mardi 19 avril 2016

Alexandre Abensour : La Philosophie de l'Art

Ellipses Marketing - Avril 2016 - Apprendre à philosopher avec


Destinée aux étudiants et au grand public, cette collection propose une introduction très didactique aux grands philosophes et courants philosophiques majeurs. Elle offre une analyse rigoureuse et limpide à l'appui d'une dizaine d'extraits commentés. Peut-on penser l'art ? Comment mettre des concepts sur le sensible ? Y a-t-il un sens à parler de « philosophie de l'art » ? Mais que l'art relève du sensible pur, voilà peut-être un préjugé qui demande examen, et n'est-ce pas la tâche de la philosophie que d'interroger nos préjugés ? L'art n'est-il pas du sensible pénétré d'esprit ? Et, là encore, ce qui intéresse la philosophie, n'est-ce pas bien plus la rencontre du sensible et de l'intelligible que le « monde des idées » à l'état pur ? La philosophie de l'art peut ainsi aller jusqu'à faire de l'oeuvre un des lieux où se révèle l'absolu lui-même… Mais, cette lecture métaphysique a constamment rencontré l'effort inverse : réfl échir à cet effet particulier des oeuvres sur notre sensibilité : le plaisir, le goût sont aussi le lieu de vifs débats sur la place des arts dans l'éducation de l'homme et du citoyen. Ces problématiques n'ont pas disparu, même si les bouleversements des arts moderne et contemporain ont conduit le regard philosophique à examiner les limites mêmes de la signification et la possibilité de sa restauration dans un monde déserté par l'« absolu ».

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lundi 18 avril 2016

Marwan Rashed : L'Héritage Aristotélien. Textes inédits de l'Antiquité

Belles Lettres - Edition revue et augmentée - Avril 2016 - Anagôgê


Consacrées à l'histoire de l'aristotélisme après Aristote, les vingt-sept études qui composent ce recueil sont le fruit de recherches publiées ces vingt dernières années et, pour trois d’entre elles (portant sur des nouveaux textes de Boéthos, Proclus et Jean Philopon), inédites à ce jour. Chacune présente la découverte de documents anciens (byzantins, arabes ou latins) encore inconnus, qui jettent une nouvelle lumière sur la transmission de l’héritage aristotélicien dans les domaines de la logique, de la physique et de la cosmologie. Ces études sont organisées autour de cinq grands thèmes : le projet aristotélicien d’un corpus de philosophie naturelle, les débuts de la philosophie impériale (Ier-IIe siècles), l’œuvre du plus grand commentateur d’Aristote, Alexandre d’Aphrodise (début du IIIe siècle), l’Université d’Alexandrie à la fin de l’Antiquité (Ve-VIe siècles) et la transmission des textes entre Byzance et l’Italie. Avec Alexandre, dont une série de textes inconnus, en grec et en arabe, sont ici exhumés pour la première fois, se produit l’achèvement du processus d’organisation des écrits d’Aristote : le système des écrits du Philosophe a vocation à devenir adéquat au système du Monde ; avec l’Université d’Alexandrie, et en particulier Jean Philopon, ce sont les premiers craquements dans l’édifice qui se font entendre et là encore, de nouveaux documents grecs et arabes permettent de mieux apprécier la portée exacte des divergences ; avec la transmission de Byzance à l’Italie, un chapitre majeur de l’histoire des textes philosophiques est abordé, nécessaire pour comprendre les modalités des appropriations du patrimoine aristotélicien par les médiévaux latins, du XIIe au XVe siècle.
Ce livre est un ouvrage indispensable pour les historiens de la philosophie grecque, byzantine, arabe et médiévale.

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Guillaume Pigeard de Gurbert : Le spectre du possible

Kimé - Avril 2016


Le possible est un spectre parce qu’il a une présence fantomatique qui flotte quelque part entre ce qui est et ce qui n’est pas. Pour que le possible soit réellement possible ne faut-il pas, en effet, qu’il ne soit pas déjà réellement réel ? Ce spectre du possible n’occupe pas seulement nos pensées quotidiennes, il hante l’histoire de la philosophie.
Loin de questionner ce concept fantomatique de possible, la philosophie l’a chargé de faire qu’« être » devienne un verbe d’action. En mélangeant le pouvoir-faire et l’être, elle a forgé le mirage du pouvoir-être. Ce que Parménide savait, à savoir que le chemin du possible s’ouvre là où finit la voie de l’être, ses successeurs ont aussitôt voulu l’oublier. La relecture minutieuse de son Poème projette en effet un éclairage neuf non seulement sur l’ontologie, mais encore sur les philosophes post-parménidiens, dont les rêves de meurtre à son endroit trahissent les fils indignes.
Ce travail engage à la fois une redéfinition pratique du concept de possible et une nouvelle histoire de la philosophie qui part de la krisis parménidienne pour aboutir à un usage inconscient du possible chez Bergson lui-même, en passant par Platon, Aristote, Leibniz, et Hegel, qui cultivent chacun à leur façon ce mystère ontologique.
L’objet du présent ouvrage est de dissiper le spectre du possible en revenant de ces conceptions magiques à un concept critique du possible. S’il est urgent de chasser le possible hors de la sphère de l’être, c’est non seulement au nom de l’ontologie, pour désolidariser l’être du faire, mais encore au nom de la politique, pour libérer le faire de l’être et ne plus oublier que l’homme est la mesure du possible.

Guillaume Pigeard de Gurbert, agrégé, docteur en philosophie, est professeur de première supérieure. Le spectre du possible, qui porte sur les usages philosophiques du possible, forme un diptyque avec Le mouchoir de Desdémone (Actes Sud) qui en étudie les fonctions artistiques. Son précédent livre, Kant et le temps, est paru chez Kimé.

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Moshé Halbertal : Du Sacrifice

Editions de la revue Conférence - Avril 2016


Le sacrifice, comme idée et pratique, joue un rôle crucial dans le champ religieux, éthique et politique. Moshe Halbertal en éclaire la signification et les mutations en analysant le vocabulaire même du sacrifice dans le judaïsme puis dans le christianisme. Elaborant une théorie du sacrifice comme offrande, il examine les relations entre sacrifice, rituel, violence et amour. Quelle est la place du sacrifice de soi dans la vie éthique ? Quel est le lien entre sacrifice et prière ? Comment, dans l'ordre politique, le sacrifice peut-il être tour à tour idéal de noblesse et puissance de destruction ? Si le sacrifice de soi fourvoyé est bien plus problématique qu'un amour de soi excessif, les sacrifices passés obligent les générations futures : d'où cette idée de l'Etat comme communauté sacrificielle qui est l'occasion d'une relecture de la philosophie politique classique.

Moshe Halbertal est professeur à New York University Law School, et professeur de Pensée juive et de Philosophie à l'Université hébraïque de Jérusalem ainsi qu'au Shalom Hartman Institute. Depuis 1988, sa carrière s'est déroulée parallèlement dans différentes universités des Etats-Unis (Harvard, Yale, University of Pennsylvania) et en Israël. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, écrits soit en hébreu, soit en anglais, dont un seul fut traduit en français (People of the Book : Canon, ; Meaning and Authority, Harvard UP, 1997 ; trad. fr. Inpress Editions, 2005) : Idolatry (avec Avishai Margalit) , 1992 ; Interpretative Revolutions in the Making,1997 ; Between Torah and Wisdorn, 2000 ; Concealment and Revelation, 2001 ; By way of Truth, 2006 ; Judaism and the Challenges of Modern Life, 2007 ; Maimonides, 2012.

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Robert Misrahi : Intensités. Lumières sur les petits bonheurs de la iie quotidienne et des loisirs

Editions Le Bord de l'eau - Avril 2016


Robert Misrahi souligne le constant désir d’une grande joie dans la vie quotidienne ainsi que l’expérience effective de toutes les formes de la joie, dans l’admiration d’un paysage ou d’une demeure, dans l’allégresse d’une partie de ping-pong ou d’une figure de ski, etc.
L’auteur ne se contente pas de la description de ces expériences ; il en dégage la signification implicite : toutes disent la réalité méconnue de ces joies, et chacune enveloppe une signification fondamentale et décisive : par exemple, la figure de ski permet de dégager et d’éclairer le concept de conversion qui rendra possible, ultérieurement, le bonheur ; le ping-pong permet de distinguer, dans les rapports à autrui, la simple réversibilité et la réciprocité véritable ; la biodiversité permet de relier l’admiration pour la beauté à la recherche du bonheur ; la lettre attendue, la conversation ou le toast permettent de dégager et de souligner la plénitude de certains rapports à autrui, et une sorte de substantialité à travers le temps ; le « voyage aux îles », apparemment simple Désir imaginaire, permet de souligner la réalité et l’universalité du désir… 
Ces expériences démontrent à la fois la réalité effective de l’expérience de la joie, et la signification profonde de ces joies quotidiennes ; elles disent la légitimité de la poursuite de la joie, et elles disent surtout la possibilité effective de cela qui est visé au-delà d’elles : le bonheur même.

Robert Misrahi, philosophe, est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, notamment Le Bonheur - Essai sur la Joie (Editions Cécile Defaut, 17000 ex. vendus). Il est aussi un grand spécialiste français de Spinoza.

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dimanche 17 avril 2016

Gilles Châtelet : L'enchantement du virtuel. Mathématique, physique, philosophie

Rue d'Ulm éditions - Avril 2016


L'Enchantement du virtuel regroupe un ensemble de textes inédits ou devenus introuvables. Prolongeant Les Enjeux du mobile. Mathématique, physique, philosophie (Le Seuil, 1993), il questionne la physique et la philosophie du XXe siècle et éclaire d'un jour nouveau une oeuvre singulière. Penseur de l'individuation et de la magnification des libertés humaines, mais aussi théoricien du virtuel et du diagramme, Gilles Châtelet montre l'articulation entre algèbre et géométrie, entre mathématique et réalité physique, entre les opérations d'un être fini et l'automanifestation de la nature. On trouvera dans ce recueil les échos de son débat avec des figures contemporaines majeures : Alain Badiou, Gilles Deleuze, Roger Penrose ou René Thom, ainsi que son dernier manuscrit.

Mathématicien et philosophe, Gilles Châtelet (1944-1999) soutient en 1975 son doctorat d'Etat ès-Sciences mathématiques en topologie différentielle. Professeur de mathématiques à l'université Paris VIII, directeur de programme au Collège international de philosophie, son oeuvre philosophique a été occultée par son succès de pamphlétaire (Vivre et penser comme des porcs, Folio, 1999 et Les Animaux malades du consensus, éditions Lignes, 2010). Dernier penseur romantique du XXe siècle, irréductible aux diverses facettes d'une personnalité kaléidoscopique, il aura répondu à un unique leitmotiv : la quête obstinée de "ces lieux où l'entendement vacille".

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Cahiers de l'Herne (dirigé par François L’Yvonnet) : Edgar Morin

Editions de l'Herne - Avril 2016


" Edgar Morin a pu passer pour une sorte d’ amateur de génie. Après une jeunesse héroïque dans la Résistance, il se fit tour à tour sociologue, anthropologue, épistémologue, cinéaste, diariste. Sans être jamais exclusivement l’ un ou l’autre.
Mais avec le temps, avec le recul des années, son œuvre apparaît de plus en plus clairement dans sa rigoureuse cohérence. On mesure combien sa « méthode », placée sous les auspices de la complexité, était à l’œuvre dès les commencements, dès L’Homme et la mort, publié en 1950. Que ses divers travaux depuis plus de soixante ans forment un ensemble remarquablement construit, avec ses ébauches, ses perspectives, ses détours, ses passerelles et son couronnement, la fameuse Méthode. D’où se dégage une vision de l’homme prise dans le tout de l’homme et du monde, qui le rapproche des plus grands.
Il est sans conteste un penseur majeur.
Le Cahier de l’Herne que nous lui consacrons s’est attaché à mettre en évidence, à la fois la diversité et la cohérence de cette œuvre. En même temps que son rayonnement international. Car s’il fut un peu boudé en France, ce qui n’est plus le cas, il fut très tôt considéré à l’étranger, en particulier dans l’ Europe du Sud (Italie, Espagne et Portugal) et dans toute l’ Amérique latine, comme l’un des représentants les plus éminents de la pensée française contemporaine.
Ce Cahier est donc, d’une certaine façon, un hommage à Edgar Morin et nous le publions pour fêter son 95ème anniversaire. L’Herne ne pouvait, en effet, que consacrer un Cahier à Edgar Morin, qui a dépoussiéré le vieil humanisme étriqué, sans pour autant céder aux sirènes de la déconstruction. Car son humanisme se veut planétaire, et comporte une prise de conscience de la « Terre-patrie » comme communauté de destin, d’ origine et de perdition. "

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Manuel Cervera-Marzal : Les Nouveaux Désobéissants : Citoyens Ou Hors-la-loi ?

Editions Le Bord de l'eau - Avril 2016


Les nouveaux désobéissants sont-ils de dangereux « hors-la-loi » qu’il convient de traiter et de sanctionner en tant que tels ou, au contraire, sont-ils des « citoyens » exemplaires dont le courage favorise la démocratisation de nos institutions ? La citoyenneté est-elle compatible avec la désobéissance et, si oui, à quelles conditions, jusqu’où et dans quel but ?
Au cours des trente dernières années, le centre de gravité de la contestation sociale s’est progressivement déplacé du répertoire des actions légales (vote protestataire, syndicalisme, grève, manifestation, pétition) vers des modes d’action qui outrepassent de plus en plus fréquemment les frontières de la légalité (pirates informatiques, zadistes, manifestations interdites, désobéissants civils). Si ces pratiques nouvelles mobilisent les milieux politiques, médiatiques et judiciaires, les sciences sociales et la philosophie politique sont en revanche restées discrètes sur la question. Le présent ouvrage entend combler ce manque. Loin de menacer la démocratie, la désobéissance civile lui confère un nouveau souffle.
Considérer les nouveaux désobéissants comme des « citoyens » plutôt que comme des « délinquants » ou des « fossoyeurs de l’ordre public » contribue au renforcement de la démocratie. George Bernanos n’écrivait-il pas déjà, à l’orée de la Seconde Guerre mondiale : « Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre » ?

Manuel Cervera-Marzal (né en 1987) est diplômé de Sciences Po Paris et Docteur en science politique. Il enseigne actuellement à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il est notamment l'auteur de Miguel Abensour, critique de la domination, pensée de l'émancipation (Sens et Tonka, 2013), Gandhi. Politique de la non-violence (Michalon, 2015) et Pour un suicide des intellectuels (Textuel, 2016). Il a publié une quinzaine de tribunes d'opinion dans la presse nationale (Le Monde, Libération, Rue 89, L'humanité, La croix).

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Domenico Losurdo : Nietzsche le rebelle aristocratique. Biographie intellectuelle et bilan critique

Editions Delga - Avril 2016 - Philosophie


Chez Nietzsche, les analyses philosophiques et littéraires fascinantes se mêlent à des thèmes répugnants comme « le nouvel esclavage », « l’anéantissement des races décadentes », « l’anéantissement de millions de ratés ». Nous sommes en présence d’un philosophe qui, en remettant en question deux millénaires d’histoire, repense et critique les plates-formes théoriques qu’il élabore lui-même au fur et à mesure. La contextualisation historique et la reconstruction de la biographie intellectuelle de Nietzsche sont donc la condition pour saisir la cohérence tourmentée ainsi que la grandeur d’un penseur qui, à partir de son « radicalisme aristocratique » et tout en caressant des projets d’une indicible violence, entonne un contre-chant sacrilège de l’histoire et des mythologies de l’Occident.

Domenico Losurdo (1941), Docteur en philosophie, Professeur de l’Université d’Urbino (Italie), est l’auteur de nombreux ouvrages d’histoire des idées politiques. Sont notamment parus en français Contre-histoire du libéralisme (La Découverte), Critique de l’apolitisme. La leçon de Hegel d’hier à nos jours (Delga), Staline, histoire et critique d’une légende noire (Aden), Fuir l’histoire. La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui (Delga / Le Temps des Cerises), Nietzsche philosophe réactionnaire (Delga), Démocratie ou bonapartisme (Le Temps des Cerises), Le Péché originel du xxe siècle (Aden), Le Révisionnisme en histoire (Albin Michel), Hegel et la catastrophe allemande (Albin Michel), Hegel et les libéraux (PUF), Heidegger et l’idéologie de la guerre (PUF).

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samedi 16 avril 2016

Eric Marty : Sur Shoah de Claude Lanzmann

MANUCIUS - Avril 2016 - Le marteau sans maître


Que signifie agir dans un monde où l'extermination est devenue la règle de ce monde ? Que signifient les noms dans un univers où les noms ont disparu ? À quel type d'événement Shoah nous renvoie-t-il ? Que signifie Shoah ? Pourquoi un nom ? En quoi ce nom est-il le signe d'une transformation de l'événement dans sa réception en Europe comme ailleurs ? Pourquoi l'événement, à ce titre, ne nous semble pas forclos, nous disposant alors à une logique inédite des faits ?
L'oeuvre de Claude Lanzmann, Shoah, nous ouvre à toutes ces questions par lesquelles le lecteur et le spectateur du film sont en mesure de penser autrement, face à cette immense leçon de cinéma qui est aussi une leçon politique, esthétique, philosophique, et peut-être poétique.
Là où l'image - vingt-quatre par seconde - suspend le cours indifférent du Réel, de ce Neutre destructeur, pour en exposer, avec la patience, la détermination et l'intransigeance de l'art cinématographique, les épisodes fondamentaux où la vie y a fait barrage.

Eric Marty, professeur de littérature contemporaine à l'Université Paris-Diderot, membre de l'Institut Universitaire de France, est écrivain et essayiste.

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Noam Chomsky : Quelle sorte de créatures sommes-nous ?

LUX EDITIONS - Avril 2016 - Instinct de liberté


Qui sommes-nous ? Que pouvons-nous savoir ? Que nous est-il permis d'espérer ? En réfléchissant à ces trois questions classiques, Noam Chomsky présente dans cet essai un tour d'horizon de l'ensemble de sa pensée.
Revenant sur sa conception du langage et de l'esprit, puis de la société et de la politique, Noam Chomsky conclut son brillant exposé par un plaidoyer pour ce qu'il appelle le « socialisme libertaire », qu'il lie à l'anarchisme et aux idées de John Dewey, ainsi qu'à certaines des convictions de Marx et de Mill.
Cet ouvrage regroupe des cours que Chomsky a donnés à l'université Columbia en linguistique, en sciences cognitives et en philosophie politique, dans le cadre d'un cycle de conférences intitulé les « John Dewey Lectures ».

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Olivier Rimbault : Imaginaire et pensée : Désiré Erasme, Martin Luther, Nicolas de Cues

Presses Universitaires de Perpignan - Avril 2016 - Collection : Etudes


L’auteur propose une découverte totalement inédite (même pour les spécialistes) de trois grands « humanistes » de la Renaissance, Nicolas de Cues, Erasme et Luther, en démontrant la fécondité de la notion d’imaginaire pour expliquer comment un intellectuel pense et écrit. Ce faisant, cette étude non seulement corrige certaines erreurs auxquelles conduisent les généralisations en histoire (comme autour de la notion d’humaniste), mais il démontre aussi l’actualité de ces penseurs et la pertinence des théories de l’imaginaire pour éclairer les débats d’idées d’aujourd’hui et la puissance des symboles à toutes les époques.

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vendredi 15 avril 2016

Santiago Espinosa : Voir et entendre. Critique de la perception imaginative

Encre marine - Avril 2016


« Voir c'est savoir », voici sans doute la formule la plus spécifique de la logique qui sous-tend la pensée sous sa variante métaphysique en Occident. Car voir n'est pas alors regarder, mais imaginer: rendre fixe par l'image ce qui est mouvant. L'image semble pouvoir se lire; ainsi l'univers muet tout entier se met à parler, à nous parler pour se faire comprendre. À cette perception imaginative et surtout illusoire, car elle voit autre chose que ce qui se donne à voir, on peut opposer l'écoute qui ne « comprend » pas les choses mais les entend en les laissant être ce qu'elles sont: mouvantes et muettes, comme la musique. Car la musique, comme le réel, ne parle pas ― ne signifie rien ―, mais se dit elle-même, est elle-même. Une perception qui saisirait la présence des choses du monde dans leur devenir, n'exprimant rien qu'elles-mêmes est possible en renonçant à l'image, à la signification, à la vue comme interprétation. L'écoute se présente ainsi à la fois comme intuition et comme réjouissance du réel.

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Christian Cavaillé : Les jeux de langage chez Wittgenstein

Demopolis - Avril 2016 - Philosophie en cours


L'essai est d'abord une introduction à la lecture des Recherches philosophiques de Wittgenstein (écrites entre 1936 et 1950), Recherches qui se réclament de l'ordinaire du langage et de la vie, élaborent une philosophie des « jeux de langage » inscrits dans les « formes de vie », pratiquent l'analyse critique des emplois différenciés, circonstanciés et pertinents des mots.
L'essai examine aussi la transformation de la pensée de Wittgenstein : la critique de la métaphysique effectuée antérieurement par le Tractatus logico-philosophicus (publié en 1921) au nom de la rigueur du calcul des propositions est à la fois prolongée et retournée contre le logicisme de ce traité : la proposition n est qu un « jeu de langage » parmi d autres.
Le livre insiste enfin sur l'actualité et la fécondité d une pensée attentive avec rigueur et lucidité au langage de la vie réelle et à la diversité de ses aspects.

Christian Cavaillé. Né en 1943. Ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud. Agrégé de philosophie. Ancien professeur de philosophie. Auteur d'essais de philosophie : Philosopher depuis Montaigne et après Wittgenstein, Parti pris du réel, Façons du réel (L'Harmattan), Montaigne et l'expérience (Scérén-cndp), d'articles (Revue Medium) et de recueils de poésie.

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mercredi 13 avril 2016

Jean Lassègue : Cassirer. Du transcendantal au sémiotique

Librairie Philosophique Vrin - Avril 2016 - Collection : Mathesis


Ernst Cassirer (1874-1945) fut l’un des principaux acteurs des débats philosophiques et épistémologiques de l’entredeux- guerres en Allemagne. Héritier de la tradition épistémologique kantienne et néo-kantienne, Cassirer fut confronté à une situation épistémologique sans précédent : la pluralisation des géométries montrait que l’idée de connaissance était susceptible de variation dans ses propres modes d’objectivation. Tirant philosophiquement toutes les conséquences de cette situation inédite, Cassirer reconnut l’égale valeur de modes d’objectivation jusqu’alors considérés comme seulement propédeutiques à la connaissance scientifique, tels le langage, le mythe, la technique ou le droit. Il a forgé, avec la notion de « forme symbolique » un outil conceptuel original qui articule sciences de la nature et sciences de la culture en plaçant, au coeur des modes de l’objectivation, la capacité de transformation propre au sens. Il a, ce faisant, déplacé le centre de gravité de la philosophie kantienne du transcendantal au sémiotique.

Jean Lassègue est chercheur au CNRS (Institut Marcel Mauss, École des Hautes Études en Sciences Sociales). Ses travaux articulent histoire des sciences, épistémologie et philosophie de la culture du point de vue des formes et des activités symboliques.

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Esprit n° 423, mars-avril 2016 : Colères

Esprit - Mars 2016


Le nouveau dossier de la revue Esprit, coordonné par Michaël Fœssel, pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice.


Sommaire

Éditorial. Ceux qui nous ressemblent

À plusieurs voix
Olivier Mongin

Les villes-refuges : du Proche-Orient à l’Europe
Ahmet Insel

Turquie : la dérive autoritaire
Laurence Nardon

La diplomatie américaine face au drame syrien
Renaud Beauchard

Vent d’air frais sur le New Hampshire
Gilles Bataillon

La capture d’El Chapo
Jean-Louis Schlegel

La capacité d’intégration de la France
Jean-François Bouthors

Nationalité : une jeunesse en auto-déchéance

Colères
Jonathan Chalier, Michaël Fœssel

Leurs colères et les nôtresIntroduction
Patrick Boucheron, Propos recueillis par Michaël Fœssel, Propos recueillis par Emmanuel Laurentin

L’émotion souveraineEntretien avec Patrick Boucheron
Michaël Fœssel

Les raisons de la colère
1. Des sociétés exaspérées
Jean-Louis Schlegel

Introduction
Erwan Lecœur

Le parti des mécontents
Fabien Jobard

Colères policières
Paul Gradvohl

L’ire et la frayeur en Europe centrale
Anne-Lorraine Bujon

« Fous de rage »La politique américaine à bout de nerfs
Véronique Nahoum-Grappe

Tuer tout le monde ou mourir de colère ?
Matthieu Angotti, Jean-Claude Eslin, Dick Howard, Nicolas Léger, Daniel Lindenberg, Lucile Schmid, Enquête coordonnée par Jonathan Chalier, Enquête coordonnée par Michaël Fœssel

L’ère des imprécateursEnquête auprès de Matthieu Angotti, Jean-Claude Eslin, Dick Howard, Nicolas Léger, Daniel Lindenberg et Lucile Schmid

2. Une passion philosophique
Michaël Fœssel

Introduction
Marcel Hénaff

Une passion venue de loin
Olivier Renaut

La colère du juste
Jean-Louis Schlegel

Dies irae
Denis Salas

Après les attentats, la saine colère des victimes
Frédéric Lordon, Propos recueillis par Michaël Fœssel

Les puissances de l’indignationEntretien avec Frédéric Lordon
Olivier Abel, Dorian Astor, Hamit Bozarslan, Antoine Garapon, Camille Riquier, Jean Vioulac, Carole Widmaier,Enquête coordonnée par Jonathan Chalier, Enquête coordonnée par Michaël Fœssel

Un monde sans colère ?Enquête auprès de Olivier Abel, Dorian Astor, Hamit Bozarslan, Antoine Garapon, Camille Riquier, Jean Vioulac et Carole Widmaier

3. Nos colères
Jonathan Chalier
Introduction

Goulven Boudic
« Que sont nos colères devenues ? »

Jean-Michel Servet
Solutions liquidesRésistances dans l’après-capitalisme

Jean-Loup Thébaud1
Apologie du cheval blanc

Alice Béja, Anne Dujin, Dick Howard, Guillaume Le Blanc, Jean-Philippe Pierron, Olivier Remaud, Lucile Schmid,Carole Widmaier, Enquête coordonnée par Jonathan Chalier, Enquête coordonnée par Michaël Fœssel

De l’offense à la justiceEnquête auprès de Alice Béja, Anne Dujin, Dick Howard, Guillaume Le Blanc, Jean-Philippe Pierron, Olivier Remaud, Lucile Schmid et Carole Widmaier
Olivier Mongin, Michaël Fœssel

« Le dernier des sentiments humains »
Hommage

Natalie Zemon Davis, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Luce Giard
La quête de Michel de Certeau

Poésie
Jacques Darras

Franck VenailleNoirceur et fulgurance
Cultures
Laurence Engel

Que peut la culture ?
Carole Desbarats

L’oiseau de l’aube : voix de femme et censure en Iran
Isabelle Danto

Paul Klee en mouvement
Jean Delabrecque

Salafistes : une bombe visuelle


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Marc-Williams Debono : Écriture et Plasticité de Pensée

Animaviva - Mars 2016


On ne peut plus penser l’écriture aujourd’hui sans la rapporter à l’hypothèse de Gaïa, autrement dit à la considération d’un vaste monde de communication et d’échange d’informations en temps réel qui crée notre cyberculture. Cette sérendipité entraîne inévitablement une mutation du mode de pensée de l’écrivant. 
Or plastir, c’est écrire. Autrement dit, modeler la matière à penser, lui donner corps et âme, la transformer. D’où la définition d’une même trace, qui de l’ère du parchemin à l’ère numérique, conduit à réévaluer la plasticité humaine. 
Ce jeu de miroir a des conséquences directes sur notre façon de penser qui redevient en partie iconique et interroge la noosphère dans son ensemble. Du berceau oriental à la scripturalité du ‘texto’, des mémoires se perdent et se retrouvent, donnant à voir l’imaginaire des langues et la naissance de « méta-objets textués ». 
Cette nouvelle sémiotique met en jeu la plasticité de l’écriture et la dynamique non linéaire de la pensée, qui, s’entrecroisant, poussent l’écrivain dans ses retranchements, créent un espace-temps différent où le poète est à même de projeter sans ambages ses vers sur l’écran clair-obscur du désir de millions d’internautes. 
Attraction du virtuel, palimpseste des temps modernes, cette idéographie dynamique conduit à l’élaboration de transtextes, à la naissance d’une nouvelle ère de l’écriture, plus dépendante encore de la plasticité cognitive de l’écrivain, mais qui demeure toujours et encore un acte posé dans le blanc des cieux et une véritable épreuve de soi. 

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mardi 12 avril 2016

Philippe Fleury : Figures du gnosticisme

L'harmattan - Mars 2016 - Ouverture philosophique


Le gnosticisme apparaît dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Intégrant des éléments helléniques, chrétiens, orientaux, il propose une réponse radicale au monde chaotique, en opposition à l'univers harmonieux du cosmos grec. Le gnosticisme soutient l'hypothèse d'un dualisme radical, d'un Dieu caché, au-delà du démiurge, créateur de l'ici-bas. Il apporte ainsi une réponse originale à la radicalité du mal, à son origine, en supposant un salut transcendant, ultra-mondain, irréductible au temps cosmique.

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