lundi 14 septembre 2015

François Laruelle : En dernière-humanité. La nouvelle science écologique

Cerf - Septembre 2015


Longtemps, la philosophie et l'écologie se sont ignorées. Tandis que la philosophie poursuivait sa route, l'écologie se muait en science de l'environnement pour devenir science de la Terre et de la biosphère. Or depuis vingt ans environ, la philosophie et l'écologie semblent se contaminer l'une l'autre et souvent se faire la guerre, convoitant les mêmes territoires et défendant les mêmes valeurs : le salut de l'humanité, la survie de la planète, le bonheur pour tous. Pour en finir avec cette guerre larvée, François Laruelle a décidé de changer d'échelle. Afin de redéfinir la place de l'homme dans la Nature, il plonge dans l'Univers et ne craint pas de sauter dans l'inconnu. En cessant de traiter l'écologie comme une simple politique de l'environnement, il fonde une véritable Science de l'écologie et opère un remaniement théorique d'envergure. S'appuyant sur la physique quantique, Laruelle opte pour l'univers plutôt que pour le monde. En excédant le mur cosmique, il fait tomber les murs de la philosophie et pose les bases d'une éthique pour tous les vivants. Ce superbe plaidoyer pour une écologie radicale dans un univers de science-fiction rend sa dignité au roseau pensant et défend la cause de l'Homme, le seul vivant capable d'échapper à la destruction, ce que François Laruelle appelle le "pire du pire" et que les écologistes nomment la catastrophe.

Professeur émérite de philosophie contemporaine à l'université de Paris-Ouest-Nanterre, fondateur de la non-philosophie ou de la philosophie non-standard, François Laruelle est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages reconnus dans le monde entier.

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Jocelyn Benoist et Thierry Paul (dir.) : Le presque. Enjeux croisés mathématique-philosophie

Hermann - Septembre 2015


Ce volume regroupe les articles de sept chercheurs, mathématiciens et philosophes, intervenus lors du colloque « Le Presque » organisé dans le cadre du RTP phenomath du CNRS à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne du 4 au 6 juillet 2012. 
La notion de « presque » y est évoquée sous de multiples aspects. Le « presque » comme approximation, mais aussi comme extension ontologique de l’exact dans l’activité et le contenu des mathématiques, y côtoie le « presque » dans la perception et l’historicité de ces dernières. Tout comme le « presque » philosophique vu comme opérateur d’approximation y rencontre le « presque » dans sa fonction normative, en phénoménologie et dans la théorie de la déconstruction en particulier.
Cet ouvrage présente des facettes variées et originales d’un concept peu abordé, hors de sa technicité, en mathématiques, philosophie et histoire des mathématiques.

Professeur à l’Université Paris 1, philosophe auteur de nombreux livres, Jocelyn Benoist travaille sur le concept d’intentionalité, le rapport de l’esprit au monde et le type de réglage que nécessite l’application de nos pensées.

Directeur de recherche CNRS à l’École polytechnique, mathématicien auteur de nombreux articles, Thierry Paul travaille sur la théorie des équations aux dérivées partielles, le rapport entre quantique et classique et le type de mathématiques que nécessite le passage entre ces derniers.

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jeudi 10 septembre 2015

Catherine Vidal (dir.) : Féminin/Masculin. Mythes et idéologies

Belin - Septembre 2014 - Alpha


Un regard croisé essentiel sur une question agitée de société. Qu'est ce qui nous fait homme ou femme ? Cette question agite le monde scientifique et philosophique depuis plus d'un siècle. Les progrès des neurosciences et de la génétique permettent désormais de mieux comprendre pourquoi l'être humain, dans ses comportements, échappe aux lois du déterminisme biologique. Mais les idées reçues et les préjugés ont la vie dure. La tentation est toujours présente de mettre en avant des raisons « naturelles » pour expliquer les différences entre les sexes et justifier les inégalités sociales. Dans ce débat, le regard croisé des sciences « dures » et des sciences humaines s'impose pour examiner avec le recul nécessaire l'évolution des idées et des pratiques sociales dans la construction du féminin et du masculin. C'est l'objet de ce livre qui réunit des spécialistes de différentes disciplines. La confrontation des approches en fait un ouvrage indispensable pour nourrir la réflexion sur les fondements de nos identités de femmes et d'hommes.

Ouvrage publié sous la direction de Catherine Vidal (neurobiologiste). Auteurs : Geneviève Fraisse (philosophe), Maurice Godelier (anthropologue), Gaïd Le Maner-Idrissi (psychologue), Catherine Marry (sociologue), Évelyne Peyre (paléoanthropologue), Pascal Picq (paléoanthropologue), Catherine Vidal (neurobiologiste), Joëlle Wiels (généticienne).

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Yves Charles Zarka (dir.) : La philosophie en France aujourd'hui

Presses Universitaires de France - Septembre 2015 - Collection : Quadrige


Que se passe-t-il dans la philosophie en France aujourd'hui, après les grandes figures de la deuxième partie du XXe siècle qui ont dominé la scène mondiale ? Quelles sont les figures majeures de la philosophie française contemporaines ? A l'origine publiés dans la revue Cités en 2014, les auteurs de ce recueil délivrent leurs analyses sur l'après-Lacan, l'après-Derrida, l'après-Deleuze ou l'après-Levinas et Ricoeur. Parole est aussi donnée aux plus grands acteurs de la philosophie française d'aujourd'hui qui donnent leur vision personnelle du secteur de la philosophie qui fait leur spécialité. Au sein d'un même volume sont ainsi regroupés les plus grands penseurs français de notre temps : Alain Badiou, Jacques Rancière, Jean-Luc Marion, Marcel Gauchet, Vincent Descombes et d'autres.

Yves Charles Zarka, philosophe et professeur à l'université Paris-Descartes, dirige aux Puf la revue Cités. Il est notamment l'auteur, aux Puf, de Refonder le cosmopolitisme.

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mercredi 9 septembre 2015

Hourya Bentouhami-Molino : Le dépôt des armes. Non-violence et désobéissance civile

Presses Universitaires de France - Septembre 2015 - Collection : Pratiques théoriques


Etudier la non-violence et la désobéissance civile à partir d'une approche genrée et postcoloniale des résistances permet de mettre en évidence ce qui, dans les antagonismes politiques, relève des inégalités en termes de sexe, de classe et de race. En ce sens, l'engagement tel qu'il se trouve ici redéfini ne relève pas d'une posture purement morale, consistant à s'engager pour "la cause de l'Autre", mais d'une résistance de ces corps qui sont toujours, inévitablement, déjà engagés, car sans cesse interpellés pour rendre raison de leur être dans les termes mêmes du pouvoir qui meurtrit leur chair.

Hourya Bentouhami est maître de conférences en philosophie à l'université de Toulouse-Jean Jaurès. Ses travaux portent sur le renouvellement de la théorie critique à partir des études féministes et postcoloniales. Elle est l'auteur de Race, cultures, identités (Puf, 2015).

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Virginie Foloppe : L’hémorragie des contemporaines. Nelly Arcan et Chloé Delaume

Les Contemporains favoris - Août 2015



« Qu'est-ce que le contemporain ? », s'interroge Giorgio Agamben dans son essai philosophique éponyme. En tentant de répondre à la question, il se réfère conjointement à la figure de l'écrivain et à celle du sang. “Le poète, qui devait payer de sa vie sa contemporanéité, doit regarder fixement dans les yeux de son siècle fauve, sceller de son sang l'échine brisée du temps”, écrit-il. La singularité de l'artiste contemporain réside dans le paradoxe d'ouvrir/endiguer, paradoxe qui ouvre, à son tour, au fantasme de l'hémorragie. Et si l’hémorragie n'est pas endiguée en un geste créateur, elle livre le sujet aux affres d'un devenir informe, telle une flaque de sang sur le sol. 
Or pour l’auteure de cet essai littéralement renversant, l'organicité du corps des femmes peut être la référence charnelle de l'acte d'écrire. Dans la lignée des critiques de Luce Irigaray sur l’”envie du pénis”, l'analyse des œuvres de Nelly Arcan et de Chloé Delaume découvre des techniques d'invention de soi dans des environnements qui dévalorisent le sexe féminin. Quelles méthodes ces deux écrivaines mettent-elles en œuvre pour s'inventer et se désincarner des personnages féminins des romans familiaux compulsifs et empreints de domination masculine ? La science poïétique mise en œuvre - cette magie blanche et rouge de l’auto-engendrement littéraire - prend la forme d’une hystérologie, soit un renversement des sens, comme une femme-paternité venant en écho à l’homme-maternité d’Artaud.
Ainsi il est possible de se référer à l'organique pour sonder les blessures de l'humiliation sexuelle et voir comment, encré dans le sang qui s'écoule de plaies genrées, le verbe des deux écrivaines transgresse les limites de la ”différence des sexes”, saignant la voie créatrice des hémorragies contemporaines.

La recherche de Virginie Foloppe, docteure en esthétique et sciences de l'art, est pluridisciplinaire : de la fabrique de l'écriture (article, essai, fiction) à celle des images (art digital, art vidéo) en passant par l'enseignement des arts (Panthéon-Sorbonne et Sorbonne Nouvelle) et une formation de psychologue clinicienne.

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Isabelle Mons : Femmes de l'âme. Les pionnières de la psychanalyse

Payot - Septembre 2015


Les femmes aussi ont fait la psychanalyse. Disciples de la cause freudienne, elles ont largement participé, souvent au péril de leur réputation voire de leur vie, à faire évoluer les théories qu'élaboraient alors Freud à Vienne, Jung à Zurich, avant Lacan à Paris. Alors que les femmes partout en Europe se mobilisaient pour la cause féminine, les pionnières de la psychanalyse jetèrent un regard nouveau sur la sexualité et l'inconscient féminins, et pensèrent la femme comme un être libre et l'enfant comme un petit d'homme. Si la psychanalyse est d'origine germanique, ces premières analystes prouvent déjà la porosité des frontières et le partage multiculturel des idées ; de Vienne à Zurich, de Berlin à Paris, elles sont en Europe les passeuses d'une science encore controversée, telles Lou Andreas-Salomé, Eugénia Sokolnicka, Sophie Morgenstern, Helene Deutsch ou encore Anna Freud. Toutes ont subi les aléas de l'Histoire. Certaines en sont mortes : Sabina Spielrein et Margarethe Hilferding ont péri sous le joug nazi, Hermine von Hug-Hellmuth fut assassinée, tandis que Tatiana Rosenthal, Eugénia Sokolnicka et Sophie Morgenstern ont mis fin à leurs jours. D'autres - Marie Bonaparte, Melanie Klein, Françoise Dolto - n'ont jamais dévié de leur but : la médecine de l'âme. Un bel hommage à ces femmes du XXe siècle, sans lesquelles celles d'aujourd'hui n'auraient pas gagné le droit de penser autrement.

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Frédéric Neyrat : Homo labyrinthus. Humanisme, antihumanisme, posthumanisme

Dehors - 2015


Qu'est-ce que l'humanisme ? Une conception de l'être humain comme être d'exception, sans définition et sans nature - sans monde en définitive. Homo Labyrinthus traverse l'histoire de la philosophie et s'appuie sur les données de la paléoanthropologie contemporaine pour repenser l'être humain.

Confrontant des pensées de type antihumaniste (Foucault, Althusser, Lévi-Strauss) avec des théories posthumanistes plus récentes (Hayles, Serres, Stiegler, Haraway, Sloterdijk), Homo Labyrinthus tente de fonder un antihumanisme relationnel. Cet antihumanisme remet en cause l'impératif de transformation fondé sur le déni de la nature et le mépris des formes de vie non humaines. Au plus loin des théories du posthumain, Homo Labyrinthus s'efforce de libérer l'humanité de sa forteresse immunologique et de ses devenirs préfabriqués.

L'ancêtre Tumaï vieux de 7 millions d'années, le singe Washoe qui pouvait combiner jusqu'à cinq signes, et le Réplicant amoureux et mortel de Blade Runner sont convoqués. Un monde s'esquisse - entrez, entrez dans le labyrinthe !

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lundi 7 septembre 2015

Nicolas Truong (dir.) : Résistances intellectuelles : Les combats d'une pensée critique

Nouvelles éditions de l'Aube - Septembre 2015


Trente et un penseurs, parmi lesquels Jacques Derrida, Françoise Héritier, Edgar Morin, Jean-Luc Nancy, Michel Onfray ou encore Jacques Rancière, pour comprendre les errements et les raisons d'espérer d'une planète convulsée. Dix-neuf entretiens et débats avec les intellectuels les plus engagés dans la réflexion sur le temps présent dressent un état des lieux des questions qui taraudent notre modernité. Issu du Théâtre des idées, cycle de rencontres intellectuelles du Festival d'Avignon (2004-2012), ces dialogues singuliers s'attachent à faire vivre l'esprit critique, cette faculté de juger, de soumettre la réalité sociale, artistique ou politique au tamis du jugement argumenté, qu'il soit sérieux ou ironique, virulent ou tempéré. De très actuelles "résistances intellectuelles" qui esquissent ce que pourrait être un service public des idées, c'est-à-dire un accès direct, libre et partagé à l'intellectualité.

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Gilles Marmasse : L'histoire hégélienne entre malheur et réconciliation

Vrin - Septembre 2015 - Histoire de la philosophie


Comment penser la pluralité et le devenir des cultures et des régimes politiques? Hegel ne cherche pas à repérer un éventuel « plan » qui rendrait compte des événements historiques, mais il étudie comment chaque peuple se donne une identité et produit des institutions stables et intégratrices. Il s’efforce également de montrer comment, d’époque en époque, advient une conception authentique de la liberté – la découverte que tout individu a une valeur infinie et que, dans la volonté étatique le bien commun et les intérêts individuels doivent s’unifier.
Cependant, on ne peut qu’être frappé par l’insistance de Hegel sur le caractère corruptible de chaque peuple. Certes, un peuple qui joue un rôle dans l’histoire est « rationnel » au sens où il est le sujet de son devenir et unifie ses membres dans un vouloir commun. Toutefois, aux yeux de Hegel, il a pour défaut de ne pouvoir dépasser son particularisme. Il est dès lors voué à être défait au nom d’une légitimité culturelle ou politique supérieure. Si l’histoire permet le progrès de la conscience de la liberté, elle n’est aussi que cet « autel » – voire cet « abattoir » – où « sont conduits, pour y être sacrifiés, le bonheur des peuples, la sagesse des États et la vertu des individus ».
L’ouvrage invite à abandonner l’interprétation traditionnelle selon laquelle l’histoire, pour Hegel, serait marquée par le triomphe d’une raison continûment souveraine. Car bien plutôt, Hegel propose une lecture ambivalente et inquiète du devenir historique.

Après avoir été maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne, Gilles Marmasse est actuellement professeur à l’Université de Poitiers.

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Martin Buber et Franz Rosenzweig : Dialogue, tradition, traduction : Choix de lettres. 1919-1929

Editions Hermann - Août 2015


Ce choix de lettres retrace l'amitié exceptionnelle qui lia Martin Buber et Franz Rosenzweig, deux penseurs qui incarnent la richesse de la culture judéo-allemande avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Leur amitié voit le jour en 1921, dans le cadre de la Maison d'études juives de Francfort, et s'intensifie progressivement. La nouvelle traduction de la Bible, que les deux hommes entreprennent en 1925, vient d'une certaine manière sceller cette affection. C'est ce projet qui la mènera à la postérité, même si Buber est contraint de le mener seul à son terme, après le décès de Rosenzweig en 1929. Mais au-delà de ce projet majeur, ces lettres rendent comptent de toute une réflexion culturelle et théologique sur le judaïsme, la manière de l'enseigner et de lui redonner une signification vivante pour la population assimilée de l'Allemagne de l'entre-deux guerres.

Martin Buber (1878-1965) est né à Vienne. Engagé dans les mouvements sionistes, il édite un journal, Die Welt, en même temps qu'il entreprend des études de philosophie. Au début du XXe siècle, il se passionne pour les courants hassidiques dont il publie une anthologie de textes. Pendant la Première Guerre mondiale, il devient rédacteur de la revue Der Jude, qui publiera les premiers textes de Kafka.

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Claire Marin : Violences de la maladie, violence de la vie - 2e éd

Armand Colin - Août 2015 - Collection : Le temps des idées


Dans la maladie, le sujet fait l'expérience d'une violence démultipliée, l'assaillant de toutes parts. Violence faite au corps, par le mal et les traitements ; violence symbolique des discours, des regards et des jugements infligés au patient par la société et le milieu médical. Violence d'une marginalisation qui redouble la solitude d'un malade emprisonné dans sa souffrance. Pourtant, la philosophie est largement passée à côté de cette violence. Elle n'aborde en général cette épreuve existentielle que de biais. comme paradigme pour penser l'anormal. Ce détour est significatif d'un malaise, celui de la pensée face à une violence inhérente au vivant lui-même.
Comment appréhender ce pouvoir destructeur de la vie ? En quoi nous oblige-t-il à repenser entièrement le soin ? Pour quel bénéfice ?

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Giorgio Agamben : L'usage des corps. Homo Sacer, IV, 2

Seuil - Septembre 2015 - Collection : L'ordre philosophique


L'Usage des corps est le dernier volume du projet Homo Sacer commencé en 1995 et poursuivi durant 20 ans par une série d'ouvrages (Etat d'exception, Le Règne et la Gloire, De la très haute pauvreté, etc.) qui traitent du pouvoir souverain dans ses relations avec la vie, entendue comme vie politique et comme vie nue. Dans L'Usage des corps, le lecteur trouvera des réflexions sur quelques concepts - usage, forme-de-vie, désoeuvrement, pouvoir destituant - qui ont orienté depuis le début la recherche de l'auteur et dont l'analyse approfondie permet de mieux cerner les fondements et les apories de la politique occidentale.

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Cynthia Fleury : Les irremplaçables

Gallimard - Septembre 2013


Nous ne sommes pas remplaçables. L'Etat de droit n'est rien sans l'irremplaçabilité des individus. L'individu, si décrié, s'est souvent vu défini comme le responsable de l'atomisation de la chose publique, comme le contempteur des valeurs et des principes de l'Etat de droit. Pourtant, la démocratie n'est rien sans le maintien des sujets libres, rien sans l'engagement des individus, sans leur détermination à protéger sa durabilité. Ce n'est pas la normalisation - ni les individus piégés par elle - qui protège la démocratie. La protéger, en avoir déjà le désir et l'exigence, suppose que la notion d'individuation - et non d'individualisme - soit réinvestie par les individus. «Avoir le souci de l'Etat de droit, comme l'on a le souci de soi», est un enjeu tout aussi philosophique que politique. Dans un monde social où la passion pour le pouvoir prévaut comme s'il était l'autre nom du Réel, le défi d'une consolidation démocratique nous invite à dépasser la religion continuée qu'il demeure. Après Les pathologies de la démocratie et La fin du courage, Cynthia Fleury poursuit sa réflexion sur l'irremplaçabilité de l'individu dans la régulation démocratique. Au croisement de la psychanalyse et de la philosophie politique, Les irremplaçables est un texte remarquable et plus que jamais nécessaire pour nous aider à penser les dysfonctionnements de la psyché individuelle et collective.

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