samedi 9 avril 2011

Le voyage de Parménide

Riccardo Di Giuseppe

21

Mars 2011 - L'Harmattan, Paris / Orizons, Paris – Collection - Philosophie – 27 €

Le voyage de Parménide est un essai sur les origines de la philosophie. Parmi l'éventail d'options que la Grèce présocratique proposa à l'Occident pour définir sa physionomie, les philosophes ne choisirent ni le naturalisme de Thalès, ni les nombres de Pythagore, ni la coïncidence des opposés d'Héraclite et des Mystères, mais ils se greffèrent sur l'expérience de l'être suggérée, en Grèce d'Occident, par le poème de Parménide. Homme politique de rang, mystique, logicien et poète, Parménide marque du sceau de son épopée l'un des épisodes les plus bouleversants, les plus lourds de conséquences, les plus controversés de l'aventure humaine : la naissance de la raison. L'ouvrage approche ce géant sous l'angle de sa Muse poétique : à l'instar d'un poète-philosophe. (Editeur)

vendredi 8 avril 2011

Imagination, créativité, management : regards sartriens

sous la direction d'Hervé Colas, Gérard Lemarié, Elen Riot

17

Mars 2011 – EPURE – 20 €

Il pourrait paraître paradoxal qu'une école de formation au management organisât un colloque sur un intellectuel français comme Sartre. Paradoxe si l'on considère le management comme un vaste système à donner des recettes toutes faites, une machine à répéter des titres de littérature d'aéroport. Or le projet de Reims Management School est entre autres de bien former des étudiants capables de comprendre des pensées autres, critiques ou inédites, hors du mainstream. En effet, ce monde turbulent qui émerge appelle des esprits créatifs, ouverts et curieux.

Ce colloque est également le fruit d'une collaboration toujours féconde avec l'Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et de liens avec Sciences Po, nouvellement arrivé à Reims. Des professeurs des trois institutions ont pu débattre sur un sujet commun, ce qui ne peut que nous réjouir.

Les ancres dans le ciel : l'infrastructure métaphysique

Rémi Brague

16

Mars 2011 – Seuil – “L’ordre philosophique – 16 €

« On n'a pas besoin de métaphysique, et encore moins de sa version populaire, la religion. Il suffit d'une bonne morale pour savoir quoi faire, d'un droit et d'une politique efficaces pour la faire respecter. »

C'est faux.

Cela a pu être vrai. Cela reste vrai là où il s'agit de fournir des règles pour que les hommes vivent en paix les uns avec les autres. Seulement aujourd'hui, l'homme a réalisé le projet moderne et pris son destin en main. Il peut décider librement d'être ou de ne pas être. Pourquoi y aurait-il de l'être et pas plutôt rien ?

Désormais, une nouvelle question se pose, celle de la légitimité de l'humain. Pour lui donner une réponse positive, il faut que la vie soit un bien. Il ne suffit pas qu'elle soit agréable ou intéressante pour ceux qui sont déjà vivants - ce que nul ne nie. Il faut encore que la vie soit un bien tellement grand qu'on ait le droit d'y appeler d'autres. Et affirmer que l'être vaut toujours mieux que le néant, c'est une décision métaphysique. Pour que la vie humaine reste possible, il faut une métaphysique forte.

La métaphysique n'est pas, ou plus, un édifice dans les nuages. Elle est devenue l'infrastructure même de la vie humaine. « Animal métaphysique », l'homme est en train de le devenir le plus littéralement du monde. (Editeur)

Ontologie de l'être social. Le travail, la reproduction

Georges Lukács

15

Mars 2011 - Delga, Paris - Série Ontologie de l'être social – 24 €

Face au « règne de la manipulation » capitaliste, le projet lukácsien d'une Éthique sera confronté à la nécessité préalable d'une Ontologie de l'être social.

Dans le présent volume, Georges Lukács (à la suite de Marx), établit que le travail n'est pas une manifestation parmi d'autres de la téléologie mais au contraire l'unique domaine dans lequel on puisse identifier, de manière résolument matérialiste, une position téléologique (de séries causales). Il est saut ontologique de la sphère organique à la sphère sociale et médiateur de l'échange matériel entre la nature et la société. Toutes les autres catégories de l'être social se déploieront en un échafaudage de productions sociales et de formes d'intersubjectivités de plus en plus complexes (langages, pensée conceptuelle, religions, institutions politiques, juridiques, arts, etc.) sur le modèle du travail, constituant ainsi l'être en-soi du genre humain.

Lukács montre qu'en parallèle de cette évolution de l'être en-soi du genre humain, ancré dans sa particularité abstraite, s'instaurera de plus en plus une tension dialectique de ce dernier avec un être pour-soi de la généricité humaine, tourné, lui, vers l'universel et qui, à travers nombre d'avancées et de reculs, conduira tendanciellement à une humanité de plus en plus unitaire et maîtresse d'elle-même et de ses déterminations.

Politique et amitié : entretiens avec Michael Sprinker sur Marx et Althusser

Jacques Derrida

13

Mars 2011 - Galilée, Paris – Collection “La philosophie en effet” – 23 €

Soumettre d'abord l'analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet. Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d'effets, à son dehors ou à son dessous (effets « formels » - « vêtements » ou « voiles » du discours - « institutionnels », « politiques », « pulsionnels », etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet.

Déterminer la spécificité de l'après-coup philosophique - le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu'elle entend néanmoins nommer, constituer, s'approprier comme ses propres objets (autres « discours », « savoirs », « pratiques », « histoires », etc.) assignés à résidence régionale : délimiter la philosophie en effet. Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l'efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet.

L'effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom : produit simplement second d'une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistante d'une essence. Il n'y a plus, soumis d'avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l'effet. (Editeur)

Philosophie des salles obscures : lettres pédagogiques sur un registre de la vie morale

Stanley Cavell

12

Mars 2011 – Flammarion – 32 €

Le livre que vous avez entre les mains s'inspire d'un cycle de cours que Stanley Cavell dispensa à l'université de Harvard : les mardis étaient consacrés aux grands textes de la philosophie morale, les jeudis aux chefs-d'oeuvre de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. La composition de ce livre, qui fait alterner un chapitre sur un philosophe avec un chapitre sur un film, reflète à la fois les circonstances de son élaboration et son ambition : nous replonger dans la salle de cours, nous faire redécouvrir et la philosophie et le cinéma.

La plupart des histoires de la philosophie moderne relèguent au second plan sa vocation morale ; en ouvrant ce livre avec le philosophe américain Emerson et en le refermant avec Platon, Stanley Cavell nous invite au contraire à refuser l'éclatement de la philosophie en domaines séparés et à restituer à la philosophie morale toute sa place.

Le cinéma ne tient pas lieu ici d'« illustration » philosophique : il ouvre au spectateur-lecteur une voie nouvelle, loin de tout conformisme, en faisant naître des questions que certaines théories philosophiques (voir les chapitres sur Kant, Mill ou Rawls, par exemple) n'ont parfois pas su formuler. Ces films magiques (New York-Miami, La Dame du vendredi, Indiscrétions, Cette sacrée vérité...) parlent du corps, du mariage, de l'aspiration à une vie et à un moi meilleurs, de l'éducation, des femmes, de la politique. Ils incarnent le perfectionnisme à travers l'une de ses caractéristiques constantes : la conversation. C'est peut-être cette dernière qui fournit l'instrument le plus efficace pour lutter contre la mélancolie, le cynisme ou le snobisme qui empêchent parfois de « désirer le monde et de désirer qu'il change ». (Editeur)

La philosophie interculturelle : penser autrement le monde

Raúl Fornet Betancourt

11

Mars 2011 - Ed. de l'Atelier – 19 €

Sur fond de crispations identitaires et de guerre des mémoires, la question culturelle s'impose à de très nombreux pays. Elle secoue un contexte souvent aveugle au problème de la diversité. La réflexion de Raúl Fornet-Betancourt, figure internationale de la philosophie interculturelle, donne l'opportunité d'un détour et d'un décentrement salutaires. Loin de s'enfermer dans un registre spéculatif stérile, le philosophe s'appuie, au contraire, sur la vie et les luttes des plus défavorisés. Il nous invite, plus précisément, à prendre au sérieux les pauvres et les minorités culturelles dominées. Il souligne la nécessité de se laisser transformer par les contextes des réalités sociales, au même titre que la philosophie doit s'exposer à la diversité des cultures. Passionné par la rencontre des mondes, le philosophe cubain pose le dialogue interculturel comme une alternative à la mondialisation néolibérale. Radicalement anti-fataliste, sa pensée vise à modifier le cours de l'histoire, à valoriser les mémoires opprimées et à redonner de la saveur à la notion d'utopie. (Editeur)

Le post-humanisme : qui serons-nous demain ?

Jean-Michel Besnier

10

Mars 2011  - De vive voix limited, Paris – 9,90 €

Les biotechnologies, les technologies d'information, la robotique, les nanotechnologies et les neurosciences sont en train de bouleverser très rapidement ce que nous sommes, nos corps, nos esprits, notre langage, notre rapport au Monde et notre héritage naturel, et nourrissent des utopies transhumanistes. Mais que signifie l'espoir mis dans ces technologies pour accroître nos capacités physiques et mentales, résister aux virus, trouver l'éternelle jeunesse, bref nous affranchir de notre condition humaine imparfaite, limitée et mortelle ? Jean-Michel Besnier explore ces utopies transhumanistes et s'interroge sur les raisons de vouloir écarter le corps biologique et de souhaiter s'arracher à ce qui fait de nous des humains, distincts des animaux, des dieux et des machines. Il nous invite, en laissant de côté les positions morales trop simplistes qui conduisent au refus craintif du progrès ou à des positions antihumanistes, à nous interroger sur nos devenirs possibles, sur les valeurs existantes et à inventer qui accompagneraient notre nouvelle humanité. Un questionnement philosophique d'une grande actualité.

jeudi 7 avril 2011

Le spectacle, stade ultime du fétichisme de la marchandise : Marx, Marcuse, Debord, Lefebvre, Baudrillard, etc.

Daniel Bensaïd

4

Mars 2011 - Nouvelles éditions Lignes, Paris – “Fins de la philosophie” – 16 €

Dans cet ouvrage inédit, le dernier auquel il aura travaillé, Daniel Bensaïd établit, en philosophe, la généalogie du désespoir révolutionnaire et de ce qu'il appelle le « nihilisme de la renonciation » tels qu'ils s'inscrivent, selon lui, au coeur même de la pensée intellectuelle radicale, dès les années 1960.

Car c'est bien à une sorte de « front secondaire » que le philosophe et militant inlassable qu'il fut entreprend ici de s'opposer : le front de ceux qui s'emploient à démontrer - fût-ce pour le déplorer - que le capitalisme ne connaît aucun dehors et sa domination, aucune limite (Marcuse, Debord, Baudrillard...).

À ces thèses - ici décrites et analysées dans le détail -, Daniel Bensaïd oppose une nouvelle fois le « principe espérance » d'Ernst Bloch, et la nécessité stratégique d'accorder toute leur importance aux « refus divers », ceux appelant à un monde autre, même si aucun grand récit ne permet plus d'en définir le sens.

« Penser politiquement, c'est penser historiquement. C'est concevoir le temps politique, comme un temps brisé, discontinu, rythmé de crises. C'est penser la singularité des conjonctures et des situations. C'est penser l'événement non comme miracle surgi de rien mais comme historiquement conditionné, comme articulation du nécessaire et du contingent, comme singularité politique. »

mercredi 6 avril 2011

L'esthétique antique

Giovanni Lombardo

3

Mars 2011 - Klincksieck, Paris - Collection 50 questions, n° 57 – 18 €

“L'esthétique en tant que discipline philosophique n'apparaît qu'au XVIIIe siècle. Mais longtemps avant l'invention d'un terme spécifique, les questions esthétiques commencèrent à être posées par les Grecs, puis par les Romains. Dans la Grèce ancienne, la découverte de la beauté fut la conséquence immédiate de l'intuition de l'univers. Aux yeux des Grecs, l'univers se montra dans la splendeur d'un kosmos, c'est-à-dire d'un « bel ordre », d'un système cohérent de parties articulées de façon téléologique, apte à susciter un sentiment d'admiration et d'émulation. À partir de la pensée pythagoricienne, la beauté d'un objet se trouva donc déterminée par la proportion de sa structure ou bien par son ordre (kosmos).

Ce livre se propose d'observer comment, dans les cultures grecque et romaine - soit d'Homère jusqu'à Plotin -, l'idée de kosmos marque et influence l'expérience de l'art, du triple point de vue de la production de l'objet artistique, de sa structure et de ses effets sur le public. Il permet de comprendre intimement, à partir de ses fondements, les déploiements de l'esthétique occidentale.” (Editeur)

Hermann Cohen : l'idéalisme critique aux prises avec le matérialisme

Revue de métaphysique et de morale, n° 1 (2011) - sous la direction de Myriam Bienenstock

2

Mars 2011 – PUF – 20 €

L'idéalisme critique aux prises avec le matérialisme

Myriam Bienenstock
Présentation

Helmut Holzhey
Idéalisme et matérialisme.
Hermann Cohen, sur Friedrich Albert Lange

Pierfrancesco Fiorato
La fiction d'un équilibre labile : à propos de la méthode d'« idéalisme juridique » défendue par Hermann Cohen

Myriam Bienenstock
Hermann Cohen et le panthéisme.
Sens et usages du terme dans sa réception de Spinoza

Norbert Waszek
Un sujet de dissension entre Cohen et Rosenzweig : Henrich Heine

Marc Bonnemaison
Sur la réception en France de l'Histoire du matérialisme, par Friedrich Albert Lange

Bulletin de philosophie ancienne

Bulletin de philosophie morale et politique

Actes de naissance : entretiens avec Stéphane Bou

Elisabeth de Fontenay

1

Mars 2011 – Seuil – 19 €

“À l'origine de ces entretiens, la difficulté d'écrire sur soi dont témoigne cette phrase lâchée dans le cours du dialogue : « Malgré mon irréprochable père, j'ai l'impression d'être une scène où s'affrontent le christianisme antisémite et le judaïsme persécuté, je peux me raconter que c'est comme si ma famille pétainiste avait persécuté ma famille juive... »

Tous les grands thèmes auxquels Elisabeth de Fontenay aura associé son nom, et qu'elle revisite ici sous un angle plus personnel, sont habités par cette tension originelle : la fragilité, animale ou humaine ; l'irréparable stupeur face à la violence génocidaire ; l'admiration et la méfiance mêlées vis-à-vis des Lumières ; l'engagement politique, malgré tout.

Restait à éclairer l'énigme : comment la philosophie s'arrange-t-elle avec le donné, celui de la biographie et celui de l'histoire ? Comment les affects et les concepts se nouent-ils dans la vie et par l'écriture ?

Un voyage tourmenté dans la pensée contemporaine saisie par l'aveu biographique.” (Editeur)

lundi 4 avril 2011

Lumières, n° 16 - Foucault lecteur de Kant : le champ anthropologique

dir. Guillaume Le Blanc

103

Mars 2011 - Presses universitaires de Bordeaux – 22 €

“Plutôt que la fameuse « boîte à outils » foucaldienne, c'est le trésor enfoui de la Thèse complémentaire de Michel Foucault que ce travail se propose d'exhumer. Récemment publiée aux éditions Vrin, l'Introduction à l'Anthropologie de Kant permet à Foucault de problématiser ce qu'il appelle le « champ » - ou le « chantier » - anthropologique. Loin d'être cantonné à un simple commentaire du texte de Kant, ce thème du champ anthropologique participe de l'entreprise foucaldienne d'archéologie de la modernité dans son ensemble. La question kantienne « Qu'est-ce que l'homme ? » n'est peut-être pas la paisible synthèse unificatrice qu'on a souvent voulu y trouver ; Foucault nous invite plutôt à y voir une complication du projet critique, consistant moins à fonder qu'à inquiéter les savoirs sur l'homme. Est-ce à dire que penser avec Kant, c'est en même temps penser contre lui, en le recontextualisant dans le champ anthropologique, ou en faisant jouer l'Anthropologie contre les trois Critiques ? Qu'en est-il alors, dans le jeu des discours anthropologiques, du caractère normatif de la figure de l'homme ? Qu'en est-il, dans ce que l'homme fait de lui-même, de l'unité de sa réalité mentale, de la cohérence de ses pratiques, de l'intelligibilité de son histoire ? C'est à l'ensemble de ces questions qu'est consacré ce dossier de Lumières, dans le sillage du numéro 8 de la revue dont le thème était précisément « Foucault et les Lumières ».” (Editeur)

Spinoza : nature, naturalisme, naturation

textes réunis et présentés par Charles Ramond

102

Mars 2011 - Presses universitaires de Bordeaux – 16 €

“Le spinozisme est par excellence, au XVIIe siècle, la philosophie de la nature - par où s'expliqueraient aussi bien le succès initial de Spinoza auprès des panthéistes et des libertins du XVIIIe, que ses prolongements dans la Naturphilosophie du XIXe, puis dans les diverses entreprises de «naturalisation» du XXe siècle.

Et pourtant, chez Spinoza comme dans l'ensemble de la philosophie moderne, la notion de «nature» s'avère bien plus mystérieuse et énigmatique que ne pourrait le laisser croire l'essor soudain, à la même époque, des «sciences de la nature». Les études rassemblées dans le présent volume, issues des recherches les plus actuelles sur Spinoza, mettent en évidence la complexité, parfois la difficulté, d'une référence à la «nature», qu'il s'agisse de cosmologie, d'anthropologie, de morale ou de politique. Un miroir des pensées de notre temps ?” (Editeur)

Quelle éthique pour nos démocraties : essai

Alain Renaut

101

Mars 2011 - Buchet Chastel, Paris – 20 €

“Mai 1968 : « Il est interdit d'interdire. » Quarante ans plus tard, l'éthique gagne tous les sujets : début et fin de la vie, don d'organes, économie financière, obligations envers les pays pauvres, ou encore prostitution volontaire. De quelle morale, publique et privée, peut pourtant s'accommoder une démocratie comme la nôtre, fondée sur la reconnaissance de l'individu et de ses droits comme valeur suprême ?

Alain Renaut part du choix effectué après les guerres de religion d'une éthique fondée sur la reconnaissance de la pluralité des systèmes de valeurs. Cette option libérale, centrée sur l'idée de tolérance, s'est ensuite radicalisée, parallèlement à la dynamique de l'individualisme. Au point de faire surgir la perspective d'une éthique minimalisée, réduite au souci de ne pas porter tort à autrui. Cette perception de la sphère morale est-elle indépassable ? Ne pouvons-nous pas penser une éthique publique, sinon plus dense, du moins axée sur des repères précisés ? Une éthique qui, sans remettre en cause la liberté individuelle, nous laisserait moins démunis dans la conduite de nos vies.” (Editeur)

La justice est conflit

Stuart Hampshire

100

Mars 2011 – 15 € - Markus Haller, Genève (Suisse) - Collection Inférences

“Qu'est-ce qu'une société juste ? Existe-t-il un modèle de justice capable de s'imposer à tout esprit rationnel, et de maintenir ainsi l'harmonie au sein de la société ? De Platon à John Rawls, nombre de philosophes ont répondu par l'affirmative. Cependant, selon Stuart Hampshire, leurs théories négligent une constante de l'histoire humaine : en tout lieu et en tout temps, le conflit est inévitable, aussi bien dans l'esprit des individus qu'au sein de la société, où s'opposent nécessairement plusieurs conceptions légitimes de la justice.

Est-ce à dire que la notion de justice est purement relative ? Non. Selon Hampshire, bien qu'aucun modèle de justice particulier - qu'il soit conservateur, libéral ou socialiste - ne puisse prétendre à l'universalité, la notion de justice présente tout de même un caractère absolu : une société ne peut être juste que si tous les acteurs de la scène politique peuvent faire entendre leur voix, défendre leur propre idée de la justice, et si les conflits inévitables qui les opposent sont réglés selon des procédures rationnelles, équitables et reconnues.

Testament politique d'un socialiste sceptique, cet essai séduit à la fois par sa clarté, par son érudition et par l'originalité de son argumentation. Il nous permet de comprendre pourquoi le mot «justice» nous évoque à la fois un idéal universel et une variété irréductible de valeurs et de conceptions morales.” (Présentation de l’éditeur)

samedi 2 avril 2011

Emmanuel Levinas et Henri Meschonnic : résonances prophétiques Suivi de Un hommage à Henri Meschonnic

Monique Lise Cohen

5

Mars 2011 – Horizons – 21 €

“Emmanuel Lévinas et Henri Meschonnic : tout semble les séparer, et pourtant tous deux parlent de littérature, d'éthique et de Dieu. Ils se réfèrent chacun à une « tradition ininterrompue ». Emmanuel Lévinas : la lecture de la Bible à travers le Talmud ; et Henri Meschonnic : la lecture de la Bible avec les te'amim. La Bible est leur source d'inspiration. Tous deux parlent et écrivent comme Juifs.

Ils renouent avec la « tradition ininterrompue » du prophétisme, par-delà la coupure entre la foi et le savoir, dans l'écoute des prophètes des temps bibliques et des penseurs prophètes du Moyen Âge. Écoute qui fait signe vers notre futur. Dans la vision des voix, qu'appelle, sous notre main, la lecture toujours recommencée et renouvelée du texte de la Bible.” (Présentation de l’éditeur)

La philosophie au Moyen Age : des origines patristiques à la fin du XIVe siècle

Etienne Gilson

9782228880176,0-715582

Mars 2011 – Payot – 45 €

« Rien n'est plus légitime, du point de vue de l'histoire générale de la philosophie, que de se demander ce que sont devenus les problèmes philosophiques posés par les Grecs au cours des quatorze premiers siècles de l'ère chrétienne.

Pourtant, si l'on veut étudier et comprendre la philosophie de cette époque, il faut la chercher où elle se trouve, c'est-à-dire dans les écrits d'hommes qui se donnaient ouvertement pour théologiens, ou qui aspiraient à le devenir.

L'histoire de la philosophie du Moyen Âge est une abstraction prélevée sur cette réalité plus vaste et plus compréhensive que fut la théologie catholique au Moyen Âge. »