Malik Bozzo-Rey et Émilie Dardenne (dir.)

Janvier 2012 - Presses Universitaires de Rennes - 18 €

Didier Debaise (Ed.)
Décembre 2011 – Les Presse du Réel – Collection Relectures – 22 €
Edité par Didier Debaise.
Textes de Didier Debaise, Michael Halewood, David Lapoujade, Bruno Latour, Pierre Montebello, Camille Riquier, Isabelle Stengers, Olivier Thiery.
Une série de portraits de penseurs restés en marge des mouvements majoritaires de la philosophie contemporaine, réunis autour du thème de la « possession » : une enquête sur la manière dont les divers modes de possession (toutes opérations par lesquelles des éléments physiques, biologiques, psychiques ou techniques sont intégrés, capturés par un être qui les fait siens) permettent d'envisager des projets de reconstruction métaphysique originaux en dialogue avec des champs d'investigation hétérogènes – de la psychologie expérimentale aux sciences sociales et politiques, en passant par la philosophie de la nature, de la biologie et de la perception.
Tout au long du XXe siècle, une série de théoriciens, plus ou moins minoritaires, introduisent un nouveau genre de questions, faisant directement communiquer la philosophie avec les sciences sociales, la psychologie et l'esthétique. Comment un individu se constitue-t-il par des activités possessives ? Avec quelle intensité un être en possède-t-il un autre ? Quelle est l'étendue spatiale et temporelle de ces possessions ? Et quelles en sont les techniques ?
Ce livre tente, à partir d'une série des portraits – Gabriel Tarde, William James, Alfred North Whitehead, John Dewey, Charles Péguy, Etienne Souriau, Raymond Ruyer et Gilbert Simondon –, de donner une nouvelle actualité à la question de la possession et, par là même, de mettre en évidence une autre scène de la philosophie contemporaine.
Didier Debaise, docteur en philosophie, est chercheur au FNRS et enseigne la philosophie à l'Université Libre de Bruxelles. Il travaille principalement sur les formes contemporaines de la philosophie spéculative et les théories de l'événement. Il est notamment l'auteur d'un livre intitulé Un empirisme spéculatif.
Décembre 2011
Classiques Garnier – 45 €
Le numéro 99 des Cahiers de lexicologie – Lexique et philosophie – est la contribution de la sémantique lexicale à l’analyse conceptuelle. Il s’articule en trois sections: une générale, concernant les universels, les rapports langue-pensée et individus-catégories en langue; une appliquée, concernant l’expression et la conceptualisation de l’espace, des sentiments et des couleurs, la sémantique de vrai, faux, bien et la notion de norme. Une dernière section présente les perspectives informatiques dans l’élaboration d’ontologies naturelles.
Florence Burgat
Janvier 2011 - Albin Michel - Bibliothèque Idées – 24 €
Il faut modifier radicalement notre façon de parler des animaux et reconnaître l'évidence de la condition animale, ne plus penser uniquement par rapport à l'être humain ou par rapport à la nature.
Pour cela, l'auteur propose un parcours critique à travers les philosophies qui ont pensé l'animal. Florence Burgat montre comment l'existentialisme (Sartre et Levinas notamment), plus encore peut-être que la philosophie classique, a liquidé et interdit la question de l'animal. Elle explicite ces positions en développant le thème de l'organisme, non plus en tant que machine mais organisation, et démontre que le sens biologique est autre chose que l'ensemble des parties d'un animal, et qu'il fonde cette conscience animale dans l'angoisse dont les animaux sont atteints.
Elle questionne la condition animale, et s'interroge sur la subjectivité des animaux, mettant en évidence leur pensée, leur résistance, avant d'attaquer les traitements inhumains et indifférents qui leur sont souvent réservés, dont elle dénonce l'idéologie sous-jacente. Enfin, avec l'évidence de la pratique de l'art chez les animaux, l'auteur propose une réflexion sur le symbolique et sur la capacité à symboliser, montrant, pour conclure, que les animaux sont " sujets d'une vie ".
Une invitation à dépasser le cadre de la compassion pour fonder notre changement d'attitude sur la base d'une phénoménologie de l'existence animale, ce qui a des conséquences également sur notre façon d'appréhender la vie humaine.
Alain Badiou
Janvier 2011 – Fayard – 25 €
La République de Platon est peut-être le texte le plus connu, le plus traduit et le plus commenté de toute l’histoire de la philosophie.
Mais comment restituer la vérité de cette œuvre aujourd’hui, 2500 ans après sa rédaction? Alain Badiou a choisi d’inventer un genre nouveau pour rendre au texte de Platon son universalité et sa vivacité sans passer par un commentaire critique. Il a traduit l’œuvre à partir de l’original grec et a procédé à quelques changements afin de l’adapter à notre temps. Tout d’abord, il a supprimé toute référence aux particularités de la société grecque antique, des interminables développements sur la valeur morale des poètes aux considérations politiques destinées par Platon à la seule élite aristocratique (les mesures révolutionnaires que Platon réserve aux seuls « gardiens » de la cité valent, sous la plume de Badiou, pour tous les habitants du pays).
Il a élargi les références culturelles : la philosophie fait feu de tout bois, ainsi Socrate et ses compagnons connaissent-ils Beckett, Pessoa, Freud et Hegel. Ils réalisent l’actualité intemporelle de toute philosophie véritable, propre à s’ajuster à son époque. Enfin, Badiou, par ailleurs dramaturge, a fait du dialogue socratique une véritable joute oratoire : dans cette version de la République, les interlocuteurs de Socrate ne se contentent pas d’approuver ce qu’énonce le Maître.
Ils lui tiennent tête, le mettent en difficulté et livrent ainsi une pensée en mouvement. Grâce à ce travail d’écriture, d’érudition et, avant tout, de philosophie, Alain Badiou donne à lire pour la première fois une version absolument contemporaine, vivante et stimulante du texte de Platon. (Présentation de l’Editeur)
RAISON PUBLIQUE N°15 - DOSSIER COORDONNÉ PAR SYLVIE SERVOISE
Décembre 2011
Le thème de la fin du travail traverse de multiples horizons. De la promotion d’une automatisation toujours plus avancée de la production à l’affirmation d’un « droit à la paresse », en passant par la critique écologiste du productivisme et de la société de consommation, il exprime une diversité de perspectives qui pourrait nous faire perdre de vue l’unité d’un questionnement qui interroge fondamentalement la valeur travail telle qu’elle se pose et se pense aujourd’hui. Bien loin de constituer un vecteur d’émancipation et d’humanisation, le travail serait en effet devenu cette forme d’aliénation dont il est souhaitable de se libérer. Un monde sans travail serait-il alors l’utopie de notre temps ?
Très influente dans les années 1980 et 1990, une telle perspective se nourrissait alors d’un diagnostic alarmant et juste quant à la dégradation du marché de l’emploi et des conditions de travail. Si le travail pouvait avoir un sens, nul doute qu’en auraient raison le chômage de masse, la précarisation de l’emploi et la montée en puissance d’un discours managérial intégralement soumis, au nom d’une concurrence mondialisée, à des impératifs de rentabilité économique toujours plus contraignants. Cette perspective n’épuisait toutefois pas le sens de ce qui survenait alors dans ce domaine. La raréfaction de l’emploi, la mise en cause de la condition salariale, la détérioration des conditions de travail, bien loin de le déstabiliser comme valeur et comme statut, ont entraîné son fort réinvestissement social, politique, intellectuel et culturel. Critiqué, le travail semble de fait n’avoir jamais été autant désiré. Dans le contexte de ces transformations, quel sens conserve le travail ?
C’est à ce niveau que le présent dossier se situe. Comment la question des finalités du travail est-elle appréhendée dans les discours et représentations ? Comment les sciences sociales, la philosophie, la littérature, les documentaires, les arts en général, la prennent-ils en charge, la nuancent-ils, la reconfigurent-ils ? Dans l’espace de la réflexion ici menée, tous les types de discours et d’écriture, tous les genres et toutes les disciplines ne sont pas représentés. Les chemins explorés – de la littérature au documentaire en passant par l’histoire des idées et la philosophie – offrent cependant un aperçu saisissant des problèmes que le travail pose aujourd’hui et des interrogations auxquelles il donne lieu.