lundi 13 février 2012

Essais VI: Les Lumières des positivistes

Jacques Bouveresse


Février 2012 - Agone - "Banc d'essais" - 23 €

Ce sixième volume des Essais de Jacques Bouveresse est consacré aux philosophes du Cercle de Vienne (1924-1936). Par sa proximité avec les bouleversements de la science contemporaine (naissance de la logique moderne, théorie de la relativité, psychologie expérimentale), par l’articulation nouvelle qu’il propose entre les pouvoirs de la raison et les enseignements de l’expérience, par son insertion dans la modernité culturelle et dans le mouvement d’émancipation sociale et politique, le positivisme (ou empirisme) logique est, dans la philosophie européenne du XXe siècle, le courant qui a porté le plus loin l’héritage des Lumières. Les cinq essais réunis dans le présent volume ont été écrits entre 1971 et 2011. On y trouvera à la fois une présentation claire des concepts centraux des positivistes logiques, un éclairage neuf (nourri de la recherche historique la plus récente) sur le contexte culturel et politique de la formation de leurs idées (notamment celles de Rudolf Carnap), et une évaluation philosophique de quelques-unes de leurs thèses et de leurs enjeux.

vendredi 10 février 2012

Cahiers critiques de philosophie n°11 : L’Afrique postmoderne

Coordonné par Irma Julienne Angue Medoux



Février 2011 - Hermann Ed. - 19 €

Autorité et pouvoir en Afrique « postmoderne » par Anatole Fogou
Postmodernité, philosophie « africaine », philosophie « occidentale » par Léopold Mfouakouet
L’Universalisme différentialiste et les risques du nihilisme en politique par Landry P. R. Ndounou
La postmodernité : un concept en devenir en Afrique par Jean-Rodrigue-Elisée Eyene Mba.
Le paradoxe politique et la diversité culturelle en Afrique par Léon Matangila

mardi 7 février 2012

Causes, probabilités, inférences

Isabelle Drouet


Février 2011 - Vuibert - 19 €

Définir la causalité figure sur l'agenda des philosophes depuis l'Antiquité et, en même temps, mettre au jour les relations de causes à effets est un des buts principaux de l'investigation scientifique. Cet intérêt philosophique pour la notion de causalité a engendré une multitude de travaux et d’analyses dont il est difficile d’avoir une vision globale et claire. De plus, alors que les méthodes utilisées dans les sciences empiriques semblent sans cesse améliorées, l’analyse philosophique se développe sans prendre en compte les évolutions de la méthodologie scientifique. Le but de cet ouvrage est de faire le point sur l’ensemble des théories de la causalité, en mettant l’accent sur les théories probabilistes de la causalité, qui ont joué un rôle moteur dans le renouveau de cette branche de la philosophie des sciences. L’auteur vise également à reconnecter l’analyse philosophique avec les méthodes et instruments effectivement utilisés aujourd’hui dans le champ des sciences exactes et sociales.

lundi 6 février 2012

La fascination de la planète.L'éthique de la diversité

Sous la direction de Soraya Nour Sckell et Damien Ehrhardt


Berlin, Duncker & Humblot, 2012 - 78 €

La diversité de la nature et des réalisations humaines est devenue une valeur incontestable des sciences naturelles, humaines et sociales. La diversité de la planète fascine. Elle nous invite aussi à repenser une éthique de la diversité, suite à l'accroissement des menaces sur la biodiversité, à l'uniformisation de la production des biens culturels et à l'hostilité à l'égard de celui qui est perçu comme "différent" de la part d'un "nous" majoritaire qui se considère comme homogène. Cette éthique de la diversité ne vise pas à "préserver" la diversité, mais à la construire, la produire, la réinventer de manière permanente et créative. Ainsi, la diversité n'est pas comprise comme la différence par rapport à un élément commun. Elle relève de la multiplicité et de la variété naturelle ou humaine, dans laquelle nous vivons en rapport avec tous et avec tout. En somme, il s'agit de la responsabilité qui nous incombe de nous désidentifier, de nous différencier, de nous diversifier nous-mêmes, tout en prenant conscience, au sein de ce processus, de notre relation indissoluble avec tous les autres êtres naturels et humains.

Cet ouvrage international réunit des auteurs issus de diverses disciplines, comme la philosophie, la musicologie, la psychologie, les sciences politiques, le droit, la biologie, la physique, la chimie et les nanosciences. Nourri des idées d'Apel, de Bourdieu, de Cassirer, de Darwin, de Deleuze, de Dworkin, de Foucault, de Freud, d'A. von Humboldt, de W. von Humboldt, d'Habermas, de Herder, d'Husserl, de Jonas, de Kandinsky, de Kant, de Levinas, de Lévi-Strauss, de Luhmann, de Marcuse, de Messiaen, de Musil, de Rawls et de Tönnies, cet ouvrage développe une éthique de la diversité dans le champ socio-politique, dans celui des sciences et des arts (et plus précisément dans les domaines des langues, de la littérature, de la musique, de la philosophie et du langage scientifique) et dans celui de la nature.


dimanche 5 février 2012

L'Un au-delà de l'Être

Archives de Philosophie — Tome 75, numéro 1 : printemps — janvier-mars 2012


Pourquoi publier un tel dossier maintenant dans les Archives ?
— Parce que l’Un fait entrer dans la culture grecque, ceci sur un vieux problème qui occupe l’humanité depuis le début, celui de son unité aux prises contradictoires avec la multiplicité de ses états et constats de vie, pour ne pas dire d’actions, 
— Parce que l’Un, chez Plotin, est une des voies de traitement de ce problème, alors même qu’il est le grand absent des études plotiniennes françaises depuis les travaux de J.-M. Narbonne,
— Parce que l’Un est une véritable épreuve pour la constitution d’un discours rationnel qui porte sur lui, alors que, dans le passage d’une théologie négative – habituellement liée à l’Un – à une théologie positive, se joue véritablement le passage de notre expérience intérieure de la liberté vers la liberté divine, se noue l’accès, pour l’âme humaine, à ce que signifie pour elle, d’être libre : et être libre selon une unité avec laquelle le chemin de la philosophie de Plotin lui offre de renouer.

Jérôme LAURENTAvant-propos : « La merveille, c'est l'Un » (VI, 9 [9], 5, 30)
Laurent LAVAUDLa métaphore de la liberté. Liberté humaine et liberté divine chez Plotin
Alexandra MICHALEWSKILe premier de Numénius et l'Un de Plotin
Sylvain ROUXTranscendance et relation. Plotin et l'antinomie du principe
Jean-Marc NARBONNEL'Un, modèle de la pensée religieuse de Bergson
 * * * 
Eléonore DISPERSYNL'adversaire de Dieu dans la Philosophie de la révélation. Esquisse d'une satanologie schellingienne
Thierry GONTIERPrudence et sagesse chez Montaigne
 * * * 
Comptes rendusSCHELLING, Correspondance (J.-C. Lemaitre) — Stephan SOULIÉ, Les philosophes en République (M. Bourdeau) — Céline EHRWEIN-NIHAN, Hannah Arendt. Une pensée de la crise (V. Albanel) — Wilhelm DILTHEY, Briefwechsel. Bd. 1 : 1852-1882 (J. Grondin) — Anne-Isabelle BOUTON dir., "Une tradition sceptique : la réception des Academica de Cicéron dans l'Antiquité" (I. Bochet) — Etienne BIMBENET, L'animal que je ne suis plus (E. Charmetant) — Maurice KRIEGEL dir., Gerschom Scholem. Cahier de l'Herne (G. Petitdemange) — Xavier SABATIER, Les formes du réalisme mathématique (F. Patras)
Bulletin cartésien XLI

Cahiers philosophiques n°128 : Du cosmopolitisme

1er trimestre 2012



La mondialisation de fait, économique et informationnelle, ne suffit pas à faire un monde, a fortiori un monde humanisé, civilisé, respectueux de la multitude des habitats et des cultures. Sans en minorer l’importance, l’émergence d’un sentiment cosmopolite en divers lieux de la planète peine à contenir les effets sociaux et écologiques de l’ouverture internationale. Les institutions politiques et juridiques semblent en retard sur les flux économiques et les mouvements démocratiques qui fleurissent en divers points du monde, et prennent encore souvent la forme d’une aspiration étatique nationale, très rarement d’une coopération traversant ou déplaçant les frontières.
Que pensons-nous aujourd’hui sous le nom de cosmopolitisme ? En quel sens est-ce, ou non, une fin politique et comment agir au nom d’une telle fin ?

vendredi 3 février 2012

Politique, esthétique, féminisme. Mélanges en l’honneur de Sonia Dayan-Herzbrun

Revue TUMULTES n° 37, 2011/2


Editions Kimé

Ces mélanges retracent les étapes du long parcours intellectuel et politique de la sociologue Sonia Dayan-Herzbrun. Ils reflètent la diversité de ses centres d’intérêt, depuis ses premiers travaux sur Ferdinand Lassalle et le mouvement ouvrier jusqu’à ses recherches sur la pensée postcoloniale et soulignent une mobilisation intellectuelle permanente contre toutes les formes de domination. Mais pour Sonia Dayan-Herzbrun, décrypter la domination ne suffit pas ; ces écrits rendent hommage à une chercheuse qui sait aussi débusquer les marges de liberté, de créativité et de résistance des dominés, ce dont témoignent plusieurs numéros de la revue Tumultes qu’elle a fondée en 1992. Les articles réunis dans ce numéro reprennent pour une part les communications faites à un colloque organisé en juin 2010 en son honneur ; ils invitent à lire et à comprendre les multiples facettes de sa pensée, comme une œuvre en mouvement dans l’attente de nouvelles aventures intellectuelles.

mercredi 1 février 2012

Montaigne et la philosophie du plaisir. Pour une lecture épicurienne des Essais

Rafal Krazek



Janvier 2012 - Classiques Garnier, coll. "Essais philosophiques sur Montaigne et son temps" - 36 €

Le scepticisme de Montaigne a jusqu’à présent dominé le débat sur la portée philosophique des Essais. C’est pourtant le concept épicurien du plaisir qui oriente la pensée philosophique tout entière de Montaigne. En tant que force motrice principale régissant les actions humaines, le plaisir constitue en effet la seule mesure des choses, le tamis par lequel doit passer tout contenu existentiel, quelle que soit sa nature: religieuse, philosophique ou passionnelle.

vendredi 27 janvier 2012

Savoir immédiat et savoir absolu. La lecture de Jacobi par Hegel

Jean-Michel Buée


Janvier 2012 - Classiques Garnier - coll. "Les Anciens et les Modernes – Études de philosophie - 28 €

Pourquoi Hegel n’a-t-il cessé de s’intéresser à la pensée de Jacobi, depuis Tübingen jusqu’aux textes de Berlin sur les positions de la pensée par rapport à l’objectivité? Il s’agit de montrer que la polémique initiale contre un subjectivisme qui indique la présence d’un irrationalisme au cœur des philosophies de la réflexion fait place à une reconnaissance des mérites spéculatifs de la pensée de Jacobi, dissimulés sous une métaphysique de l’immédiateté qui est pour Hegel le paradigme même du dogmatisme.

La République et le Prince moderne

Blandine Kriegel


Novembre 2011 - PUF - 24 €

À l’heure où, partout dans le monde, les peuples se tournent vers la république démocratique, mais à l’heure aussi où l’Europe hésite à bâtir une république commune, que sait-on véritablement de l’histoire de la république européenne ?
Est-elle issue, comme l’affirment nombre d’historiens anglais, des cités antiques et médiévales ? Est-elle née, comme le voudrait un préjugé francocentrique tenace, de la Révolution française de 1789 ?
En contournant ces deux généalogies, trop longue ou trop courte, la philosophe Blandine Kriegel retrace ici une histoire originale et inédite de la république moderne. Celle-ci naît en effet de la rencontre inattendue des traditions des républiques de cité et de celle du droit politique moderne de l’État qui permet à l’insurrection des Pays-Bas néerlandais de vaincre le despotisme impérial de Philippe II. Mieux, tous les États-nations européens, au premier rang desquels la France et l’Angleterre, contribuent à sa victoire. Mieux encore, le droit politique neuf de cette première république d’État qui s’affiche dans les discours de Guillaume d’Orange, véritable « Prince moderne », comme dans les Déclarations d’indépendance des Provinces-Unies, est rédigé par des Français, protestants et « politiques ». L’épilogue de cette histoire culmine avec le « Grand Dessein » d’Henri IV et de Sully de construire une république européenne… devant laquelle nous trébucherons encore.
La république moderne, une idée européenne ? Ou quand le retour sur le passé peut permettre de frayer la voie à l’avenir. 


Table des matières

Introduction — République de cité, république d’État
Les républiques de cité
Les républiques d’État

PREMIÈRE PARTIE. — LE CONTEXTE HISTORIQUE
Prologue à la révolte des Pays-Bas

I – Avant la guerreLeurs intérêts
Les traditions
Un nouvel état d’esprit

II – La guerre d’occupation et de libérationL’événementiel militaire, politique et idéologique
Le duc d’Albe ou la répression (1567-1573)
Luis de Requesens (1573-1576) ou le début de la négociation
Don Juan d’Autriche (1576-1579) ou l’unité manquée
Alexandre Farnèse (1579-1584) ou le leurre de la reconquête
Les leçons de la guerre et de la résistance

III – Guillaume d’Orange ou le Prince moderne

IV – La politique européenneLe projet impérial
L’intervention des puissances extérieures
L’Empire
Les Princes protestants
Jean Casimir
Les villes protestantes
Strasbourg
Genève
L’Angleterre
La France
L’équipée du duc d’Anjou
L’explosion du projet impérial

DEUXIÈME PARTIE. — LES HOMMES ET LES ŒUVRES

I – Les hommesHubert Languet (1518-1581)
Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623)
François Hotman (1524-1594)
François de La Noue (1531-1591)
Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde (1538-1598)

II – Les œuvres Prologue : des changements 
La Réforme
Le droit romain
Jean Bodin et la doctrine de la souveraineté
Vindiciae contra tyrannosThéodore de Bèze : Du droit des magistrats sur leurs sujetsFrançois Hotman et la doctrine de la nation
Les déclarations d’Indépendance des Provinces-Unies
Les défenses de Guillaume d’Orange
L’Apologie
Épilogue : le Grand Dessein d’Henri IV et de Sully

Conclusion. — La république européenne à la lumière dorée de la République de Hollande

Chronologie de la naissance de la République des Pays-Bas1559-1565 – Marguerite de Parme, gouverneur général des Pays-Bas
1567-1573 – Occupation du duc d’Albe
L’OCCUPATION – 1567-1572 (7 ans)
1573-1576 – Luis de Requesens
1576-1578 – OCUPATION PAR DON JUAN
1581-1584 – Occupation par Alexandre Farnèse, duc de Parme

Sources
Index des lieux
Index des noms


lundi 23 janvier 2012

Etats de choc. Bêtise et savoir au XXIè siècle

Bernard Stiegler



Janvier 2012 - Ed. Mille et une nuits

L’impression que la déraison domine désormais les hommes accable chacun d’entre nous. Que la rationalisation qui caractérise les sociétés industrielles conduise à la régression de la raison (comme bêtise ou comme folie), ce n’est pas une question nouvelle : Theodor Adorno et Max Horkheimer nous en avertissaient déjà en 1944 – au moment où Karl Polanyi publiait La Grande Transformation.
Cette question a cependant été abandonnée, tandis qu’au tournant des années 1980, la rationalisation de toute activité, rapportée au seul critère de la «performance», était systématiquement et aveuglément orchestrée par la «révolution conservatrice» – imposant le règne de la bêtise et de l’incurie.

Tout en mettant en évidence les limites de la philosophie qui ins- pirait l’École de Francfort, le post-structuralisme laisse aujourd’hui ses héritiers désarmés devant ce qui s’impose comme une guerre économique planétaire et extrêmement ravageuse.
Naomi Klein a soutenu que la théorie et la pratique ultralibérales inspirées de Milton Friedman reposaient sur une « stratégie du choc ». L’«état de choc» permanent règne cependant depuis le début de la révolution industrielle – et plus encore depuis le temps où s’applique ce que Joseph Schumpeter décrivit comme une «destruc- tion créatrice», caractéristique du modèle consumériste.
À partir des années 1980, sous l’impulsion de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, l’état de choc technologique a été suscité par un marketing planétaire ne rencontrant plus aucune limite, imposant la prolétarisation généralisée, et détruisant l’économie libidinale : ainsi s’est installé le capitalisme pulsionnel où la destruction créatrice est devenue une destruction du monde.
L’état de choc est ce que le post-structuralisme n’aura pas pensé, principalement en raison de deux malentendus : 1. quant au sens de la prolétarisation (que Marx pense avant tout comme une perte de savoir induite par un choc machinique), 2. quant à la nature de l’économie libidinale (au sein de laquelle Freud, à partir de 1920, distingue la libido de la pulsion).

dimanche 15 janvier 2012

Les émotions démocratiques : Comment former le citoyen du XXIe siècle ?

Martha Nussbaum



Août 2011 - Climats - 19 €

Une crise silencieuse frappe aujourd'hui les démocraties du monde.
L'éducation se plie aux exigences du marché de l'emploi, de la rentabilité et de la performance, délaissant la littérature, l'histoire, la philosophie et les arts : les humanités. Pour Martha Nussbaum, l'une des plus grandes philosophes américaines, celles-ci ne sont ni un vestige du passé ni un supplément d'âme pour happy few. Dans ce manifeste original et argumenté, Martha Nussbaum montre comment les humanités nous font accéder à la culture des émotions, à l'"imagination narrative".
C'est grâce à l'empathie que nous sommes capables de nous mettre à la place d'autrui, de nous identifier au "faible" au lieu de le stigmatiser, de développer de la compassion et du respect en lieu et place de l'agressivité et de la peur qui naissent inévitablement de la vulnérabilité, et de défendre l'intérêt commun. Ce n'est pas à coup de débats d'idées abstraites que s'imposeront l'égalité et la liberté...
C'est en formant, par le biais des "émotions démocratiques", le citoyen du XXIe siècle.

samedi 14 janvier 2012

Philosophie des sciences humaines

Charles Girard, Florence Hulak (dir.)


Janvier 2011 - Vrin - Bibliothèque d’histoire de la philosophie- 12 €

Les sciences humaines ont en partage des concepts. L’histoire et la géographie, la sociologie et l’anthropologie, l’économie et la linguistique, la psychologie et la psychanalyse trouvent leur unité dans l’usage divers qu’elles en font, plutôt que dans un objet commun aux contours incertains. Pour s’établir comme sciences, elles ont dû affronter les problèmes épistémologiques, ontologiques et pratiques qu’ils suscitent ou révèlent. En s’efforçant d’éclairer le sens et l’efficace de ces concepts, en rendant compte de l’articulation et de l’évolution de ces problèmes, la philosophie peut contribuer au développement des sciences humaines. Elle ouvre aussi pour elle-même un accès plus sûr à leurs savoirs et questionnements, sans lesquels elle ne saurait désormais avancer. Les contributions réunies dans ce recueil explorent, dans cette perspective, neufs concepts essentiels : la causalité, les normes, l’interaction, l’événement, la nature, la société, l’inconscient, l’expérimentation et la neutralité.

Table des matières


INTRODUCTION par Florence Hulak et Charles Girard
LA CAUSALITÉ par Pierre Demeulenaere
LES NORMES par Ruwen Ogien
L’INTERACTION par Céline Bonicco-Donato
L’ÉVÉNEMENT par Florence Hulak
LA NATURE par Pierre Charbonnier
LA SOCIÉTÉ par Eva Debray
L’INCONSCIENT par Claire Pagès
L’EXPÉRIMENTATION par Stéphanie Dupouy
LA NEUTRALITÉ par Francesco Callegaro et Charles Girard

vendredi 13 janvier 2012

Descartes. Des principes aux phénomènes

Jean-Pierre Cléro, Emmanuel Faye (dir.)


Janvier 2011 - Armand Colin - Collection : Armand Colin/Recherches

Cet ouvrage, issu d’un colloque consacré aux Principia philosophiae de Descartes, met l’accent sur l’astronomie cartésienne, trop souvent délaissée au profit de la seule physique du mouvement, et revient sur l’aboutissement de la longue démarche entreprise par Descartes pour contourner après 1633 la censure de Galilée par le Saint-Office . De façon générale, les auteurs remettent en question la vision caricaturale, qui s’est imposée à la Modernité depuis Heidegger, d’un homme cartésien mesure de toute chose par sa raison calculatrice, dominant la nature à partir de la représentation qu’il s’en fait et auteur d’un projet faustien de mise en coupe réglée du réel par son exploitation technique. En réalité, Descartes combat dans les Principia l’anthropomorphisme de la théologie pour laquelle « Dieu a créé toute chose pour l’homme » (PP III, 3). La conscience de la vaste étendue de l’univers, qui déborde infiniment notre représentation, rend particulièrement vaine la prétention à se poser comme fin de l’univers. Descartes apparaît donc comme le philosophe qui nous rappelle les limites de la présence humaine dans un univers sans limite assignable dans l’espace ou dans le temps. La diversité des approches proposées dans ce volume ouvre un vaste espace d’interprétation, où l’on notera particulièrement le contraste entre l’analyse épistémologique proposée par Jean Seidengart dans la lignée du dernier Koyré, et la théorie des fictions prise par Jean-Pierre Cléro comme fil conducteur d’une relecture de Descartes.

Sommaire

Avant-propos (Emmanuel Faye)
Préface (Jean-Pierre Cléro)
1. La définition de la pensée et la conscience dans les Principia I, 9 et La Recherche de la Vérité par la lumière naturelle (Emmanuel Faye)
2. Notions et choses chez Descartes. À propos de Principes I (Kim Sang Ong-Van-Cung)
3. Des principes d’une union « libre » ; l’union des Méditations aux Principes (Philippe Drieux)
4. L’Erreur dans les Principes de la philosophie de Descartes de Spinoza, I, XV (Chantal Jaquet)
5. Descartes et le principe d’inertie : un corrélat de la réforme cartésienne de la géométrie (Olivia Chevalier-Chandeigne)
6. La connaissance du Monde dans les Principes de Descartes : Métaphysique, Physique et Astronomie (Jean Seidengart)
7. Lire les Principes comme un roman (Anne Staquet)
8. Les Principes de la philosophie, Le Traité du monde et les fictions (Jean-Pierre Cléro)

Se mettre à la place d'autrui. L'imagination morale

Solange Chavel



Janvier 2012 - Presses Universitaires de Rennes - Série Raison publique - 16 €

Au cours de nos discussions morales ordinaires résonne souvent une injonction familière : « Mets-toi donc à sa place ! » Comme si une des racines possibles de nos désaccords moraux était moins un défaut de raisonnement qu’un défaut de perception : non pas tant une manière d’argumenter qu’une manière de voir.

Ce livre est un effort pour décrire cet aspect particulier de nos vies morales, qui tient à notre usage de la perception et de l’imagination. Les discussions morales les plus courantes comme les plus élaborées dépendent assurément de la maîtrise de principes et de concepts. Elles mettent pourtant aussi en jeu une capacité d’une nature différente : la capacité à imaginer la situation telle qu’elle se donne à vivre non seulement pour soi-même, mais également pour les autres personnes impliquées ; à imaginer des scénarios possibles, à distribuer des rôles que nous-mêmes et les autres pouvons incarner.

À travers un parcours de la philosophie contemporaine de langue anglaise (Murdoch, Diamond, Nussbaum), mais en s’appuyant également sur les travaux récents de la psychologie de l’empathie et des exemples de fiction littéraire, cet ouvrage affirme que c’est seulement par l’effort imaginatif pour nous mettre à la place d’autrui que nous pouvons accéder à un jugement moral digne de ce nom.



lundi 9 janvier 2012

HUMAIN - Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies

Monique Atlan et Roger-Paul Droit


Janvier 2012 - Flammarion
L'impossible d'hier est-il devenu le possible d'aujourd’hui? Produire des cellules artificielles, recomposer l'ADN, transformer nos cerveaux en machines artificielles, voir directement nos pensées sur un écran, réparer notre corps à l’infini grâce aux nanotechnologies jusqu’à repousser la maladie, la vieillesse, puis la mort... s’agit-il de science ou de fiction? Comment penser ces mutations scientifiques associées ò la révolution numérique, à la mondialisation, à l’écologie triomphante, à notre responsabilité planétaire? Sommes-nous face à une prospective caricaturale ou à une étape nouvelle dans l’histoire de l'humanité?
Pour répondre a ces questions, Monique Atlan et Roger-Paul Droit ont entrepris un tour du monde scientifique dans les laboratoires des chercheurs les plus réputés. Du MIT au Collège de France, de Stanford à Saclay, de Harvard à l’École normale supérieure, à New York, Londres ou Hambourg, leur enquête sans équivalent fournit une boussole irremplaçable et accessible a tous pour identifier les carrefours de pensée et les choix qui nous attendent.
Dans ce grand chantier du XXIe siècle, ils font dialoguer les disciplines et confrontent les points de vue pour renouveler cette question philosophique centrale : qu’est-ce que l’humain?


Monique Atlan et Roger-Paul Droit ont interrogé, aux quatre coins du monde, les personnalités suivantes:


JEAN-CLAUDE AMEISEN, HENRI ATLAN, MARC AUGE, ZYGMUNT BAUMAN, JEAN-MICHEL BESNIER, GÉRARD BERRY, RÉMI BRAGUE, MICHAEL BRAUNGART, MONIQUE CANTO-SPERBER, MANUEL CASTELLS, MORAN CERF, DAVID CHALMERS, GEORGE CHURCH, DANIEL COHEN, ANTONIO DAMASIO, STANISLAS DEHAENE, PHILIPPE DESCOLA, FREEMAN DYSON, JEAN-PIERRE DUPUY, BERNARD EDELMAN, ALAIN EHRENBERG, RENÉ FRYDMAN, FRANCIS FUKUYAMA, MARCEL GAUCHET, ANDRÉ GREEN, JÜRGEN HABERMAS, GEORGES HANSEL, FRANÇOIS HARTOG, FRANÇOISE HERITIER, JEAN-CL
AUDE HEUDIN, CHRISTIAN JAMBET, SUDHIR KAKAR, ÉTIENNE KLEIN, JULIA KRISTEVA, RAY KURZWEIL, PIERRE-MARIE LLEDO, DOUGLAS MELTON, JEAN-CLAUDE MILNER, MARVIN MINSKY, NICHOLAS NEGROPONTE, ERIK ORSENNA, CORINE PELLUCHON, ISABELLE QUEVAL, JOËL DE ROSNAY, AMARTYA SEN, RICHARD SENNETT, PETER SLOTERDIJK, JEAN-DIDIER VINCENT, ELIE WIESEL, FRANCIS WOLFF.


Monique Atlan est journaliste et productrice du programme littéraire quotidien "Dans quelle éta-gère" à France 2. Roger-Paul Droit est écrivain et journaliste. Chercheur au CNRS en philosophie, il est également chroniqueur (Le Monde, Les Echos, Le Point), et enseigne à Sciences-Po Paris. Il est l’auteur d’une trentaine de livres.

dimanche 8 janvier 2012

Les ombres de l'âme – Penser les émotions négatives

Sous la direction de Christine Tappolet, Fabrice Teroni et Anita Konzelmann Ziv




Novembre 2011 - Editions markus haller - 15 €

Les émotions peuvent être pénibles, voire néfastes. Pensons par exemple à la peur, la colère, la haine, la jalousie ou au mépris. De telles émotions sont souvent qualifiées de négatives. Mais que sont les émotions négatives et comment se distinguent-elles des émotions positives ? Plus généralement, qu’impliquent-elles pour notre compréhension des émotions ? Et quels sont concrètement leurs effets sur nos pensées et nos vies ? De plus, comment analyser l’ambivalence affective, comme quand on ressent à la fois de l’amour et de la haine ? Réunissant dix contributions rédigées pour l’occasion, Les ombres de l’âme propose des éléments de réponses originaux à ces questions. Ce faisant, cet ouvrage jette les bases d’une philosophie des émotions négatives.

Cahiers de lexicologie, n° 99 (2011 – 2) - Lexique et philosophie

Editions Classiques Garnier - 45 €



Responsable : Marco Fasciolo

Le numéro 99 des Cahiers de lexicologie – Lexique et philosophie – est la contribution de la sémantique lexicale à l’analyse conceptuelle. Il s’articule en trois sections: une générale, concernant les universels, les rapports langue-pensée et individus-catégories en langue; une appliquée, concernant l’expression et la conceptualisation de l’espace, des sentiments et des couleurs, la sémantique de vrai, faux, bien et la notion de norme. Une dernière section présente les perspectives informatiques dans l’élaboration d’ontologies naturelles.