vendredi 16 septembre 2011

Fondements à une anthropologie des hommes

Albert Piette

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Juillet 2011 – Hermann – 25 €

Qu’est-ce que l’anthropologie ? Elle est rarement pensée comme une discipline distincte des sciences sociales. Dite ou sous-entendue « sociale et culturelle », elle en a assimilé les principaux schèmes d’intelligibilité. Après avoir cerné les traits essentiels de l’opération sociologique, après une critique des enquêtes ethnographiques, ce livre entend attribuer à l’anthropologie le statut d’une discipline à part entière avec un objet et des méthodes spécifiques. C’est l’homme, l’individu existant, qui est l’objet de l’anthropologie enfin posée et théorisée comme une science des hommes avec leurs caractéristiques sociales et culturelles mais aussi au-delà ou en deça de celles-ci. Les méthodes consistent alors à se rapprocher des individus pris séparément et non plus collectivement, pour les suivre dans la continuité des situations et des instants de l’existence. C’est dans cette continuité que les hommes rencontrent en situation des institutions, des dieux ou des animaux : ils sont aussi présents en situation. Albert Piette trouve dans l’ontologie un fondement théorique à la constitution de l’anthropologie comme discipline autonome, une science des individus humains et non humains.

Désastres. Cahiers d'anthropologie sociale n°7

Dirigé par Barbara Glowczewski et Alexandre Soucaille

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Septembre 2011 – L’Herne – 15 €

Pensée du désastre, penser le désastre, que pourrait être la tâche de l’anthropologie en ce lieu déraisonnable ? Les contributions rassemblées dans ce volume interrogent chacune les plis d’une rupture, la présence constante d’une déchirure, tenant ensemble simultanément l’épuisement du désastre et la création nécessaire à la survie, à la possibilité d’une vie en commun.
Certaines d’entre elles concernent plus spécifiquement la question du savoir et de ses modalités de connaissance : Quelle place a pris ou devrait prendre le désastre dans la construction du savoir anthropologique ? Quelle anthropologie peut émerger des polyphonies propres au désastre, victimes, persécuteurs, décideurs, observateurs? Que ce soit pour penser les formes de résistance aux désastres naturels, sociaux ou politiques, l’après shoah, les coulées de boue au Venezuela et les inondations en France, ou la question du viol, notamment en Inde.
D’autres s’attachent à un problème d’articulation, de la pensée du désastre et de la pensée conservatrice, du bouleversement radical et de son assise sociale ; articulation qui entraîne vers une désarticulation, vers cette rationalité au plus près de la déraison, opposée à la raison commune. Les ressorts créatifs des productions testimoniales, quelles que soient leurs formes, font émerger de nouvelles praxis :  communauté de lépreux en Inde ou encore théâtre d’usagers psychiatriques au Brésil, etc.
Les extraits du journal de l’écrivain Elisabeth Inandiak nous plongent au cœur des remous sociaux et de la réinvention quotidienne des sinistrés des nuées ardentes du volcan Merapi, à Java en 2010.  

Contributeurs : Salvatore D’Onofrio, Barbara Glowczewski, Elisabeth D. Inandiak, Julien Langumier, Clotilde Lebas, Fabienne Martin, Peter Pal Pelbart, Sandrine Revet, Alexandre Soucaille.

samedi 10 septembre 2011

La Pensée-paysage. Philosophie, arts, littérature.

Michel Collot

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Septembre 2011 – Actes Sud – 25

Le développement rapide qu’ont connu les sociétés et les économies occidentales depuis la seconde guerre mondiale s’est accompagné d’un exode rural, d’une urbanisation massive et d’une dégradation de l’environnement qui pouvaient donner à penser qu’elles avaient perdu de vue le paysage. Et celui-ci semblait même avoir perdu la place qu’il avait conquise au XIXe siècle dans l’art et la littérature, de plus en plus tentées au XXe par l’abstraction et le formalisme. Or c’est au moment où il semblait ainsi menacé de déclin voire de disparition que le paysage a fait l’objet d’une attention nouvelle dans tous les domaines de la vie sociale, intellectuelle, littéraire et artistique. Tout se passe comme si nos sociétés avait pris soudain conscience de la valeur des paysages que leur croissance risquait de détruire.

L’intérêt qui se manifeste depuis quelques décennies pour le paysage n’est pas seulement une mode ni même un « phénomène de société », mais un véritable fait de civilisation, qui correspond à une évolution profonde des mentalités. En réaction contre la tendance à l’abstraction caractéristique du « mouvement moderne », il manifeste le besoin de renouer avec l’environnement et avec l’expérience sensible. Or cela suppose de réformer non seulement nos manières de faire et de vivre, mais notre façon de penser. Le paysage n’est pas seulement un terrain d’action ni un objet d’étude : il donne à penser, et à penser autrement. Il nous propose, entre autres choses, un modèle pour l’invention d’un nouvelle forme de rationalité, que Michel Collot propose ici d’appeler la pensée-paysage, et qu’il tente de définir et d’illustrer à travers ses expressions philosophiques, artistiques et littéraires contemporaines, en faisant dialoguer notamment poésie et phénoménologie, orient et occident, plasticiens et écrivains, tradition et modernité.

vendredi 9 septembre 2011

Lectures et interprétations des Essais de théodicée de G. W. Leibniz

Paul Rateau (dir.)

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Septembre 2011 - Franz Steiner Verlag – 42 €

En 1710 paraissaient à Amsterdam les Essais de Théodicée, sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal, seul ouvrage philosophique d'importance publié du vivant de Leibniz. En dépit de sa notoriété, ce livre, souvent considéré comme un exposé «populaire» et non véritablement systématique de la philosophie leibnizienne, a rarement été étudié en lui-même et pour lui-même. L'objet des études réunies dans ce volume est de montrer son originalité et son importance théorique, par les questions et les thèmes qui y sont traités. Le premier chapitre examine les présupposés et les implications de la thèse de la création divine du meilleur monde possible. Le second aborde l'ordre naturel et le statut du corps dans le cadre général de l'hypothèse de l'harmonie préétablie. Le troisième est consacré au problème de la liberté et du mal, le quatrième au rapport entre foi et raison et à la question des miracles. Le dernier chapitre envisage les enjeux pratiques, religieux et politiques des thèses développées dans la Théodicée (la réunion des Églises, les relations entre les États).

Sommaire

Présentation

Paul Rateau: Les Essais de Théodicée : un ouvrage « populaire » ?

I. Le choix divin du meilleur monde possible : compossibilité, nécessité morale et concours

Hans Poser : Wahrheit, Möglichkeit, Kompossibilität. Die komplexe Basis der Theodizee-Argumentation

Paul Rateau : Ce qui fait un monde. Compossibilité, perfection et harmonie

Jean-Pascal Anfray : Leibniz, le choix du meilleur et la nécessité morale

Francesco Piro : L’action des créatures et le concours de Dieu chez Leibniz : entre trans-créationnistes et durandiens

II. L’ordre naturel : substances, action et corps

François Duchesneau : Autonomie des âmes et devenir des corps dans les Essais de Théodicée

Arnaud Pelletier : Substance, corps et phénomène dans la Théodicée. Avec une note inédite de Leibniz sur Bayle

Anne-Lise Rey : L’ambivalence de l’action libre : des corps physiques aux créatures

III. La liberté et la question du mal

Enrico Pasini : La doctrine de la spontanéité dans la Théodicée

Gianfranco Mormino : La contingence dans les Essais de Théodicée de Leibniz : un réquisit de la liberté ?

Agustín Echavarría : Leibniz’s concept of God’s Permissive Will

Juan Antonio Nicolás : Le mal comme limite du Principe de raison

IV. Foi, raison et miracles

Maria Rosa Antognazza : The Conformity of Faith with Reason in the "Discours Préliminaire" of the Theodicy

Michel Fichant : Vérité, foi et raison dans la Théodicée

Frédéric de Buzon : Les miracles dans la Théodicée : usage dogmatique et usage polémique 

V. Irénisme et politique

Claire Rösler : L’influence du negotium irenicum (1697-1706) entrepris par G. W. Leibniz et D. E. Jablonski sur la Théodicée

Catherine Wilson : Leibniz and the Good World

lundi 5 septembre 2011

Qu’est-ce qu’une règle ?

Jean-Pierre Cometti

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Septembre 2011 – Vrin – Coll. « Chemins Philosophiques » – 8 €

Les représentations auxquelles la notion de règle est associée déterminent pour une large part notre approche de toutes sortes de questions propres à la sphère de la rationalité, de la logique, de la morale ou du droit. On appelle règle un principe supposé diriger le raisonnement ou la conduite; la signification en est fondamentalement normative, que la fin en soit le vrai ou juste, quelque place qu’elle occupe dans le vaste champ des valeurs.
Historiquement, dans l’histoire de la philosophie tout au moins, cette représentation de la règle trouve sa contrepartie dans la contingence qui semble frapper l’empiricité; elle s’illustre, pour la pensée moderne, dans l’opposition, d’apparence insurmontable, du « est » et du « dois ». Sous ce rapport, la question des règles constitue une question cardinale, et la philosophie peut être considérée comme une science normative, en ce sens du moins qu’elle ne peut statuer que sur des normes et non pas sur des faits, lesquels relèvent de la science empirique qui, elle-même, ne peut s’en remettre à la seule « expérience ». La métaphysique, autant que les entreprises fondationnelles trouvent leur source et leur justification dans cette opposition et dans les conséquences qui en ont été tirées. C’est dire toute l’importance de la notion de règle, de ce qu’elle recouvre et de l’idée que nous sommes autorisés à nous en faire. La portée n’en est toutefois pas exclusivement théorique ou métaphilosophique. Elle touche à la question plus générale des normes, du langage, et de ce qui se trouve ainsi impliqué dans les situations d’apprentissage, tant d’un point de vue technique que psychologique ou social. C’est à débrouiller une partie de ces questions que ce petit ouvrage est consacré, dans une perspective de clarification qui vise à soustraire la règle à sa hauteur, c’est-à-dire à toute vision qui tend à la dissocier de ses applications.

L'homme total : Sociologie, anthropologie et philosophie chez Marcel Mauss

Bruno Karsenti

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Août 2011 – Bruno Karsenti – 24 €

L'homme total, tel est l'horizon d'une « science de l'homme » à la fois théorique et empirique, à laquelle Marcel Mauss a voulu donner ses assises par une conception renouvelée du symbolique et de son efficacité propre. Rectifiant la conception durkheimienne du social comme structure de coercition du sujet, Marcel Mauss a refondé la sociologie comme anthropologie générale. De l'existence d'un lien très particulier entre sociologie, philosophie et anthropologie, l' oeuvre de Mauss constitue l'un des meilleurs témoins. Son oeuvre est ainsi devenue la source de tous les développements contemporains qui, en France, alimentent la réflexion à propos de l'objet des sciences humaines.
Pour expliquer la productivité exceptionnelle de cette oeuvre, Bruno Karsenti remonte les fils d'une généalogie intellectuelle qui traverse toute la philosophie, la sociologie et la psychologie françaises des XIXe et XXe siècles, en évaluant l'effet des révolutions de pensée du langage, de la culture et de l'inconscient. Il montre comment s'est cristallisé le projet d'une critique des abstractions disciplinaires, qui font éclater l'unité du « phénomène social total », et d'un dépassement des dualismes de l'individuel et du collectif, du logique et de l'affectif, du normal et du pathologique.

Cahiers de philosophie

Gustave Courbet

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Édition établie et présentée par Roger Bruyeron

Septembre 2011 – Hermann – 20 €

Contrairement à une légende tenace – en grande partie entretenue par le peintre lui-même – Courbet ne fut ni un esprit fruste et fier de son manque de culture ni un homme incapable de comprendre les débats théoriques qui ont animé son époque, et pas seulement dans le domaine de la peinture.
Ce dont témoignent ces Cahiers conservés dans les archives du Musée national de l’Éducation de Saint-Aignan, c’est que l’élève Courbet a bien reçu, de bon ou de mauvais gré, une culture classique complète (littérature, langues anciennes, le latin surtout, etc.) qui s’est achevée avec le cours de philosophie.
Pendant l’année scolaire 1837-1838, Courbet a écouté le cours de Charles Bénard, jeune agrégé de philosophie, disciple de Victor Cousin, a pris des notes et les a complétées après le cours, comme le lui demandait son professeur. Même si cela ne fut pas de son goût, Courbet a été initié à la philosophie par la pensée éclectique qui régnait alors. Et si la pensée de Courbet s’est orientée bien différemment par la suite, nous pensons que ces leçons ont au moins permis, au peintre comme à l’homme, de comprendre les débats de son temps, voire d’y participer pleinement.
La publication de ces textes, outre qu’elle enrichira la perception que nous pouvons avoir du peintre en dépassant l’image que l’histoire en donne ordinairement, suscitera, nous l’espérons, la curiosité et l’intérêt de ceux pour qui l’enseignement de la philosophie doit achever la formation des élèves dans la classe terminale : ils verront que l’esprit du programme de 1832 n’est pas très éloigné de celui de 2003, dernière réforme en date. Ils y trouveront matière à conforter leur conviction : la nécessité d’un tel enseignement, à ce moment-là de leurs études, pour les futurs étudiants de l’enseignement supérieur.

samedi 3 septembre 2011

Citoyen sujet et autres essais d'anthropologie philosophique

Étienne Balibar

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Septembre 2011 – PUF – 32 €

Qu'appelons-nous « modernité » ? Cette question est travaillée selon une triple orientation philologique, épistémologique et historique, en prenant pour fils conducteurs l'auto-énonciation du sujet, la constitution du « nous » communautaire, l'aporie de l'institution judiciaire. L'interprétation défendue pose que les processus opposés du devenir-citoyen du sujet et du devenir-sujet du citoyen en viennent à se recouvrir. C'est aussi le moment où le rapport du commun à l'universel devient un écart politique au sein de l'universel lui-même. Le « jugement des autres » doit être rapporté à un « jugement de soi-même » attestant pour chacun sa propre normalité. Dès lors, l'humain ne peut coïncider avec l'institution du politique qu'à la condition de se retrancher de soi-même, dans la forme des « différences anthropologiques ». Le citoyen-sujet ne peut se comprendre indépendamment de son envers, qui le conteste et le défie.

dimanche 28 août 2011

L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine et autres questions de philosophie morale expérimentale

Ruwen Ogien

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Septembre 2011 – Grasset – 18,50 €

Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage  qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n'a envie d'utiliser, de tramways fous qu'il faut arrêter par n'importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.
Vous y lirez des récits d'expériences montrant qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres expériences prouvant qu'il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu'on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant.
Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : "ma vie est digne d'être vécue, mais j'aurais préféré de ne pas naître" ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d'un poulet d'élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?
Cependant, le but de ce livre n'est pas de montrer qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots ("Dignité", "vertu", "Devoir", etc.), et les grandes déclarations de principe ("Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen", etc.).
C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement.

samedi 20 août 2011

Écritures romanesques et philosophie: Hermann Broch, Hermann Hesse, Thomas Mann, Robert Musil

Christine Mondon

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Juin 2011 - Presses Universitaires de Bordeaux, coll. Crises du XXème siècle – 24 €

Comment pense la littérature ? Et plus précisément encore : Comment pense le roman? De nombreux romans se tiennent en effet à la frontière entre littérature et philosophie: le « roman-essai », le roman polyphonique et le roman totalisant.
Les Somnambules de Hermann Broch et L'Homme sans qualités de Robert Musil s'inscrivent dans cette « indéfinissabilité » que l'on reconnaît au roman-essai. Les rapports du roman et de la philosophie sont dans ces oeuvres des rapports tendus : la philosophie se sert de la fiction romanesque (Broch) ; à l'inverse, le roman polémique avec une certaine philosophie qu'il incarne à travers les personnages (Musil). Empruntant à la musique une structure polyphonique, les romans de Thomas Mann La Montagne magique et le Docteur Faustusdispensent un enseignement philosophique non de manière abstraite, mais sous la forme d'un jeu esthétique, narratif, par le rattachement de l'ironie et de la parodie. Le roman totalisant rend compte finalement des limites fragiles qui séparent le philosophique du littéraire, à partir du moment où la littérature se définit comme un absolu qui englobe la philosophie, mais aussi tous les champs du savoir. Le Jeu des Perles de Verre de Hermann Hesse et La Mort de Virgile de Hermann Broch manifestent une ambition totalisante dont la réalisation ne peut être que de l'ordre de l'utopique (Hesse) ou de l'indicible (Broch).
Tous ces romans entrecroisent deux regards, regard de la philosophie sur le roman et regard du roman sur la philosophie.

mercredi 17 août 2011

Kant et la fondation architectonique de l'existence

Pascal Gaudet

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Août 2011 – L’Harmattan – L’ouverture philosophique – 11 €

Ce livre propose d'interpréter l'instauration kantienne de l'architectonique comme auto-fondation de l'existence humaine. L'irruption de l'architectonique ne peut se concevoir que comme surgissement d'une liberté, c'est-à-dire d'une absolue spontanéité : elle est commencement et recommencement incessant. Or, cette liberté ne fait pas effraction dans le temps, mais elle ouvre le temps, elle est son origine même. Ainsi est établie la cooriginarité de la liberté et du temps. L'exploration du schématisme le plus originaire de l'architectonique permet de saisir à l'état naissant l'existence humaine (son fondement, l'essence de la subjectivité) et par là de saisir, en un sens, l'origine même du « monde ».

Le décalogue sceptique : l'universel en question au temps des Lumières

Francine Markovits

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Août 2011 – Hermann – “Philosophie” – 45 €

Faut-il penser l'unité de « la » philosophie des Lumières comme s'il s'agissait d'un phénomène européen homogène ? Lumières, Aufklärung, Enlightment, Illuminismo : ces termes ne sont pas la traduction l'un de l'autre. Unifier ces pensées en leur attribuant un commun recours à l'universel a un caractère profondément problématique et peut avoir un sens idéologique et politique.

Le présent ouvrage, en marquant la persistance de l'argumentaire sceptique, propose, selon la formule de La Mothe Le Vayer, un Décalogue sceptique qui ne se réduit pas au doute généralisé : il prescrit et programme une systématicité dans l'étude de la variation des normes. Au temps des Lumières, en effet, l'universel de toutes les normes, théoriques ou pratiques, fait réellement débat et met en question une philosophie de la lumière naturelle et une métaphysique du moi supposé être un point fixe. Cette critique de l'universel s'exprime dans une philosophie du sensible : Diderot étudie la figure paradoxale de l'Aveugle, Condillac érige sa statue, l'abbé de l'Epée restitue les sourds muets à la dimension de la discursivité, La Mettrie invente « Monsieur Machine » tout en invoquant une métaphysique de la tendresse, Rousseau justifie un épicurisme de la raison et un art de jouir, Hume naturalise la religion en l'articulant à des passions fondamentales, Montesquieu, attentif à la logique des histoires singulières, démonte et compare les machines juridiques. Le pluriel des Lumières a été méconnu : il permet pourtant de comprendre le caractère équivoque de leur héritage aujourd'hui, entre la reprise morale d'un universalisme des normes et sa contestation dans un travail juridique et anthropologique.

Vitesses

Jérôme Lèbre

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Août 2011 – Hermann – “Le bel aujourd’hui” – 28 €

L'accélération des transports et de l'information donne le sentiment que tout va trop vite, et de plus en plus vite, jusqu'au temps lui-même. Mais cette impression générale de vitesse absorbe sans vraiment rassembler le mouvement local, la perception de l'espace et du temps, l'expérience de l'écriture ou de la pensée. Elle risque de nous laisser aux prises avec une vitesse unique qui n'est qu'une ombre projetée par un impensé : celui de la valeur profonde de la lenteur, du repos, des racines et de la Terre. Cet essai vise à combattre cet impensé et à insister sur la pluralité des vitesses. Il défend l'idée que toute vitesse se mesure sur le fond incommensurable d'une vitesse infinie, qui n'est de l'ordre de l'expérience que si l'expérience elle-même (donc aussi l'impression de vitesse) n'est pas univoque. Contre l'attente d'une catastrophe généralisée, il entend préserver l'imprévisibilité des événements et la survenue à contretemps de chaque invention.

Autonomie ou capital : essai d'éleuthériologie au soir de la domestication totale

Jean-François Gava

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Août 2011 - Chromatiques whiteheadiennes (Belgique) – 15 €

Si la raison pratique - Hegel l'avait vu à l'aube de l'usinage du monde en vue de la survaleur - est la cravache abrahamique de l'oukase travailliste, alors l'autonomie véritablement rationnelle consiste à persévérer dans sa pente sensible, contre cette raison prétendument apathique et véritablement sadique.

Un essai philosophique sur les chances de réversion du procès de dépossession continuement croissante que le capital, entendu comme civilisation polarisée par l'accumulation de valeur, inflige au vivant.

jeudi 11 août 2011

De la méthode : Recherches en histoire et philosophie des mathématiques

Ouvrage collectif sous la direction de Michel Serfati

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Juin 2011 - Presses Universitaires de Franche-Comté – 22 €

Cet ouvrage rassemble quatorze articles provenant de communications au séminaire d’épistémologie de l’IREM de l’Université Paris VII, ainsi qu’à un colloque de philosophie des mathématiques organisé par ce même Institut, tous deux dirigés par Michel Serfati. Il privilégie les questions d’histoire des idées et d’épistémologie avec l’objectif de mettre en lumière certaines des facettes qui concourent à organiser en mathématiques ce qu’on appelle, communément depuis Descartes, la méthode. On trouvera des textes décrivant le jeune Descartes et ses compas, l’analyse d’une méthode explicite de reformulation et de résolution de certains problèmes par géométrisation, le rôle et la place de la psychologie chez Boole, Cantor et Brouwer dans l’élaboration de leurs oeuvres mathématiques, les machines de Turing et la complexité algorithmique, la mise à jour chez Gaspard Monge des lignes de courbure sur une surface, la question du rapport entre le contenu du travail d’un mathématicien (tel Kronecker) et sa vision du monde en mathématiques, les limites et les difficultés du structuralisme mathématique, depuis la critique par Russell de l’axiomatique de Peano jusqu’à nos jours, un mode d’élaboration des mathématiques contemporaines et les questions corrélatives liées à leur enseignement, aussi la mise à jour, sur des exemples divers, de Leibniz à L. Schwartz, d’un certain paradigme de construction d’objets mathématiques, le « principe de prolongement », qui conjugue la permanence des formes symboliques et la ramification des significations. Une étude est aussi consacrée à la philosophie de la physique des particules, et aux questions ontologiques corrélatives, dans les perspectives de la philosophie de Wittgenstein.

CHIMERES N°75 : Devenir ~ hybride

Août 2011 - Devenir~hybride, corps-prisons et corps-plateaux

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“ Nos productions de subjectivités se confrontent à de nouveaux agencements entre l’homme et la machine, les humains et les non humains, la « nature » et les artefacts, la technique et l’imagination, la science et la fiction.
Qu’est-ce qu’un corps désapproprié de ses organes « naturels » ? Un sujet qui ne retrouve plus son unité dans ses Moi(s) éparpillés, et découvre que cette « unité » était construite ?”…

Concept 1
Bernard Andrieu, L’hybridation est-elle normale ?
Michèle Robitaille, Natural Born Cyborg?

Clinique
F. Destruhaut, E. Vigarios, B. Andrieu, Ph. Pomar, Regard anthropologique en Prothèse Maxillo-Faciale : entre science et conscience
Nicole Farges, Un homme branché, Implant cochléaire et surdité
Mileen Janssens, Fragments et liaisons dans la langue et le signe: sémiotique et autisme

Politique
Raphaël Verchère, La prothèse et le sportif : du dopage comme résistance à la domination des stades
Jean-Paul Baquiast, Les processus co-activés et la nouvelle maîtrise du monde

LVE 1
Anne Querrien, Manola Antonioli, Quelques textes fondateurs sur le post-humain
Bernard Andrieu, Procréation, Hybridations

Esthétique
Alice Laguarda, Post-humain et invention de soi dans la création contemporaine
Mickaël Pierson, Brice Dellsperger / Body Double : aux frontières du réel

LVE 2
Manola Antonioli, Post et cyberféminisme
Jacques Florence et Pierre Vogler-Finck, Le Meilleur des nanomondes

Agencement
Maud Granger Remy, Fictions post-humaines
Elias Jabre, Second Life : Et si la mort de l’Homme était comique ?
Félix Guattari, Vers une ère post-média (octobre 1990)

Terrain
David Puaud, L’alter ego pouvoir
Groupe d’étudiants, Médias et TIC dans les révolutions arabes : la Tunisie

Concept 2
Janice Caiafa, Aspects du multiple dans les sociétés de communication
Bruno Heuzé, Du nouvel âge de la mécanosphère
Jean-Philippe Cazier, Entretien avec Jean-Clet Martin à propos de « Plurivers »

Fictions
Alain Damasio, Hybris
Olivier Auber, Impossible de penser
Istina Ntari, Je ne suis pas née dans la lumière

Textes complémentaires publiés dans Chimères antérieurement
Paul Virilio, Vitesse, vieillesse du monde
Les séminaires de Guattari (1984), La machine (biologique, mathématique, etc.)

Archives Walter Benjamin. Images, textes et signes

Publié par Walter Benjamin Archiv. Édition française sous la responsabilité scientifique de Florent Perrier
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Septembre 2011 – Klincksieck – 29 €
C'est avec la passion d'un archiviste que Walter Benjamin a posé les bases du sauvetage de son fonds posthume. Les techniques archivistiques ont marqué de leur empreinte le processus même de son écriture: systématiser, reproduire, classer sous des sigles, extraire et transférer.
Treize archives sont visitées ici: manuscrits à la présentation très travaillée; schémas et signets colorés pour l’organisation du savoir; photographies d’un appartement meublé seigneurial, des passages et des jouets russes; cartes postales imagées de Toscane et des Baléares; registres, fichiers et catalogues tenus avec un soin obstiné; carnets de notes où chaque centimètre carré est utilisé; une collection de mots et phrases du fils en son jeune âge; des énigmes et de mystérieuses sibylles. Elles rassemblent images, textes et signes que l’on peut voir et comprendre, mais aussi expériences, idées et espoirs que l’auteur a consignés et analysés. Le tout formant un réseau d’une subtile manière.
Les archives de Walter Benjamin sont complexes et personnelles, parfois irrationnelles et marginales, et pourtant elles mènent au centre de son œuvre. Elles tracent un portrait de l’auteur émergeant de ses archives.

mercredi 10 août 2011

Bergson et Einstein : la querelle du temps

Elie During

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Septembre 2011 – PUF – 29 €

Bergson rencontre Einstein à Paris, en 1922 : la discussion tant attendue entre le penseur de la durée et l'inventeur de la relativité tourne au dialogue de sourds.
Une fois distingués le " temps de la conscience " et le " temps des horloges ", le problème de la réalité et de l'unité du temps reste entier. Durée et Simultanéité, l'ouvrage de Bergson qui paraît quelques mois plus tard, ne fait qu'aggraver - durablement - le malentendu. Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que Bergson n'a pas compris dans les " paradoxes " de la relativité ou dans le concept d'espace-temps ? Et qu'est-ce qu'Einstein ne pouvait entendre ? Cette étude répond à deux objectifs : 1°) éclairer le contexte intellectuel de la réception de la théorie de la relativité en convoquant des témoins ou des relais (Langevin et Poincaré, Brunschvicg et Whitehead, etc.), 2°) dégager les enjeux philosophiques de fond de l'intervention de Bergson.
Ces enjeux encore actuels sont de nature " cosmologique " : ils concernent la coexistence des choses dans l'espace et dans le temps. Que signifie que l'univers dure, et nous en lui ?