jeudi 7 septembre 2017

Frédéric Pouillaude, Aline Caillet (dirs.) : Un art documentaire. Enjeux esthétiques, politiques et éthiques

Presses universitaires de Rennes) - Septembre 2017 - Collection : Aesthetica


Longtemps restreint au seul champ cinématographique (et, dans une moindre mesure, photographique), le terme « documentaire » connaît depuis une quinzaine d’années au moins un usage multiple et proliférant, pouvant s’appliquer à des médiums aussi divers que la littérature, la bande-dessinée, le théâtre ou la danse. Parallèlement, les arts visuels se sont emparés de l’objet et de la forme « document », y voyant l’un des lieux possibles de renégociation de leur rapport à l’Histoire, à la politique, et tout simplement au réel. Qu’est-ce qui de l’art se trouve transformé, déplacé et mis en tension par cette promotion et cet élargissement du modèle documentaire ? En quoi l’art y demeure-t-il distinct du journalisme, du reportage ou de l’enquête historique ou sociologique ? Dans quelle mesure les procédures artistiques, selon la liberté et l’inquiétude qui les caractérisent, viennent-elles bouleverser notre rapport ordinaire à la référence, à l’information et à la construction de la vérité ? C’est ce champ de réflexion que cet ouvrage entend ouvrir à travers l’hypothèse d’un « art documentaire », compris comme un lieu où des problématiques communes, des stratégies et des manières de faire entrent en écho et s’éclairent réciproquement. Il rassemble des contributions d’auteurs français et étrangers, universitaires comme artistes, et vise à décloisonner la réflexion sur le documentaire à travers une multiplicité d’approches disciplinaires.

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Jacques Ricot : Penser la fin de vie. L'éthique au coeur d'un choix de société

Presses de l'EHESP - Septembre 2017 - Collection : Controverses


Que signifie « mourir dans la dignité » ? Doit-il y avoir une « exception d’euthanasie » ? A quoi servent les soins palliatifs ? La philosophie nous apprend-elle quelque chose sur la mort ? Telles sont les questions d'actualité sur lesquelles se penche le philosophe Jacques Ricot. Puisant ses réflexions dans ses rencontres avec des familles et des soignants confrontés à la question de l’accompagnement ultime, il développe, de façon accessible et éclairante, une philosophie morale interrogeant le statut du mourant dans notre société.

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Sébastien Roman : Nous, Machiavel et la démocratie

CNRS - Septembre 2017


Il est commun, aujourd'hui, d'associer la démocratie au consensus, et ce d'une double manière : d'une part en admettant qu'elle est le meilleur régime politique possible, d'autre part en considérant que l'accord vaut intrinsèquement mieux que le désaccord, et l'entente que le conflit.
Il est commun, aujourd'hui, d'associer la démocratie au consensus, et ce d'une double manière : d'une part en admettant qu'elle est le meilleur régime politique possible, d'autre part en considérant que l'accord vaut intrinsèquement mieux que le désaccord, et l'entente que le conflit. La qualité de la démocratie tiendrait à ses débats publics, qui à la fois rendent possible la confrontation des points de vue, tout en y mettant fin par l'obtention de consensus éclairés et légitimés par la règle de la majorité. 
Et si le conflit, au contraire, dans certaines conditions, devait servir de principe à la vie politique ? Il ne suffit pas de vivre en démocratie pour rendre la démocratie vivante. La démocratie n'est pas un régime mais un questionnement. Elle exige des citoyens une interrogation continue sur le bien commun à suivre. 
Machiavel n'était pas un démocrate. Mais c'est étrangement en actualisant sa pensée, dans le sillage des travaux de Lefort, qu'il est possible d'associer le conflit civil avec l'imaginaire social pour redynamiser la démocratie par la tension conflictuelle entre l'idéologie et l'utopie. Penser la démocratie à partir de ce que donne à penser Machiavel : voilà ce que s'efforce de faire Sébastien Roman, pour proposer dans une perspective républicaine le modèle d'un espace public dissensuel. 

Chercheur associé au laboratoire Triangle UMR 5206 de l'ENS de Lyon, Sébastien Roman est spécialiste de philosophie politique, et enseigne dans le secondaire et à la faculté de philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon 3.

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Philosophie 2017/4 (N° 135) : Alexandre Kojève face à Carl Schmitt

Editions de minuit - Septembre 2017


Le présent numéro est à la fois consacré à l’échange de vues entre Alexandre Kojève (1902-1968) et Carl Schmitt (1888-1985), et à la figure d’A. Kojève comme penseur politique. Jacob Taubes rappelle en effet sa rencontre avec Kojève à Berlin en 1967, et décrit sa propre stupeur en apprenant que ce dernier comptait se rendre ensuite à Plettenberg pour rencontrer Carl Schmitt, qui était selon lui la seule personne avec laquelle il valait la peine de parler dans toute l’Allemagne. Au cours des années 1950, Kojève et Schmitt ont entretenu une correspondance qui porte aussi bien sur l’état géopolitique et le devenir du monde que sur les fondements métaphysiques de la politique, et bien entendu sur Hegel. Cette correspondance entre un philosophe hâtivement qualifié de marxiste, alors engagé dans l’action publique de par ses fonctions au ministère français des Affaires étrangères, et un juriste brillant, mais dont l’image a été durablement altérée par son engagement nationalsocialiste, fut à l’origine d’une conférence donnée par Kojève en Allemagne en 1957, qui propose une interprétation originale de la décolonisation et des possibilités qu’elle ouvre, en particulier pour l’Europe.

Si l’ouvrage de Schmitt sur le concept de nomos n’avait pas encore été publié lorsque Kojève travaillait à l’Esquisse d’une phénoménologie du droit, le philosophe russe a en revanche lu l’article de Schmitt « Nehmen, Teilen, Weiden » (« Prendre, partager, paître ») lorsqu’il lui rend visite en 1957, et ce thème est présent à la fois dans le texte de la conférence que Kojève prononça à cette occasion et dans la correspondance avec Schmitt. Lors de cette conférence prononcée par Kojève au Rhein-Ruhr-Club de Düsseldorf, qui fut organisée par Carl Schmitt lui-même, il exprime sa vision de l’Europe comme espace et société unifiée : il s’agit d’un plaidoyer pour une sorte de Grossraum européen. Le texte de cette conférence est déroutant à plusieurs égards, et n’acquiert toute sa signification qu’une fois mis en relation avec l’Esquisse d’une phénoménologie du droit. Vu que la correspondance – ici traduite pour la première fois en français – et la conférence s’éclairent mutuellement, il a paru utile de les traduire et de les publier ensemble ; ces textes permettent de comprendre pourquoi Kojève considérait que Carl Schmitt était, avec Leo Strauss peut-être, son seul véritable interlocuteur.
Trois articles – de Robert Howse sur la lecture kojévienne du Nomos de la Terre de Carl Schmitt, de Teresa Pullano sur la philosophie de l’Europe et la pensée du droit de Kojève et de Jean-François Kervégan sur la figure métaphysique du Sage kojèvien, acteur et produit de la « fin de l’histoire » – entreprennent, à partir notamment de ce corpus, de cerner l’originalité des conceptions de Kojève penseur du politique, qui est bien plus qu’un commentateur original et imprudent de Hegel : un philosophe audacieux et profond, qui a à bien des égards aperçu ce dont notre monde serait fait.

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mercredi 6 septembre 2017

Cédric Paternotte : Agir ensemble. Fondements de la coopération

Vrin - Septembre 2017 - Philosophie concrète


Marcher ensemble, porter une table à plusieurs, participer à une manifestation, et même discuter, sont autant d’exemples de coopération humaine – d’action conjointe. Par opposition, les mouvements d’une foule dans la rue, la course simultanée d’individus vers un abri lorsque l’orage se déclare ne sont que des actions collectives. Mais comment distinguer les unes des autres? Quand pouvons-nous dire que des personnes ont vraiment agi ensemble? Et comment expliquer qu’ils coopèrent même lorsque le risque d’échec est considérable? Cet ouvrage se propose de répondre à ces questions, en se penchant sur toutes les dimensions de la coopération : les buts collectifs, la connaissance commune, ainsi que les facteurs psychologiques, cognitifs et stratégiques qui la favorisent. À partir de notions telles que l’identification de groupe, on défendra en particulier la thèse que certains types d’actions de masse, comme les manifestations, peuvent constituer des exemples légitimes de coopération.

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Pascal Chabot : Global burn-out

PUF - Septembre 2017


Il fallait établir ce constat : avant d'être un problème individuel, le burn-out est d'abord une pathologie de civilisation. Marquée par l'accélération du temps, la soif de rentabilité, les tensions entre le dispositif technique et des humains déboussolés, la postmodernité est devenue un piège pour certaines personnes trop dévouées à un système dont elles cherchent en vain la reconnaissance. Mais ce piège n'est pas une fatalité. Face aux exigences de la civilisation postmoderne, on peut se demander comment transformer l'oeuvre au noir du burn-out afin qu'il devienne le théâtre d'une métamorphose, et que naisse de son expérience un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs.

Pascal Chabot est philosophe. Il enseigne à l'Ihecs (Bruxelles). Il est l'auteur, aux Puf, d'Après le progrès et des Sept stades de la philosophie et, chez Vrin, de La philosophie de Simondon.

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Vincent Citot : Problèmes épistémologiques en histoire de la philosophie

Liber - Septembre 2017


Cet ouvrage est motivé par ce constat paradoxal : alors que l'histoire de la philosophie a pris une importance énorme dans la production philosophique, la réflexion épistémologique sur les méthodes et les enjeux de cette histoire est restée tout à fait négligée. Or, faire quelque chose sans s'interroger sur la façon dont on le fait, c'est prendre le risque de mal le faire. Parmi le grand nombre de questions qui se posent à cet égard, on doit se demander que signifie bien comprendre un auteur du passé ? Faut-il considérer avant tout ce qu'il a voulu dire, ou bien expliquer ce qu'il a dit par des influences souterraines non conscientes ? Faut-il expliquer les penseurs par les courants qui les comprennent, ou bien ne considérer les courants, les écoles et les traditions que comme des affiliations intellectuelles abstraites ? L'histoire de la philosophie doit-elle servir à former le jugement philosophique présent, ou bien valoir pour elle-même ? Qui est le plus à même de l'écrire : l'historien ou le philosophe ? Qui doit l'enseigner, et selon quelle méthode ? La seule thèse que cet ouvrage se permet de défendre est celle-ci : toutes ces questions se posent, et l'historien de la philosophie aurait profit à se les poser plus frontalement qu'il ne le fait de coutume. Pour y voir clair, le lecteur trouvera donc dans cet ouvrage des contributions de philosophes, d'historiens, de sociologues, de même, pour aller au-delà de l'aire occidentale, des textes d'arabisant, d'indianiste et de sinologue.

Vincent Citot est directeur de la revue ""Le Philosophoire"" depuis 1996 et enseigne la philosophie à l'ESPE Paris-Sorbonne.

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mardi 5 septembre 2017

Daniele Lorenzini : La force du vrai. De Foucault à Austin

Editions Le Bord de l'eau - Juillet 2017 - Collection : Diagnostics


Cet ouvrage propose une lecture originale du projet foucaldien d'une histoire de la vérité qui vise à en mettre clairement en lumière les enjeux éthiques et politiques, grâce à l'établissement d'une confrontation entre les analyses de Foucault sur la parrêsia antique, les travaux de J.L. Austin sur l'énoncé performatif et l'étude de l'énoncé passionné par Stanley Cavell. Le problème qui est ainsi posé, en lien mais également en décalage avec les réflexions traditionnelles sur le pouvoir des mots, est celui de la force du vrai : est-il possible ou légitime d'affirmer que la vérité est une force qui s'inscrit, de manière toujours " stratégique ", à l'intérieur d'un champ de bataille ? En répondant par l'affirmative, cet ouvrage entreprend d'interroger sous un angle inédit les rapports entre vérité, critique et vie au sein d'une éthique et d'une politique du dire-vrai.

Daniele Lorenzini, docteur en philosophie de l'Université Paris-Est et de l'Université u La Sapienza " de Rome, est chercheur postdoctoral au Centre Prospéro de l'Université Saint-Louis-Bruxelles. Auteur de nombreux ouvrages dont Ethique et politique de soi (Vrin, 2015), il a tout récemment établi l'édition critique de M. Foucault, Dire vrai sur soi-même (Vrin, 2017).

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Claire Schwarz : Leibniz. La raison de l'être

BELIN - Août 2017 - Collection : Le chemin des philosophes


Passionné par les affaires du monde il est docteur en droit et diplomate tout comme par celles de l'esprit c'est un esprit féru de mathématiques, de physique, de logique, d'histoire, voire de géologie , Leibniz pratique la philosophie en homme qui veut tout comprendre, tout concilier, élaborant, au fil de ses découvertes, d'ambitieuses synthèses. Ce livre permet d'entrer dans cette saga du savoir, pour en repérer les enjeux théologiques, scientifiques et philosophiques.

Claire Schwarz, agrégée et docteure en philosophie, maître de conférences à l'Université de Paris Nanterre, est spécialiste de philosophie classique (XVIIe-XVIIIe siècles). Elle a notamment publié Malebranche (Les Belles-Lettres, 2015) et plusieurs articles sur Berkeley, Descartes, Leibniz et Malebranche.

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Les Études philosophiques - N° 173 - Le problème catégorial au tournant du XXè siècle. Néokantisme, herméneutique et phénoménologie

PUF - Septembre 2017


Page 319 à 330 : Guillaume Fagniez, Charlotte Gauvry - Présentation | Page 331 à 350 : Pierre-Jean Renaudie - Le sol et la clé de voûte de la phénoménologie. Phénoménologie et herméneutique catégoriale de Husserl à Heidegger | Page 351 à 366 : Federico Boccaccini - Brentano, la théorie des catégories et la définition de la substance | Page 367 à 384 : Sébastien Richard - Catégories d’objet et modes d’être chez Meinong | Page 385 à 400 : Guillaume Fagniez - Dilthey et les catégories de la vie | Page 401 à 411 : Charlotte Gauvry - Catégorie constitutive et catégorie réflexive chez Emil Lask. Un formalisme À l’orée de la phénoménologie | Page 421 à 436 : Raphaël Ehrsam - Le catégoriel chez Emil Lask et Clarence Irving Lewis : un essai de comparaison | Page 437 à 458 : Claire Etchegaray - La critique du modèle perceptif de nos opérations mentales chez Thomas Reid | Page 467 à 468 : - Compte rendu | Page 469 à 470 : - Ouvrages reçus à la rédaction.

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lundi 4 septembre 2017

Jean-Charles Darmon, Philippe Desan, Gianni Paganini (dirs.) : Scepticisme et pensée morale, de Michel de Montaigne à Stanley Cavell

Hermann - Août 2017


Les transformations des philosophies hellénistiques constituent, dans l’histoire de la pensée morale entre Renaissance et Lumières, un phénomène d’une fécondité extraordinaire, capital à beaucoup d’égards pour l’étude des « transferts » entre mondes antiques et Europe de la première modernité. Le cas du scepticisme offre de ce point de vue un terrain d’investigation de premier ordre. Or les relations entre scepticisme et pensée morale envisagées dans la longue durée et dans la multiplicité de leurs variations, entre philosophie et littérature, n’ont pas été jusqu’ici étudiées avec l’attention qu’elles méritent. La présente enquête collective a, en premier lieu, pour ambition de remettre en évidence la finalité essentiellement éthique du scepticisme.

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Stefan Kristensen : La Machine sensible

 Hermann - Août 2017


La sensation d’être soumis à une contrainte implacable peut déclencher une souffrance intense, une activité délirante, ou bien une créativité irrépressible. Elle peut prendre la forme d’une "machine" à influencer. Cette figure majeure de la maladie psychique depuis deux cents ans est le point de départ et le fil conducteur pour éclairer la structure complexe et paradoxale de la subjectivité. Loin d’être un outil technique, elle est un enjeu existentiel et esthétique. De Tausk à Szondi et Maldiney, de Merleau-Ponty à Guattari et Deleuze, de Deligny à Nauman et Duchamp, de Sobchack à Epstein et Godard, et enfin, à nouveau, de Merleau-Ponty à Guattari, on voit émerger les contours d’une subjectivité en tension, toujours habitée d’une altérité qui la garde en mouvement. Et l’ontologie de la chair apparaît finalement comme un champ essentiellement politique.

Stefan Kristensen, docteur et habilité à diriger des recherches en philosophie, travaille à la croisée de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la théorie de l’image. Il est l’auteur de Parole et Subjectivité (2010) et Jean-Luc Godard Philosophe (2014).

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dimanche 3 septembre 2017

John Stuart Mill : Sur l'université. Le discours de St Andrews

Hermann - Août 2017


John Stuart Mill a été nommé en 1865 recteur honoraire de l’Université de St Andrews. Deux ans plus tard, il y prononce un discours fameux dans lequel il expose ses idées sur l’université et sur l’éducation qu’elle doit procurer à quiconque la fréquente.
C’est ce texte qui est ici pour la première fois intégralement présenté aux lecteurs francophones. Ils y mesureront à la fois la distance qui nous sépare de l’université anglaise du XIXe siècle, mais aussi l’actualité des hautes exigences qu’avait le recteur Mill à l’égard de cette institution. Mill reste en effet un réformateur social utilitariste, démocrate et égalitariste, pour qui l’éducation doit former des personnes capables non seulement de développer leurs capacités et dispositions cognitives, émotionnelles et morales de manière à devenir autonomes, mais aussi de coopérer entre elles afin de transformer le monde.

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Hans Blumenberg : Théorie de l'inconceptualité

Editions de l'Eclat - Août 2017 - Collection : Philosophie imaginaire


Dans les cavernes qui ont été ses premiers abris, l'homme dessine sur les parois les objets de son désir et de sa lutte pour la vie. Le concept surgit dans la vie d'êtres qui sont chasseurs et nomades. Sans doute peut-on montrer le plus clairement ce dont un concept est capable lorsque l'on songe à la fabrication d'un piège : il est en tous points conçu en fonction de l'aspect, des mesures, du comportement et de la démarche d'un objet qui est seulement espéré, qui n'est pas présent et qu'il faut d'abord amener à être capturé et appréhendé. Cet objet est à son tour lié à des besoins qui ne sont pas ceux du jour même, qui ont donc une dimension temporelle. Une théorie anthropologique du concept est un réquisit urgent, car elle seule permet de prendre en compte sur un mode fonctionnel aussi bien la performance d'un concept que son déficit face à des exigences qui ne procèdent pas d'une forme de vie nomade, mais présupposent le loisir du sédentarisme. Car l'état de choses étonnant est que, certes, le concept est un produit de la vie des chasseurs et des nomades, mais la théorie, qui semble le condensé de ce que permettent de réaliser les concepts, a pour condition la sédentarité urbaine et la division du travail. 

Hans Blumenberg (1920-1996) est l'auteur d'une oeuvre immense, dont on commence à découvrir la part cachée avec la publication de nombreux inédits, tels que cette Théorie de l'inconceptualité ou concept en histoires, qui parait en même temps dans cette même collection.

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samedi 2 septembre 2017

Olivier Agard et Françoise Lartillot : Max Stirner. L'unique et sa propriété. Lectures critiques

Editions L'Harmattan - Septembre 2017 - Collection : De l'allemand


L'ouvrage de Max Stirner semble un incontournable de l'histoire des idées philosophiques allemande et est pourtant insaisissable. On lui associe aussitôt Marx, Engels, Nietzsche etc., mais que peut-on retenir d'une oeuvre qui semble plonger ses racines dans le classicisme allemand mais aussi se nourrir de Hegel pour mieux se différencier en même temps des milieux jeunes-intellectuels hégéliens dont il était proche? L'oeuvre est-elle simplement le reflet des fractures de l'époque ou est-elle en même temps novatrice du fait d'une mise en scène de jeux de langage qui sont autant de jeux de dépendance qu'elle déconstruit?

Olivier Agard est maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV), et spécialiste de l'histoire des idées en Allemagne au XXe siècle. Il est notamment l'auteur de : Kracauer. Le Chiffonnier mélancolique (CNRS éditions, 2010). Françoise Lartillot est Professeur de littérature et d'histoire des idées modernes à l'Université de Lorraine ― Metz. Elle est l'auteur de plusieurs publications portant sur la relation entre poésie et philosophie mais aussi sur l'histoire culturelle du 18e au 21e siècle.

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Bertrand Nouailles :Le Monstre, la vie, l’écart - La tératologie d’Étienne et d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire

Classiques Garnier - Août 2017


Cet ouvrage examine comment les Geoffroy Saint-Hilaire demandent aux monstres d'exhiber les preuves d'un ordre de la nature reposant sur le principe d'unité de composition organique ; mais aussi de montrer ce que peut être une philosophie de la vie qui prend les monstres comme fil directeur.

> suite de la Table des matières

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vendredi 1 septembre 2017

Alain Badiou : Métaphysique du bonheur réel

PUF - Août 2017 - Quadrige


Toute philosophie, même et surtout si elle est étayée par des savoirs scientifiques complexes, des oeuvres d'art novatrices, des politiques révolutionnaires, des amours intenses, est une métaphysique du bonheur, ou bien elle ne vaut pas une heure de peine. Car pourquoi imposer à la pensée et à la vie les redoutables épreuves de la démonstration, de la logique générale des pensées, de l'intelligence des formalismes, de la lecture attentive des poèmes récents, de l'engagement risqué dans des manifestations de masse, des amours sans garantie, si ce n'est parce que tout cela est nécessaire pour qu'existe enfin la vraie vie, celle dont Rimbaud dit qu'elle est absente, et dont nous soutenons, nous philosophes, que rebutent toutes les formes du scepticisme, du cynisme, du relativisme et de la vaine ironie du non-dupe, qu'absente elle ne peut jamais l'être totalement, la vraie vie ? Ce livre donne ma propre version de cette certitude.

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Catherine Malabou : Métamorphoses de l'intelligence

PUF - Août 2017


À défaut de définir l'intelligence, les psychologues ont entrepris de la mesurer. Après l'échec des tests de mesure, les biologistes l'ont cherchée dans les gènes. La génétique demeurant silencieuse, c'est le cerveau et son développement épigénétique qui ont construit le nouveau laboratoire de l'esprit. Aujourd'hui, l'intelligence autorise sa propre simulation par les puces synaptiques. Les programmes Human Brain et Blue Brain entendent cartographier le cerveau humain dans son intégralité jusqu'à produire un jour une conscience artificielle capable de s'auto-transformer en accédant à son code source.
Laissant de côté toute déploration technophobe, Métamorphoses de l'intelligence engage le dialogue entre autonomie et automatisme, ouvrant ainsi à l'intelligence la voie prometteuse de la démocratie expérimentale.

Catherine Malabou est professeure de philosophie au Centre for Research in Modern European Philosophy à l'université de Kingston, au Royaume-Uni. Elle enseigne également à l'université de Californie, à Irvine. Son dernier ouvrage paru est Avant demain, épigenèse et rationalité (Puf, 2014).

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