lundi 8 février 2016

Monique Castillo : Faire renaissance. Une éthique publique pour demain

Vrin - Février 2016 - Collection : Moments philosophiques


Contradictions de l’individualisme, embarras du pluralisme, antinomies du productivisme, autant de tensions morales et politiques qui installent la civilisation européenne dans un sentiment de déclin et d’impuissance. Nos héritages contradictoires causent en partie ce désarroi, mais la gestation d’un monde en formation réclame en urgence un ressourcement créateur d’une société ouverte, de l’intérieur, par sa propre puissance de sublimation symbolique. Quand la réalité devient un ensemble de signes, d’informations, de savoirs, d’images, d’arguments et de récits, les moralismes doctrinaires sont dépassés. On s’intègre dans un tel monde comme traducteur ou inventeur, herméneute, esthète, diffuseur et révélateur de sens.

acheter ce livre

Collectif : Leibniz et Diderot. Rencontres et transformations

Vrin / Presses Universitaires de Montréal - Janvier 2016 - Collection : Analytiques


Christian Leduc, François Pépin, Anne-Lise Rey et Mitia Rioux-Beaulne (dir.)

Ce livre s’intéresse à une rencontre : celle de deux philosophes, mais aussi celle de deux siècles et de deux régimes de pensée. Leibniz (1646-1716) et Diderot (1713-1784) appartiennent à deux traditions en apparence opposées : on associe généralement la pensée leibnizienne aux grands systèmes métaphysiques du XVIIe siècle, et celle de Diderot à la mise en pièces de ces édifices par la voie d’une philosophie expérimentale radicalement antisystématique. Pourtant, plusieurs liens entre les deux œuvres sont visibles, qu’il s’agisse d’emprunts conceptuels ou thématiques par Diderot ou de convergences plus difficiles à circonscrire. Le premier objet de ce livre est d’identifier ces liens et de faire le point sur cette sympathie entre les deux philosophies.
Mais ce livre s’intéresse aussi à cette rencontre pour ses effets transformateurs, tant sur le plan des concepts, des thèses et des arguments que sur celui des méthodes. Il s’agit alors de voir comment la rencontre avec le leibnizianisme a nourri la pensée diderotienne, comment la lecture du texte leibnizien par Diderot en modifie le sens, comment elle peut parfois en être une interprétation ou un devenir possible. Pour saisir ces transformations, les auteurs ont examiné divers contextes théoriques dans lesquels les pensées de Leibniz et Diderot dialoguent : métaphysique et philosophie de la nature, épistémologie et philosophie des sciences, théorie de la perception et esthétique.
À travers ce dialogue, l’ouvrage contribue à une réflexion générale sur les méthodes requises pour mettre en perspective les rapports entre des philosophies à la fois proches et éloignées.

acheter ce livre

jeudi 4 février 2016

Ernst Bloch : Du rêve à l'utopie. Entretiens philosophiques

Editions Hermann - Janvier 2016 - Collection : Panim el Panim


Ce livre est une anthologie des entretiens philosophiques qu'Ernst Bloch a accordés. Ces interventions d'un des plus grands philosophes allemands du XXe siècle éclaircissent de nombreux aspects de sa pensée. Ernst Bloch y présente notamment, de façon didactique, le grand inventaire des réalisations de l'imagination utopique dans l'histoire de la culture, de l'architecture, de la peinture, de la littérature et de la musique. Il évoque aussi sa vie, sa jeunesse, ses souvenirs d'écoliers, ses années d'études ; il raconte ses amitiés, notamment avec Georges Lukács, Georg Simmel, Walter Benjamin, Theodor Adorno, Siegfried Kracauer ou Bertolt Brecht ; il relate ses exils, en Suisse et aux Etats-Unis, sa lutte aux côtés des pacifistes contre la politique impériale de Guillaume II, son combat contre l'Allemagne nazie ; il analyse enfin son engagement pour un marxisme " ouvert " et humaniste, opposé au stalinisme et orienté vers la réalisation de " l'utopie concrète ". A travers ce choix de textes réalisé par Arno Münster, l'un des meilleurs spécialistes de Bloch, c'est tout le parcours intellectuel du philosophe qui est tracé, depuis ses premières pensées existentielles, inspirées de la philosophie de Kierkegaard, jusqu'à sa maturité, exprimée notamment dans Le Principe Espérance.

Ernst Bloch (1885-1977), grand penseur de " L'Esprit de l'Utopie ", a bâti sa notoriété autour de son oeuvre-phare, Le Principe Espérance (1959), rédigée lorsqu'il était exilé aux Etats-Unis (1938-1949) et comportant une encyclopédie des concrétisations des images utopiques dans les oeuvres d'art. Il est le fondateur d'une philosophie messianique fondée sur la théorie du pré-apparaître utopique dans les figures la " conscience anticipante ".

acheter ce livre

Alain Jugnon : Contre Onfray

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2016


Contre Onfray est un essai critique écrit à la première personne du singulier. Publiant Contre Onfray, le philosophe qu'est Alain Jugnon n'écrit pas contre quelqu'un. Par contre, il déconstruit un mouvement général des idées qui, à l'époque du nihilisme et de la détresse de tous, cherche à ne plus analyser, ne plus comprendre et surtout ne plus savoir. Cet essai critique prend naissance dans le commentaire suivant de Guy Debord : " Le gouvernement du spectacle, qui à présent détient tous les moyens de falsifier l'ensemble de la production aussi bien que de la perception, est maître absolu des souvenirs comme il est maître incontrôlé des projets qui façonnent le plus lointain avenir. Il règne partout seul ; il exécute ses jugements sommaires. " Contre Onfray démontre qu'il y a un homme seul au coeur du Spectacle ; ses jugements sont sommaires et grossiers, mais c'est comme toujours la pensée contemporaine qui est exécutée sur les plateaux de télévision. Dans cet essai polémique, ce qui est écrit et détaillé est fait pour refuser le personnage qui se nomme lui-même " le philosophe Michel Onfray ", pour dénoncer ce mensonge spectaculaire et cette tricherie bien intégrée. Mais ce n'est pas un livre contre un homme, car il sera d'abord fait pour que vive demain encore la philosophie et pour en finir avec ce passage à l'acte postmoderne qui veut rendre la pensée honteuse d'elle-même, et ce dans la posture maladive d'une critique bête de l'humanisme et de sa valeur juste humaine, très humaine. L'esprit du temps est à la confusion des esprits et à l'émotion des corps : Michel Onfray en oubliant qu'il fut philosophe est devenu (depuis son livre contre Freud, dans lequel il refusait à la psychanalyse le droit de savoir quoi que ce soit sur son Moi - ce fut sa thérapie) le penseur officiel et écrivain public de cette confusion générale et de cette mascarade adorée qui consiste à faire passer pour des pensées des idées multimédiatiques et d'abord idéologiquement dominantes. Onfray de fait n'est plus nietzschéen et c'est ce qu'il fallait à Alain Jugnon démontrer, ni " de gauche " comme il le croyait, ni un nietzschéen pour la droite comme il le voudrait, il est devenu le fossoyeur de la pensée critique contemporaine. C'est la démocratie et l'humanisme qui s'éclipsent ainsi avec son dernier livre, pris dans l'aspiration droitière et siphonnés avec l'eau du bain de ses mauvaises pensées d'intellectuel célèbre et à la sagesse publique : Onfray est le penseur nouveau de la future nouvelle droite française ; cette conversion se donne à voir dans Cosmos, son dernier livre, sous forme d'un jeu de rôles et de passages à l'acte de la pensée fort peu logiques mais totalement anarchiques (au sens bien sûr non politique du terme). Cet essai de généalogie de la non-pensée onfrayenne relit méthodiquement les écrits du philosophe en regardant de près le travail en négatif de cette conversion : les trahisons du lecteur Michel Onfray sont multiples et ce livre en repère la plupart. Ce sont les contresens de Michel Onfray : au sujet de Foucault, de Lacoue-Labarthe, des poètes en général et de Nietzsche, essentiellement. Ces trahisons sont à chaque occurrence un nihilisme politique à l'oeuvre, une fausse parole mise en actes de langage. Il y a au travail chez Onfray une fausse écriture philosophique (et écriture du faux en philosophie) qui renie tout en bloc, pour son propre plaisir, pour s'émouvoir de sa propre jouissance : ce qu'il nomme un hédonisme et qui a tout d'un dandysme assez pathétique.

Alain Jugnon est philosophe et écrivain. Il dirige les Cahiers Artaud (éditions Les cahiers - no 2 paru en octobre 2015) et La Contre attaque, revue poétique et politique (éditions D'ores et déjà). Dernières parutions : La Trique de nos meneurs ou le nanar chrétien, éditions Dasein, 2014 ; Redrum, à la lettre contre le fascisme, collectif (coord.), éditions Les Impressions nouvelles, 2015. Ont paru chez Lignes : Artaudieu et Le Devenir Debord. A paraître : Athéologiques, Editions Dasein, 2016. Alain Jugnon est membre du comité de la revue Lignes.
acheter ce livre


Jocelyn Benoist : Logique du phénomène

Editions Hermann - Janvier 2016 - Collection : Le Bel Aujourd'hui


Qu'est-ce qu'un phénomène ? La pensée moderne emploie ce terme avec une forme d'évidence. On se dispute sur ce que sont les phénomènes, mais on ne doute pas qu'il y en ait ni qu'ils constituent un point de départ sur lequel on puisse construire. Ce livre, à travers une mise en perspective historique et conceptuelle globale, remet en question cette évidence. Non pas qu'il rejette la notion de " phénomène ", mais il essaie de comprendre d'abord de quel type de décision philosophique elle est le produit et quel type de montage elle suppose. Sur cette base, il met en lumière sous quelles conditions on peut effectivement parler de "phénomènes" et dissipe la mythologie liée à un emploi inconditionné de ce terme, fréquent dans la philosophie contemporaine. Contre tout phénoménalisme, il fait valoir le lien métaphysique dans lequel le langage nous met immédiatement avec les choses.

Né en 1968, professeur à l'université Paris et auteur de nombreux livres sur la phénoménologie, Jocelyn Benoist a développé depuis 2005 une recherche originale aux confins de la phénoménologie et de la philosophie analytique qui s'attache à redéfinir les concepts d'intentionalité et d'esprit.

acheter ce livre

Henri Bergson : Histoire de l'idée de temps. Cours au Collège de France 1902-1903

PUF - Février 2016


Non seulement ce cours publié aujourd'hui sur "l'histoire de l'idée de temps" marque le début de "la gloire de Bergson", mais plus encore il en est la source. Il constitue, avec tous ceux donnés au Collège de France, le trait d'union entre l'oeuvre écrite à laquelle le philosophe tenait exclusivement, telle qu'elle survit à l'époque qui l'a vu naître et qui brille de son éclat propre, et l'enseignement oral dont provient la renommée de l'homme, grâce auquel ses idées se sont insérées dans le monde pour être adoptées par le plus grand nombre. Aussi ont-ils le double privilège de se concentrer comme jamais autour de la pensée de Bergson à laquelle ils apportent une lumière neuve et singulière et de rayonner plus largement encore au-delà du cercle des études spécialisées, en se rendant capable de toucher, comme jadis, un public lointain et non initié. Consacré à l'idée de temps à travers l'histoire des systèmes, ce cours nous donne de pouvoir lire, d'entendre presque la parole libre du philosophe telle qu'elle retentissait il y a plus d'un siècle dans ce haut- lieu de la pensée humaine et que nous avions crue irrémédiablement perdue. Car en le lisant, nous avons cette impression étrange de briser momentanément la loi inexorable du temps.

Camille Riquier (préface) est maître de conférences à l'Institut catholique de Paris. Il a réalisé l'édition critique de Matière et mémoire (Puf, 2008) et écrit notamment Archéologie de Bergson (Puf, 2009, Prix La Bruyère 2010).

acheter ce livre

Paolo Virno : Essai sur la négation. Pour une anthropologie linguistique

Editions de l'Eclat - Février 2016 - Collection : Philosophie imaginaire


En affirmant qu’une chose n’est pas, l’animal humain parlant fait passer la chose elle-même des limbes d’une existence vaporeuse à la consistante réalité du monde, où être et non-être se déterminent l’un l’autre. Mais l’énoncé négatif n’est pas que la contre-figure linguistique de réalités malignes ou de sentiments détestables ; il en affirme le refus et laisse entrevoir l’autre de ce qui est. Ainsi, à partir d’une réflexion sur la négation, où l’enfant qui fait l’apprentissage du langage nous en apprend autant que Le Sophiste de Platon discutant de l’être de ce qui n’est pas, Paolo Virno propose une étonnante anthropologie linguistique, où la négation, qui attribue à chaque chose sa valeur unique, peut être définie comme «l’argent du langage ».

Paolo Virno (1952) enseigne la philosophie du langage à l’Université de Rome. De lui ont paru aux Éditions de l’éclat depuis 1991 : Opportunisme, cynisme et peur(1991), Miracle, ­virtuosité et ‘déjà vu’ (1996), Le souvenir du présent (1999),Grammaire de la multitude (2002), et plus récemment : Et ainsi de suite. la régression à l’infini et comment l’interrompre (2014) ou L’usage de la vie et autres sujets d’inquiétude (2016) qui rassemble vingt-deux essais écrits entre 1981 et 2015.

acheter ce livre

Donatella Di Cesare : Heidegger, les Juifs, la Shoah. Les Cahiers noirs

Seuil - Février 2016 - La Librairie du XXIe siècle


Ecrit dans le sillage de la publication récente des Cahiers noirs, ce livre dit l'urgence et la nécessité de relire aujourd'hui la philosophie de Heidegger. Dans sa préface à l'édition française, Donatella Di Cesare écrit : "J'espère que ce livre ne sera jugé qu'après avoir été véritablement lu jusqu'à la fin. Nous sommes dans une période où la complexité est mal supportée [...]. Ce livre prend en considération ce que Heidegger écrit sur les Juifs et sur le judaïsme dans les Cahiers noirs publiés jusqu'à présent, qui couvrent la période de 1931 à 1948. L'antisémitisme est la grande nouveauté de cette oeuvre [...]. Il ne peut en aucune façon être minimisé, pas plus qu'il ne peut être nié [...].Il n'a rien d'un sentiment, d'une haine qui va et vient, et qui peut être circonscrite à une seule période. Il a une provenance théologique et une intention politique. Dans le cas de Heidegger, il revêt également une dimension philosophique. L'adjectif "métaphysique" n'atténue pas l'antisémitisme. Il en indique au contraire la profondeur. Il s'agit d'un antisémitisme plus abstrait et en même temps, pour cette raison, plus dangereux qu'une simple aversion. Mais "métaphysique" renvoie aussi à la tradition de la métaphysique occidentale. Dans son antisémitisme métaphysique, Heidegger n'est pas isolé : il s'inscrit dans le sillage des philosophes, de Kant à Hegel et à Nietzsche. J'ai brièvement reconstruit une sorte d'histoire de l'antisémitisme dans la philosophie allemande qui aide à contextualiser et à comprendre quelques stéréotypes et concepts que Heidegger reprend."

Professeure de philosophie à la Sapienza à Rome, vice-présidente de l'association internationale" Martin Heidegger - Gesellschaft" entre 2011 et 2015, Donatella Di Cesare a démissionné du poste à la suite d'un différend avec Arnulf Heidegger et la direction de l'association qu'elle a également quittée.

acheter ce livre

mercredi 3 février 2016

Collectif : La critique est-elle laïque ? Blasphème, offense et liberté d'expression

Presses Universitaires de Lyon- Décembre 2015


Talal ASAD 
Wendy BROWN 
Judith BUTLER 
Saba MAHMOOD 

Préface de Mathieu POTTE-BONNEVILLE 

Après l’affaire des « caricatures danoises » en 2005, maintes fois reprises dans la presse européenne, et notamment dans le journal français Charlie Hebdo, quatre universitaires américains, Talal Asad, Wendy Brown, Judith Butler et Saba Mahmood, se sont réunis pour discuter de la place, de la définition et de la perception de la religion et de la laïcité dans la pensée critique et dans nos sociétés. Parmi les questions soulevées, ils se sont demandé si toute entreprise critique ne peut se concevoir que dans un contexte laïc et, inversement, si la laïcité ne peut advenir que grâce au travail critique.
Analysant les présupposés et amalgames à l’œuvre dans les discours sur un prétendu conflit des valeurs, ils questionnent ainsi les représentations occidentales de la croyance et de la rationalité et les cadres normatifs qui les prédisposent. Les interrogations et les objections successives de ces intellectuels aux horizons d’étude divers permettent de repenser les oppositions conventionnelles entre Occident et Islam, liberté d’expression et censure, jugement et violence, raison et préjugé.
Dans un style dialogique devenu rare, comme le note Mathieu Potte-Bonneville dans sa préface, les contributeurs font eux-mêmes œuvre de critique et s’efforcent de s’écouter et de se répondre pour faire entendre une autre polyphonie, pour mettre en relation divers langages culturels et s’interroger sur leurs traductions réciproques.

acheter ce livre


Francis Hutcheson : Système de philosophie morale

Vrin - Février 2016 - Analyse et philosophie


Francis Hutcheson, professeur à l’Université de Glasgow de 1730 à 1746, est un maître de la philosophie écossaise dont les héritiers intellectuels immédiats sont David Hume, Adam Smith et Thomas Reid. Parmi les moralistes britanniques, il se distingue notamment par son style d’exposition très méthodique et argumentatif. Son approche des questions centrales de la philosophie morale et de l’esthétique théorique fait l’objet d’un regain d’intérêt depuis quelques décennies.
Le Système de philosophie morale est un ouvrage posthume qui recueille l’essentiel de l’enseignement du philosophe dans l’ensemble des domaines auxquels il a contribué : l’esthétique, la morale, le droit, la politique et l’économie. Il offre ainsi au lecteur la possibilité de se former une image complète de cet acteur majeur du Scottish Enlightenment.

Texte traduit, introduit et annoté par Jeanne Szpirglas, agrégée de philosophie et Inspectrice régionale en philosophie.

acheter ce livre

mardi 2 février 2016

Alain Billecoq : Spinoza ou l''"athée vertueux"

Le Temps des Cerises - Janvier 2016 - Collection : Matière à pensées


Si l'oxymore désignant Spinoza comme " athée vertueux " est attribué à Bayle, le philosophe fait très tôt l'objet d'une singulière réputation, mélange de fascination et de répulsion. L'accusation d'athéisme, dont il se défend énergiquement, est et sera formulée de toute part : au sein de la communauté juive, chez les chrétiens et chez les philosophes, à commencer par Leibniz. Dans le même temps, les témoignages concernant la vie de Spinoza sont unanimes : même ses ennemis les plus acharnés lui reconnaissent une existence moralement exemplaire. Voilà l'énigme. Ou bien, en effet, on nie l'existence de Dieu et, par conséquent, on est immoral ; ou bien on se conduit de manière irréprochable et l'on n'est pas athée. Or beaucoup s'accordent à dire que Spinoza est athée et, en même temps, vertueux. La présente étude ambitionne de résoudre l'énigme. La première difficulté réside dans son athéisme ou prétendu tel. La seconde dans sa " doctrine de la vertu ", pour parler comme Kant. Il s'agira d'essayer de comprendre s'il y a une unité et, si oui, comment elle se conçoit, entre sa conception de l'Etre, celle de la vertu et le comportement quotidien de l'individu Baruch Spinoza. Chez un philosophe, l'écart entre la pensée et la vie ne serait-il pas insupportable ?

Alain Billecoq est Inspecteur Pédagogique Régional de Philosophie honoraire, ancien professeur agrégé en classes terminales et préparatoires. Il est actuellement rédacteur en chef des Cahiers rationalistes. Outre des articles repris dans les actes de nombreux colloques et ouvrages collectifs, il a publié plusieurs études : Spinoza, 25 Lettres philosophiques, Hachette, 1982 ; Spinoza et les spectres, PUF, 1987 ; Les combats de Spinoza, Ellipses, 1998 ; Spinoza, questions politiques. Quatre études sur l'actualité du Traité politique, L'Harmattan, 2009 ; Baruch Spinoza. La politique et la liberté, SCEREN, 2013.

acheter ce livre

Michel Erman : Le lien d'amitié. Une force d'âme

Plon - Janvier 2016


De l’amitié d’une vie au simple copinage en passant par les relations de solidarité, le mot « amitié « désigne des affinités différentes. Dans cet essai, Michel Erman en définit la nature faussement considérée comme banale-et ses manifestations dans nos existences. Chacun se représente aisément ce qu’est un ami. Cependant, expliciter le sentiment d’amitié n’est pas chose aisée tant celui-ci paraît, tout à la fois, évident et énigmatique, ainsi que l’exprime la fameuse phrase de Montaigne à propos de La Boétie : «Parce que c’était lui ; parce que c’était moi». L’alchimie de l’amitié illumine de l’intérieur les relations entre les individus et leur rapport à l’altérité comme s’il s’agissait du lien humain par excellence. Un lien qui recèle une véritable force d’âme et permet de revisiter des notions, aujourd’hui galvaudées, comme la générosité, le respect ou encore la fidélité.

Ecrivain et philosophe, professeur d l’université de Bourgogne, Michel Erman est l’auteur d’essais portant sur les passions. C’est aussi un spécialiste de Marcel Proust, auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

acheter ce livre

dimanche 31 janvier 2016

Marianne Chaillan : Game of Thrones, une métaphysique des meurtres

Le Passeur éditeur - Janvier 2016 - Collection : Open Philo


Attention spoiler ! La série la plus médiatique au monde avec ses 18 millions de téléspectateurs par épisode, celle qui fait subir des pannes informatiques à la chaîne qui la distribue en raison du trop grand nombre de demandes des internautes, la série la plus téléchargée illégalement de tous les temps, dont chaque nouvel épisode suscite l'effroi et la stupeur des fans pris entre enthousiasme et sentiment d'horreur, cette série qui parle de dragons, de Marcheurs Blancs, de Mur, de trahisons, de politique, d'inceste et de meurtres est en fait gorgée de philosophie. Réflexions sur la morale, la politique, la religion, méditation sur la mort ou la question du genre, les passerelles ne manquent pas entre le royaume de Westeros et celui de la philosophie. Cet essai, aussi rigoureux que jubilatoire, met en évidence cette dimension philosophique de la saga de George R. R. Martin - peut-être l'une des clés de son immense succès ?

Ancienne élève au lycée Louis-le-Grand, Marianne Chaillan enseigne la philosophie au lycée Saint-Joseph de la Madeleine, à Marseille. Elle est également chargée de cours en éthique appliquée au département de philosophie d'Aix-Marseille Université. Elle est l'auteur d'Harry Potter à l'école de la philosophie (Ellipses, 2013) et de La Playlist des philosophes (Le Passeur, 2015).

acheter ce livre

samedi 30 janvier 2016

Arnaud François et Frédéric Worms (dirs.) : Le moment du vivant

Presses Universitaires de France - Janvier 2016 - Philosophie Française contemporaine


Le problème du vivant n'est plus un problème "local", il traverse et bouscule tous les domaines, depuis les fondements de l'esprit (dans le cerveau) jusqu'à la préservation de la vie (dans l'univers) en passant par le rapport de l'homme et de l'animal, le soin et le pouvoir, la littérature et l'art. Mais rien ne serait plus trompeur que d'y voir une évidence réductrice : de la pensée aux neurones, de l'histoire à la survie, de l'éthique à la bioéthique, de la littérature à la biographie, etc. C'est comme problème, à travers une diversité d'approches nouvelles, que se constitue le moment philosophique (scientifique et historique) du vivant. Le but de ce livre est d'explorer ce domaine, c'est-à-dire non seulement d'en donner une carte, mais de le parcourir en acte, de la métaphysique à l'esthétique en passant par la biologie, l'anthropologie, l'éthique et la politique. Ce ne sont pas des études "sur" le vivant comme objet extérieur, mais des interventions engagées et constituant ce moment par leurs relations elles-mêmes.

Arnaud François est professeur de philosophie à l'université de Poitiers, spécialiste de philosophie française et allemande de la vie et du vivant, auteur notamment de Bergson, Schopenhauer, Nietzsche (Puf, 2009). Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure, où il dirige le Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine. Il a dirigé aux Puf l'édition critique des oeuvres de Bergson et y est notamment l'auteur de Bergson ou les deux sens de la vie et du Moment du soin : A quoi tenons-nous ?

acheter ce livre

vendredi 29 janvier 2016

Muriel Gargaud & Guillaume Lecointre : L’évolution, de l’univers aux sociétés. Objets et concepts

Matériologiques - Novembre 2015 - Collection : Sciences & philosophie


Peut-on parler d’«évolution» pour l’univers, les étoiles, les planètes, notre Terre et sa biosphère, les sociétés ? Ces objets si disparates sont-ils redevables de descriptions et d’explications en termes d’évolution ? Si ce vocable désigne aujourd’hui la théorie générale de la biologie (il y a à la fois une théorie de l’évolution et des faits d’évolution), quelle est sa pertinence hors du domaine des entités vivantes ? Ce livre examine ces objets dont on suggère qu’ils sont aussi soumis à évolution. Mais alors quels concepts majeurs constituent cette vision de l’évolution étendue ? Le livre rend alors compte des concepts transversaux (catégorie, temps, transformation, émergence, individu, information…) fondateurs de quasiment tous les propos théoriques ou empiriques portant sur les objets mentionnés plus haut.
Les concepts relatifs à l’idée d’évolution, et les objets concernés, sont traités ici par des scientifiques venant de disciplines différentes, mêlant ainsi des savoirs trop souvent isolés les uns des autres. Les trente-trois auteurs, qui ont bien voulu tenter l’exercice parfois épineux de la coécriture, explorent objets et concepts de l’évolution dans un élan interdisciplinaire plausible, en fonction des objets, des concepts et des outils aptes à la réalisation de cette interdisciplinarité aux vertus épistémiques parfois insoupçonnées.
Ce livre – à l’abondante iconographie en couleur – ne prétend à aucune exhaustivité, mais offre d’innovantes pistes de réflexions et d’analyses. Il est un nouveau moment, solidement instruit par les sciences en train de se faire dans les laboratoires, de l’opiniâtre nécessité de délimiter objets et concepts de l’évolution, tout en en reconnaissant la permanente labilité.


jeudi 28 janvier 2016

Paul-André Rosental : Destins de l'eugénisme

SEUIL - Janvier 2016 - Collection : La Librairie du XXIe siècle


Imaginez une cité-jardin résidentielle offrant des conditions exceptionnelles à des couples choisis qui s engagent sur un contrat de procréation... Localisée au pied du Parlement européen à Strasbourg, cette expérimentation grandeur nature dura des années 1920 aux années 1980 grâce au soutien des pouvoirs publics.
Synthèse de l eugénisme britannique, allemand et français, ce projet visait à « accélérer l'évolution de l'espèce humaine ». Le créateur de ce « laboratoire humain », Alfred Dachert, était un homme d affaires qui se rêvait en poète tragique de l'eugénisme, en Ibsen alsacien.
Paul-André Rosental explore cette entreprise politique et scientifique en se fondant sur des archives inédites. En expliquant l'énigmatique longévité de l'expérience, l'auteur réinterprète les grandes politiques républicaines de l après-guerre, de la Sécurité sociale à la démocratisation scolaire.
Dans cet essai pionnier de microhistoire politique de la France contemporaine, Paul-André Rosental prend la mesure de l'héritage de l'eugénisme, idéologie scientiste et inégalitaire, en contexte démocratique.
L'eugénisme ne constitue pas seulement une théorie biologique qui hante les débats bioéthiques. De manière inattendue, il se révèle comme une théorie morale ayant pu imprégner cette norme de notre temps qui a pour nom « psychologie du développement personnel ».

Paul-André Rosental est professeur des universités à Sciences Po et chercheur associé à l'Institut national d études démographiques. Ses recherches portent sur le domaine qualifié par Michel Foucault de « biopolitique », à l intersection entre politiques sociales, démographiques et sanitaires.

acheter ce livre

Jean-Pierre Cometti : La démocratie radicale. Lire John Dewey

Folios -Janvier 2016 - Essais


A son tour, le public français découvre l'importance philosophique et politique de l'ouvre de John Dewey (1859-1952). Convaincu que les évolutions que le libéralisme a connues, et surtout celles qui lui semblaient à venir, sont susceptibles d'être modifiées en profondeur, Dewey en appelle à l'"intelligence sociale " : comprendre les sources et les ressources du changement, c'est refuser d'abdiquer devant les tâches qui sont les nôtres en tant qu'êtres humains et de consacrer définitivement un ordre du monde de plus en plus clos et insupportable. Défenseur de la démocratie radicale, opposé au communisme sur la question des moyens, dans leur relation avec les fins, de la démocratie et de la violence, il pointe les processus à la faveur desquels les pensées émancipatrices se convertissent assez communément dans l'histoire en entraves au changement et à l'émancipation, notamment du fait des rapports qui se nouent entre des idées et des intérêts. Dans toutes ses analyses, l'émancipation est un maître mot ; il renvoie à une philosophie de l'enquête et de l'expérience qui en éclaire les processus, en dénoue les entraves ; il attribue à l'intelligence et à la connaissance un rôle social que les sciences du même nom doivent assumer grâce à une fonction critique qui ne se confond pas avec la dimension d'expertise qu'elles tendent à remplir en particulier dans nos démocraties qui ont substitué les fonctions de l'expert aux vertus de l'enquête et de la libre discussion, vidant ainsi la fonction politique de son contenu. La radicalisation du libéralisme comme la radicalisation de la démocratie se condense en une maxime : les moyens propres au fonctionnement des sociétés démocratiques, délibératives et participatives, doivent être à la mesure et à l'image de leurs fins. En même temps que cet ouvrage paraissent dans la collection "Bibliothèque de philosophie" les Ecrits politiques de John Dewey.

Jean-Pierre Cometti a enseigné la philosophie à l'université de Provence. Il est l'auteur de plusieurs livres consacrés à Ludwig Wittgenstein, à Robert Musil, au pragmatisme américain et à des questions d'esthétique.

acheter ce livre

mercredi 27 janvier 2016

Jacques Soulillou : Le Décoratif

Klincksieck, 2e édition revue et augmentée - Janvier 2016 - Collection : Esthétique


Peu de notions esthétiques auront fait l'objet de prises de position aussi négatives que celles suscitées par le décoratif. S'adossant aux ruines des notions de bienséance et de convenance héritées de l'âge classique, ce concept acquiert son identité à la faveur de la formation des utopies modernistes anti-décoratives d'inspiration architecturale. Ni ornement ni décor, le décoratif est un concept parasite dont la reconnaissance spécifie moins une configuration des choses qu'il ne signale l'émergence d'un fantasme lié aux trois périphéries du social (acteurs illégitimes de la culture), du sexe (femme), de l'exotique (le sauvage). De Kant à Mendini, l'équivoque décorative redouble et fragilise les certitudes du visible.

Jacques Soulillou a développé une théorie originale du décoratif dans ses deux ouvrages Le Décoratif (Klincksieck, 2000) et Le livre de l'ornement et de la guerre (Parenthèses, 2003). Il est aussi l'auteur de L'Impunité de l'art (Seuil, 1998) qui interroge les fondements de la question de l'autonomie pénale de l'art à l'âge moderne. Il a traduit de l'allemand Gottfried Semper, Heiner Mühlmann, et de l'anglais Joseph Masheck auteur du Paradigme du tapis. Il a entretenu une relation suivie avec le collectif Présence Panchounette (1968- 1990) et est aujourd'hui attaché culturel en Corée du Sud. Son dernier ouvrage, Esthétiques du déplacement vient de paraître chez Sémiose éditions.

acheter ce livre