esthétique. Sur la Philosophie de l’art de Schelling
- La passion de la médiation. Éléments pour tenter de penser le rapport de l’esthétique et du politique à partir de Friedrich Schiller
- Goethe : la Bildung des couleurs
- Hölderlin et Walter Benjamin : l’Abstraction lyrique
- L’atelier du visible. Sur l’origine de l’activité artistique de Konrad Fiedler

II. La phénoménologie à l’œuvre
- Merleau-Ponty : le corps de l’œuvre et le principe d’utopie
- Merleau-Ponty et l’esthétique
- La question de l’œuvre d’art : Merleau-Ponty et Heidegger
- Merleau-Ponty et les métamorphoses de l’image-imaginaire-imagination
- L’anthropologie du visuel : Merleau-Ponty et Hans Jonas
- Le phénomène et le rythme : l’esthétique d’Henri Maldiney
- Du sentir à l’œuvre : Maldiney et l’endurance de la peinture

III. Actualité(s) de la philosophie de l’art
- Walter Biemel et les œuvres de peinture. La “révolution copernicienne” de Picasso
- Max Loreau – Heidegger. Questions
- Fiction et phénomène : autour de Max Loreau
- Gérard Granel : l’art en fragments
- Derrida et la vérité du dessin. Une autre révolution copernicienne ?
- Dominique Janicaud : Minima Phaenomenologica
- La possibilité du livre : Levinas – Blanchot
Postface, Christophe David : “La peinture et l’espace”


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Gilles Hanus : Quelques usages de la parole

Hermann - Mai 2019


Bien que banal, le fait de parler n’en est pas moins d’une importance primordiale. Car nos paroles esquissent, par-delà les messages qu’elles délivrent, de véritables visions du monde autour desquelles les hommes s’opposent ou s’associent. Parler, c’est donc aussi toujours donner au monde et à l’homme une certaine figure.
Dans les temps crépusculaires, la parole se confond aisément avec son double inversé, sa caricature : le discours, parole figée. Les mots deviennent des leurres ou des pièges, et les visions du monde des idéologies. Il est alors nécessaire de distinguer clairement à nouveau parole et discours. Dans ce but, l’auteur examine ici trois des principaux usages de la parole : parler, lire et enseigner.

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samedi 18 mai 2019

Joseph Roth : L'autodafé de l'esprit

Editions Allia - Mai 2019 - La très petite collection


“Le monde menacé et terrorisé doit se rendre compte que l’intrusion du caporal Hitler dans la civilisation européenne ne signifie pas simplement le début d’un nouveau chapitre dans le domaine de l’antisémitisme : non ! Ce que disent les incendiaires est vrai, mais dans un autre sens ; ce Troisième Reich est le commencement de la destruction! En battant les Juifs, on poursuit le Christ. Pour une fois, on n’assomme pas les Juifs parce qu’ils ont crucifié Jésus, mais parce qu’ils l’ont engendré. Quand on brûle les livres des auteurs juifs ou soupçonnés tels, on met le feu, en réalité, au Livre des livres : à la Bible. Quand on expulse et qu’on enferme des juges et des avocats juifs, on s’attaque, en esprit, au droit et à la justice.”
Aux prises avec le génocide littéraire visant les écrivains juifs ou jugés “décadents” sous le Troisième Reich, Joseph Roth dénonce la destruction spirituelle qui agite son époque. Nous sommes fin 1933. Roth, lui-même exilé, écrit à chaud. Et, au nom de tous les écrivains juifs de langue allemande, il reconnaît : “Oui, nous sommes battus.” Mais il ajoute plus loin : “Nous sommes fiers de notre défaite.”Peu de temps après l’arrivée au pouvoir du parti national-socialiste en 1933, la chancelier Adolf Hitler lance une “action contre l’esprit non allemand”. Le 10 mai 1933, devant l’opéra de Berlin et dans 21 autres villes allemandes, est mise en scène une cérémonie mortuaire : des dizaines de milliers de livres sont publiquement jetés au bûcher par des étudiants, des enseignants et des membres du parti nazi.
Face aux dérives nationalistes du savoir institutionnel, Roth se fait le défenseur des “écrivains véritables”, dont les œuvres sont détruites sur ordre de dirigeants qu’il juge analphabètes. Cette opération d’anéantissement de la pensée s’appuie selon Roth sur une idéologie matérialiste et militaire qui remonterait à Bismarck et dont l’Allemagne hitlérienne figurerait le paroxysme. Ces écrivains, bien avant Hitler, se sentaient déjà des émigrés et des sans-patrie “dans le royaume de la technique, des caporaux, des parades et du garde-à-vous”. Sous le Troisième Reich, ce sentiment devient effectif.
Or, les autodafés menés par les idéologues nazis annihilent par glissement l’origine même de la culture judéo-chrétienne. En brûlant un seul livre, ce sont les livres dans leur ensemble qu’ils détruisent. Et surtout ils portent atteinte au « livre des livres », à savoir la Bible. En brûlant ces livres sur leurs bûchers, c’est leur propre culture que les Allemands ont vouée aux gémonies. Là où l’Église catholique a passé un “concordat” avec le Reich et où les protestants ont créé une “église allemande” en brûlant la Bible, les écrivains juifs restent les seuls défenseurs de l’Europe spirituelle.

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Cynthia Fleury : Le soin est un humanisme

Gallimard - Mai 2019 - Tracts


Tel est le chemin éternel de l'humanisme : comment l'homme a cherché à se construire, à grandir, entrelacé avec ses comparses, pour grandir le tout, et non seulement lui-même, pour donner droit de cité à l'éthique, et ni plus ni moins aux hommes. Quand la civilisation n'est pas soin, elle n'est rien. Cynthia Fleury Soigner, la chose est ingrate, laborieuse, elle prend du temps, ce temps qui est confisqué, ce temps qui n'est plus habité par les humanités. Ici se déploie une tentative de soigner l'incurie du monde, de poser au coeur du soin, de la santé, et plus généralement, dans nos relations avec les autres, l'exigence de rendre la vulnérabilité capacitaire et de porter l'existence de tous comme un enjeu propre, dans toutes les circonstances de la vie. Cynthia Fleury expose une vision humaniste de la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus ; elle conduit à une réflexion sur l'hôpital comme institution, sur les pratiques du monde soignant et sur les espaces de formation et d'échanges qui y sont liés, où les humanités doivent prendre racine et promouvoir une vie sociale et politique fondée sur l'attention créatrice de chacun à chacun.

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Marie-Claire Caloz-Tschopp : La liberté politique de se mouvoir. Desexil et création : philosophie du droit de fuite

Kimé - Mai 2019


L’essai reconsidère la notion d’exil. Il pose des ancrages pour des pratiques de l’agir d’égaux libres qui vivent une condition d’exilés. Il s’appuie sur Hannah Arendt (liberté politique), revisite le droit d’avoir des droits, aborde l’égalité versus l(in)égalité politique avec Rancière, la solidarité, la sororité/fraternité, l’hospitalité (féministes matérialistes, délit de solidarité, Roya, Kant). L’enjeu est de briser l’exil, d’inventer le desexil, un concept en mouvement (Deleuze&Guattari) en considérant la nouvelle situation générale d’un peuple multiple, hétérogène, en conflits, d’exilés prolétaires dans le l’hypercapitalisme globalisé (Tosel) caractérisé par une civilisation d’expulsion-extermination-annihilation. La politique, la philosophie ont besoin de s’ancrer dans l’histoire des sans-Etat, des politiques d’expulsions (Sassen), de déportation (Sustam), l’exil forcé dans l’expansion capitaliste (Batou, Frazer, Fillipati), le terrible et court XXe siècle (guerre totale, extermination) et ses traces. La prise en compte aujourd’hui de l’effet boomerang imprévisible de l’impérialisme (Rosa Luxemburg) est un point fondamental dans l’essai. L’apartheid banalisé (Monnier) est la vitre invisible qui cache les rapports de domination de classe/sexe/race. La figure des disparus (Cortazar, Veloso) qui se globalise en poussant les limites de la violence dans un nihilisme absolu, amène à devoir intégrer leur figure pour articuler pouvoir et violence dans ces rapports. L’essai se termine, par une réflexion après-coup sur un parcours qui partant de la migration aboutit à l’universalisation de la liberté politique de se mouvoir. Des ancrages philosophiques réflexifs sont autant d’outils (imagination radicale, Castoriadis), (affect de la compréhension, Arendt), (aporie entre violence et révolution, Arendt) et pari pour une politique d’anti-violence (Balibar).

Marie-Claire Caloz-Tschopp a enseigné la philosophie et la théorie politique (tradition officielle et minoritaire dans des universités et lieux de formation populaire liés au mouvement ouvrier, aux mouvements sociaux (Lausanne, Genève, Louvain, Bogota, Paris). Elle a dirigé des recherches sur les politiques migratoires, le droit d’asile, les services publics, les féministes matérialistes, la violence et la guerre, l’Europe, la philosophie de l’action. Elle a participé à la création du mouvement de défense du droit d’asile en Suisse, aux Assises européennes sur le droit d’asile (Lausanne, Genève, Bruxelles, Rome), au Groupe de Genève Violence et droit d’asile en Europe. Elle participe aux activités de Solidarité Sans Frontière (SOSF) Berne, ex-directrice de programme au Collège International de philosophie (2010-2017).

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vendredi 17 mai 2019

François Jullien : L'Inouï. Renverser ce si lassant réel

Grasset - Février 2019


"L’histoire que je raconte ici est celle de tout le monde…
Car qui ne s’est pas trouvé lassé, au fil des jours, du spectacle si merveilleux du ciel, ou du visage de l’Amante, et même d’abord d’être en vie ?
On s’en lasse parce qu’on n’en attend – on n’en entend – plus rien.
Ce qui s’étale, revient toujours, s’enlise en effet dans sa présence et dans sa récurrence et n’émerge plus, n’apparaît plus. On ne pourra y accéder qu’en découvrant ce qui s’en est enfoui d’in-ouï.
Non par dépassement dans un Au-delà, mais par débordement de notre expérience. C’est-à-dire en ouvrant une brèche dans ses cadres constitués et normés, libérant ainsi ce qui s’y révèle autre et qui se donne alors à rencontrer.
Aussi rendre ce si lassant réel à ce qu’il contient en soi d’inintégrable et donc de vertigineux, proprement inouï, est, en amont de toute morale, autour de quoi se jouent – basculent – nos existences.
L’inouï en devient ce concept premier, ce concept clé, ouvrant un minimum métaphysique où s’opère, ici et maintenant, un tel renversement.
Car que peut-on attendre d’autre – espérer entendre d’autre – que l’inouï ? " — F.J.

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Marie-Claire Caloz-Tschopp : Une philosophie pour la République. La longue transition (1799-1871)

Kimé - Mai 2019


Walter Tega est connu pour ses travaux sur l’idée d’Encyclopédie dans la culture européenne. Il a toujours insisté sur les liens que cette idée entretient avec les combats politiques fondateurs de l’idée républicaine. Dans cet ouvrage, Walter Tega retrace l’histoire du socialisme français dans ses liens avec une exigence de culture scientifique, critique et démocratique à la base du combat républicain. Cet ouvrage vient ainsi combler un manque dans la généalogie de l’idée républicaine en France. Issu de la recherche telle qu’elle est pratiquée par-delà les Alpes, il permet de multiplier les points de vue originaux et des rapprochements qui ne viendraient pas spontanément à la conscience d’un chercheur hexagonal. Le livre se veut enfin un témoignage ardent sur la grandeur de l’idée sociale dans un moment de crise de la représentation européenne.

Walter Tega est professeur émérite à l’Université de Bologne. Son œuvre de chercheur engagé est considérable, tant par les travaux publiés que par les nombreux élèves qui se reconnaissent dans la suite de son enseignement. Walter Tega est Président de l’Académie des Sciences de l’Institut de Bologne.

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Juan Vicente Cortés : La notion de jouissance chez spinoza. Essai de reconstruction conceptuelle

Editions de la Sorbonne - Mai 2019 - La philosophie à l'œuvre


Bien que marginale, la notion de jouissance joue un rôle fondamental dans le programme philosophique de Spinoza. Or, bien que certains commentateurs se soient penchés sur cette notion, à partir notamment de l’étude de l’affect de gaudium, précisément identifié et défini par Spinoza, aucune étude n’a été proposée qui aille au-delà de l’analyse de cet affect. En se centrant uniquement sur les problèmes que peut poser l’affect de gaudium à l’éthique spinozienne, on passe sous silence le rôle structural de la notion de jouissance, qui se dévoile pourtant à qui prête attention à son champ lexical. Aussi ce livre ouvre-t-il la recherche à la trame complexe qui relie les termes de gaudium, fruitio, delectatio et obtinentia dans la philosophie de Spinoza, et rend par là possible une reconstruction du concept de jouissance. Il s’agit ici de montrer que la notion de jouissance n’est pas réductible à l’affect passif de joie dénommé gaudium et défini en E3, ni même à un simple affect, actif ou passif. Quelle est donc la vraie place de la jouissance dans le système de Spinoza ? Qui jouit ? De quoi jouit-on ? Voici quelques questions que ce livre s’efforce d’éclairer, en parcourant des chemins divers (analyse lexical, reconstruction conceptuelle, comparaison structurale), mais toujours à partir de textes précis pris à l’ensemble de l'oeuvre de Spinoza.

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jeudi 16 mai 2019

Julien Pieron (dir.) : Habiter le trouble avec Donna Haraway

Editions Dehors - Mai 2019


Habiter le trouble, avec Donna Haraway est un ouvrage collectif qui vise à contribuer à la réception francophone du travail récent de Donna Haraway. Ce livre rassemble un grand entretien avec la philosophe et croise des essais issus des champs des sciences humaines et de la philosophie. Cet ouvrage tentent de situer les travaux d'Haraway dans les débats contemporains sur l’anthropocène et réinscrivent l'auteure dans une trajectoire théorique des luttes éco-féministes et pacifistes. Il propose également une série d’enquêtes consacrées à Fukushima, aux institutions psychiatriques, aux pratiques d’élevage et d’abattage…, s'inscrivant ainsi dans la démarche d’Haraway, et à la façon dont ses textes cultivent avec une égale ferveur l’imagination spéculative et l’attention passionnée au réel.

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André Gorz : Penser l'avenir. Entretiens avec François Noudelmann

La Découverte - Mai 2019 - Collection : Cahiers libres


Penser l'avenir se constitue d'une série d'entretiens menés par François Noudelmann auprès d'André Gorz quelques années avant sa disparition. Á la faveur de ces échanges, l'auteur du Traître nous offre un regard original sur l'ensemble de son parcours intellectuel.

Penseur singulier, inspiré notamment par Jean-Paul Sartre, André Gorz (1923-2007) pose sans relâche la question fondamentale du sens de la vie et du travail, maintenant le cap sur la liberté et l'émancipation du sujet. Existentialiste, marxiste atypique, anticapitaliste, il est aussi l'un des premiers artisans de l'écologie politique. 
Au fil du temps, ses réflexions ont porté sur l'aliénation de l'homme contemporain, la question du travail à l'époque de l'automatisation, la libération de la vie tandis que s'imposaient l'urgence écologique et la nécessaire décroissance, la précarité et le dépassement du salariat. Une pensée audacieuse qui refuse le conformisme et le confort de positions établies pour explorer de nouveaux champs et rendre à l'humain toute sa place. 
En 2005, François Noudelmann a mené un long entretien avec le philosophe, pour partie diffusé sur France Culture. Penser l'avenir restitue la totalité de ces échanges qui revisitent le parcours de Gorz, et offrent une introduction accessible à son œuvre.

Préface de Christophe Fourel.

André Gorz (1923-2007) est un philosophe et journaliste français. Disciple de l'existentialisme de Jean-Paul Sartre, il devient l'un des principaux théoriciens de l'écologie politique. En 1964, il est cofondateur, sous pseudonyme, du Nouvel Observateur, avec Jean Daniel. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont notamment Le Traître (Avant-propos de Jean-Paul Sartre, Seuil, 1958), de Métamorphoses du travail (Galilée, 1988) et de Lettre à D. Histoire d'un amour (Galilée, 2006). 
François Noudelmann, ancien directeur du Collège international de philosophie, est professeur à l'université Paris 8, membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de Sartre, il a entre autres publié Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano (Gallimard, 2008), Les Airs de famille. Une philosophie des affinités (Gallimard, 2012) et plus récemment une biographie d'Édouard Glissant, L'identité généreuse(Flammarion, 2018) 
Christophe Fourel, économiste de formation, travaille actuellement au ministère des Affaires sociales. Il est par ailleurs Président de l'Association des lecteurs d'Alternatives Économiques, Responsable du Pôle Solidarité de Terra Nova et directeur d'ouvrages : André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle (La Découverte, 2012), Le Moment Gorz (avec Alain Caillé, Le Bord de l'eau, 2017).

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Marcel Lamy : Moments de philosophie. Lectures, notions, méthode

Presses universitaires de Rennes - Mai 2019 - Collection : Didact


Cet ouvrage propose de façon profonde, claire et simple des interprétations de grands auteurs comme Platon, Aristote, Machiavel, Hobbes, Pascal, Hegel, Marx, Bergson, Sartre, Bachelard. En traitant les questions de l'amitié, de la justice, du pouvoir, de l'histoire, du travail, du droit, de l'art, de l'imagination ou de la vie, il envisage sur des exemples privilégiés les domaines du savoir philosophique les plus importants : l’éthique, la politique, l’esthétique et la métaphysique. Ces textes, qui possèdent une portée méthodologique, mettent en oeuvre — à toutes les pages et de façon tout à fait vive — l'étonnement qui est le principe de toute philosophie et de son enseignement dont Wittgenstein disait « qu'il n'était pas fait pour donner à l'élève une nourriture à son goût mais une nourriture capable changer son goût. »

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